4

4

lundi 25 octobre 2021

1207-EUGÈNE DEGAND, ALBUM DE NICE ET DE SES ENVIRONS, 1877

 

SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS


1 - Quatrième de couverture de l'album, en marqueterie de bois d'olivier.




PRÉSENTATION


Cet album, au format à l'italienne de 23x32 cm, est anonyme et dépourvu de titre. Il possède une couverture en marqueterie de bois d'olivier, avec incrustation de bois d'essences variées aux teintes pour la plupart naturelles. 

La première de couverture est ornée de la Croix de la Crucifixion et des Instruments de la Passion entourés de fleurs d'aubépine (symbole de la naissance du Christ du fait de la floraison de la plante à Noël et de la mort du Christ, les tiges de la plante constituant la Couronne d'épines). La composition d'ensemble forme les lettres "T" (Croix) et "V" (Instruments) qui sont les initiales de l'acheteur.

La quatrième de couverture (Image 1) porte le monogramme de son acheteur, "TV", entouré d'une guirlande de fleurs (narcisses - symbole de résurrection - mais le feuillage ne correspond pas) et le lieu et la date de l'achat, inscrits sur le ruban maintenant les tiges, "Nizza - 1877".

En deuxième de couverture, une petite étiquette rectangulaire affiche, "Aux Bois Mosaïques - & Sculptures - L. Dozo - Avenue de la Gare, 19 - Nice".

L'album offre, à l'intérieur de 15 feuilles à tranche dorée et biseautée en carton fort de 22,5x30,5 cm, 30 tirages albuminés de 21,8x14,7 cm, visibles par le biais de 22 fenêtres rectangulaires et de 8 fenêtres ovales. 


2 - L'album ouvert avec la photographie Monastère de S. Pons dans une fenêtre rectangulaire et Château Thaon de S. André dans une fenêtre ovale.



Les photographies sont soulignées des légendes suivantes au crayon de papier (ordre, orthographe et présentation respectés).

[Nice] Place de la Préfecture (ancien palais royal) et Bureau de Bienfaisance (Image 3)

Vue générale de Nice, (côté nord) prise du château (Image 4)

Vue générale de Nice, prise par la batterie du château (côté sud, vers la mer)

[Nice] Le pont-neuf, la place Masséna, et l'avenue de la Gare 


3- [Nice] Place de la Préfecture (ancien palais royal) et Bureau de Bienfaisance.



Vue générale de Nice prise de la Tour S. François (côté sud). 

[Nice] Pont de la baie des anges et promenade des Anglais. (Image 5)

[Nice] Quai du Midi.

[Nice] Square Masséna


4- [Nice] Le pont-neuf, la place Masséna, et l'avenue de la Gare 



[Nice] Quai St Jean Baptiste (Image 6)

[Nice] Quai des palmiers

[Nice] Vue générale du Port (côté est)

[Nice] Lazaret, château Schmit


5- [Nice] Pont de la baie des anges et promenade des Anglais. 


[Nice] Le palmier géant, au jardin public 

[Nice] Jardin public

[Nice] Ruines de l'ancien amphithéâtre romain de Cimiez (Image 7)

Cimiez, l'Eglise des pp. franciscains (Image 10)



6 - [Nice] Quai St Jean Baptiste 



Vue générale de Villefranche

Villefranche, rue d'intérieur

Villefranche, vue prise du fort Emmanuel Philibert

Villefranche, la rade, une frégate américaine. (Image 8)




7 - [Nice] Ruines de l'ancien amphithéâtre romain de Cimiez 


Nice, Boulevard Carabacel

Val-rose, le château

Val-rose, le parc et le lac

Monastère de S. Pons. (Image 2)



8 - Villefranche, la rade, une frégate américaine.



Château Thaon de S. André (Image 2)

Terrasses de Monaco.

Aloès et palmiers à Monaco.



9 - Palais du prince de Monaco.



Bordighiera vue de Monte-Carlo

Palais du prince de Monaco. (Image 9)

Cannes (promenade du Midi).



ÉTUDE


L'album offre donc des vues de Nice et de ses environs (25 vues), de Monaco (4 vues) et de Cannes (1 vue) sous une couverture réalisée par L. Dozo.

Luigi/Louis Doso/Dozo est né à Nice le 20 septembre 1837 et s'est marié en mai 1864 à Oneglia (Imperia, Ligurie, Italie). Il est sculpteur, tabletier, marqueteur à Nice et Cannes. Il occupe successivement différentes adresses niçoises dont celle du 19, avenue de la Gare (inscrite sur l'étiquette de l'album) de 1876 à 1878 (son nom est présent dans les annuaires niçois mais également dans les listes électorales contemporaines ce qui prouve qu'il a opté pour la nationalité française lors du rattachement à la France de 1860). Cette datation est confirmée par l'inscription de l'année "1877" sur la couverture en bois d'olivier.

