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JOSEPH DESMONTS (1802-1856),
QUINCAILLIER-PHOTOGRAPHE À MARSEILLE
MARSEILLE
Jean Joseph Reynaud/Renaud Desmonts est né le vingt-neuf germinal an X (le 19 avril 1802) à Marseille (Bouches-du-Rhône), maison 25, rue du Juge de Palais (près du Port).
Il est le deuxième enfant, et le seul fils, de Joseph Amable Rose Desmonts, colporteur (né en février 1780 à Marseille) et de Marie Françoise Frémiot de Salles Pastorel (née le 20 septembre 1780, à Cassis, Bouches-du-Rhône), qui se sont mariés à Marseille, le 17 prairial an VI (le 5 juin 1798) (1).
Le nom de "Desmonts" est souvent orthographié "Desmont" (sans le "s" final) et, plus rarement, "Desmon" ou "Desmond". Les prénoms de Jean Joseph Reynaud Desmonts sont, le plus souvent, tous cités (actes d'état civil) ou tous absents (journaux et publicités) mais son prénom d'usage est "Joseph", comme son père (registres de recensement).
En 1823, Joseph Desmonts (fils), âgé de 21 ans, fréquente Reine Soupé, 23 ans (née le 1er mai 1800 à Viviers, Yonne). Cette dernière accouche chez ses parents, à Viviers, le 30 mars 1824, d'une enfant qu'elle seule reconnaît, Joséphine Soupé.
Joseph Desmonts dépose le 25 juillet 1828, la demande d'un brevet de 5 ans (et un brevet additif de perfectionnement le 13 octobre 1829) pour "divers moyens mécaniques désignés sous le nom de aquapède et char nautique, à l'aide desquels on peut aller sur l'eau et sur la glace, par l'action des pieds, des mains, du vent ou de la vapeur" (Archives I.N.P.I.).
Le 4 août 1831, Joseph Desmonts, "musicien", 29 ans, épouse à Viviers, Reine Soupé, 31 ans (fille de Edmé Soupé, né vers 1758 et de Edmée Imbert, née vers 1761), et les époux légitiment leur fille, Joséphine Desmonts.
La famille s'installe à Marseille, chez les parents Desmonts, le père étant désormais marchand quincaillier sur le Port (ou quai du Port), petite rue Jérusalem (ou rue petite Jérusalem).
Joseph Desmonts, quincaillier
Joseph Desmonts fils va travailler avec son père. Lorsque sa femme accouche de leur garçon, Antoine Amable Etienne Desmonts, le 31 mai 1832, petite rue Jérusalem, 1, il est en effet dit, "quincailler" (sic).
En 1836, ses qualités de musicien transparaissent cependant dans la petite annonce suivante :
L'été 1836, il adresse à l'Académie des Sciences, un mémoire présentant le perfectionnement de son invention (2) :
En 1838, une nouvelle adresse de magasin s'ajoute à celle du Port. Une publicité pour la guérison des cors aux pieds, parue dans Le Sémaphore de Marseille du 10 juillet 1838, signale, en effet, que ce baume coporistique est en dépôt, à Marseille, "chez M. Desmonts fils quincaillier, sur le Port, palissade Ste.-Anne, au coin de la rue des Auffiers, et rue St.-Ferréol, au coin de la rue de la Darce".
L'émergence du nom de "Desmonts fils" semble indiquer un retrait des affaires, peut-être progressif, de la part de son père Joseph. Ce dernier va prendre sa retraite en 1842, à l'âge de 62 ans, et aller vivre, avec son épouse, dans sa propriété de Cassis (Bouches-du-Rhône).
De 1839 à 1842, Le Cicerone marseillais va enore citer le père, quai du Port, et le fils, rue St-Ferréol, 46 mais ensuite, uniquement l'adresse du fils (L'Annuaire général du Commerce Firmin-Didot de 1841 cite ce dernier, par erreur, rue St-Ferréol, 6).
Le 15 juin 1839, Joseph Desmonts (fils), "marchand quincailler (sic)", marie, à Marseille, sa fille Joséphine, âgée de 15 ans, à Augustin/Auguste Joseph Nicolas Santi, âgé de 33 ans, opticien (né le 4 octobre 1805, à Marseille ; fils d'Augustin Santi, confiseur, et de Marie Anne Françoise Audibert, décédés) (3).
La quicaillerie Desmonts (au n° 1) et la boutique d'Augustin Santi (au n° 3) sont voisines sur le Port de Marseille, affichant tour à tour, rue petite Jérusalem ou palissade Ste-Anne.
