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lundi 25 février 2019

995-EXPOSITION 2019 AU CENTRE POMPIDOU : "VASARELY"

VICTOR VASARELY (1906-1997).


VOIR LA VIDÉO (4 MN 14, 2019) DE ARTS IN THE CITY,
VASARELY CRÉÉE L’ÉVÉNEMENT AU CENTRE POMPIDOU : L'EXPOSITION.



VOIR LA VIDÉO (1 MN 50, 2018) DE L'EXPOSITION DE LA FONDATION VASARELY
VASARELY : DES ŒUVRES INÉDITES POUR UNE NOUVELLE EXPOSITION







vendredi 22 février 2019

994-ART CONTEMPORAIN ET AUTOROUTE, "S'IL Y A LIEU, JE PARS AVEC VOUS"







VOIR LE FILM (12 MN 20, 2014) DE BENOÎT MILLOT ET SÉBASTIEN JOUSSE (LE BAL, PARIS),
S'IL Y A LIEU, JE PARS AVEC VOUS.
"Alain Bublex s’intéresse à l’effet que l’autoroute produit sur nous, l’effet de son surgissement (vidéo, de 0' 24 à 3').
Julien Magre nous embarque dans un road movie entre rêves, apparitions et hallucinations (vidéo, de 3' à 5' 44). 
Sur le trajet de Paris à Marseille, d’où est originaire Antoine d’Agata, l’artiste enregistre les paysages nocturnes des parkings.
Stéphane Couturier restitue en image la sensation permanente de saccade, la griserie de la vitesse (vidéo de 5'44 à 7'43).
Sophie Calle interpelle l’automobiliste au péage de Saint-Arnoult : « Faites-moi voyager et je vous offre le péage » (vidéo, de 7'43 à 9'30)".


POUR EN SAVOIR PLUS
VOIR LE SITE DU BAL










jeudi 21 février 2019

993-GABRIEL DELAHAYE (1841-1888), CHARLES DELAHAYE (VERS 1840-1878), PAUL DELAHAYE (1849-1916), PHOTOGRAPHES




- DELAHAYE Gabriel (?) (vers 1841-1888), Ruines Romaines de Cimiès, recto, vers 1868-1871 (?),
pas d'inscriptions au recto,
tirage albuminé de 9,8x5,6 cm sur carton de 10,5x6,3 cm, Collection personnelle.




"Delahaye" est un patronyme français répandu. Trois photographes de ce nom sont connus à Nice dans la seconde moitié du XIX° siècle, Gabriel, Charles et Paul. 


- Gabriel DELAHAYE (1841-1888)

Gabriel Delahaye est né le 12 juin 1841 à Fontainebleau. 

Il est déjà "photographe", à 29 ans, lors de son mariage à Nice le 7 août 1869, avec Baptistine Louise Bensa (née à Nice le 7 juin 1843). Marie, la mère de Gabriel Delahaye, domiciliée à Nice, est présente à la cérémonie mais pas son père qui habite toujours à Fontainebleau. L'un des témoins du mariage est le photographe Victor Bonhoure.

Dans les années suivantes, deux premiers enfants naissent de cette union, François (en juillet 1870, au 108 rue de France) et Henriette (en janvier 1872, Quartier Riquier Supérieur, propriété Roux) mais Henriette décède malheureusement à cinq jours. 
Si Gabriel Delahaye est toujours "photographe" à la naissance de François, il est dit en janvier-février 1872 "sans profession", lors de la naissance d'Henriette et "propriétaire", lors du décès de cette dernière.

Gabriel Delahaye est cependant nommé comme "photographe" en avril 1872 lors du recensement de la Ville de Nice, résidant au 4, quartier Riquier avec sa mère Marie (52 ans), sa femme Baptistine (29 ans) et son fils François (21 mois). 

Le couple a par la suite deux autres enfants, Louis (en 1873, Quartier Riquier Supérieur, propriété Roux) et Emile (en 1880, 37 avenue de la Gare) mais malheureusement Emile meurt à trois ans en 1883 (au 14, rue Foncet). 
Si Gabriel Delahaye est toujours dit "photographe" à la naissance de Louis en 1873, il est cité comme "artiste-peintre" en 1880, lors de la naissance d'Emile et sa profession n'est pas précisée lors du décès de ce dernier.

L'atelier de Gabriel Delahaye est uniquement cité dans les annuaires niçois de 1873 à 1875 au 3, rue Chauvain (annuaire absent de 1876). Le revers de ses cartons-photos (manifestement rectifiés) affiche cette adresse avec son nom mais pas son prénom.
Le revers de certains cartons de Gabriel (?) Delahaye porte une adresse, "rue de France" (inconnue dans les annuaires) ainsi que d'autres mentions effacées : Photographie --- - Delahaye --- - --- Rue de France - Nice - --- Paysages ---". 
L'adresse est parfois également effacée pour être remplacée par l'indication d'une autre, notamment celle de la rue Chauvain, alors que la ligne, "Portraits Paysages Agrandissements", est pour sa part intégralement conservée. 

Ces cartons réutilisés, antérieurs à 1872, semblent révéler une première adresse, rue de France, occupée probablement vers 1868/1869-1871 (signalée en juillet 1870 lors de la naissance de son fils François au n° 108).

Dans les annuaires, "G." Delahaye semble cité par erreur (adresse de Charles Delahaye) dans la liste professionnelle de 1877 au 3, rue Adélaïde puis il n'apparaît plus comme "photographe" dans ceux de de 1879 et de 1883 (annuaires absents de 1878 et de 1880-1882) 

Il est possible que Gabriel Delahaye ait cessé son activité de photographe vers 1877/1878 car il est cité (résidence) : 
- dans l'acte de déclaration de naissance de son fils Emile, en juin 1880, comme "artiste-peintre", au 37, avenue de la Gare,
- dans le recensement de 1881, comme "artiste", au 14 rue Foncet (il n'est cité, dans le recensement de 1876, ni rue Riquier ni rue Foncet),
- dans les annuaires (listes des habitants) de 1884 et 1885, comme "artiste-peintre" et "professeur", au 14, rue Foncet (depuis 1880-1881), 
- dans l'annuaire de 1886, sa profession n'est pas précisée, au 3, place des Platanes, 
- dans l'annuaire de 1887, son nom est absent,
- et dans celui de 1888, il est cité comme "rentier", avenue de la Gare, maison Cousin.

Gabriel Delahaye décède à 47 ans, le 8 novembre 1888 au 15, rue Lépante.


