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lundi 23 novembre 2020

1166-REGIS (1859-apr.1932), MAYOR (c.1865-?), REVERDY (1873-1908), RAT-FERRERO (1879-1917), PHOTOGRAPHES

 

SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS


- REGIS Alphonse (1859-apr.1932), Portrait de petite fille, recto, vers 1890 (?),
 "A. Regis - - Nice - 27. Avenue de la Gare",
tirage de 9,4x5,4 cm, sur carton de 10,5x6,3 cm, Collection personnelle.



- Pierre Alphonse Henri Michel REGIS (1859-apr.1932)


Pierre Alphonse Henri Michel Regis est né à Agnona (province de Novare), le 28 juin 1959. Il est le fils de Luc Regis et de son épouse Christine (nés tous les deux vers 1821).

Le nom de son père, Régis (avec accent) Luc/Lucas, apparaît dès l'annuaire de 1874, marchand de chaises et de rustiques pour jardin puis treillageur, rue de France, 10.

"Régis Alphonse, photographe, 23 ans [21 ans]" est cité  pour sa part dans le recensement de la Ville de 1881, domicilié avec ses parents au 10, rue de France, son père Luc, menuisier, 60 ans et sa mère Christine, 60 ans, ménagère.

"Alphonse Regis, photographe" est cité en tant que témoin de mariage, en décembre 1883 puis en mai 1888, âgé respectivement de "25 ans" [24 ans] puis de "29 ans [28 ans]".

Pierre Alphonse Henri Michel Regis se marie à son tour à Nice le 1er décembre 1888, âgé de 29 ans (ses parents sont alors dits propriétaires à Agnona), avec Albertine Marie Joséphine Raibaudi, 19 ans, sans profession (née à Nice le 9 novembre 1869). Il signe "Alphonse Regis" (sans accent) et a pour témoin le photographe Jean Baptiste Lauro, âgé de 44 ans qui est peut-être son employeur dès 1880 (date à laquelle ce dernier a ouvert son atelier au 11 puis 13, avenue de la Gare).

Peu après son mariage, Alphonse Regis ouvre son propre atelier au 3, rue Macarani en 1888 (annuaire de 1889). 

Il déménage cependant dès 1890 au 24, quai Masséna (annuaire de 1891) puis succède en 1891 au 27, avenue de la Gare, au photographe Vincent de Paporocki (Archives commerciales de la France, 1891 p 1173) et conserve ces deux adresses.

Son domicile est désormais situé au 18, rue Masséna et c'est là que vont naître ses 7 enfants : Angélique Christine Jeanne le 21 juin 1889, Jeanne Louise Joséphine le 19 septembre 1890 (qui décèdera malheureusement à six ans et demi le 16 mars 1897), Albert Antoine Humbert/Umbert le 29 octobre 1891 (qui décède malheureusement à deux mois et demi le 14 janvier 1892), Albertine Marguerite le 23 novembre 1892, Georges Alphonse le 19 mai 1895, Irène Marie Hélène le 27 octobre 1896, Marcelle Antonia Jeanne le 25 mars 1899.

Dans chacun des actes, Alphonse Regis est dit "photographe" et il est de même, à ce titre, témoin de décès en 1896 et 1897, de mariage en 1899 et de naissance en 1900.

Les recensements de la Ville de Nice citent, "Regis Alphonse, italien, photographe" respectivement avec son épouse, ses enfants et une domestique, au 24, rue Masséna puis au 4, rue de Russie. Georges Alphonse est cependant dit "Paul, 10 mois" dans le recensement de 1896 et Marcelle n'est pas citée dans celui de 1901 (non décédée).

Alphonse Regis conserve l'adresse du 24, rue Masséna jusqu'en 1901 puis seulement celle du 27, avenue de la Gare. Je n'ai pas, à ce jour, connaissance de cartons-photos portant l'adresse du 3, rue Macarani ni du 24, rue Masséna.

Les cartons-photos de cette période affichent notamment :

- au recto, sur fond blanc ou beige à tranche dorée, à l'encre brune, "A. Regis (signature horizontale) - - Nice - 27. Avenue de la Gare", et au verso, sur fond blanc ou beige, à l'encre brune, "Photographie - A. Regis (signature oblique) - Nice - 27, Avenue de la Gare, 27 - Nice - (cartonnier) J.H. Nacivet. Paris" (n° 500-900, vers 1890-1893 ?),

au recto, sur fond beige pâle, à l'encre beige, "A. Regis (signature horizontale) - - Nice - 27. Avenue de la Gare", et au verso à lire horizontalement, sur fond blanc ou beige, à l'encre brune, "Photographie - A. Regis (signature oblique) - Nice - 27. Avenue de la Gare, 27. - Nice - (cartonnier) Bernh[ard] Wachtl, Vienne" (n° 1600, vers 1893-1895 ?),

au recto, sur fond  beige, à l'encre brun-foncé, "A. Regis (signature horizontale) - - Nice - 27. Avenue de la Gare", et au verso, sur fond  beige, à l'encre brune, dans un dessin de grand cartouche ovale reposant sur une palme, le texte suivant, "Photographie - Agrandissements - Reproductions - A. Regis (signature sur un phylactère oblique) - .27. - Avenue de la Gare - Nice - (cartonnier) B.P. Grimaud. Paris" (n° 1800-2000, vers 1900 ?),

au recto, sur fond  beige, à l'encre brun-foncé, "A. Regis (signature horizontale) - - Nice - 27. Avenue de la Gare", et au verso, sur fond  beige, à l'encre brune, "Photographie - A. Regis (signature oblique dans une palette de peintre sur fond d'herbes hautes et de fleurs) - Agrandissements - Reproductions (dans un cartouche rectangulaire ) - 27. Avenue de la Gare 27. - Nice" (première décennie XX° siècle ?).

L'Aide-Mémoire de Photographie cite "Regis" à Nice de 1897 à 1905.

Alphonse Regis perd son épouse Albertine, âgée de 39 ans, le 19 octobre 1909 puis son fils Georges, âgé de 21 ans, le 9 mars 1917.

Alphonse Regis déménage, en 1914, son atelier à proximité, au 27, rue d'Angleterre (annuaire de 1915). 

Vers 1919, il le cède au photographe Jean Baptiste Barale. Le nom de Regis disparaît de la liste professionnelle dès 1919 mais reste présent dans les listes des habitants, le nom de son successeur n'apparaissant qu'à partir de 1922 (annuaires de 1919 et 1921 absents).

Alphonse Regis, "sans profession", est une dernière fois cité lors du décès de sa fille Marcelle, âgée de 32 ans, le 20 février 1932. J'ignore les date et lieu de décès du photographe (acte non retrouvé).


- REGIS Alphonse (1859-apr.1932), Portrait de petite fille, recto, vers 1890 (?),
 "A. Regis - - Nice - 27. Avenue de la Gare",
tirage de 9,4x5,4 cm, sur carton de 10,5x6,3 cm, Collection personnelle.

- REGIS Alphonse (1859-apr.1932), Portrait de petite fille, verso, vers 1890 (?),
 "Photographie - A. Regis (signature oblique) - Nice - 27, Avenue de la Gare, 27 - Nice - N° 814 -(cartonnier) J.H. Nacivet. Paris",
carton de 10,5x6,3 cm, Collection personnelle.


- REGIS Alphonse (1859-apr.1932), Portrait d'homme, recto, vers 1895 (?),
 "A. Regis - - Nice - 27. Avenue de la Gare",
tirage de 9,3x5,3 cm, sur carton de 10,5x6,4 cm, Collection personnelle.

- REGIS Alphonse (1859-apr.1932), Portrait d'homme, verso, vers 1895 (?),
"Photographie - A. Regis (signature oblique) - Nice - 27. Avenue de la Gare, 27. - Nice - N° 1627 -(cartonnier) Bernh[ard] Wachtl, Vienne"
carton de 10,5x6,4 cm, Collection personnelle.


- REGIS Alphonse (1859-apr.1932), Portrait de femme, recto, vers 1895 (?),
 "A. Regis - - Nice - 27. Avenue de la Gare",
tirage de 9,3x5,3 cm, sur carton de 10,5x6,4 cm, Collection personnelle.

- REGIS Alphonse (1859-apr.1932), Portrait de femme, verso, vers 1895 (?),
"Photographie - A. Regis (signature oblique) - Nice - 27. Avenue de la Gare, 27. - Nice - N° 1628 -(cartonnier) Bernh[ard] Wachtl, Vienne"
carton de 10,5x6,4 cm, Collection personnelle.



- Frédéric MAYOR (c.1865- ?) 


Frédéric Mayor est né en Suisse, vers 1865. Il est le fils d’un mariage Mayor-Zimmerman et le neveu de Marie Amélie Zimmerman, née à Neufchâtel, vers 1846-1847, épouse du photographe Eugène Griottier.