Le troisième et dernier enfant de Joseph Desmonts (fils), Henri Augustin Desmonts, naît le 12 août 1839, encore à l'adresse de la petite rue Jérusalem, 1. Son gendre Augustin Santi est l'un des témoins de l'acte de naissance.
Joseph Desmonts, daguerréotypeur
Augustin Santi, opticien sur le Port, fait paraître dès le 6 février 1842, une annonce où il met en vente des appareils de Daguerréotype et tous leurs accessoires, et déménage dans les mois suivants, rue Canebière, 30.
Le 23 février 1842, Joseph Desmonts, quincailler" (sic) fait, pour sa part, paraître une annonce où il propose des "Portraits au daguerréotype".
L'intérêt concomitant pour le Daguerréotype chez Joseph Desmonts et Augustin Santi n'est pas un hasard. On peut même se demander si Joseph Desmonts n'a pas été initié au Daguerréotype par son gendre, "fabricant d'instruments d'optique, de physique, de mathématiques et de marine" (Annuaire général du Commerce Firmin-Didot frères de 1843).
Cependant, rien n'est certain. Joseph Desmonts n'a-t-il pas déposé dès 1828 des brevets d'invention ? La petite annonce ci-dessus ne parle-t-elle pas des "améliorations que Desmonts a fait à son daguerréotype" ? Cette phrase permet par ailleurs de repousser son initiation au Daguerréotique, au plus tard en 1841.
Il semble être le premier daguerréotypeur à s'installer à Marseille d'une façon pérenne. Au sein de son entreprise de quincaillerie de la rue St-Ferréol, 46, il a fait ériger, sur la terrasse de l'immeuble, "un pavillon tendu en bleu".
Le 8 avril 1842, Le Sémaphore de Marseille consacre un long article aux progrès du portrait au Daguerréotype, ainsi qu'à l'atelier de M. Desmonts :
- "Portraits au Daguerréotype de M. Desmonts. Cette merveilleuse découverte dont notre époque peut à juste titre s'enorgueillir, a fini par trouver son application utile et générale. Le portrait daguerréotypé est devenu populaire ; et si, dans certaines classes de la société on ne se fait pas encore une idée bien nette des propriétés chimiques de la lumière et de son action sur certaines substances, il est bien peu de personnes qui ignorent aujourd'hui les surprenants résultats de l'invention du peintre français.
À la première visite que nous avons faite chez M. Desmonts, cet ingénieux vulgarisateur des procédés nouveaux au moyen desquels il est permis de reproduire la figure humaine, ce fut pour nous une agréable surprise que de trouver son atelier envahi par un essaim rieur de jeunes filles, attentives à suivre les progrès d'une empreinte d'abord confuse sur une plaque de cuivre placée au fond d'une chambre obscure.
De seconde en seconde les détails de l'objet représenté se révélaient plus nets et plus sensibles à la vue, à mesure qu'agissait le charme invisible qui fixait l'image, en dessinait les contours déliés et purs et lui donnait le ressort convenable par la combinaison des clairs et des ombres.
Tout à coup un cri de joie universel partit du milieu de ce groupe impatient ; la plaque s'était animée et le portrait de la plus jolie, ne nous trompons, de la plus belle de ces jeunes personnes, était sorti dans toute sa vérité gracieuse des nuages qui l'avaient enveloppé jusque-là.
Qu'on se figure l'impression produite par cette charmante révélation, et qu'on juge si ce triomphe du daguerréotype, a dû contribuer à répandre au loin, grâce aux éloquens (sic) commentaires de tant d'aimables bouches féminines, le mérite de la découverte.
On se rappelle que lorsque le résultat des beaux travaux de M. Daguerre fut annoncé au public et expliqué avec une si remarquable lucidité par M. Arago, on commença par désespérer de pouvoir jamais appliquer l'invention à la figure humaine.
On regardait alors comme un obstacle invincible à la reproduction d'une tête, l'impossibilité de la rendre tout à fait immobile, condition sans laquelle les traits de la personne paraissaient ne devoir offrir qu'un aspect plein de confusion, non seulement méconnaissable par rapport à l'individu, mais entièrement informe.
On conçoit, d'après cela, que le premier soin de ceux qui ont tenté avec tant d’efforts couronnés d’un plein succès, de résoudre ce difficile problème, a dû consister à rendre aussi peu fatiguante que possible pour le modèle, l'immobilité exigée. Sans doute, cette immobilité ne saurait être absolue, mais il est évident que les déviations inévitables étant extrêmement légères, n'influent pas d'une manière sensible sur le résultat, qui est presque toujours satisfaisant.
