ŒUVRES, THÈMES, QUESTIONS DE RÉFÉRENCE DU BACCALAURÉAT POUR L'ENSEIGNEMENT DE SPÉCIALITÉ D'ARTS PLASTIQUES EN CLASSE DE TERMINALE
Le programme de l'enseignement de spécialité d'arts plastiques, de la classe terminale institue des questions limitatives, régulièrement renouvelées, et publiées au Bulletin officiel de l'éducation nationale en vue de l'épreuve terminale du baccalauréat. Mobilisant une culture plastique et artistique personnelle, les questions limitatives s'appuient sur des connaissances et des compétences travaillées tout au long du cycle terminal. Elles sont reliées aux champs de questionnements des programmes qu'elles éclairent selon des problématiques et des pratiques artistiques spécifiques ou plurielles. Leur approche est conduite : - à partir du champ des questionnements plasticiens, structuré autour de trois domaines d'étude, et du champ des questionnements artistiques interdisciplinaires ; - en mobilisant les compétences travaillées des programmes d'arts plastiques du lycée. Études de cas communes à tous les élèves, elles ne constituent pas un corpus auquel se limiterait la culture plastique et artistique en classe terminale. Mobilisant certaines dimensions et problématiques spécifiques de la création artistique, elles permettent d'éclairer de manière spécifiques et opportunes divers questionnements travaillés par les programmes de l'enseignement de spécialité. Elles sont ainsi régulièrement articulées à d'autres références, choisies par le professeur pour nourrir et jalonner le parcours de culture plastique et artistique, dont la mise en œuvre est opérée tout au long du cycle terminal. À compter de la rentrée scolaire 2020, les œuvres, thèmes, questions de référence retenus sont : MACHINES À DESSINER, PROTOCOLES OU PROGRAMMES INFORMATIQUES POUR GÉNÉRER DES DESSINS : - études de cas au choix du professeur à partir des Méta-matics de Jean Tinguely (1925-1991), des Wall drawings de Sol LeWitt (1928-2007), des dessins assistés par ordinateurs de Vera Molnár (née en 1924). MISE EN SCÈNE DE L'IMAGE : - Carmontelle, Louis Carrogis dit (1717-1806), Les Quatre Saisons, 1798, transparent long de 42 mètres, aquarelle, gouache et encre de Chine sur 119 feuilles de papier doublé de soie. Sceaux, musée du Domaine départemental ; - Barbara Kruger (1945-), Untitled (Sans titre), 1994-95, dimensions variables, installation de sérigraphies photographiques sur papier. Cologne, museum Ludwig, collection Ludwig ; - William Kentridge (1955-), More Sweetly Play the Dance (Jouer la danse plus doucement), 2015, dimensions variables, installation vidéo 8 canaux haute définition, 15 min, avec 4 porte-voix. Ottawa, musée des beaux-arts du Canada. DU PROJET A LA RÉALISATION D'UNE OEUVRE MONUMENTALE : - Claude Monet (1840-1926), Cycle des Nymphéas du musée de l'Orangerie, entre 1897 et 1926, huile sur toile, H. : 1,97 m, L. : environ 100 m linéaire, surface environ 200 m2. Paris, musée de l'Orangerie ; - Sophie Taeuber-Arp (1889-1943) en association avec Jean Arp (1886-1966) et Théo van Doesburg (1883-1931), L'Aubette, entre 1926-1928, restructuration, aménagement et décors de divers espaces. Strasbourg, Place Kléber ; - Huang Yong Ping (1954-2019), Serpent d'océan, 2012, aluminium, sculpture monumentale, L. : 128 m, H. : 3 m, création pérenne dans le cadre du parcours Estuaire. Saint-Brevin-les-Pins, Pointe de Mindin, Loire-Atlantique.
LYCÉE APOLLINAIRE DE NICE - ANNÉE SCOLAIRE 2018-2019 - CLASSE DE TERMINALE - OPTION ARTS PLASTIQUES FACULTATIVE - DOSSIER DE 6 TRAVAUX DE LOU PAVEC (TS1).