Lorsque sa tante décède à 46 ans, à Nice, le 1er mars 1897, Frédéric Mayor est signataire de l’acte. Il est dit  « âgé de 27 ans, photographe, domicilié à Nice ». Il travaille peut-être alors avec Eugène Griottier.

C’est la seule mention connue de Frédéric Mayor. J’ignore la suite de sa carrière, de même que ses date et lieu de décès.



- Gustave Emile REVERDY (1873-1908)


Gustave Emile Reverdy est né à Menton le 31 mars 1873. Il est le fils de Virginie Elisabeth Dominique Reverdy, ménagère (née à Nice vers 1849) et de père inconnu.

"Gustave Emile Reverdy (il signe, "Reverdy Gustave"), âgé de 22 ans, photographe, domicilié à Nice" se marie à Nice le 15 octobre 1895 avec Anita Fossat, 20 ans, lingère (née le 26 octobre 1874 à Marseille, Bouches-du-Rhône).

L'atelier où Gustave Reverdy travaille reste inconnu.

Anita, épouse de Gustave Reverdy, "photographe, âgé de 24 ans", décède malheureusement à Nice au 6, rue Reine Jeanne, le 9 juin 1897, à l'âge de 22 ans et sept mois. 

Gustave Emile Reverdy, 25 ans, domicilié au 1, place Saint-Etienne se remarie à Nice le 9 juillet 1898, avec Thérèse Victoire Billiardi, 22 ans, lingère (née à Nice le 6 mars 1876). Il est à noter que Gustave Reverdy est désormais dit "typographe", comme Désiré Fossat, frère de sa première épouse qui reste son ami et Paul Molinetto, témoin de son deuxième mariage.

Gustave Reverdy est toujours "typographe" à la date de la naissance au 22, rue de l'Escarène, de sa fille Marcelle Madeleine Reverdy le 30 mars 1900 puis au 15, rue Defly, de son fils Maurice Désiré Reverdy le 10 septembre 1905.

Gustave Emile Reverdy, "typographe, âge de 35 ans et 5 mois", décède à Nice au 4, place Defly (Hôpital Saint-Roch), le 5 septembre 1908.

Son épouse Thérèse Victorine décèdera le 29 octobre 1922, à l'âge de 46 ans (acte non retrouvé mais décès signalé lors du mariage, à Paris, de son fils Maurice Désiré Reverdy le 28 octobre 1933).



- Joseph RAT-FERRERO (1879-1917)


Joseph Rat-Ferrero est né le 8 juillet 1879 à Nice au 8, boulevard Risso. Il est l'un des enfants d'Antoine Rattoferrero/Rat-Ferrero, journalier (1849-1885) et de son épouse Louise Joséphine Moschetti, blanchisseuse (1850-1883), qui se sont mariés à Nice le 30 janvier 1875. 

Ses parents décèdent malheureusement tous les deux dans les années suivantes, sa mère en 1883 et son père en 1885 et Joseph se retrouve orphelin à 6 ans.

Je ne sais rien de de la suite de l'enfance et de l'adolescence de Joseph Rat-Ferrero. Sa fiche militaire révèle qu'à 20 ans (classe 1900), il est "photographe, domicilié à Nice" (employé dans un atelier inconnu). Il effectue son service militaire de novembre 1901 à novembre 1903.

Après son service militaire, il ne reprend pas la profession de photographe mais vit de petits boulots (aide cafetier, jardinier). Le 28 mai 1904, "âgé de 24 ans, jardinier, domicilié rue Croix-de-Marbre, 7", il se marie à Nice avec Victoire Louise Braquet, 22 ans, domestique (née le 1er novembre 1881 à Colomars, Alpes-Maritimes - ses parents sont également décédés).

Après son mariage, Joseph Rat-Ferrero semble continuer à vivre de petits boulots et à changer d'adresse chaque année (suivi de sa fiche militaire).

Le couple attend un enfant mais malheureusement ce dernier meurt à la naissance le 26 mai 1907 au 105, quai du Midi. A cette date, Joseph Rat-Ferrero est dit, "garçon de bureau".

Joseph semble se stabiliser professionnellement au plus tard vers 1912, comme employé au gaz.

Mobilisé le 2 août 1914 lors de la Première Guerre Mondiale, il est blessé en mars 1915. A nouveau blessé, à Verdun, le 14 septembre 1917, il décède, à l'âge de 38 ans, pendant son transport en ambulance, à Maujouy (Meuse).



VOIR LA LISTE DES PHOTOGRAPHES ÉTUDIÉS








mercredi 18 novembre 2020

1165-RIBBECK (1851-1923) ET ZANETTI (1868-1936), PHOTOGRAPHES

 

SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS


- Annuaire des Alpes-Maritimes de 1901, Nice, liste professionnelle des photographes,
Archives Départementales des Alpes-Maritimes.


DERNIÈRE MODIFICATION DE L'ARTICLE : 29/11/2020



- Louis Marie Henri RIBBECK (1851-1923)


PARIS

Louis Marie Henri "Pereda-Ribbeck" ou "Ribbeck" est né le 8 octobre 1851 à Paris (2ème arrondissement). Il est le fils d'Elisa Marie Rosaire Augustine Rita Pereda (espagnole, dénommée parfois Ribbeck, nom à consonance germanique) et de père inconnu (Etat civil de Paris reconstitué). 

NICE

Il semble que sa mère, brodeuse, et lui, alors adolescent, vivent à Nice dans les années 1860. C'est là, qu'à l'âge de 16 ans, il a avec Marie Clotilde Jean-Mangin/Jeanmangin, 18 ans, rentière (née le 3 janvier 1849 à Paris), une fille prénommée Marie Madeleine qu'il ne reconnaît pas lors de sa naissance à Nice, au 4, rue Bonaparte, le 5 mai 1867.

LIMOGES

Louis Marie Henri Ribbeck, Marie Clotilde Jean-Mangin et leur fille Marie Madeleine sont ensuite signalés à Limoges vers 1882, sans qu'il soit possible de dire où ils ont vécu pendant les 15 années écoulées, s'ils sont restés ensemble ou s'ils se sont quittés puis retrouvés.

Le 1er mai 1883, âgé de 31 ans, "Louis Marie Henri Ribbeck [il signe "Louis Ribbeck"], employé de commerce, fils majeur et naturel, reconnu par sa mère [qui vit toujours à Nice à cette date] et né de père inconnu", demeurant à Limoges (Haute-Vienne) au 17, boulevard du Commerce avec sa compagne Marie Clotilde Jean-Mangin, épouse cette dernière, enceinte d'un second enfant. Le couple légitime à cette occasion leur fille Marie Madeleine qui va avoir 16 ans. L'un des témoins de ce mariage est le photographe [portraitiste et paysagiste] Jean Baptiste Audiguet (1811-1897), 74 ans, demeurant à Limoges au 22, avenue de Toulouse.

Deux mois plus tard, le 8 juillet 1883, naît leur second enfant, Louise Marguerite Elisa Ribbeck, à Limoges au 17, boulevard du Commerce mais cette fois Louis Marie Henri Ribbeck est dit "photographe, âgé de 32 ans". A-t-il été formé à la photographie par Jean Baptiste Audiguet ou travaille-t-il avec lui ?

NEVERS

Vers 1884-1885, la famille déménage à Nevers (Nièvre). Louis Marie Henri Ribbeck ouvre dans cette ville son propre atelier de photographie au 25, avenue de la Gare, sous le nom de "Photographie Parisienne - Henry de Paris". Louis Marie Henri Ribbeck s'est-il formé à la photographie dans les années 1870 à Paris, comme ses cartons-photos le laissent entendre ou seulement à Limoges au début des années 1880 ? 

Il est intéressant de noter qu'il choisit alors son troisième prénom pour dénommer son atelier et ne cite pas son nom à consonance germanique.

Sa fille Marie Madeleine, 19 ans, se marie à Nevers, vers 1886 (acte non retrouvé), avec Antonin Eugène Antoine François Ignace Llarena/Lharena, 42 ans, professeur d'espagnol (né le 2 décembre 1843 à Palma de Majorque, Baléares), et c'est là qu'elle aura son premier enfant, Clotilde Henriette Rita Clodia le 6 mars 1887 [alors que ses deux autres enfants naîtront à Carcassonne (Aude), Henri Sébastien Antolin Manuel le 17 février 1889 et Thérèse le 23 avril 1891].

Lors de l'Exposition de Nevers de 1887 (Concours régional et Exposition Industrielle de mai-juin 1887), "Henry de Paris" est récompensé par une médaille de bronze qu'il va désormais afficher sur ses cartons-photos.

Les époux Ribbeck ont un nouvel enfant à Nevers, un fils, Georges Marius Henry, qui naît le 4 septembre 1888. 

La mère de Louis Ribbeck se rapproche de son fils et de ses petits-enfants en venant habiter dans la Nièvre dans la fin des années 1880.