D'ailleurs le temps voulu pour produire une image parfaite, du moins par le procédé de M. Desmonts, est loin d'excéder la force de volonté la moins soutenue. Il suffit de trente à trente cinq secondes pour obtenir un portrait de la plus grande ressemblance. Trente cinq secondes, il n'est pas nécessaire d’être doué d'une patience angélique pour se faire statue pendant une période aussi courte.
Le daguerréotype, selon la nature des lentilles et les conditions de la chambre obscure, produit deux sortes d'images. Les unes plus faciles à ce qu'il paraît à obtenir, et qu'on peut appeler les images simples, dans lesquelles l’effet de lumière est presque nul, dont les tons ne sont pas extrêmement agréables, mais qui se font remarquer par la netteté délicate des contours, avantages trop rachetés peut-être par la sécheresse des détails ; les autres qui exigent un soin particulier, des conditions de lumière à part, et que, dans la langue des artistes, on désigne sous le nom d'épreuves au grand « flou », ce qui signifie que les détails et les contours y sont plus suaves et plus fondus et les masses d'ombres et de lumière plus saisissantes.
Une admirable épreuve de ce genre est celle qui était encore, il y a quelques jours, exposée sur la devanture du magasin de quincailleries de M. Desmonts, à la rue St.-Ferréol, laquelle représente deux hommes assis devant une table. Ce dessin, dont la vérité d'expression, la vivacité de l'effet, le charme du chair obscur, la finesse des détails sont désespérants, grâce aux accessoires, habilement groupés par le hazard (sic), qu'on nous passe cette expression, offre toutes les conditions d'une de ces précieuses peintures exécutées avec amour par les peintres flamands ou hollandais.
C'est non-seulement une reproduction d'une exactitude admirable, c’est un tableau véritable, jouant la composition artistique, ayant un sens et une frappante unité de pensée. Mais les difficultés nombreuses que présente cette manière, ne permet guère de l'employer pour le portrait, car ce n'est qu'après une suite d'expériences avortées que l'on arrive à un résultat plus ou moins heureux.
En général les images obtenues par M. Desmonts appartiennent au premier des deux genres que nous venons d'indiquer. Ces images, empressons-nous de le dire, ne laissent rien à désirer et il est bien rare que quelque accident imprévu, et dont la véritable cause reste presque toujours inconnue, réside dans les innombrables dégradations de la lumière du soleil que l'œil ne peut saisir mais qui exercent sur les instrumens (sic) une influence mystérieuse et fatale, fasse avorter l'expérience.
D'ailleurs M. Desmonts y a mis bon ordre, pour ne pas rencontrer des chances contraires ou plutôt afin de mieux saisir la bonne chance, il tire deux portraits à la fois du même modèle, consacrant à l’un quelques secondes de plus qu’à l’autre, dans l'espoir presque toujours réalisé que l'une des deux épreuves sera satisfaisante (Image 6). Ce qui n’empêche pas M. Desmonts d'être plus difficile que personne, sur les résultats de ses travaux, telle image qui satisfait entièrement l'original lui inspire un sentiment contraire à cause souvent des imperfections les plus légères, et en consciencieux artiste qu’il est, il engage le modèle à recommencer l'expérience.
M. Desmonts a cette légitime prétention que toutes les épreuves qui sortent de ses mains soient irréprochables.C'est là ce qui explique la vogue de ses portraits et ce qui est cause que son atelier ne désemplit pas d'amateurs. Un grand nombre de dames, parmi les plus élégantes de notre ville out voulu avoir leurs portraits daguerréotypés. Cet exemple sera suivi et le pavillon tendu en bleu, dans lequel s'accomplit en quelques secondes le mystère incompréhensible de ces portraits burinés par la lumière elle-même, verra bien d'autres visiteuses. X ».
Le 24 juin 1842, Le Sémaphore de Marseille consacre un nouvel article à l'atelier de M. Desmonts et conte une anecdote savoureuse qui annonce l'un des nouveaux usages (juridiques) de la photographie :
- "Les portraits au daguerréotype de M. Desmonts jonissent toujours de la faveur publique le soleil passe son temps, dans l'atelier aérien de cet honorable industriel, à reproduire, avec sa spontanée complaisance, les nombreux visages qui s'offrent à ses rayonnans (sic) pinceaux.
L'autre jour, un individu médiocrement vêtu se présente à M. Desmonts et lui fait part de son désir d'être daguerreotypé : puis il lui dit d'un air dégagé. - A propos, je ne tiens pas trop à ce que mon gilet soit reproduit, on m'a dit que vous en tenez un a la disposition des amateurs.