1-"EAU" Réalisez une production qui prenne en compte cet élément. Dimensions et techniques libres. Références au programme : - CARMONTELLE, Transparents aux paysages d’Île-de-France axés sur la perspective de la Seine, de rivières et de lacs, fin XVIII° siècle. - Bill VIOLA, He Weeps for You, 1976, The Reflecting Pool, 1977-79, The Sleepers, 1992, The Raft, 2004, The Dreamers, 2013...
"EAU" - Ensemble.
Dessin fait à la peinture acrylique sur format Raisin. Cela représente une déesse incarnant l’un des 4 éléments, l’eau, ayant pris une forme humaine (allégorie). Ses cheveux sont en eau, ses yeux pleurent des cascades. Le fond est vert, pour rappeler la nature et la verdure, ayant besoin de l’eau pour vivre. Certains détails ne sont pas précisés sur son corps, car à l’origine cette déesse est elle-même faite uniquement d’eau, qu’elle a solidifiée pour avoir une forme humanoïde.
"EAU" - Détail.
2-"IN SITU – TRANSPARENCE"
Projet puis intervention sur un emplacement vitré du lycée Apollinaire, en relation à l’Hommage à Apollinaire (Centenaire de sa mort en novembre 2018).
Dimensions et techniques libres.
Références au programme :
- CARMONTELLE, Transparents (1783-1804).
- Sophie TAEUBER, Simple composition avec des lignes obliques et un petit cercle transparent, 1916-1918.
- Robert RAUSCHENBERG, Shades, 1964, Revolver series, 1967, Soundings, 1968.
- Bill VIOLA, The Veiling, 1995.
- Olafur ELIASSON, Your Rainbow Panorama, 2006-2011.
"IN SITU – TRANSPARENCE" - Planche-projet.
Planche-projet format Raisin avec photos et dessins aux feutres à alcool. C'est est un projet de peintures sur vitres dans mon lycée ; sur le thème du poète Guillaume Apollinaire, pour le centenaire de sa mort. J’ai choisi de faire 3 dessins : un portrait du poète, un de sa bien-aimée Lou et un dessin d’un verre et d’une bouteille, en référence à son recueil Alcools.
Les trois dessins sont faits dans un style rappelant les vitraux, en utilisant deux couleurs complémentaires par peinture.
"IN SITU – TRANSPARENCE" - Réalisation in situ.
J’ai ensuite réalisé mon projet dans le réfectoire de mon lycée sur 3 vitres de 85x105cm, avec un mélange de gouache et de liquide vaisselle.
"IN SITU – TRANSPARENCE" - Détail 1.
"IN SITU – TRANSPARENCE" - Détail 2.
"IN SITU – TRANSPARENCE" - Détail 3.
3-"GÉOMÉTRIE" Dimensions et techniques libres. Références au programme : - Sophie TAEUBER-ARP, peintures, tapisseries, broderies, Marionnettes du Roi-Cerf, Têtes Dada, 1916-1920, Costumes Hopis inspirés des Poupées kachinas, 1922-1925, Décors de L'Aubette, 1926-1928, Reliefs peints, 1936-1937.
"GÉOMÉTRIE" - Ensemble.
Photo réalisée par infographie. J’ai d’abord pris une photo de ma main avec 3 mobiles qui pendent attachés à un fil ; ceux-ci sont fait avec des bâtonnets en bois qui ont été peints à la peinture acrylique. J’ai ensuite modifié la photo en dessinant avec un logiciel de dessin (KRITA) afin de rajouter des triangles couleur chair sur la main puis des annotations d’angles et de lignes de fuite, pour rappeler une étude mathématique.
"GÉOMÉTRIE" - Détail 1.
"GÉOMÉTRIE" - Détail 2.
4-"PAYSAGE(S) EN BOÎTE"
Dimensions et techniques libres.