En septembre 1893, "Henry de Paris" photographie les lauréats du Comice agricole de l'arrondissement de Nevers.

En 1894, "photographe, à Nevers", Louis Marie Henri Ribbeck demande et obtient, ainsi que son épouse, la naturalisation française. 

"Henry de Paris, 25, avenue de la Gare, Nevers" est cité dans le Touring-club de France d'août 1894 (p 165).

Ses cartons-photos portent notamment :

- à l'encre dorée, au recto, sur fond beige, "Henry (signature horizontale) - - Nevers", et au verso, sur fond bleu, sous les armoiries de la Ville de Paris, "Photographie Parisienne - Portraits Instantanés - Henry de Paris (signature oblique) - 25, Avenue De La Gare - Nevers - (Nièvre)" (vers 1885-1887), 

- à l'encre dorée, au recto, sur fond blanc, bordeaux ou noir, "Henry (signature horizontale) - - Nevers", et au verso, sur fond blanc ou bordeaux, sous les armoiries de la Ville de Paris, "Photographie Parisienne - Portraits Instantanés - Henry de Paris (signature oblique) - Médaille de Bronze - dessin de médaille recto et verso - Nevers 1887 - 25, Avenue De La Gare - Nevers - (Nièvre) - [cartonnier] J.H. Nacivet, Paris" (vers 1887-début des années 1890),

- à l'encre brune, au recto, sur fond beige, "Henry (signature horizontale) - - Nevers", et au verso, à l'encre grise sur fond blanc, "Photographie (sur fond de roseaux) - Parisienne - Portraits Instantanés - armoiries de la Ville de Paris - Henry de Paris (signature oblique) - Médaille de Bronze - dessin de médaille recto et verso - Nevers 1887 - 25, Avenue De La Gare - Nevers - (Nièvre) - [cartonnier] L. & D. Paris" (début des années 1890-1895). 

En 1895, Louis Henri Ribbeck cède son atelier à Henri Charles Julien Dufour (né à Paris en 1867) et la famille Ribbeck quitte Nevers pour retourner (dès cette même année ?) à Nice.


- RIBBECK Louis Marie Henri (1851-1923), Portrait de femme, recto, vers 1885-1887,
"Henry - - Nevers",
tirage de 8,9x5,5 cm, sur carton de 10,4x6,2 cm, Collection personnelle.

- RIBBECK Louis Marie Henri (1851-1923), Portrait de femme, verso, vers 1885-1887,
"Photographie Parisienne - Portraits Instantanés - Henry de Paris (signature oblique) - 
25, Avenue De La Gare - Nevers - (Nièvre)",
 carton de 10,4x6,2 cm, Collection personnelle.



NICE

Ce nouveau déménagement est peut-être lié à l'état de santé de l'épouse de Louis Henri car Marie Clotilde va décéder à Nice le 21 janvier 1898, âgée de 49 ans, boulevard Gambetta prolongé, Maison Marengo.

Huit mois plus tard, le 10 septembre 1898, Louis Henri Ribbeck, âgé de 46 ans, "propriétaire, domicilié à Nice, boulevard Gambetta, 22" (sa mère est à cette date décédée à La Charité-sur-Loire, Nièvre), se remarie à Nice avec Marie Marthe Arabella Beaumont, 29 ans, sans profession (née le 10 juin 1869 à Bas-Lieu, Nord). L'un des témoins de son mariage est le photographe Gustave Féraud, âgé de 40 ans.

Louis Henri Ribbeck exerce-t-il alors (vers 1895-1900) son métier de photographe ? La mention de "propriétaire" jointe à son nom va alterner avec celle de "photographe", sans qu'il soit toujours possible de savoir s'il est ou non encore en activité. Il fréquente cependant le milieu des photographes puisque l'un de ses témoins de mariage en septembre 1898 est le photographe Gustave Féraud qui possède alors, à Nice, un atelier rue de la Paix.

Sa fille Henriette Alphonsine Georgette Ribbeck naît à Nice, le 22 décembre 1899, au 7, passage Martin. A cette occasion, Louis Marie Henri est dit "âgé de 49 ans [48 ans], propriétaire" et signe "Louis Henry Ribbeck". Le nom de "Ribbeck M." [pour "Monsieur"] apparaît seulement dans les annuaires niçois à partir de 1899, à cette nouvelle adresse du 7, passage Martin.

En août 1900, témoin du mariage de son beau-frère Toussaint Henri Beaumont, "Henri Ribbeck" est dit "âgé de 49 ans, photographe".

Fin 1899 ou début 1900, Louis Henri Ribbeck reprend, en effet, en association avec le photographe Joseph Zanetti/Zanetty (voir la notice ci-dessous), l'atelier de photographie de Mathurin Raynaud à Nice au 25, boulevard Victor Hugo, villa ou ancien Atheneum. Les deux photographes se présentent comme les "successeurs de la maison Raynaud-Bienmüller" (annuaire de 1901) et "Photographe du Clergé" (annuaire niçois de 1902). L'adresse devient également celle du domicile de la famille Ribbeck.

Le recensement de la Ville de Nice de 1901 cite d'ailleurs boulevard Victor Hugo, "Ribbeck Henri, 49 ans, photographe, français", son épouse Marthe, 32 ans, sans profession, sa belle-mère (veuve Beaumont), 67 ans, les enfants de son premier mariage, Louise, 17 ans, apprentie, Georges, 12 ans, l'enfant de son deuxième mariage, Henriette, 1 an, sa petite-fille, Clotilde Larena (sic), 14 ans, apprentie (enfant de sa fille Marie Madeleine, épouse Llarena), et une bonne d'enfant italienne, Christine Dalmasso, 14 ans.

Leurs cartons-photos conservés sont assez rares et sont pour la plupart des cabinets (10x15 cm) ou de plus grands formats cartonnés (17x25 cm) qui présentent des portraits de comédiennes. 

Leurs premiers cartons-photos à fond beige sont ceux de Mathurin Raynaud avec de petites étiquettes rectangulaires collées au recto ou au verso et indiquant leurs noms imprimés à l'encre grise sur un phylactère, "Ribbeck & Zanetty (sic) - 25, boulevard Victor-Hugo" (sans la mention de la ville laissée visible sur le carton originel) (vers 1899-1900). 



- RAYNAUD Mathurin (1844-1900), Portrait de soldat du 24° bataillon de chasseurs à pied, recto, vers 1900,
nom coupé de "M.Raynaud" pour réutiliser le carton, 
tirage de 9,2x5,5 cm sur carton recoupé de 9,9x6,5 cm, Collection personnelle.

- RAYNAUD Mathurin (1844-1900), Portrait de soldat du 24° bataillon de chasseurs à pied., verso, vers 1900,
"MR (dans un médaillon circulaire sur fond d'un long et fin phylactère déroulé) - Photographic (sur phylactère) - Studio - M. Raynaud (signature oblique) - Successeur de Bienmuller (sans tréma sur le "u", texte oblique) - Nice - (sur une étiquette masquant l'ancienne adresse) Ribbeck & Zanetti - 25, Boulevard Victor-Hugo (dans un phylactère)",
carton recoupé de 9,9x6,5 cm, Collection personnelle.



Leurs propres cartons-photos indiqueront par la suite, au recto, à l'encre gris-foncé sur fond beige, "Ribbeck & Zanetty (signature horizontale) - 25. Bould Victor Hugo - . Nice" (vers 1900-1902).

L'association avec le photographe Joseph Zanetti semble s'arrêter en 1902, le seul nom de "Ribbeck, photographe" étant cité à partir de l'annuaire niçois de 1903. 

Une publicité parue dans le Guide des Pays d'Azur de Philippe Casimir en 1903 cite seulement "Ribbeck, Successeur des Maison Reynaud et Bienmüller, boulevard Victor Hugo, 25 (Rez-de-Chaussée), en face Rumpelmeyer. Travaux d'amateurs - - Nice" et l'Annuaire de l'Union Fraternelle du Commerce et de l'Industrie de 1903 (pp 163, 400 et 539) ne cite également que "Ribbeck, - Photographe de l'Evêché - 25, boulevard Victor Hugo, Nice - Dernières nouveautés en photographie - Clichés simili gravure. Travaux d'amateur".

Henri Ribbeck réalise des vues de Nice (Le Port, La Baie des Anges vue du Château, Le Quai du Midi...) et les édite en cartes postales à cette époque, avec son adresse du 25, boulevard Victor Hugo (l'une d'entre elles a été postée en 1903, une autre en novembre 1904).

Un nouveau fils, Lucien Ribbeck, naît au 25, boulevard Victor Hugo, le 25 février 1905. A cette date, Louis Marie Henri Ribbeck est dit "propriétaire, âgé de 53 ans".