En effet, M. Desmonts offre ordinairement un superbe gilet que l'on revêt pendant la courte séance où l'on pose sur sa terrasse ; ce gilet dont la soie est rayée de fils d'or est d'un grand goût et d'une couleur qui ressort merveilleusement dans un tableau au daguerréotype. M. Desmonts présente ce gilet à l'amateur qui se revêtît sur-le-champ et alla poser.
L'expérience reussit comme toujours graces (sic) à l'habileté de M. Desmonts. Mais tandis que celui-ci était passé dans un cabinet obseur, pour exposer la plaque à la vapeur du mercure, l'homme au gilet s'esquiva et disparut, sans avoir le moins du monde songé à reprendre le sien qu'il a laissé avec son portrait chez M. Desmonts. Celui-ci ne le connaissait nullement il est vrai, mais il avait un excellent moyen de le retrouver et de faire constater son identité, graces à la désespérante exactitude de son portrait.
La plaque où notre individu avait laissé l'empreinte de son visage, fut remise à un ouvrier. Pendant quelques jours, cet ouvrier a parcouru nos rues, un portrait au daguerréotype à la main ; et il comparait à la plaque qu'il tenait, tous les visages qu'il rencontrait. Ce moyen a parfaitement réussi ; l'homme et le gilet ont été rencontrés ensemble et l'on s'est contenté de lui reprendre la partie de son costume qu'il avait si hardiment dérobée".
UN ATELIER PROVISOIRE A TOULON
Fin mai 1845, une publicité paraît dans Le Toulonnais, révèlant que, "M. FINAUD, collaborateur de monsieur DESMONTS, de Marseille (...) a transporté ses appareils pour quelque tems (sic) à Toulon (...), numéro douze, rue de la Miséricorde".
Ce type d'annonce permet, tout à la fois, de découvrir le nom d'un des collaborateurs de Joseph Desmonts, "Finaud" (dont le prénom et la date de naissance restent incertains) mais aussi la pratique d'un atelier itinérant, tenu par l'un d'eux.
MARSEILLE
Dès 1844, le magasin de Joseph Desmonts est désormais signalé dans les annuaires au n° 29 de la rue St-Ferréol (Nouvel Indicateur marseillais et Le Cicerone marseillais de 1844 à 1846 ; Annuaire général du Commerce Firmin-Didot de 1845 à 1847).
Cependant, le recensement de Marseille de 1846 signale encore la famille Desmonts, rue St-Ferréol, 46 :
- "Desmonts, Joseph, daguerréotypeur, chef de ménage, marié, 44 ans ; Soupé fe [femme] Desmonts, Reine, mariée, 44 ans ; Desmonts, Joséphine, sa fille, célibataire, 21 ans ; Desmonts, Auguste, son fils, célibataire, 14 ans ; Desmonts, Antoine, idem [son fils], célibataire, 7 ans".
Ce relevé semble contenir des erreurs : Reine, l'épouse de Joseph Desmonts, n'a pas 44 mais 46 ans ; en ce qui concerne leurs enfants, Joséphine [en visite chez ses parents ?], n'est pas célibataire mais mariée et n'a pas 21 mais 22 ans, et les âges d'Auguste/Augustin et d'Antoine sont inversés, Auguste n'ayant pas 14 mais 7 ans, et Antoine n'ayant pas 7 mais 14 ans.
Joseph Desmonts va continuer parallèlement ses deux activités de quincaillier et de daguerréotypeur. Dès 1846, il déplace son activité au n° 38 de la rue St-Ferréol (Le Cicérone marseillais de 1847 ; le n° 58 est cité par erreur dans le Nouvel Indicateur marseillais de 1847). Cependant, seule sa profession de quincaillier reste affichée dans les annuaires et plus aucune publicité ne paraît pour son atelier de portraitiste.
Il faut attendre l'année 1848 pour que la situation s'inverse, que son activité de quincaillier ne soit plus citée dans les annuaires (4) et qu'une nouvelle campagne de publicité rappelle son activité de portraitiste (Courrier de Marseille du 2 janvier au 13 août 1848).
UN ATELIER PROVISOIRE À MONTPELLIER
En octobre 1848, un atelier de "Portraits coloriés au Daguerréotype", tenu "pour peu de temps" par "le sieur Desmonts, de Marseille", s'installe à Montpellier, Grand'Rue, n° 2, maison Delisle/Delille.
Cet atelier se fait en collaboration avec l'opticien Ange Ronchetti, même rue, n° 23, chez qui on peut se procurer, "tout ce qui a rapport au procédé de M. Desmonts".