Références au programme :
- CARMONTELLE, les dessins des promenades en Île-de-France, estampes des Jardins de Monceau, 1779, Transparents entre 1783-1804, comme Les Quatre Saisons, 1798, puis les suites contemporaines de Carmontelle.
- Sophie TAEUBER-ARP, paysages abstractisés, fin des années 1910-début des années 1920, comme les décors du Roi-Cerf, 1918 ou les Paysages urbains de Paris ou de Sienne des années 1920.
- Bill VIOLA, paysages urbains ou naturels des vidéos, comme Chott-El-Djerid, 1979 ou The Encounter, 2012.
"PAYSAGE(S) EN BOÎTE" - Ensemble.
Boite fermée (L : 33 cm ; l : 30 cm ; H : 11,5 cm). J’ai pris une boite à chaussures, que j’ai peinte en bleu nuit, avec les 12 constellations du zodiaque en blanc, le tout à la peinture acrylique. Un trou se situe sur une des faces. À l’intérieur se trouve des lampes LED (actionnables via le boitier qui ressort de la boite), cachées derrière une bande de papier peinte à l’aquarelle représentant un panorama de montagnes, avec un ciel étoilé ( les étoiles sont creusées ou trouées dans le papier). Lorsque l’on allume la boite fermée et que l’on regarde par le trou, on voit apparaître le paysage illuminé d’étoiles.
"PAYSAGE(S) EN BOÎTE" - Détail 1.
"PAYSAGE(S) EN BOÎTE" - Détail 2.
5-"POUPÉE(S)"
Dimensions et techniques libres. Références au programme : - Sophie TAEUBER-ARP, peintures, tapisseries, broderies, Marionnettes du Roi-Cerf, Têtes Dada, 1916-1920, Costumes Hopis inspirés des Poupées kachinas, 1922-1925, Décors de L’Aubette, 1926-1928, reliefs peints, 1936-1937.
"POUPÉE(S)" - Ensemble.
Montage fait à partir de deux photos montrant deux états successifs d’une poupée.
J’ai confectionné cette poupée en feutrine, avec des cheveux en laine.
Au début elle était mignonne, bien habillée et soignée puis à la fin je l’ai abîmée avec de la craie pour lui faire des bleus, j’ai déchiré sa robe et défait son chignon.
Ce montage est là pour dénoncer les violences faites aux femmes, que l’on compare trop souvent à des poupées.
"POUPÉE(S)" - Détail 1.
"POUPÉE(S)" - Détail 2.
6-"TEMPORALITÉ"
Mettez en évidence la question de la temporalité au sein d’une vidéo sur le thème de votre choix.
Références au programme :
- CARMONTELLE, Transparents (1783-1804).
- Bill VIOLA, The Reflecting Pool, 1979, Heaven and Earth, 1992, Catherine's Room, 2001...
Vidéo couleur, sonore, de 2 min 54.
La question de la temporalité est traitée en rapport au thème de l’écoulement de la vie, répétitive.
Il y a deux points de vue : un premier avec une femme qui observe avec attention une bougie brûler puis un autre où l’on découvre 4 femmes d’âges différents (étant en réalité une seule et même femme à différentes périodes de sa vie) qui tourne en cercle encore et encore. On ne distingue que leurs jambes.
Une musique tourne en fond, rythme ces tours, ce qui les transforme en une sorte de danse.
La musique s’arrête après que la bougie ait été soufflée et que la vieille dame soit tombée.
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette, Strasbourg,
Maquette du premier étage, réalisée par le MoMA,
bois et acrylique, 33x106,7x61 cm, New York, MoMA.
À noter, le projet de Théo van Doesburg, d'un sol fait de cercles dans la Salle des fêtes, projet qui ne sera pas réalisé et verra la conservation du parquet.
De nombreux projets conservés de l'aménagement du bâtiment n'ont pas été réalisés ou ont été modifiés au niveau des formes, des couleurs ou même des matériaux (mosaïques non exécutées par exemple).