L'atelier perdure jusqu'en 1906 (annuaire de 1907 absent) puis déménage au 9, boulevard Gambetta (annuaire de 1908 et carton daté de mai 1907), l'adresse du 25, boulevard Victor Hugo étant cédée au photographe E. Buzan. 

Louis Henri Ribbeck semble cependant cesser son activité de photographe en 1909, cédant son atelier du boulevard Gambetta au photographe Pélanda/Pellanda (annuaire de 1910).

Ses cartons-photos présentent notamment :

- au recto, à l'encre brune sur fond beige, "H. Ribbeck (signature horizontale) - - 25. Bould Victor Hugo - Nice", et au verso, à l'encre grise sur fond blanc, "HR - Photographie - H. Ribbeck (signature oblique) - Succr des Maisons (texte oblique) - Raynaud & Bienmuller - Nice - 25, Bould Victor-Hugo 25 - (cartonnier) R. Dechavannes. Paris" (vers 1902-1906),

- au recto (mignonnette avec le tirage encadré d'un double liseré), à l'encre noire sur un fond gris beige, "H. Ribbeck (signature horizontale) - - 9. Bould Gambetta - Nice", et un recto gris beige muet (vers 1906-1909 ; un carton-photo daté de mai 1907).

Lorsque sa fille Louise Marguerite Elisa, 25 ans, couturière, domiciliée à Nice, quai des Deux Emmanuels (sic), 23 (probablement la nouvelle adresse familiale qui reste cependant absente des annuaires), se marie à Nice le 10 juillet 1909, avec Virginio Amédée Monasterolo, 23 ans, employé de la Société des Bains de Mer de Monaco (né le 4 octobre 1885 à Monaco, Principauté), Louis Henri Ribbeck est toujours "photographe, domicilié à Nice".

Son fils Lucien, décède malheureusement à Vence (Alpes-Maritimes), peu avant ses 8 ans, le 15 janvier 1913. Louis Henri Ribbeck est dit, dans l'acte de décès, "photographe, âgé de 61 ans, domicilié à Vence" (voir aussi Le Petit Provençal du 20 janvier 1913 p 4). 

Lorsque son fils Georges Ribbeck, employé de commerce, 32 ans, se marie à Paris (17ème arrondissement), le 22 mars 1921, avec Claudine Marie Guillemot, 35 ans, sans profession (née le 8 juin 1885 à Marillet, Vendée ; veuve d'Arthur Louis Cramier depuis septembre 1914), Louis Henri Ribbeck, 69 ans, est dit "photographe, domicilié à Antibes (Alpes-Maritimes), avenue Meissonnier".

Lorsque sa fille Henriette Alphonsine Georgette Ribbeck se marie à Nice, le 10 juin 1922, avec Augustin Antonin Berc, 23 ans, radio télégraphiste (né le 31 août 1898 à Sommières, Gard), Louis Henri Ribbeck est désormais dit "rentier, domicilié à Nice".

Louis Henri Ribbeck possède probablement plusieurs domiciles, à Nice, Vence et Antibes. En 1922 ou 1923, il quitte la rue Meissonier d'Antibes pour la Villa Rose, route des Sables.

C'est à cette adresse que "Louis Marie Henri Ribbeck, photographe", âgé de 71 ans, décède le 23 septembre 1923. Les signataires de l'acte de décès sont son beau-fils, Antonin Berc, 23 ans et un employé, Joseph Guirard, 62 ans, domiciliés à Antibes.

Son épouse, Marthe, est dite décédée (acte non retrouvé) à la date du décès de leur fils Georges Ribbeck, à Nice, le 28 août 1938.

Une partie des membres de la famille Ribbeck a été inhumée au cimetière de Rabiac d'Antibes dont sa fille Henriette, épouse Berc et une autre partie repose au cimetière de Caucade à Nice dont son fils Georges (emplacement de la tombe du photographe Louis Marie Henri Ribbeck non retrouvé).


- RIBBECK Louis Marie Henri (1851-1923), Portrait de bébé, recto, vers 1902-1906,
"H. Ribbeck - - 25.Bould Victor Hugo - Nice",
tirage de 9x5,- cm, sur carton de 10,(x6," cm, Collection personnelle.

- RIBBECK Louis Marie Henri (1851-1923), Portrait de bébé, verso, vers 1902-1906,
"HR - Photographie - H. Ribbeck (signature oblique) - Succr des Maisons (texte oblique) - 
Raynaud & Bienmuller - Nice - 25, Bould Victor-Hugo 25 - (cartonnier) R. Dechavannes. Paris"
carton de 10,5x6,3 cm, Collection personnelle.




- Joseph François ZANETTI ou ZANETTY (1868-1936)


Joseph François Zanetti est né à Calliano (province d'Alexandrie, Italie), le 3 avril 1868.

Âgé d'environ 21 ans, il épouse (où ?vers 1889, Françoise Yolande Bardarello, 18 ans environ (née vers 1871 à Pietrapenzia, province de Caltanissetta, Sicile). Peu après leur mariage, le jeune couple semble s'installer à Nice.

C'est là que naît, le 4 janvier 1890, leur premier enfant, Marie Joséphine Zanetti, rue Vernier, maison Martin. Joseph François Zanetti est dit à cette occasion, "âgé de 22 ans [21 ans], photographe".

J'ignore dans quel lieu Joseph Zanetti a été formé à la photographie. C'est en 1889 ou 1890 qu'il ouvre son atelier niçois du 2, rue Vernier. Le nom de "Zanetti" n'apparaît cependant dans les annuaires professionnels qu'à partir de 1891 et dans la liste des habitants l'année suivante.

Le recensement de la Ville de Nice de 1891, cite la famille Zanetti, rue Vernier, avec "Joseph, 23 ans, étranger, photographe", son épouse Françoise, 19 ans, couturière, sa fille Marie (Joséphine), 1 an et demi, sa belle-mère Victoire (Bardarello), 50 ans, et une parente, Anne Levo, 3 mois.

En août 1891, "Joseph Zanetti, âgé de 23 ans, photographe", est témoin d'une naissance et de deux décès. 

Dès 1891, Joseph Zanetti quitte son atelier et son domicile de la rue Vernier. Je n'ai pas connaissance, à ce jour, de cartons-photos portant son nom à cette adresse. Si son atelier est une dernière fois cité dans l'annuaire de 1892, son domicile est désormais signalé chemin Saint-Philippe dans ce même annuaire.

Le 17 février 1892, c'est en effet chemin Saint-Philippe, maison Pin, que naît leur fille Germaine Louise Zanetti. Cette dernière décède malheureusement âgée de 27 jours, le 13 mars 1892. Dans les deux actes, Joseph Zanetti est dit "photographe" (employé ?).

En mars 1892, "âgé de 24 ans, photographe", il est témoin d'une naissance et du décès de son propriétaire.

Le nom de "Zanetti" disparaît totalement des annuaires de 1895 à 1899. D'autres documents le citent cependant chemin Saint-Philippe en le qualifiant toujours de "photographe".

Le 8 janvier 1894, naît leur fille Eugénie Georgette Rachel, chemin Saint-Philippe, maison Mazzoleni. A cette occasion, Joseph Zanetti est à nouveau qualifié de "photographe".

Le recensement de 1896 cite 13, chemin Saint-Philippe, "Joseph Zanetti, 28 ans photographe", son épouse Françoise, 25 ans, ménagère, ses enfants (Marie) Joséphine, 6 ans et Eugénie 2 ans et sa belle-mère Victoire (56 ans), ménagère. Le 25 septembre 1896, naît leur fils Georges Louis, à la même adresse.

Dès 1899, Joseph Zanetti semble ouvrir une épicerie chemin de Saint-Philippe, maison Cotto (annuaire de 1900) puis maison Laugier (annuaire de 1902) qui est peut-être tenue par son épouse.

En effet, dès fin 1899 ou début 1900 (annuaire de 1901), Joseph Zanetti s'associe avec le photographe Louis Henri Ribbeck (voir la notice ci-dessus consacrée à ce photographe) pour ouvrir un atelier "Ribbeck et Zanetti", à Nice au 25, boulevard Victor Hugo, "villa Atheneum" ou "ancien Atheneum" où ils se présentent comme les "successeurs de la maison Raynaud-Bienmüller" (annuaire de 1901). 

Leurs cartons-photos conservés sont assez rares et sont pour la plupart des cabinets (10x15 cm) ou de plus grands formats cartonnés (17x25 cm) qui présentent des portraits de comédiennes. 

Leurs premiers cartons-photos à fond beige sont ceux de Mathurin Raynaud avec de petites étiquettes rectangulaires collées au recto ou au verso et indiquant leurs noms imprimés à l'encre grise sur un phylactère, "Ribbeck & Zanetty (sic) - 25, boulevard Victor-Hugo" (sans la mention de la ville laissée visible sur le carton originel) (vers 1899-1900). 


- Détail de l'étiquette de Ribbeck et Zanetti collée sur les cartons réutilisés de M. Raynaud, vers 1899-1900.