- DELAHAYE Gabriel (?) (vers 1841-1888), Ruines Romaines de Cimiès, recto, vers 1868-1871 (?),
pas d'inscriptions au recto,
tirage albuminé de 9,8x5,6 cm sur carton de 10,5x6,3 cm, Collection personnelle.

- DELAHAYE Gabriel (?) (vers 1841-1888), Ruines Romaines de Cimiès, recto, vers 1868-1871 (?),
inscriptions au verso sur une adresse en partie effacée et complétée au tampon humide,
 "PHOTOGRAPHIE -- DELAHAYE --- Rue de France- NICE - - Paysages --",
 carton de 10,5x6,3 cm, Collection personnelle.


 
- DELAHAYE Gabriel (?) (vers 1841-1888), Monastère de Cimiès, recto, vers 1868-1871 (?),
pas d'inscriptions au recto,
tirage albuminé de 9,8x5,6 cm sur carton de 10,5x6,3 cm, Collection personnelle.

- DELAHAYE Gabriel (?) (vers 1841-1888), Moanstère de Cimiès, verso, vers 1868-1871 (?),
inscriptions au verso sur une adresse en partie effacée et complétée au tampon humide,
 "PHOTOGRAPHIE -- DELAHAYE --- Rue de France- NICE - - Paysages --",
inscriptions manuscrites, "Monastère Cimies Nice",
 carton de 10,5x6,3 cm, Collection personnelle.


- DELAHAYE Gabriel (?) (vers 1841-1888), Portrait d'homme, vers 1872-1873 (?),
inscriptions au recto, "DELAHAYE -- à NICE",
tirage albuminé de 9,3x5,4 cm sur carton de 10x6,3 cm, Collection personnelle.

- DELAHAYE Gabriel (?) (vers 1841-1888), Portrait d'homme, vers 1872-1873 (?),
inscriptions au verso sur une adresse en partie effacée et complétée au tampon humide,
 "PHOTOGRAPHIE - DELAHAYE - Rue Chauvain I - NICE - Portraits Paysages et agrandissements",
 carton de 10x6,3 cm, Collection personnelle.




- Charles DELAHAYE (vers 1840-1878)

Charles Delahaye est né à Paris vers 1840.

La première mention concernant ce photographe date du début de l'année 1875. Une publicité le concernant, publiée à huit reprises de janvier à mars 1875 dans Les Théâtres de Nice, révèle en effet qu'il ne semble s'installer dans la ville qu'à partir de l'hiver 1874-1875.



- Publicité parue en page 3 ou 4 des, Théâtres de Nice, du 18 janvier au 24 avril 1875, Paris, BnF (voir sur Gallica).



Charles Delahaye est cité dans le recensement de la Ville de Nice en décembre 1876, âgé de 36 ans et résidant avec sa femme Angélique Amélie (Emélie en fait) Bénard (39 ans) et ses enfants, Louis (9 ans) et Reine Angélique (six mois) au 1, rue Adélaïde.

Sa fille, Reine Angélique est née le 21 juin 1876 à Romans (Drôme) lors d'un séjour du couple dans cette ville cet été là. 
Je me suis demandé si l'accouchement dans ce lieu était justifié par les origines géographiques du photographe ou de son épouse. Je n'ai pu répondre à cette interrogation mais une publicité parue dans Le Journal de Jacquemart de Romans-sur-Isère, notamment tous les samedis du mois de juillet 1876, éclaire ce séjour d'un œil nouveau.


- Publicité pour l'atelier photographique de Charles Delahaye, parue l'été 1876 en page 4 du Journal de Jacquemart de Romans-sur-Isère (Drôme), notamment les 8, 15, 22 et 29 juillet (Archives communales de Romans-sur-Isère, voir l'article en ligne ICI).




Cette publicité révèle son atelier itinérant de l'été précédent (1875), également au nord de Valence, à Saint-Marcellin (Isère).

Sa fille Reine Angélique, née à Romans, décède malheureusement à Nice, le 27 décembre 1876, à l'âge de six mois. 

Les nom et prénom du photographe apparaissent peu dans les annuaires et les indicateurs niçois mais c'est probablement lui qui est cité en 1876 dans l'ouvrage d'A. Lacoste (Nice pittoresque et pratique, 1876 p 374), "Delahaye, rue Adélaïde, 3" puis dans l'annuaire niçois de 1877 (liste des habitants), "Delahaye, peintre-photographe, r. Adélaïde, 3" (le "G." de "Gabriel" semble cité par erreur dans la rubrique professionnelle de l'annuaire de 1877, "Delahaye (G.), rue Adélaïde, 3").

Le revers des cartons-photos de Charles Delahaye affiche ses nom et prénom ainsi que son adresse au 3, rue Adélaïde.

Le premier modèle ne porte aucune mention au recto et porte au verso, à l'encre noire sur fond blanc, sous la signature oblique de "Chles Delahaye", "Rue Adélaïde - Nice" (sans numéro) (vers 1874 ou avant ?). 

Le second modèle encadre d'un liseré rouge le recto avec les mentions "Ch. Delahaye, Phot. - Nice", et propose au verso sur un fond rose ou abricot, un médaillon blanc portant les mentions, "Charles Delahaye - 3 - Rue Adélaïde - Nice - Avenue de la Gare" (vers 1875 ?).

Un troisième modèle, sur fond orangé ou brun, propose à l'encre brun rouge, au recto, "Ch. Delahaye - Nice" et au recto, "Charles Delahaye - 3 - Rue Adélaïde - Nice - Avenue de la Gare" (vers 1876-1877 ?). 

Charles Delahaye semble n'avoir exercé le métier de photographe que quelques années (vers 1874-1877). Il habite peut-être Nice avant l'hiver 1874-1875 mais je n'ai pas retrouvé son acte de mariage avec Angélique Emélie Bénard (vers 1865-1866) ni celui de la naissance de son fils Louis (vers 1867) et rien n'indique où la famille a vécu avant Nice.

Charles meurt à Nice, au 3, rue Adélaïde, le 9 février 1878, âgé de 38 ans. La profession stipulée dans son certificat de décès est "photographe" mais le terme est barré et suivi de "rentier". 

Charles a, peut-être du fait de problèmes de santé, déjà revendu son affaire en 1877 mais gardé l'appartement situé à la même adresse. 

L'atelier de la rue Adélaïde a probablement été repris par Echtler & Grainer avant 1883 car si leurs noms sont absents de l'annuaire de 1879, plusieurs de leurs cartons-photos conservés sont datés de cette année-là (annuaires de 1878 et de 1880-1882 absents).