VOIR LA VIDÉO (3 MN 37, 2018), VISITE DE L'AUBETTE, DE BARBARA SCHLIENGER,
PROFESSEUR D'ARTS PLASTIQUES AU LYCÉE MATISSE DE VENCE
ET À L’UNITÉ DE SOINS-ÉTUDES "LES CADRANS SOLAIRES" DE VENCE,
AVEC DES COMMENTAIRES BASÉS SUR LES DOCUMENTS DES MUSÉES DE STRASBOURG.
1920-1930 Durant les années 1920, Sophie Taeuber effectue de nombreux voyages en Europe et expose. Elle crée des peintures, des broderies et autres travaux textiles. Elle réalise, en 1921, le mobilier de la villa "Suhaglia" des Schwaller, à Saint-Moritz puis de nombreux aménagements intérieurs. Elle s'installe en France, à Paris (1925) puis Strasbourg (1926), pour y être, comme son mari, naturalisée française. A Strasbourg, à la demande des frères Paul (architecte) et André Horn (promoteurs immobiliers), Sophie Taeuber-Arp réalise la décoration de l'appartement d'André Horn (1926, détruit) puis du bar-dancing de l'Hôtel Hannong (1926, détruit), avant de se voir confier le chantier du bâtiment de l'Aubette à transformer en un complexe de restauration et de loisirs (1926-1928, oeuvre disparue et aujourd'hui partiellement restaurée). Elle réalise, toujours à Strasbourg, l'aménagement de la maison Heimendinger (1927-1930) et celui de l'appartement d'Ernest Rott (1930) et, à Paris, celui de la Galerie Goemans (1928-1930) et de l'appartement Werner (1930). Elle meuble ses réalisations avec des créations d'artistes contemporains mais crée également des meubles modulables aux formes minimalistes. Elle réalise de grandes peintures murales aux compositions abstraites et parfois même des vitraux.
Sophie et Jean Arp font construire une maison dessinée par Sophie (1928), sur un terrain acheté l'année précédente à Clamart-Meudon (au sud-est de Paris).Cette maison-atelier du couple va être un haut-lieu de rencontre des artistes de l'époque.
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), Costumes Hopis, portés par Sophie et sa soeur Erika, Zürich, vers 1922-1925.
- TAEUBER Sophie (1889-1943), Composition en taches quadrangulaires, polychromes, denses, 1921,
gouache sur papier, 26x35 cm, Collection particulière.
- TAEUBER Sophie (1889-1943), Sienne, 1921,
gouache sur papier, 27,2x21,3 cm, Collection particulière.
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), Montmartre, 1926,
gouache sur papier, 23x29 cm, Paris, Collection Ruth Arp.
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), Personnages, 1926,
broderie de laine, 49,5x48,5 cm, Paris, Collection Ruth Arp.
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), Figures, 1926,
broderie de laine.
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), Composition avec formes de S, 1927,
gouache sur papier, 26x35 cm, Collection particulière.
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), Aménagement du Bar-Dancing de l'Hôtel Hannong, Strasbourg, 1926.
OEUVRE À L'ÉTUDE N°2-L'AUBETTE, 1926-1928 (projets dès septembre 1926 ; travaux menés de février 1927 à janvier 1928 ; locaux inaugurés en février 1928), surnommée, "la chapelle Sixtine de l'Art moderne".
Pour le chantier considérable du bâtiment strasbourgeois de l'Aubette (situé place Kléber), à transformer en un complexe de restauration et de loisirs (aménagement intérieur de l'aile droite d'un ancien bâtiment militaire de centre ville de style néo-classique, construit [1765-1778]par l'architecte Jean-François Blondel au XVIII° siècle, reconstruit en partie au XIX° siècle [1873-1875] et classé monument historique en 1929), Sophie Taeuber-Arp fait appel à son mari Jean Arp (1886-1966) et à son ami Théo van Doesburg (1883-1931), rencontré en 1922. Théo van Doesburg devient le théoricien du projet et cherche à "placer l'homme dans la peinture plutôt que devant elle". De nombreux projets de Sophie Taeuber-Arp et de Théo van Doesburg sont conservés.