Leurs propres cartons-photos indiqueront par la suite, au recto, à l'encre gris-foncé sur fond beige, "Ribbeck & Zanetty (signature horizontale) - 25. Bould Victor Hugo - . Nice" (vers 1900-1902).

Le recensement de 1901 cite chemin Saint-Philippe, maison Laugier, "Joseph Zanetti, 33 ans, photographe", son épouse Françoise 30 ans, ses enfants, (Marie) Joséphine 11 ans, Eugénie, 7 ans, Georges 5 ans et sa belle-mère Victoire, 61 ans. Il est difficile de connaître la nationalité des membres de la famille car, selon les recensements, ils sont dits "italiens" ou "français".

L'atelier du 25, boulevard Victor Hugo est encore cité dans l'annuaire de 1902 mais il semble que leur association se termine cette même année car "Ribbeck" est cité seul à cette adresse dans les annuaires suivants. Le nom de Zanetti n'apparaît plus dans les annuaires que pour "comestibles, ch. Saint-Philippe, mais. Laugier", jusqu'en 1908.

Dès 1908 en effet, il reprend l'atelier niçois du photographe Joseph Messy et est cité à partir de l'année suivante dans les annuaires comme, "Messy, J., Zanetti Successeur, avenue Beaulieu, 31" (au n° 33 dès 1912), avec son n° de téléphone, 3-72 (23-72 dès 1914). Il reprend également la succursale d'été de Joseph Messy située à Cauterets (Hautes-Pyrénées), avenue du Mamelon Vert. Il est actif à Cauterets dès l'été 1908 car il fournit à Comoedia du 4 août 1908, une photographie de l'auteur et comédienne Jehanne d'Orliac et de sa pièce jouée en plein air.

Dès les années 1910, il édite des cartes postales de vues de Nice (cartes-photos du Carnaval de 1912, portraits) et de Cauterets (cartes-photos de portraits et d'automobiles) dont certaines portent, "Photographie Messy - Zanetti Successeur - 33, Avenue Beaulieu - Nice - L'Eté à Cauterets".

Il est à noter qu'il y a beaucoup d'erreurs dans les annuaires niçois de cette période : son nom est parfois orthographié "Zanutti", son prénom est transformé en "Jean" et son adresse est modifiée avec un décalage dans le temps selon les listes (liste professionnelle, liste alphabétique des habitants, liste des habitants par rue).

Je n'ai connaissance, à ce jour, que d'un seul carton-photo de Joseph Zanetti, calqué sur ceux de Joseph Messy et portant le n° 33, avenue Beaulieu, avec :

- sur fond gris, à l'encre rouge, au recto, "Zanetti (signature - armoiries de Russie - 33, avenue de Beaulieu - Nice - L'Eté à Cauterets", et au verso, "armoiries de Russie, Suède et Bavière - Ancienne Maisson Messy - Zanetti Succr - Nice - Villa Ambrosetti - 33, Avenue Beaulieu - Maison à Cauterets - Av. du Mamelon Vert - Ouverte Du 1er Juillet Au 15 Septembre - Procédé A La Lumière Artificielle - Pour Photographier La Nuit - Téléphone Nice 3-72 - (cartonnier) B.P. Grimaud - Paris" (vers 1911-1913).

Joseph Zanetti initie son fils Georges à la photographie et ce dernier travaille avec lui au début des années 1910. Georges Zanetti s'engage cependant à 18 ans, dès janvier 1915, dans le conflit de la Première Guerre Mondiale et perd la vie à 20 ans, le 22 mai 1917, à Sornéville (Meurthe-et-Moselle).

L'adresse de l'atelier de Joseph Zanetti au 33, avenue Beaulieu devient, après la Première Guerre Mondiale, vers 1918/1919 (annuaire de 1919 absent), 33, avenue Maréchal Foch puis vers 1920/1921, 41, avenue de la Victoire (annuaire de 1921 absent).

C'est cependant à cette époque, vers 1920/1922, que Joseph Zanetti, âgé de 53 ans environ, cède son atelier au photographe Ferrand (annuaire de 1923). 

"Zanetti, photographe" continue cependant d'apparaître au 41, avenue de la Victoire dans les annuaires niçois jusqu'en 1934, y compris dans les listes professionnelles, parce que ce dernier garde son domicile à cette adresse mais également parce qu'il reste en activité, édite des cartes postales portant sa nouvelle adresse niçoise et continue les saisons d'été à Cauterets (Hautes-Pyrénées). Il est encore signalé à Cauterets en 1927 et 1929 (Le Photographe du 5 septembre 1927 ; L'Indicateur de l'Industrie Photographie, Annuaire Général de 1929 p 202).

Vers 1934 (il a 66 ans environ), Joseph Zanetti semble stopper toute activité professionnelle. Il quitte son adresse niçoise du 41, avenue de la Victoire pour s'installer au 5, rue Auguste-Blanqui

Veuf (depuis quelle date ?), il décède à Nice, à cette adresse, le 12 février 1936, à l'âge de 67 ans.



VOIR LA LISTE DES PHOTOGRAPHES ÉTUDIÉS






mardi 10 novembre 2020

1164-PUTZ (1839-1897), PETIT A. (?-?), R.PEYLOZ (1861-?), PROT (1869-?), PHOTOGRAPHES

 

SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS


- RAFFIN PEYLOZ François (1861-?), Portrait de femme, recto, vers 1896, 1899 (?),
"R.Peyloz - - Nice",
tirage de 8,5x5,8 cm, sur carton de 10,3x6,1 cm, Collection personnelle.


DERNIERE MISE A JOUR DE CET ARTICLE : 08/12/2020



- Nicolas PUTZ (1839-1897)


Nicolas Putz est né le 9 mai 1839 à Manderen (Manderen-Ritzing, Moselle), dans le hameau de Tunting. Il est le fils de Jean Putz (né vers 1809) et d'Angélique Biven (née vers 1819 ).

Nicolas Putz semble signalé dès 1877 à Alger, rue Rovigo où il est déjà photographe (Geneanet). Il semble fréquenter, à l'âge de 42 ans, vers 1882 (à Alger ou Blida ?), Victoire Guignier, 26 ans (dont le père est décédé à Constantine le 4 novembre 1870).

Au cours d'un voyage ou d'une saison à Nice, Nicolas Putz et sa compagne sont cependant présents au 4, rue Saint-Michel où ils sont cités le 9 février 1883, à l'occasion de la naissance de leur fils, Armand Putz (l'acte cite "Armand" mais met "Frédéric" dans la marge). La déclaration de naissance précise qu'il est le fils de "Nicolas Putz, né à Menderen (sic), Alsace-Lorraine, ayant opté pour la nationalité française, photographe, âgé de 43 ans, domicilié à Nice" et de "Victoire Guigner (sic), son épouse [non], née à Avignon, Vaucluse [non], lingère, âgée de 27 ans" [acte de naissance non retrouvé sur Avignon mais sur Marseille où elle est née le 5 novembre 1855, acte 1059].

La famille repart pour l'Algérie où ils ont ensuite une fille Jeanne Angélique Putz, qui naît à Alger le 4 avril 1884. Cette dernière décède malheureusement, âgée de 1 an et 3 mois le 15 juillet 1885, à Blida, avenue de la Gare, maison Vialar.

Le couple a une nouvelle enfant à Blida, rue des Volontaires, le 28 décembre 1885, prénommée à nouveau Jeanne Angélique.

Le 18 janvier 1888, leur fils Armand Putz (né à Nice), "demeurant à l'orphelinat [peut-être handicapé] de Mustapha" (commune rattachée à Alger), décède malheureusement à l'hôpital de Mustapha, à presque 5 ans.

Jeanne Angélique Putz décède à son tour, âgée de 3 ans et 1 mois, le 8 février 1889, à Alger, rue des Jardins.

La famille semble alterner sa vie entre Blida et Alger et Nicolas Putz est peut-être titulaire ou employé d'un atelier de chacune de ces villes, parallèlement ou successivement. Je n'ai cependant connaissance, à ce jour, d'aucun carton-photo signé de son nom à Nice ou en Algérie.

En 1897, Nicolas Putz réside à Alger, rue Flatters. Il décède dans cette ville, à l'hôpital Mustapha, le 12 juin 1897, à l'âge de 58 ans.

Son ex-compagne, Victoire Guignier, âgée de 45 ans, se mariera le 3 octobre 1901 à Mustapha (l'acte ne cite pas de premier mariage), avec Louis Félicien Veyrier, tonnelier, veuf depuis 1893, âgé de 47 ans (né le 25 décembre 1863 à Suze-la-Rousse, Drôme).  



- A. PETIT (?-?)


"Petit A." est uniquement cité à Nice, en tant que titulaire d'un atelier de photographie au 16, rue Paganini, dans l'annuaire de 1892. Il est probable qu'il n'ait officié à Nice que lors de la saison 1891-1892.