- DELAHAYE Charles (vers 1840-1878), Portrait de femme, vers 1875-1876,
inscriptions au recto, "CH.DELAHAYE, PHOT. -- NICE",
tirage albuminé de 8,9x5,5 cm sur carton de 10,3x6,4 cm, Collection personnelle.

- DELAHAYE Charles (vers 1840-1878), Portrait de femme, vers 1875-1876,
inscriptions au recto, "CHARLES DELAHAYE - 3 - RUE ADELAIDE - NICE - Avenue de la Gare",
carton de 10,3x6,4 cm, Collection personnelle.





Paul Joachim Delahaye (1849-1916) 

Cet article a pu être finalisé grâce à Bernard Chéreau, historien de la photographie (Calvados), que je remercie de sa collaboration.

Paul Delahaye est né à Versailles (Seine-et-Oise) le 24 janvier 1849.

Il se marie à Paris le 1er juin 1876 avec Pauline Grados.

Il semble posséder un atelier de photographie à Paris dès 1877 ou 1878 au 45, rue Laffitte (Annuaire-Almanach de Paris 1879), à l'âge de 28 ans. 
Vers 1880, il ouvre également une succursale à Montmartre au 9, rue de Clignancourt (Annuaire-Almanach de Paris 1881) qu'il semble ne garder que deux ans.

Dès ses débuts, il édite à plusieurs reprises et chez des imprimeurs différents, de nombreuses chromos publicitaires (9,2x6,2 cm ou 10,4x7,6 cm environ) avec des personnages ou oiseaux au recto et un long texte au verso (certaines citant la succursale de Montmartre sont datées de 1881) ; en voici deux exemples : 
- "M. Paul Delahaye, 45, rue Laffitte, dans le but de faire connaître ses Nouveaux Procédés Photographiques, et désireux d'agrandir sa clientèle, offre à titre de publicité, aux personnes qui voudront bien visiter ses ateliers, 12 jolis Portraits en émail inaltérable, pour le prix de 10 francs. - M. Paul Delahaye, espère que par ce moyen, il trouvera un public connaisseur, qui saura apprécier le travail sortant de sa Maison. - Nota : les Ateliers sont ouverts tous les jours, Dimanches et Fêtes, de 9 heures à 5 heures - Chaque personne venant poser devra réclamer la collection des Fleurs parlantes - Paris-Imp. Alb. Ponsot [ou Courbe-Rouzet et Cie, imp. à Dôle, Paris, fg St.-Denis, 142]".
- "Photographie - Paul Delahaye - 45, rue Laffitte, au 3° - Succursale : 9, rue de Clignancourt, - Paris-Montmartre - 12 Portraits-cartes émaillés 10 Fr - Spécialité de reproductions - d'après : Peinture, portraits sur Verre, Dagueréotipe (sic), Vieille Photographie - Portraits après décès - Procédé Instantané pour - les Portraits d'Enfants - Ateliers ouverts tous les jours - Dimanches et Fêtes, de 9 heures à 5 heures - Imp. Alfred Clarey, Asnières (Seine)".

Dès 1882, il passe ses saisons d'été en Normandie, à Cabourg/Mer (Calvados), avenue de la Mare, où il réalise des portraits mais également des vues de paysages naturels et urbains (La plage de Cabourg-sur-Mer, Le Casino d'Houlgate...).

Paul Delahaye participe à l'Exposition de Nice de 1882 et y remporte une médaille d'argent. Il semble quitter Paris pour s'installer à Nice peu après (1883 ou 1884). Il remporte une nouvelle médaille à l'Exposition Internationale de Nice de 1884.
Il est uniquement cité à Nice au 5, rue de la Paix dans l'annuaire de 1886 et je n'ai pas connaissance de cartons portant son adresse niçoise.

Si la « Liste générale des principaux photographes » publiée par la Société de Photographie de Toulouse, le cite à Nice de 1888 à 1896, il semble cependant quitter la ville pour regagner Paris dès 1888 ou 1889. 

Paul Delahaye participe à l'Exposition Internationale de 1890 (Paris), comme membre du jury hors-concours. Son nouvel atelier parisien, signalé dans l'Annuaire-Almanach de Paris dès 1890, se nomme, "Photographie du Gymnase" et est situé au 40, boulevard de Bonne-Nouvelle mais Paul Delahaye continue ses saisons d'été dans son atelier de Cabourg/Mer (Villa des Amandiers).

Ses cartons portent au revers :
- à l'encre rouge sur fond beige-rosé, "Photographie (dans un phylactère) - Paul Delahaye - 45. Rue Laffitte 45. - Paris" (vers 1877-1879 ?),
- à l'encre rouge sur fond bleu, "Photographie - Paul Delahaye (signature oblique) - 45 - Laffitte - Paris - Succursale - 9, rue Clignancourt - Paris-Montmartre" (vers 1880-1882 ?),
- à l'encre violette sur fond rose, "PD - Photographie - Paul Delahaye (signature oblique) - 45 - Laffitte - Paris - Cabourg, Avenue de la Mare" (vers 1882-1883 ?),
- à l'encre beige sur fond noir, "Photographie du Gymnase - Paul Delahaye - 40, Bould Bonne Nouvelle - Paris - Medlle D'Argent (médailles recto et verso) - Nice 1882 - Saisons d’Été : Villa des Amandiers Cabourg-sur-Mer - J.H. Nacivet - Paris" (vers 1883-1884 ?),
- à l'encre rouge sur fond rose, "PD - Photographie - Paul Delahaye (signature oblique) - 45 - Laffitte - Paris - Cabourg, Villa des Amandiers - Avenue de la Mare - Médaille, Exposition, Nice 1884 - H. & F. Paris" (vers 1884-1890 ?),
- à l'encre brune sur fond beige, "Photographie du Gymnase - Paul Delahaye - Medlle D'Argent (médailles recto et verso) - Nice 1882 Exposition Internationale 1890 - Membre du Jury-Hors Concours- 40, Bould Bonne Nouvelle - Paris - Saisons d’Été : Villa des Amandiers Cabourg-sur-Mer - J.H. Nacivet - Paris" (1890-débuts 1900 ; un carton daté de décembre 1895).

Il semble cesser son activité parisienne au début du XX° siècle, entre 1901 (où il est encore cité au boulevard Bonne-Nouvelle) et 1907 (où son nom n'apparaît plus ; Annuaires-Almanachs de Paris de 1902-1906 absents).

Paul Delahaye, "photographe", décède à Nice, au 3, rue Jacques Serraire, le 2 juin 1916, à l'âge de 67 ans. Il semble donc avoir conservé une adresse à Nice où il est venu finir sa vie.