Ensemble, ils aménagent une dizaine de salles sur quatre niveaux :
- au sous-sol (à l'est), un Caveau-dancing et l'American-bar attenant (décors disparus) ;
- à l'entresol (à l'est), une Salle de billard (décor disparu);
- au rez-de-chaussée (d'ouest en est, 4 salles), une toute petite salle "l'Aubette-Bar" (salle d'apéritif, décor disparu) attenante à un Salon de thé-pâtisserie, le "Five O'Clock Tea" (décor disparu) puis, après un grand couloir transversal (ou "passage", décor restauré), un Café-brasserie (dont il ne subsiste pas de trace) et un Café-restaurant (décor disparu) ;
- une cage d'escalier (à trois volées, décor restauré) menant jusqu'au premier étage où se trouvent (d'ouest en est, 3 salles au décor restauré) un Ciné-dancing puis un espace ouvert intermédiaire, un Foyer-bar, et enfin une Salle des fêtes.
Il semble que Sophie Taeuber-Arp ait réalisé seule, au rez-de-chaussée, le couloir et les salles de l'Aubette-Bar et du Five O'Clock Tea, et, en collaboration avec son mari, le décor de la Salle de billard (?) à l'entresol et du Foyer-bar au premier étage, ainsi que les peintures murales et le vitrail de l'escalier menant au premier étage.
Son mari réalise seul l'unique décor curviligne (biomorphique) du Caveau-dancing et de l'American-bar, le reste des salles étant orné d'un décor géométrique (rectangles, carrés, triangles) coloré (parfois vert ou beige) où dominent les couleurs primaires (jaune, rouge, bleu) et les non-couleurs (noir, blanc, gris) peintes en aplats et les orthogonales (sauf dans le Ciné-dancing : grille oblique dynamique de Théo van Doesburg). Il est à noter que les compositions de Sophie Taeuber-Arp et de son mari font écho à des réalisations antérieures en solo ou en duo, datant parfois même des années 1916-1917.
Théo van Doesburg a dessiné pour sa part l'escalier de trois volées qui mène de l'entresol au premier étage, a orné lecafé-restaurant et le café-brasserie du rez-de-chaussée et la salle des fêtes et le ciné-dancing du premier étage.
Cette oeuvre d'art totale à l'unité plastique forte et avant-gardiste, répondant à l'esthétique néo-plastique (dérivée du mouvement De Stijl dont Théo van Doesburg est, aux Pays-Bas, l'un des fondateurs) et incluant le décor des murs, plafonds et sols (les surfaces colorées se continuant sur le sol), l'éclairage (direct ou indirect mais réparti également avec des lampes à lumière blanche), les miroirs (notamment carrés dans l'American-bar et le Ciné-dancing), le mobilier (essentiellement en bois et tubes d'acier ; poignées de portes), les accessoires (vaisselle, cendriers...), les éléments techniques (radiateurs, tableaux électriques...) et la signalisation (mobilier, luminaires et typographie de 1919 de Théo van Doesburg), disparaîtra en 1938 pour réapparaître à la fin des années 1970, avant d'être classée au titre des Monuments Historiques puis restaurée (couloir, escalier et premier étage seulement) au tournant du XXI° siècle (1985-1994 et 2004-2006).
"Les soussignés ont l’honneur de vous inviter de venir voir leurs nouvelles
constructions d’intérieurs élémentaristes et prae-morphistes éxécutés dans
l’aubette à strasbourg (France)",
carton de vernissage de février 1928.
LE SOUS-SOL
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette, Strasbourg, 1927-1928,
Le Caveau-dancing, réalisé par Jean Arp avec un décor de formes organiques colorées.