Je ne connais pas de photographie niçoise portant ce nom et j'ignore le reste de sa vie, de sa carrière, comme son prénom, ses dates et lieux de naissance et de décès.

Plusieurs photographes français de cette période portent le nom de Petit avec un prénom commençant par la lettre A (notamment Amindas Petit à Montluçon) mais rien ne permet de faire le lien avec l'un d'eux.



- R. PEYLOZ ou François RAFFIN PEYLOZ (1861-?)


François Séraphin Peyloz est né le 5 mai 1861 dans un hameau de Pinsot (Isère). Il est l'un des quatre enfants de Félix Raffin Peyloz et de Magdeleine Blanc (cultivateurs) qui se sont mariés dans cette ville le 6 avril 1842.

Le nom de "Peyloz, photographe" apparaît à Nice dès l'annuaire de 1895, en tant que titulaire d'un atelier au 24, boulevard Mac-Mahon.

Il semble donc succéder en 1894 au photographe Esmont de Pietracesqui au 24, "boulevard du Pont-Neuf", voie qui prend le nom de "boulevard Mac-Mahon" cette année-là.

Les annuaires niçois suivants affichent régulièrement le nom du photographe "Peyloz", sans jamais préciser son prénom, tant dans les listes professionnelles que dans les listes des habitants. Il apparaît cependant vivant seul à cette adresse dans le recensement de la Ville de Nice de 1896, sous le nom de "Raffin François, 35 ans, français, photographe". 

Il existe à Nice une famille d'hôteliers du nom de "Raffin Peyloz" (originaire de l'Isère où ce nom est très fréquent) mais rien ne permet de relier le photographe à celle-ci. 

A Nice, le photographe n'est étrangement pas cité dans le recensement de 1901 à l'adresse du 24, boulevard Mac-Mahon.

R. Peyloz conserve son atelier niçois jusqu'en 1902, date à laquelle il le cède à la veuve Gal, comme le confirment L'Information photographique en mai 1902 (p 174) et l'annuaire de 1903.

Ses cartons-photos (beaucoup de portraits de militaires), signés "R. Peyloz", peuvent être datés entre 1894 et 1902 :

- carton à tranche dorée présentant au recto sur fond blanc, le texte suivant à l'encre brune, "R. Peyloz (signature horizontale) - - Nice", et au verso, à l'encre brune, sous un dessin de soleil rayonnant dominant les emblèmes de la Photographie (chambre) et de la Peinture (palette et pinceaux) sur fond de rameaux d'olivier, avec le texte suivant inscrit sur la palette, "Boulevard Du Pont Neuf - 24 - Nice", et en-dessous, "R. Peyloz" (grande signature oblique) (cartons-photos vers 1894),

- carton à tranche dorée présentant au recto sur fond blanc, le texte suivant à l'encre brune, "R. Peyloz (signature horizontale) - - Nice", et au verso, à l'encre brune, sous un dessin de soleil rayonnant dominant les emblèmes de la Photographie (chambre) et de la Peinture (palette et pinceaux) sur fond de rameaux d'olivier, avec le texte suivant inscrit sur la palette, "Boulevard Mac Mahon - 24 - Nice", et en-dessous, "R. Peyloz" (grande signature oblique) (cartons-photos vers 1895-96),

- carton aux angles dentelés présentant au recto sur fond blanc, le texte suivant à l'encre brune ou grise, "R. Peyloz (signature horizontale dans un cartouche rectangulaire à fond brun) - - Nice", et au verso (horizontal), à l'encre brune ou grise, à gauche, sur fond de motifs décoratifs et de palmes stylisées les trois médailles de Daguerre, Niepce et Talbot, et à droite, "R. Peyloz (grande signature oblique) - Boulevard Mac-Mahon 24. - . Nice ." (cartons-photos vers 1896-99),

- carton présentant au recto sur fond blanc, jaune ou gris, le texte suivant à l'encre grise, "R. Peyloz (signature horizontale dans un cartouche rectangulaire à fond brun, rouge ou vert) - - Nice", et au verso, à l'encre grise, à gauche, un grand motif vertical de draperies et de feuillages habités de putti dont l'un d'eux présente les armoiries circulaires de la Ville de Nice, et à droite, le texte suivant, "Photographie - R. Peyloz" (signature oblique) - 24 - Boulevard Mac-Mahon (écriture oblique) - . Nice . (écriture oblique)" (cartons-photos vers 1899-1902).

L'Aide-Mémoire de Photographie de la SFP cite cependant "Peyloz" à Nice de 1903 à 1905.

R. Peyloz quitte Nice en 1902, sans que sa nouvelle destination soit connue. Une petite annonce au nom du photographe "R. Peyloz" pour recruter un "bon retoucheur et opérateur" est publiée le 7 avril 1917 dans La Petite Gironde (p 2), sans qu'il soit possible d'affirmer qu'il s'agit bien de la même personne. Si c'est le cas, il a alors près de 56 ans (acte de décès non retrouvé sur Angers). J'ignore ses date et lieu de décès.


- RAFFIN PEYLOZ François (1861-?), Portrait de militaire du 55° R.I., recto, vers 1894,
"R.Peyloz - - Nice",
tirage de 9,3x5,5 cm, sur carton de 10,3x6,1 cm, Collection personnelle.

- RAFFIN PEYLOZ François (1861-?), Portrait de militaire du 55° R.I., verso, vers 1894,
sous un dessin de soleil rayonnant dominant les emblèmes de la Photographie et de la Peinture sur fond de rameaux d'olivier, avec le texte suivant inscrit sur la palette, "Boulevard Du Pont Neuf - 24 - Nice", et en-dessous, "R. Peyloz",
 carton de 10,3x6,1 cm, Collection personnelle.

- RAFFIN PEYLOZ François (1861-?), Portrait de femme, recto, vers 1896, 1899 (?),
"R.Peyloz - - Nice",
tirage de 8,5x5,8 cm, sur carton de 10,3x6,1 cm, Collection personnelle.


- RAFFIN PEYLOZ François (1861-?), Portrait de femme, verso, vers 1896, 1899 (?),
sur un fond décoratif portant les médailles de Daguerre, Niepce et Talbot,
"R.Peyloz (signature oblique) - Boulevard Mac-Mahon 24. - .Nice.",
carton de 10,3x6,1 cm, Collection personnelle.




- Dominique PROT (c.1869-?)


Dominique Prot est né vers 1869 (où ?). Il est le fils de Joseph Antoine Prot, cordonnier (né vers 1835/36 à Pinasca, près de Turin) et de Marie Margherit (parfois prénommée Joséphine ou Sophie), son épouse (née vers 1830/31).

"Dominique Prot, âgé de 17 ans, étranger, photographe" est pour la première fois signalé à Nice dans le recensement de 1886, vivant au 3, rue Macarani, avec son père "Antoine Prot, cordonnier, 50 ans et sa mère Sophie, 55 ans".

Ce nom de famille n'est que très rarement présent dans les annuaires niçois. Il faut probablement le reconnaître cependant dans la liste professionnelle des cordonniers de l'annuaire de 1884, "Protte, 3, rue Macarani", ce qui peut laisser penser que la famille est présente à Nice au plus tard au début des années 1880. L'annuaire de 1892 cite "Prot, Antoine, cordonnier, boul. Raimbaldi, 9".

Le recensement de la Ville de Nice de 1896, cite cette fois "Prot Joseph, 60 ans, italien, cordonnier, Prot Joséphine, 65 ans, italienne, ménagère" et "Prot Dominique, 25 ans [!], italien, photographe" au 12, rue Reine-Jeanne.

Dominique Prot a probablement été apprenti dans un atelier niçois (lequel ?) puis employé. Il est dit "photographe, âgé de 28 ans" lorsqu'il est signataire de l'acte de décès de son père Joseph, en mars 1898.

Le recensement de la Ville de Nice de 1901 cite désormais sa mère "Sophie, italienne, 70 ans" et "Prot Dominique, 32 ans, français (!), photographe" au 14 [12], rue Reine-Jeanne.

"Prot Dominique, ouvr. photograp." est cité dans les annuaires niçois de 1904 et 1905, toujours au 12, rue Reine-Jeanne mais en disparaît ensuite, sans qu'il soit possible de savoir s'il a ou non quitté la ville. Il a alors 36 ans et est célibataire.

La suite de sa carrière me reste inconnue, comme ses date et lieu de décès.



VOIR LA LISTE DES PHOTOGRAPHES ÉTUDIÉS






dimanche 8 novembre 2020

1163-NICE - LA PLACE NAPOLÉON ET SES ABORDS (1860-1870)


SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS 


Panorama di NizzaL'Illustrazione Universale, 28 maggio 1865, p 755, 
La place Napoléon, (vue nord-est/sud-ouest), détail du panorama (estampe vers 1860), Collection personnelle.