- DELAHAYE Paul (1849-1916), Portrait de femme (nourrice ?) et enfant, recto, vers 1880-1882,
inscriptions au recto, "Paul Delahaye. - PD - Paris", 
tirage albuminé de 9,2x5,6 cm, sur carton de 10,5x 6,3 cm, Collection personnelle.

- DELAHAYE Paul (1849-1916), Portrait de femme (nourrice ?) et enfant, verso, vers 1880-1882,
inscriptions au verso, "Photographie - Paul Delahaye (signature oblique) - 45 - Laffitte - Paris - Succursale - 9, rue Clignancourt - Paris-Montmartre", 
carton de 10,5x6,3 cm, Collection personnelle.












mardi 19 février 2019

992-WARHOL/BASQUIAT




- Andy Warhol (1928-1987) et Jean-Michel Basquiat (1960-1988) posant devant l'une de leurs oeuvres communes, 
Felix The Cat, 1984-1985, acrylique sur toile, 294x406 cm, Collection privée,
lors de leur Exposition "Wahrol & Basquiat : Paintings", New York, 14 sept.-14 act. 1985.


VOIR LA VIDÉO (4 MN 11, 2018) DE TÉLÉRAMA
SUR LES TRACES DE BASQUIAT #6 : WARHOL JUSQU’À LA MORT,
DERNIER EPISODE D'UNE SÉRIE DE SIX, RÉALISÉE À L'OCCASION DE 
LA RÉTROSPECTIVE 2018 DE JEAN-MICHEL BASQUIAT À LA FONDATION VUITTON. 

lundi 18 février 2019

991-MONTEL (1847-1929), BLANC (VERS 1795-1877) ET BONNET (1842-1906), PHOTOGRAPHES




- MONTEL Aristide (1847-1929), Portrait d'homme, vers 1872-1877 (?),
inscriptions au recto, "A. MONTEL",

tirage albuminé de 9,1x5,3 cm, sur carton de 10,5x6,2 cm, Collection personnelle.




- Aristide MONTEL (1847-1929) 

"Pietro Aristide" est né à Nice, de parents inconnus, le 28 juin 1847 (paroisse Saint Dominique). Il prend, par la suite, le nom de la femme qui le reconnaît (vraie mère ou mère adoptive ?), Sotérique Pauline Montel (dénommée "Thérèse Montel" puis "Thérèse Orengo"). 

Aristide Montel est cité comme "photographe" pour la première fois dans le recensement de la Ville de Nice de 1872 : âgé de 25 ans, il vit avec sa mère (47 ans) au 8, rue Cassini.

A 27 ans, il épouse en octobre 1874, Anaïs (Alexandrine Clémentine) Magiolo, 18 ans (1856-1884). Avec elle, il aura deux enfants, Paul (Antoine Aristide - 1876-1975) et Marie (Augustine Rose Anaïs - 1881-1967).

Dans les annuaires de 1873 à 1877 (annuaires de 1876 et de 1878 absents), l'adresse de son atelier apparaît au 8, rue Cassini, et celle de sa maison au 20, rue de l'Escarène mais, lors du recensement de la Ville en mai 1876, il est cité avec sa famille au 8, rue Cassini et c'est à cette adresse qu'est né son fils le mois précédent. 

Dans l'annuaire de 1879, son adresse professionnelle devient, "à l'Angle des rues Scaliero et Escarène"
(annuaires de 1880 à 1882 absents). 

La maison dont il est propriétaire a donc réuni, vers 1877-1878, son atelier et sa résidence, et la "Maison Montel" se voit désormais citée rue Scaliero (le plus souvent dans les annuaires : listes des photographes et listes des habitants) ou rue de l'Escarène (le plus souvent dans les recensements) avec seulement des variations de numéro. Ainsi, son adresse de la rue Scaliero, n'affiche pas de numéro en 1883 mais le n° 12 de 1884 à 1889 puis le n° 10 de 1890 à 1905.

C'est au 20, rue de l'Escarène que naît sa fille en août 1881 et que décède sa femme Anaïs, en février 1884.

Le revers de ses cartons-photos porte tout d'abord l'adresse du "8, rue Cassini" (vers 1872-1877) puis celle de l'"Angle des rues Escarène et Scaliero, Maison Montel" (après 1877), sur carton à fond blanc puis à fond rouge (vers 1885). 

Aristide Montel est cité dans la « Liste générale des principaux photographes » publiée par la Société de Photographie de Toulouse, de 1877 à 1885 puis de 1897 à 1905. Il est également cité dans l'Aide-Mémoire de 1892-1894 (pp 113-114), comme constructeur d'une "boîte métallique à rainures pour recevoir les glaces photographiques".

Il cesse son activité vers 1907/1908 au 20, rue de l'Escarène (annuaire de 1907 absent ; nom absent de l'annuaire professionnel de 1908) mais est une dernière fois cité comme "photographe" au moment de son remariage en septembre 1908, à l'âge de 61 ans, avec Adèle Annita Irène Marvaldi, 31 ans (1876-1932).

Aristide Montel, "propriétaire",  décède à Nice, au 22, rue Tondutti de l’Escarène, le 8 décembre 1929, à l'âge de 82 ans.

La tombe de la famille Montel est située au Cimetière du Château de Nice, Allée Lenval, la date d'achat de la concession n° 1423, correspondant à celle du décès d'Anaïs Montel, née Magiolo. 
Le scientifique Paul Antoine Aristide Montel (1876-1975) est le fils d'Aristide Montel et de son épouse Anaïs.



- MONTEL Aristide (1847-1929), Portrait d'homme, vers 1872-1877 (?),
inscriptions au recto, "A. MONTEL",
tirage albuminé de 9,1x5,3 cm, sur carton de 10,5x6,2 cm, Collection personnelle.

- MONTEL Aristide (1847-1929), Portrait d'homme, vers 1872-1877 (?),
inscriptions au verso, "Amour de la Peinture et la Photographie - A. MONTEL - PHOTOGRAPHE - 8, rue Cassini, 8 - NICE",
carton de 10,5x6,2 cm, Collection personnelle.


- MONTEL Aristide (1847-1929), Portrait d'enfant, vers 1872-1877 (?),
inscriptions au recto (en signature oblique), "A. Montel - Nice",
tirage albuminé de 9,2x5,3 cm, sur carton de 10,5x6,4 cm, Collection personnelle.

- MONTEL Aristide (1847-1929), Portrait d'enfant, vers 1872-1877 (?),
inscriptions au verso, phylactère sur fond de rinceaux couronnés d'une étoile, "- A. MONTEL - PHOTOGRAPHE - 8 RUE CASSINI - NICE",
carton de 10,5x6,4 cm, Collection personnelle.