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette, Strasbourg, 1927-1928,
L'American-bar, réalisé par Jean Arp avec un décor de formes organiques colorées et de miroirs.
- ARP Jean (1886-1966), Sérigraphie d'après le décor du Caveau-dancing.
L'ENTRESOL
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette, Strasbourg, 1927-1928,
La Salle de billard, réalisée par Sophie Taeuber-Arp et Jean Arp, avec un décor de larges rectangles colorés.
LE REZ-DE-CHAUSSÉE
- HORN Paul (1879-1959, architecte), Plan du rez-de-chaussée de l'aile droite du bâtiment de l'Aubette, Strasbourg.
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette, Strasbourg, 1927-1928,
L'Aubette-bar, projets pour le plafond, par Sophie Taeuber-Arp.
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette, Strasbourg, 1927-1928,
L'Aubette-bar, aménagé par Sophie Taeuber-Arp avec un décor asymétrique alternant dans une composition verticale-horizontale de grandes surfaces rectangulaires ou carrées avec de plus petites surfaces au damier multicolore.
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette, Strasbourg, 1927-1928,
Le Salon de Thé, Five O'Clock Bar, dessin et tapisserie, par Sophie Taeuber-Arp.
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette, Strasbourg, 1927-1928,
Le Salon de Thé, Five O'Clock Bar, axonométrie, par Sophie Taeuber-Arp.
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette, Strasbourg, 1927-1928,
Le Salon de Thé, Five O'Clock Bar, aménagé par Sophie Taeuber-Arp.
Le décor était constitué de grands rectangles monochromes intégrant de plus petits panneaux rectangulaires ou carrés, eux-mêmes constitués de petits rectangles colorés (gris, noirs, blancs et rouges et peut-être vert également). Cela provoquait un effet de mise en abyme et d'accélération de rythme entre la surface de la salle, les grands et les plus petits panneaux.
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette, Strasbourg, 1927-1928,
Le Couloir ou Passage du rez-de-chaussée, dessin de sol et axonométrie, par Sophie Taeuber-Arp.
Le sol est orné d'une composition asymétrique de 6 rangées de rectangles allongés dans le sens de la marche du visiteur.
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette, Strasbourg, 1927-1928,
Le Couloir ou Passage du rez-de-chaussée, aménagé par Sophie Taeuber-Arp (photo actuelle).
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette, Strasbourg, 1927-1928,
Le Couloir ou Passage du rez-de-chaussée, aménagé par Sophie Taeuber-Arp (photo de l'époque et photo actuelle).
Le sol est orné d'une composition asymétrique de 6 rangées de rectangles allongés dans le sens de la marche du visiteur.
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette, Strasbourg, 1927-1928,
Le Café-Restaurant, projet de plafond, par Théo van Doesburg.
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette, Strasbourg, 1927-1928,
Le Café-Restaurant, aménagé par Théo van Doesburg,
Le décor peint s'étalait sur les 4 murs et le plafond.
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette,Strasbourg, 1927-1928,
Le Café-Restaurant, aménagé par Théo van Doesburg.
L'ESCALIER
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette,Strasbourg, 1927-1928,
Prototype du vitrail de l'escalier menant au 1er étage, par Sophie Taeuber-Arp et Jean Arp (maquette attribuée à Jean Arp).
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette,Strasbourg, 1927-1928,
Entre le rez-de-chaussée et premier étage, L'Escalier, dessiné par Théo van Doesburg et orné par Sophie et Jean Arp (peintures murales et vitrail).
A l'escalier aux lignes brisées, répond le décor (de même largeur que les marches) de rectangles allongés colorés des murs (bandes grises et bleues verticales accompagnant l'ascension du visiteur) et du vitrail (5 rangées de 6 carreaux égaux de verre pressé, gris, bleus et beiges).