INTRODUCTION


L’actuelle place Garibaldi de Nice, conçue vers 1773 et achevée vers 1783, a été établie sur la rive gauche du Paillon, au nord de la colline du Château, au-delà de l’ancienne enceinte de remparts (voir notamment aux AD06 le plan de 1787, 06PH 01194). 

Tout d’abord dénommée "piazza Pairoliera" puis vers 1889 "piazza Vittorio" (place Victor) ou "Vittoria" (place de la Victoire), en l’honneur de Vittorio Amedeo III di Sardegna, la place va changer d’appellation à plusieurs reprises, son nom étant symbolique du pays de rattachement de la ville et du pouvoir en place. 

Suite à l’occupation française (1792) puis la réunion de Nice à la France (1793), la place est renommée en 1794 "place République" (période révolutionnaire) puis "place Napoléon" (1804-1814) mais la place reprend le nom de "piazza Vittorio" après la restitution de Nice au royaume sarde

Avec l’Annexion de Nice par la France en 1860, elle prend à nouveau, dès le mois d'août, le nom de "place Napoléon". A la chute du Second Empire, elle adopte, dès septembre 1870, le nouveau nom de "place Garibaldi" qu’elle conserve encore aujourd’hui.


Plan de la Ville de Nice, détail, 1856, Paris, BnF (Gallica).



De sa création à 1860, la place est essentiellement connue par des plans et quelques tableaux, estampes et aquarelles. La grande place, de forme rectangulaire, est bordée d’immeubles semblables, percés à leur base d’un rez-de-chaussée et d’un entresol ouvrant sur un portique et offrant trois étages supérieurs de baies alignées ornées d’un décor peint en trompe-l’œil. La chapelle du Saint-Sépulcre occupe le centre de l’alignement sud. 

Une aquarelle de Joseph Fricero (1807-1870) montre l’ensemble de la place Victor depuis le virage nord de la montée Eberlé située sur le versant est de la colline du Château. Cette aquarelle (voir Nice Historique - Académia Nissarda), du fait du peu de constructions dans la rue du Port (deux seuls immeubles à l’angle de la place Victor) alors plantée d’arbres (actuelle rue Ségurane), peut être datée vers 1825-1829 (voir notamment aux AD06 le plan de 1829, 06PH 00790).


Panorama di NizzaL'Illustrazione Universale, 28 maggio 1865, p 755. La place Napoléon (vue nord-est/sud-ouest),
 détail resserré du panorama vu du Mont-Alban (estampe vers 1860), Collection personnelle.



Alors que la route royale de Turin (renommée par la suite, boulevard du Pont-Vieux, actuel boulevard Jean-Jaurès) qui longe le Paillon au sud-ouest de la place Victor est fortement construite sur son côté oriental, les autres rues qui entourent la place Victor ne vont se développer qu’après 1830. Au nord, la suite de la route de Turin, devient la rue Victor (contrada Vittorio) dès les années 1830 (avenue de la République actuelle), à l’est, la rue de Villefranche (strada di Villafranca) est doublée par la nouvelle rue Cassini dès les années 1840, et au sud, la rue du Port (stradone del Porto) devient la rue Ségurane dans la même décennie.

La photographie la plus ancienne connue de la place Victor est attribuée au marquis de Rostaing et datée de février 1855 ; elle a été publiée par Didier Gayraud dans son ouvrage sur La Photographie à Nice, Monaco et dans les Alpes-Maritimes au XIX° siècle (Académia Nissarda, 2016 p 236).


Plan indicateur de la Ville de Nice, 1865, Paris, BnF (Gallica).

Deux éléments sont à noter : le Square Napoléon n'en est qu'au stade de projet
et l'emplacement du Cimetière Protestant sur la colline du Château est erroné.



LES PHOTOGRAPHIES DE LA PLACE NAPOLÉON (1860-1870)


Le souvenir de la place Napoléon des années 1860 est essentiellement conservé par une trentaine de photographies non datées (collections publiques et privées), réalisées notamment par Ferrier Père et Fils & Charles Soulier, Charles Paul Furne & Henri Tournier, Alphonse Davanne, Miguel Aleo, Louis Crette, Jean Andrieu et Charles Nègre.

Ces photographies, pour la plupart panoramiques, ont été prises en plongée depuis l’extrémité nord de la colline du Château, soit depuis la montée Eberlé, sur son flanc est (comme l’aquarelle de Joseph Fricero), soit depuis la terrasse du Château, à son sommet, et présentent ainsi une vision nord ou nord-ouest des lieux.

Les vues prises de la montée Eberlé montrent : 

- l’intersection de la rue Ségurane et de la rue Sincaire (en côte), avec en face de la rue Sincaire, une ruelle (viccolo) en pente, actuellement dénommée passage Ségurane, 

- l’extrémité nord-est de la rue Ségurane bordée d’immeubles adoptant le même modèle que ceux de la place Napoléon, avec des bâtiments de même hauteur avec le même décor en trompe-l’œil mais dépourvus de portique, 

- l’extrémité nord-ouest de la rue Ségurane, désormais dépourvue d’arbres, avec la caserne Saint-Augustin, ancien couvent du XV° siècle transformé en caserne depuis la fin du XVIII° siècle et augmenté de dépendances (actuelles caserne Filley et entrée du tramway souterrain),

- les toitures de l’angle sud-ouest de la place Napoléon avec l’extrémité supérieure du revers du fronton de la chapelle du Saint-Sépulcre, le sol central de la place Napoléon, ses bâtiments nord au décor peint, son angle nord-ouest avec la Poste aux lettres (les commerces situés sous les portiques dont des cafés ne sont généralement pas visibles)

- et au nord, le début de la voie et le sommet des immeubles de la rue Victor ;

- les deux rues du côté occidental de la place, la descente du Paillon (au centre) qui mène à la passerelle franchissant le Paillon et la ruelle de la place Napoléon (au sud) ne sont généralement pas visibles.

Les vues prises depuis la terrasse du Château montrent, au-delà du cimetière du Château, la caserne Saint-Augustin, les toitures et le haut des murs des immeubles de la place Napoléon puis de la rue Victor.

Les deux séries montrent, en dehors de la place Napoléon et de ses abords immédiats, les rives du Paillon, la colline de Carabacel et, au-delà, les monastères de Cimiez et de Saint-Pons et le cirque des montagnes entourant le nord de la ville. 

Si la place Napoléon ne subit pas de changements notables entre 1860 et 1870, en dehors des plantations effectuées en 1869 pour la création d’un grand square central, les constructions neuves des rives du Paillon et de la colline de Carabacel fournissent de précieux indices de datation.


- FURNE Charles Paul (1824-1875) & TOURNIER Henri Alexis Omer (1835-1885), 
De Nice à Gênes par la corniche - n°5, Nice, Vue prise du Château vers le Mont-Chauve, vers 1860, 
détail du cimetière du Château et de la rive gauche du Paillon, avec la place Victor/Napoléon (vue sud/nord), 
vues stéréoscopiques albuminées de 7x7,3 cm, sur carton de 17,5x8,4 cm, Collection personnelle.

- FURNE Charles Paul (1824-1875) & TOURNIER Henri Alexis Omer (1835-1885), 
De Nice à Gênes par la corniche - n°12, Nice, La Vallée du Paillon, vers 1860,
détail de la rive gauche du Paillon avec une partie de la rue Ségurane et de la place Victor/Napoléon (vue sud/nord),
vues stéréoscopiques albuminées de 7x7,3 cm, sur carton de 17,5x8,4 cm,
Amsterdam, Rijksmuseum, cote RP-F-F06655 (Collections).

A noter, la petite maison basse entre les grands immeubles de la rue Ségurane, le tout existant encore aujourd'hui.


Cette série de Furne & Tournier, De Nice à Gênes par la corniche, listée dans leur ouvrage de 1861, est souvent datée dans les collections étrangères, de 1859. La première vue ci-dessus ne montre pas encore les transformations du cimetière du Château entreprises par l’administration française en 1861 mais révèle, sur l’image intégrale, l’hôpital Saint-Roch terminé en 1859 et des villas le long du chemin Saint-Barthélémy (futur "boulevard Carabacel") qui impliquent pour leur part la date de 1860. Les deux photographies datent donc de 1860 même s'il est possible qu'à la date de la prise de vue la place porte encore la dénomination de "place Victor".


- CRETTE Louis (c.1825-1872), Nice, La vallée du Paillon vue de la terrasse du Château, détail, vers 1861-1862,
tirage albuminé de 15,8x21,8 cm sur support de 27,6x36,1 cm, 
Amsterdam, Rijksmuseum, cote RP-F-00-1490 (Collections).