- Joseph BLANC ou BLANC D'AUBIGNY (vers 1795-1877) 

Joseph Blanc est né à Lyon vers 1795. 

J'ignore tout de sa vie et de sa carrière (Lyon, Paris ?) avant sa présence à Nice où il est signalé pour la première fois, en mai 1871, en tant que "Joseph Blanc d'Aubigny, photographe, âgé de 76 ans" (témoin de mariage). Il est veuf de Jenny d'Aubigny et porte alors son nom en sa mémoire. Il est probable cependant qu'il ait été présent sur Nice dès le milieu ou la fin des années 1860.

"Joseph Blanc, photographe" est ensuite signalé dans l'annuaire niçois de 1873 au 7, rue du Temple (liste professionnelle). 

Il apparaît ensuite dans les annuaires de 1874 à 1877 (partie professionnelle et liste des habitants) sous l'appellation, "Blanc & Cie", au 24, rue Masséna puis en 1879 au n° 26 (annuaires absents de 1876, 1878).

Un carton photo, du milieu des années 1870, précise au verso le nom d'un associé et rassemble les deux adresses : "Blanc & Bonnet - Photographie & Peinture - Rue du Temple et rue Masséna, 24 - Nice". Il est cependant possible que cette association soit plus ancienne (dès 1865-70 ?).

Joseph Blanc est cité à Nice dans la « Liste générale des principaux photographes » publiée par la Société de Photographie de Toulouse, de 1877 à 1885.

Il est cependant décédé à Nice le 31 mai 1877, à l'âge de 82 ans.



- BLANC Joseph (vers 1795-1877), Portrait de jeune femme, vers 1873-1877 (?),
inscriptions au recto, "BLANC & Cie PHOT.",
tirage albuminé de 5,5x8,9 cm, sur carton de 6,3x10,5 cm, Collection personnelle.

- BLANC Joseph (vers 1795-1877), Portrait de jeune femme, (vers 1873-1877) 
inscriptions au verso, Icône de peintre et de Photographe suivie de, 
"BLANC & Cie - PHOTOGRAPHIE & PEINTURE - 24, Rue Masséna, 24 - Nice",
carton de 6,3x10,5 cm, Collection personnelle.


- BLANC Joseph (vers 1795-1877) et BONNET Honoré (1842-1906), Portrait d'homme, vers 1874-1877,
inscriptions au recto, "Blanc & Bonnet Phot.",
tirage albuminé de 5,5x8,8 cm, sur carton de 6,3x10,5 cm, Collection personnelle.

- BLANC Joseph (vers 1795-1877) et BONNET Honoré (1842-1906), Portrait d'homme, vers 1874-1877,
inscriptions au verso, Aigle de Jupiter au phylactère, palme et foudres, suivi de,
 "Blanc & Bonnet - Photographie & Peinture - Rue du Temple & Rue Massena, 24 - Nice",
carton de 6,3x10,5 cm, Collection personnelle.



- Honoré Benoît BONNET (1842-1906) 

"Benedetto Onorato Bonet" est né à Nice le 28 mars 1842.

Il est cité pour la première fois comme "photographe" à Nice, à l'âge de 23 ans, en tant que témoin de naissance, en septembre 1865. 

Honoré Bonnet, "photographe", se marie en novembre 1869 avec Catherine Joséphine Dalmas (1846-1910), avec qui il aura six enfants dont quatre qui, malheureusement, mourront très jeunes, Caroline (1871-1951), Joseph (1873-1874), Benoît (1875-1876), Sophie (1877-1885), Marie (1878-1879) et André (1885-1962).

La résidence d'Honoré Bonnet est citée dans les recensements successifs de la Ville de Nice ainsi que dans les déclarations de naissance et de décès de ses enfants :
- en 1866 (recensement), au 16, Saint-François-de-Paule,
- en 1871 (naissance) et 1872 (recensement), au 7, quai Masséna,
- en 1873 (naissance) et 1874 (décès) au 2, rue Paradis,
- en 1875 (naissance) et 1876 (décès) au 3, rue Saint-Michel,
- en 1876 (recensement), 1877 (naissance), 1879 (décès) puis 1881 (recensement et naissance) au 7, 8 puis 20, rue Croix-de-Marbre,
- en 1885 (décès) au 9, rue du Pont Neuf.

L'atelier d'Honoré Benoît est cité dans les annuaires niçois :
- de 1873 à 1875, au 2, rue Paradis (il semble y succéder à Emile Messy dès 1872)
- de 1879 (dès 1876 en fait) à 1884 au 5, rue Croix-de-Marbre (annuaires absents de 1876 et 1878 et nom absent de l'annuaire de 1877)
- de 1885 à 1886 au 1, rue Saint-Philippe, 
- et enfin de 1887 à 1889 au 9, rue du Pont-Neuf.

Son nom semble disparaître des annuaires niçois après 1889.

Le revers de certains cartons-photos porte à l'encre violette, sous les armoiries de la Couronne britannique, les inscriptions suivantes : " Photographie - Honoré Bonnet - Rue Paradis, 2. - & Rue Masséna, 13. - au fond du jardin. - Nice" (vers 1872-1875). 
D'autres portent à l'encre rouge : "Photographie - Et - Peinture - H. Bonnet (signature oblique)  - 5, Rue Croix-de-Marbre, 5 - A côté de London House - Près le Jardin Public - Nice" (vers 1876-1877 ?).

Il est probable que ce soit lui qui s'associe à Joseph Blanc, dès le milieu des années 1870 (voir l'article ci-dessus).

Entre 1865 et 1884, Honoré Bonnet est cité dans les registres d'état-civil comme témoin de quelques naissances, mariages et décès mais entre 1884 et 1890, il est cité pour plus de 80 naissances, ce qui interroge sur les raisons de sa présence lors de ces déclarations.

Son frère, Casimir Bonnet, est peintre (cité en 1883). 
Honoré Bonnet semble côtoyer le photographe Charles Garach (cité en 1879) et le photographe Louis Sébastien Orsi (naissance de la fille de ce dernier en 1885). 
Il est proche également du photographe Jean Vaglio ; il apparaît comme témoin dans la déclaration de naissance de la fille de ce dernier en 1870 et dans celle du décès du photographe en 1900. A-t-il travaillé avec Jean Vaglio dans les années 1865-1872 ? 
Toujours est-il que dans cet acte de décès de 1900, Honoré Bonnet est encore présenté comme "photographe", domicilié à Nice et âgé de 57 ans. 