Cette annonce est inespérée. Elle permet d'apprendre que Louis Dodero, opticien de formation, est devenu l'élève de Joseph Desmonts à Marseille, a été initié par lui au procédé américain de colorisation des daguerréotypes et a assuré l'atelier de Montpellier en son nom.
Fort de cette expérience, Louis Dodero ouvre à Marseille, dès la fin du mois de mars 1849, son propre atelier de portraitiste, dans la rue même de son ancien maître (rue St-Ferréol, 23, l'escalier dans le passage) mais sans jamais plus citer le nom de ce dernier ! (5).
MARSEILLE
Le recensement de Marseille de 1851 cite rue St-Ferréol, 38 :
- "Desmont (sic), Joseph, ouvrier (sic), marié, 49 ans, Français, catholique ; Soupé Reine, Sa femme, mariée, 49 ans [51 ans], Française, catholique ; Desmonts, Antoine, leur fils, célibataire, 19 ans, Français, catholique ; Desmont, Eugènie, leur fille, célibataire, 5 ans, Française, catholique".
Étrangement, leur fils Auguste/Augustin, âgé de 12 ans, n'est pas cité mais il est remplacé par une fille prénommée "Eugénie, âgée de 5 ans", dont l'acte de naissance n'a pas été retrouvé. Il semble peu probable que Reine, âgée de 46 ans ait accouché, fin 1846, d'une nouvelle enfant et ce prénom n'est pas celui de sa petite-fille.
C'est également le dernier recensement où Reine, l'épouse de Joseph Desmonts, est citée. Elle va décéder entre 1851 et 1856 mais son acte de décès n'a pas été retrouvé.
Fin 1851-début 1852, Joseph Desmonts dépose deux nouveaux brevets d'invention, de 15 ans (Archives I.N.P.I.) :
- l'un, pour "un appareil propre à remplacer les carafes et bouteilles" (le verre, présenté sous un récipient empli de liquide, fait pression sur un petit levier, permettant ainsi de délivrer la quantité voulue), le 23 décembre 1851, avec un brevet additif de perfectionnement, le 1er mars 1852 ;
- l'autre, pour "un appareil aérien à oiseau-parachute à direction" (pour "descendre à terre du ballon qui nous a enlevés"), le 29 mars 1852 ;
Fin 1852, Joseph Desmonts déménage à nouveau, pour s'installer au n° 34 de la rue Saint-Ferréol, vis-à-vis le passage Saint-Ferréol, maison Eyssautier frères.
LES ATELIERS DESMONTS
Desmonts Jean Joseph Reynaud
Rue St-Férréol, 46 : de fin 1841 à 1843 (jusqu'en 1846 ?) ;
Rue St-Ferréol, 29 : de 1843 à 1846 ;
Rue St-Férréol, 38 : de 1846 à fin 1852 ;
Rue St-Férréol, 34 : de fin 1852 à fin 1856.
Desmonts fils (Augustin)
Rue St-Férréol, 34 : de fin 1856 à 1859.
NOTES
(1)- L'arbre généalogique posté par Henri Pastourel sur Geneanet a facilité la recherche.
(2)- Onze ans plus tard, lorsqu'en 1847 se pose la question du moyen de désinfecter les ports de mer, la solution envisagée va être aussitôt rapprochée par Le Sémaphore de Marseille du 4 août 1847, "du système aussi simple qu'ingénieux, proposé, il y a quelques années, par M. Desmonts, pour assainir le port de Marseille".
(3)- Le couple va avoir, à Marseille, trois enfants dans les années suivantes : Augustin Marie Joseph Santi, le 31 mai 1840 mais qui décède malheureusement, à moins d'un an, le 28 mai 1841 ; Marie Reine Joséphine Santi née le 14 mars 1842 ; Georges Antoine Albert Santi, né le 5 novembre 1843.
(4)- La quincaillerie de Joseph Desmonts fils, située rue St-Ferréol, n'est plus citée après 1847, que ce soit avec son nom ou celui d'un successeur.
(5)- Voir la biographie de Louis Dodero, sur ce blog (ici).
(6)- Ses parents mourront après lui, à Cassis, sa mère le 24 mars 1861, âgée de 80 ans, et son père le 29 octobre 1869, âgé de 89 ans.
(7)- Augustin Henri Desmonts déposera, le 20 juillet 1885, comme son père Joseph avant lui, un brevet d'invention de 15 ans, pour "un appareil dit : Entrave-Desmonts, dont le but est d'arrêter net un cheval emporté, soit attelé, soit monté" (grâce à un mécanisme actionné par le cocher qui bloque les jambes arrière du cheval et immobilise ce dernier tout en le maintenant debout) (Archives I.N.P.I.).