La photographie ci-dessus de Louis Crette montre deux éléments nouveaux par rapport à la photographie semblable de Furne & Tournier : dans le cimetière un mur de soutènement a été érigé par l'administration française à flanc de colline et, en contrebas, un bâtiment apparaît visiblement en fin de construction entre la rue Victor et la rive du Paillon. Cette photographie peut être datée vers 1861-1862.


- ALEO Miguel (1824-c.1900), Nice, Carabacel et place Napoléon, vers 1862,
version positive de la plaque verre négative de 26,5x21 cm, Collection personnelle.



Sur la vue ci-dessus, la façade de l’immeuble, situé à l’angle gauche de la place, offre à sa base l'inscription "Buvette". Cette dernière a remplacé l'inscription, "Atelier - De - Chaussures" présente sur la photographie datée de février 1855 (attribuée au marquis de Rostaing, Didier Gayraud, op. cit. p 236) et celle qui lui a succédé en 1859, "Buvette des Alliés - Sardes-Français" (visible sur certaines photographies de collections privées), en référence au passage des troupes françaises à Nice, allant combattre, aux côtés des sardes, les autrichiens. Les troupes françaises ont été acclamées et choyées et plusieurs buvettes ont été installées dans la ville pour les désaltérer, notamment sur la place Victor. 

Cette photographie, élargie vers l’ouest, dévoile également les bâtiments de la caserne Saint-Augustin (avec sa guérite d'entrée), devant laquelle des plots en ciment ont été récemment ajoutés mais ce sont deux constructions neuves (lettres A et B du détail photographique ci-dessous) qui permettent une datation plus précise. 

L’immeuble situé sur le trottoir de droite, à l’angle sud-est de la place Napoléon et de la rue Ségurane, a désormais son toit surélevé d’un étage par rapport à la vue précédente de Furne & Tournier (A). Il est possible que cette modification soit liée à la demande de Joseph Arnoux de "modifier la toiture de sa maison, rue Ségurane", déposée en 1861 (FranceArchives) ; certes le numéro de la rue n’est pas précisé mais la veuve Arnoux est signalée, dès les annuaires de 1866-1868 (liste alphabétique des habitants), au 2, rue Ségurane.


- ALEO Miguel (1824-c.1900), Nice, Carabacel et place Napoléon, vers 1862,
détail de la photographie précédente,
version positive de la plaque verre négative de 26,5x21 cm, Collection personnelle.


Un immeuble récent s’est également ajouté à l'ouest de la rue Victor (B), celui qui était en construction sur la vue du cimetière de Louis Crette (vers 1861-1862). 

La plaque verre révèle enfin, tout au bas de l’image, sur la gauche de la rue Ségurane, un chantier de construction. Or, à l’époque comme de nos jours, du fait de la présence du versant est de la colline du Château, il y a essentiellement, à l’extrémité de la rue Ségurane, des immeubles érigés de l’autre côté de la rue (côté pair). 

Le chantier est celui de l’asile communal Sainte-Eugénie, élevé sur un terrain municipal. Les plans de cet asile destiné à accueillir environ 350 enfants ont été mis au point puis validés dès août 1861 et l’adjudication des travaux a eu lieu dès octobre de la même année (AD06 - 2O722). Il est probable que les travaux aient démarré rapidement mais ils ont tout d’abord été consacrés aux déblais considérables de terre, roc et mur nécessaires à l’édification du bâtiment, de ses préaux et surtout de sa cour arrière. Le déblaiement a duré plusieurs mois et a représenté plus d’un tiers du coût total. L’asile n'a été inauguré que le 24 juin 1863. La prise de vue, qui montre le début de la construction de l’asile, date donc probablement de l’année 1862.


- ANDRIEU Jean (1816-apr. 1872), 1712, Place Napoléon, A Nice, vers 1865,
tirage albuminé stéréoscopique formé de deux photographies de 7,8x7,7 cm
montées sur carton de 17,5x8,8 cm, Collection personnelle.

A noter, la montée de la rue Sincaire, visible entre l'asile Sainte-Eugénie et la caserne Saint-Augustin.




Sur la photographie ci-dessus, au tout premier plan, l’asile communal Sainte-Eugénie, avec sa cour arrière, apparaît désormais achevé. A l’entrée de la caserne, les plots en ciment ont disparu. L'inscription "Buvette" du mur voisin a été recouverte de blanc et un branchement électrique est visible à l'angle de ce même mur.

Trois nouveaux bâtiments sont de plus présents dans l'image (lettres C, D et E du détail photographique ci-dessous).


- ANDRIEU Jean (1816-apr. 1872), 1712, Place Napoléon, A Nice, vers 1865,
détail de la photographie précédente,
tirage albuminé stéréoscopique formé de deux photographies de 7,8x7,7 cm 
montées sur carton de 17,5x8,8 cm, Collection personnelle.


L'un est une maison construite tout au bord du Paillon, sur sa rive droite (C), et les deux autres (D et E) sont des villas de la colline de Carabacel dont la maison Ferrara (E).

La première maison, réalisée vers 1862-1863 (D), est visiblement en fin de construction sur une photographie de Louis Crette (AD06 photo 10FI 0453). Les deux autres maisons datent de 1863.

A l'extrémité gauche de la photographie de Jean Andrieu, le Grand Hôtel de Nice, construit en 1863-1864 et ouvert fin 1864 est bien visible. Cette photographie pourrait être datée vers 1864-1865 mais elle fait partie, par son n° 1712, d’une série de Jean Andrieu bien datée de 1865.


- ALEO Miguel (1824-c1900) & DAVANNE Alphonse (1824-1912), Sans titre, vers 1867-1868,
tirage albuminé stéréoscopique formé de deux photographies de 7,8x7,5 cm 
montées sur carton de 17,3x8,6 cm, Collection personnelle.

Noter, à nouveau, la montée visible de la rue Sincaire, entre l'asile Sainte-Eugénie et la caserne Saint-Augustin.



Une prise de vue de Charles Nègre (1820-1880), conservée aux Archives Départementales des Alpes-Maritimes (AD06, photo 08FI0080) montre certains éléments semblables à la photo ci-dessus de Miguel Aleo et Alphonse Davanne. Elle lui est cependant légèrement antérieure du fait du mur d’enceinte nouvellement érigé au-devant de la caserne Saint-Augustin, au bord de la rue Ségurane, et peut être datée vers 1865-1867.

Les nouveautés de cette photographie signée d’Aleo & Davanne sont la subdivision opérée au sein de l’espace enclos de murs au-devant de la caserne Saint-Augustin, nivelé et aménagé avec des arbres nouvellement plantés, et le mur d’enceinte sud de la caserne rectifié. L’asile communal Sainte-Eugénie est en partie visible au bas de la photo. La prise de vue peut être datée vers 1867-1868.


- Nice. Vue générale de la vallée du Paillon et du siphon de Cimiez prise du château de Nice, vers 1869-1870,
photographie extraite de l'ouvrage, Compagnie générale des eaux. Distribution des eaux dans la ville de Nice. Vues photographiques des travaux de captage et d'adduction des sources de Peillon à Nice. Ces travaux ont été exécutés par la compagnie de 1866 à 1869, vue 3,
Paris, BnF (Gallica).
L'auteur de la photographie semble être Charles Nègre (1820-1880).

Noter, à nouveau, à droite, la maison basse entre les grands immeubles de la rue Ségurane, le tout existant encore aujourd'hui. Au bas de l’image, à gauche, l’asile communal Sainte-Eugénie (emplacement de l’actuel Collège Ségurane), révèle le sommet de sa façade orientale, couronné d’une croix identifiant la chapelle du premier étage (sœurs).


Sur cette photographie anonyme, deux éléments nouveaux sont à noter. Tout d’abord, les plantations de la place Napoléon sont récentes et une fontaine centrale marque le centre du square. Plusieurs fois envisagé et reporté, le dernier projet de square, daté de 1868, a enfin été réalisé entre janvier et août 1869 puis entre octobre 1869 et juin 1870. 

Deuxième élément notable, la taille des arbres enclos dans le mur d’enceinte de la caserne Saint-Augustin s’est fortement développée. Cette photographie peut être datée vers 1869-1870.

D'autres photographies contemporaines, et notamment une photographie du Fonds Alinari (ici) dévoilent la colline de Carabacel avec la Maison Ferraradevenue le monastère du Saint-Sacrement, qui a triplé de volume (ailes latérales). 



EPILOGUE

Si l’adjudication des travaux du pont métallique, destiné à remplacer la passerelle reliant la place Napoléon à la rive droite du Paillon, est votée en Préfecture le 29 juin 1870, le pont, retardé par la Guerre franco-prussienne et la Commune, ne sera achevé qu’en 1873 et prendra, comme la place, le nom de Garibaldi. 

Le Monument à Garibaldi, emblématique de la place actuelle, envisagé dès l'annonce de la mort de Giuseppe Garibaldi le 4 juin 1882, ne sera pour sa part inauguré que le 4 octobre 1891 (voir une photographie du Fonds Alinari, ici).