C'est d'ailleurs en tant que "photographe" qu'il décède à Nice le 5 août 1906, au 2, place du Palais.

Honoré Bonnet est cité dans la « Liste générale des principaux photographes » publiée par la Société de Photographie de Toulouse, de 1877 à 1885.



- BONNET Honoré (1842-1906), Portrait d'homme, vers 1872-1875 (?),
inscriptions au recto, "Honoré Bonnet, Phot.",
tirage albuminé de 8,7x5,4 cm, sur carton de 10,5x6,3 cm, Collection personnelle.

- BONNET Honoré (1842-1906), Portrait d'homme, vers 1872-1875 (?),
inscriptions au verso, "Armoiries de la Couronne britannique - PHOTOGRAPHIE - Honoré Bonnet - 
Rue Paradis, 2 - & Rue Masséna, 13, - au fond du jardin - NICE",
carton de 10,5x6,3 cm, Collection personnelle.



- BONNET Honoré (1842-1906), Portrait d'une mère et de sa fille, recto, vers 1876-1877 (?),
inscriptions au recto, "HB",
tirage albuminé de 9x5,5 cm, sur carton de 10,5x6,3 cm, Collection personnelle.

- BONNET Honoré (1842-1906), Portrait d'une mère et de sa fille, verso, vers 1876-1877 (?),
inscriptions au verso, "Photographie - Et - Peinture - H. Bonnet (signature oblique) 
- 5, Rue Croix-de-Marbre, 5 - A côté de London House - Près le Jardin Public - Nice",
inscriptions manuscrites, "Tante Armand et - sa fille",
carton de 10,5x6,3 cm, Collection personnelle.



VOIR LA LISTE DES PHOTOGRAPHES ÉTUDIÉS












samedi 16 février 2019

990-NASSIM DAGHIGUIAN, "PHOTOGRAPHIE CONTEMPORAINE : CYBERPORTRAIT"




- LAWICKMÜLLER (LAWICK Friederike van, née en 1958 et MÜLLER Hans, né en 1954), Portraits de Vedova Mazzei, série La Folie à deux, 1992-1996,
photographie numérique contre-collée sur PVC, 150x110 cm, 16 "métaportraits".

- AZIZ + CUCHER (AZIZ Anthony, né en 1961 et CUCHER Sammy,, né en 1958), Maria, série Dystopia, 1994-1995,
tirage cibachrome 110x140 cm.



LIRE ET TÉLÉCHARGER LE DOSSIER DE COURS (PDF)
DE L'HISTORIENNE D'ART SUISSE 
NASSIM DAGHUIGUIAN

jeudi 14 février 2019

989-MARSDEN HARTLEY (1877-1943), "THE GERMAN PAINTINGS (1913-1915)"


- HARTLEY Marsden (1877-1943), Painting n° 48, 1913,
huile sur toile, 119,9x119,9 cm, Brooklin Museum.


Lors d'un voyage en Europe, le peintre américain Marsden Hartley (1877-1943) s'installe à Berlin de 1913 à 1915.
 C'est là qu'il réalise une fabuleuse série de toiles entre figuration expressionniste et abstraction,
 entre rigueur géométrique (apparat militaire) et force colorée, entre primitivisme
(art traditionnel bavarois, art amérindien) et modernité, entre passion amoureuse et mysticisme.
VOIR LA VIDÉO (3 MN 40, 2014) DE KUNST UND FILM,
MARSDEN HARTLEY : DIE DEUTSCHEN BILDER 1913-1915,
AUSSTELLUNG IN DER NATIONALGALERIE BERLIN,
05/04/2014 - 29/06/2014.











mardi 12 février 2019

988-GUNTA STÖLZL (1897-1983) : "LE DESIGN TEXTILE AU BAUHAUS, 1919-1931"




- STÖLZL Gunta (1897-1983), Tenture murale, tapisserie fendue Rouge/verte, 1927-1928,
coton, soie, lin, 150x110 cm, Berlin, Bauhaus/Archives,
oeuvre réalisée dans la période où, près avoir été étudiante au Bauhaus de Weimar (1919-1925),
 elle est devenue enseignante au Bauhaus de Dessau (1925-1931).



VOIR LA VIDÉO (2 MN 14, 2009) DE DELATEX
 DES OEUVRES DE GUNTA STÖLZL (1897-1983).
a















jeudi 7 février 2019

987-TRAVAUX D’ÉLÈVES DE PREMIÈRE : "GRAND MASQUE"

SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS


- Production de Maël ARNOULD, élève de 1ESL3.




Première FAC/OB - Février 2019 - Travail en classe - "GRAND MASQUE" - 


Carton de grand format (120x80 cm) - Motifs - Couleur - Techniques libres - 6 heures.



- Production de Nour BEN AHMED, élève de 1ESL3.


- Production de Shayma BOUHLEL, élève de 1ESL3.


- Production d'Amal SADDEN, élève de 1S2.



- Production de Mimount BENAMAR, élève de 1ES1.

- Production d'Alicia MURRAY, élève de 1STMG2.

















- Production de Souhyre BOUHLEL, élève de 1ESL3.


- Production de Marie Line KARAM, élève de 1ESL3.


- Production d'Anissa ZIANE-CHERIF, élève de 1ESL3.


- Production de Marine LÉA  (1ESL3).


- Production de Jérémy HOANG, élève de 1ESL3.


- Production d'Ibtissam AKAROUM, élève de 1ES1.


- Production d'Hayet MIMOUN, élève de 1ESL3.


- Production de Kenza SAFFAR, élève de 1ESL3.












986-ALBUM DE JEAN WALBURG DE BRAY, "PRINCIPAUTÉ DE MONACO", VERS 1875










PRÉSENTATION

Voici un petit album anonyme et non daté, au format à l'italienne, qui présente en couverture, sur fond de percaline bleue, un titre, "Principauté de Monaco", et les armoiries correspondantes en lettres dorées. 

Il mesure 20,2 x 13,9 x 0,9 cm et est constitué de 12 pages en accordéon (Leporello) de 19 x 12,6 cm, recevant chacune un tirage albuminé de 14,9x9,3 cm. 

Quatre des vues sont consacrées à Monaco, les huit autres concernant le Casino de Monte-Carlo et ses jardins.