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette,Strasbourg, 1927-1928 (photos actuelles),
Entre le rez-de-chaussée et premier étage, L'Escalier, dessiné par Théo van Doesburg et décor peint de Sophie et Jean Arp (peintures murales et vitrail).
LE PREMIER ÉTAGE
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette, Strasbourg,
Maquette du premier étage, réalisée par le MoMA,
bois et acrylique, 33x106,7x61 cm, New York, MoMA.
À noter, le projet de Théo van Doesburg, d'un sol fait de cercles dans la Salle des fêtes, projet qui ne sera pas réalisé du fait du parquet. De nombreux projets conservés de l'aménagement du bâtiment n'ont pas été réalisés ou ont été modifiés au niveau des formes, des couleurs ou même des matériaux (mosaïques non exécutées par exemple).
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette, Strasbourg, 1927-1928,
Premier étage,Le Ciné-Dancing, développé du plafond et des trois côtés, par Théo van Doesburg.
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette, Strasbourg, 1927-1928,
Premier étage,Le Ciné-Dancing, aménagé par Théo van Doesburg, (photo d'époque et photo actuelle).
La grande salle est ornée aux murs et plafond d'une grille oblique de carrés, rectangles et triangles de couleur (noirs, blancs, jaunes, bleus, rouges et verts), en relief (stucs), encadrés et séparés par des bandes blanches en creux.
C'est la seule salle ornée d'un décor oblique qui répond à la l'Elémentarisme de Théo van Doesburg (1924) en résonance à la perspective de la salle et se dissocie ainsi du Néoplasticisme de Piet Mondrian (1872-1944). A signaler, la présence de miroirs carrés (au-dessus des radiateurs du mur de façade) dupliquant l'espace.
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette, Strasbourg, 1927-1928,
Premier étage,Le Ciné-Dancing, aménagé par Théo van Doesburg.
"Comme les éléments architectoniques se basaient sur des rapports orthogonaux, cette salle dut s’accommoder d’une répartition oblique de couleurs, d’une contre-composition, qui fût de nature à résister à toute la tension de l’architecture. et ainsi, la galerie, qui traverse du côté droit obliquement la composition, fut plutôt un avantage qu’un désavantage pour l’ensemble. elle accentue le rythme et la couleur", Théo van Doesburg, n° spécial de la revue De Stijl, 1928.
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette, Strasbourg, 1927-1928,
Premier étage,Le Ciné-Dancing, aménagé par Théo van Doesburg (photo d'époque et photo actuelle).
A noter, la rampe de luminaires dressés vers le plafond et offrant un éclairage indirect, comme dans l'Aubette-bar.
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette, Strasbourg, 1927-1928,
Premier étage,Le Foyer-bar, aménagé par Sophie Taeuber-Arp et Jean Arp, avec un décor de grands rectangles aux nuances de gris et de rouge, couvrant le plafond et les murs et allant jusqu'au sol.
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette, Strasbourg, 1927-1928 (photos actuelles).
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette, Strasbourg, 1927-1928,
Premier étage,La Salle des Fêtes, Etude, par Théo van Doesburg,
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette, Strasbourg, 1927-1928,
Premier étage,La Salle des Fêtes, aménagée par Théo van Doesburg,
avec un décor de rectangles et de carrés colorés (noir, blanc mais également rouge et bleu offrant deux nuances dissonantes, chaudes et froides) d'où émergent des lignes blanches en relief et des carrés, eux-aussi en relief, contenant les luminaires (carrés en émail d'1 m 20 de côté - unité de mesure correspondant également à la hauteur des radiateurs - contenant 16 ampoules chacun). Les grilles de ventilation sont intégrées au décor.
- TAEUBER-ARP Sophie (1889-1943), ARP Jean (1886-1966) et van DOESBURG Théo (1883-1931), L'Aubette, Strasbourg, 1927-1928,
Premier étage,La Salle des Fêtes, aménagée par Théo van Doesburg (photos actuelles).