La pâleur des photographies a contraint à retoucher chacune d'entre elles, tant au niveau du contraste que de la netteté.












































ESSAI DE DATATION

L'ensemble des prises de vue de Monaco et Monte-Carlo semble :

- postérieur à 1868, du fait de la présence de la Gare de Monaco (érigée fin 1867-début 1868) dans la Vue Générale de la Principauté (ligne Nice-Monaco ouverte en octobre 1868) et de la présence du "Café Divan" (ouvert début 1868 puis renommé avant 1870, "Café de Paris") dans la vue de la Façade (nord) du Casino de Monte-Carlo (à gauche de la photo, face à l'Hôtel de Paris), 

- postérieur à 1870, du fait de la vue de la Façade (nord) du Casino (modifiée vers 1870), de la vue de la nouvelle façade de l'Eglise Sainte-Dévote (chapelle restaurée dès l'été 1870 et inaugurée le 25 janvier 1871) et de la présence du "Tir aux Pigeons" du Casino de Monte-Carlo (en travaux dès 1869 et ouvert en novembre 1871) dans la Vue générale de la Principauté et dans la Vue prise de Saint Martin,

- mais antérieur à la réalisation des travaux du Casino entrepris en 1878 (absence de l'Opéra, de son dôme et de ses tours d'entrée - façade sud - et absence du kiosque à musique - terrasse sud).

Les photographies, qui semblent former un ensemble homogène, peuvent donc être datées entre 1871 et 1878. 



VUE GÉNÉRALE DE LA PRINCIPAUTÉ

L'étude des bâtiments de la gare de Monaco (à la Condamine) et du bosquet attenant (au sud), visibles dans la Vue générale de la Principauté, peut cependant permettre de dater plus précisément l'album étudié.







De nombreuses vues anciennes du Rocher de Monaco (estampes et photographies) permettent en effet de suivre l'évolution de ce lieu, des années 1860 à 1880 (et au-delà).

Les photographies des années 1860, centrées sur le Rocher de Monaco, ne révèlent cependant qu'une partie du bois touffu qui recouvre le terrain. 

Ce bois se trouve ensuite fortement réduit et éclairci lors des travaux de la voie ferrée puis du nivellement du terrain pour la construction de la gare qui se voit érigée entre octobre 1867 et juin 1868 (voir une photographie de 1867 de Miguel Aléo [1824- vers 1886] sur ce blog) alors que la ligne Nice-Monaco (1864-1867) entre en service en octobre 1868. 

Dans les années 1870, alors que la gare voit la destruction et la reconstruction de bâtiments, le bois cède petit à petit la place à de nouveaux bâtiments pour disparaître totalement vers 1880.



- Détail d'une lithographie de Deroy (Isidore Laurent, 1797-1886 ?), montrant l'état de la gare de Monaco
 et du bosquet attenant vers 1868-1870 (voir sur Gallica).



- Détail d'une photographie anonyme, vers 1868-1870.


"A l'entrée de la station de Monaco s'élève un bâtiment destiné à servir de remise aux voitures du Prince ; plus loin sont les quais, l'un couvert, l'autre découvert ; puis un pavillon très coquet, construit en briques de Saint Henri. Près de là se trouvent l'abri et le bâtiment destinés aux voyageurs. A ce bâtiment, on a annexé un salon réservé à S.A.S. Cette construction est en belles pierres de Beaucaire." (Journal de Monaco du 21 juin 1868).


Sur l'estampe, la gare semble constituée sur son côté sud de quatre bâtiments qui s'échelonnent (d'est en ouest) : un bâtiment haut, un grand bâtiment en angle, un petit bâtiment puis un grand hangar accosté d'une plateforme. Le bois n'accueille pour sa part qu'un bâtiment bas à la hauteur du grand hangar.


- Détail d'une photographie d'Eugène Degand (1839-1911), vers 1872
 (voir une photographie identique, dans un album daté vers 1875, sur Gallica).


Dès le printemps 1870, le projet de remplacement de certains bâtiments de la gare est envisagé mais se voit repoussé du fait des événements de 1870-1871. Les travaux débutent finalement l'été 1872 pour s'achever à l'automne 1873. 

"Les travaux de démolition de l'ancienne gare provisoire en planches sont très avancés. Dans quelques jours, l'élégante bâtisse qui doit la remplacer sortira du sol, et notre ville sera dotée enfin d'un bâtiment en harmonie avec ses besoins. L'ancienne construction était non-seulement désagréable à l’œil mais elle se trouvait encore, depuis quelque temps, tout-à-fait insuffisante, par suite de l'augmentation du nombre des voyageurs, et de l'importance qu'a prise le trafic des marchandises." (Journal de Monaco du 10 septembre 1872).

Sur la photographie, le grand bâtiment central en angle a été démoli pour être reconstruit plus à l'est, libérant de l'espace entre le bâtiment haut et le petit bâtiment pour y implanter le bâtiment de la nouvelle gare. Le bois accueille désormais un haut bâtiment à son extrémité ouest. 


- Détail de la vue de l'album étudié, intitulée, Vue générale de la Principauté, vers 1874.


"Nous avons dit, il y a quelque temps, que les travaux de reconstruction de notre gare étaient commencés. Nous apprenons aujourd'hui, qu'après leur achèvement qui aura lieu à la fin de l'été, on transformera en square toute la partie occupée actuellement par le bâtiment provisoire en bois." (Journal de Monaco du 22 juillet 1873).

"Une partie des membres du conseil d'administration de la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée, en tournée d'inspection sur toute la ligne pour l'amélioration du service, a passé la journée de dimanche à Monaco. Ces hauts administrateurs ont assuré que les travaux d'agrandissement de notre gare seraient promptement achevés." (Journal de Monaco du 28 octobre 1873).

Sur la photographie, le grand bâtiment en angle de la gare est toujours présent du côté oriental mais le bâtiment haut est désormais accosté du bâtiment d'angle de la nouvelle gare. Le petit bâtiment en bois a été démoli et sera bientôt remplacé par un square jouxtant le grand hangar. Dans le bois, deux bâtiments accolés (dont l'un très élevé) sont venus s'insérer entre les deux premières constructions.


- Détail d'une photographie anonyme panoramique (12x26 cm), vers 1876.


Sur la photographie, le grand bâtiment en angle de la gare a disparu du côté est. Le bâtiment haut est toujours accosté du bâtiment d'angle de la nouvelle gare et le square, aménagé dans l'espace compris entre ce nouveau bâtiment et le grand hangar, est désormais visible. Dans le bois, de nouvelles constructions se sont ajoutées dans toute la partie occidentale.


- Détail d'une photographie (n° 3493) d'Alfred Noack (1833-1895), Monaco et la Condamine, vers 1880 (voir la photographie sur Gallica).



Sur la photographie, pas de changement notable de la gare, en dehors de la végétation du square qui a pris de l'ampleur. Le bois a totalement cédé la place aux constructions qui ont envahi finalement toute la partie orientale de la parcelle (voir également les vues postérieures à 1878 [tours de l'Opéra du Casino de Monte-Carlo visibles à l'horizon] et notamment la photographie de Jean Walburg de Bray [1839-1901], vers 1879 [voir sur Gallica] et celle de James Jackson [1843-1895] datée du 4 février 1886 [voir sur Gallica] qui montre pour sa part la reconstruction d'un grand bâtiment à l'est de la gare).


La vue de l'album étudié peut donc être datée entre fin 1873 et fin 1875.



VUE DU JARDIN DU CASINO

Une autre photographie de l'album étudié peut confirmer une datation semblable. Il s'agit de l'une des vues du Jardin du Casino de Monte-Carlo montrant un pavillon élégant.





Ce pavillon a été conçu pour la participation de la Principauté de Monaco à l'Exposition Universelle de Vienne de 1873.

"Son Excellence le Baron de Schwarz-Seaborn [Directeur Général de l'Exposition], a accordé dans le parc du Palais de l'Exposition un vaste emplacement où sera édifié un chalet au fronton duquel on verra inscrit le nom de Monaco. C'est dans cette gracieuse construction que se trouveront réunies toutes les provenances de la Principauté [produits agricoles et industriels]." (Journal de Monaco du 21 janvier 1873).

"Le pavillon destiné à l'exposition de la Principauté de Monaco à Vienne, est aujourd'hui achevé et presque complètement mis en place. Il a été construit à Paris dans les ateliers de la compagnie Franco-Suisse, sous la direction de M. Ernest Janty, architecte inspecteur des travaux des Tuileries et du Louvre. La décoration intérieure a été confiée à des artistes d'une valeur reconnue." (Journal de Monaco du 22 avril 1873).


- Estampe du Pavillon de Monaco à L'Exposition Universelle de Vienne, été 1873.


"Exposition de Vienne - Nous entrons maintenant dans le kiosque provenant du pays qui a donné naissance à ces plantes. Cela se reconnaît à la présence des fleurs aimées du soleil qui en ornent l'entrée ; à la forme des statues antiques qui la décorent, et au style de la maison elle-même. Un large escalier abrité par une véranda, nous conduit à une galerie supportée par des colonnes. Deux charmantes têtes de femme nous sourient. Après avoir jeté un rapide coup d’œil au parquet fait en mosaïque de briques émaillées, nous entrons dans l'unique pièce du Chalet. Au milieu s'élève un socle en marbre noir dont les côtés sont ornés de médaillons en marbre de Carrare représentant les quatre saisons. Le buste également en marbre, du Souverain surmonte ce socle. De tous côtés, nous apercevons, établies sur des étagères d'ébène, les productions industrielles de cette heureuse contrée." (Journal de Monaco du 17 juin 1873).

En 1874, ce pavillon est remonté dans les jardins du Casino de Monte-Carlo, du côté oriental. 

"On a entrepris, depuis quelques jours, les excavations nécessaires à l'édification dans les jardins de Monte Carlo, du chalet où étaient placés les produits de la Principauté à l'exposition de Vienne. Cette construction élégante se trouvera en contrebas de la salle mauresque, et en façade sur le chemin cimenté qui conduit du Casino à, la gare de Monte Carlo." (Journal de Monaco du 10 février 1874).

"Le pavillon où étaient exposés les produits de la Principauté à l'exposition universelle de Vienne est, à cette heure, presque entièrement réédifié au milieu des jardins de Monte Carlo. Ce pavillon, très coquet de forme, est destiné à recevoir les œuvres d'art et les produits artistiques qui ont valu onze récompenses à notre pays." (Journal de Monaco du 16 juin 1874).

"On lit dans le Chroniqueur : (...) les jardins du Casino considérablement agrandis, présentent un coup d’œil charmant, surtout vus du perron de l'établissement. L'an passé, il n'y avait qu'une partie de ces jardins terminée, les terrains à droite de la route qui conduit à Menton étaient en contre-bas et nécessitaient de grands travaux de terrassement. Tout est nivelé aujourd'hui, les allées sont plantées d'arbres rares, d'agaves, de cactus, de toute la flore d'Afrique : on ne dirait jamais que ce jardin n'était qu'à l'état de landes il y a six mois à peine, et, comme dit le proverbe, il faut l'avoir vu pour le croire (...) Le pavillon si élégant qui faisait l'admiration des dames de Pesth et des aimables Viennoises a été réédifié ici tel qu'il était." (Journal de Monaco du 15 décembre 1874).

La vue de l'album étudié n'est donc pas antérieure au second semestre de l'année 1874.



L'AUTEUR

De nombreux photographes des années 1860-1870 se sont intéressés aux vues de Monaco et Monte-Carlo (paysages et monuments) et parmi eux, Alexandre Davanne (1824-1912), Miguel Aléo (1824- vers 1886), Alfred Noack (1833-1895), Eugène Degand (1829-1911) et Jean Walburg de Bray (1839-1901).

Ce dernier est le photographe officiel du Prince Charles III de Monaco (1818-1889), souverain de 1856 à 1889. Jean Walburg de Bray a réalisé au moins trois albums consacrés à Monaco et Monte-Carlo vers 1868 et deux albums en 1873 (le Palais du Prince puis la Cathédrale avant sa démolition) et de nombreuses vues panoramiques (voir sur Gallica quelques vues de Monaco [vers 1873] dans un album daté de février 1876). L'album étudié est-il de lui ?

Des photographies semblables à celles de l'album étudié existent avec des variations dans le format (Cdv, cartes Cabinet, photos stéréoscopiques, formats panoramiques, grands formats), le moment de prise de vue (à quelques minutes d'écart) ou le cadrage (tirage). Si toutes ces vues sont généralement anonymes et sans date, certaines d'entre elles apparaissent cependant dans des albums de Jean Walburg de Bray puis, après 1880, dans ceux de Jean Giletta qui a racheté une partie de son fonds, permettant ainsi d'identifier son auteur.

L'album, composé de vues qui peuvent être datées vers 1874-1875, a pu être édité dès le milieu ou la seconde moitié des années 1870.



- UNSIGER Charles (1823-191), Le Tir aux Pigeons et le Casino de Monte-Carlo, vers 1877,
estampe extraite de l'ouvrage de REVOIL Bénédict Henry (1816-1882), Monaco et Monte-Carlo,
Deuxième Edition, Paris, E. Dentu Éditeur, 1879 p 258.