Les photographies contenues dans l'album datent donc au plus tard de 1877. Si l'auteur des photographies n'apparaît nulle part dans l'album (couverture, photographies, légendes), il s'agit en fait d'Eugène Degand (Lille 1829-Nice 1911), peintre et photographe.

Eugène Degand a commencé ses saisons d'hiver à Nice en 1863 dans un atelier rue Saint-Etienne puis s'est installé définitivement dans cette ville en 1869. Dès 1870, il a ouvert, en plus de son atelier, une boutique au 6, rue Paradis. Ses photos les plus anciennes connues datent de fin 1865-début 1866.

Les photographies de l'album peuvent donc dater de la période entre 1865 et 1877 mais elles forment un ensemble assez homogène situé entre 1869 et 1874. Quelques photos identiques se retrouvent notamment dans 5 autres albums constitués de photographies de Degand :

- un album daté de 1875 (Collection privée), avec 2 photos en commun ;

- un album daté vers 1875, Nice et ses environs (BnF, Gallica), avec 6 photos en commun ;

- un album daté de 1876, cette date apparaissant sur la couverture en bois d'olivier (Collection privée), avec 1 photo en commun ;

- un album non daté (Collection privée), avec 5 photos en commun,

- un album daté vers 1875-1885, Recueil, Voyages en France et en Europe (BnF, Gallica), avec 5 photos en commun.

De nombreuses photographies de l'album trouvent de plus leur équivalent sous forme de Cartes de visite ou de Cabinets, identifiés par les tampons d'Eugène Degand et impliquant au plus tôt les années 1872-1874. D'ailleurs, plusieurs photos ne peuvent pas être antérieures à 1872, comme Vue générale du Port (côté est) qui montre l'allongement du môle extérieur terminé cette année-là, Vue générale de Nice, (côté nord) prise du château montrant le Pont Garibaldi terminé en 1872-1873 ou Square Masséna où le photographe pose avec sa femme et ses deux enfants, le second encore bébé (né en novembre 1871). 

Eugène Degand est également présent sur les photographies suivantes, Quai du Midi, Terrasses de Monaco, Bordighiera vue de Monte-Carlo, Palais du Prince de Monaco, Villefranche, vue prise du fort Emmanuel Philibert ou encore Cannes (promenade du Midi).


10 - Cimiez, l'Eglise des pp. franciscains



VOIR LA BIOGRAPHIE D'EUGÈNE DEGAND

 Eugène Degand-1,


VOIR D'AUTRES ALBUMS D'EUGÈNE DEGAND

Eugène Degand-3Eugène Degand-9, Eugène Degand-10,

 Eugène Degand-12Eugène Degand-13Eugène Degand-15







dimanche 17 octobre 2021

1206-CAUVIN F. (1861-1942), SOLEYROL (1875-1945), PHOTOGRAPHES

 

SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS


- Nice, Vallée du Paillon, vers 1865.




- Flaminius Victor CAUVIN (1861-1942)


Cet article a été rédigé en collaboration avec les descendants de la famille.

Flaminius Victor Cauvin est né le 12 janvier 1861 au hameau de Sclos de la commune de Contes (Alpes-Maritimes). Il est l’un des 7 enfants de Giacomo Cauvin, propriétaire (1799-1881) et de Maria Margarita Cassio (1836-1914) qui se sont mariés dans cette commune le 12 juin 1855.

A l’âge de 20 ans (fiche matricule militaire de 1881), Flaminius Victor est "photographe" et réside à Nice, sans que l’année de ses débuts dans la photographie ni l’atelier dans lequel il travaille soient connus (son père est décédé le 30 juillet de la même année 1881). Il accomplit son service militaire au 111ème Régiment d’Infanterie (Antibes), de novembre 1882 à septembre 1883. 

"Flaminius Cauvin, âgé de 22 ans, photographe domicilié à Nice et légalement à Sclos" se marie à Sclos de Contes le 19 novembre 1883, avec Marie Madeleine Françoise Amici/Amicy, 27 ans, institutrice libre, domiciliée à Nice (née le 2 mai 1856 au hameau de Saint-Véran d'Utelle, Alpes-Maritimes).

Le couple vit à Nice où Auguste Cauvin, frère aîné de Flaminius (né le 4 mars 1856 à Sclos de Contes) est rédacteur en chef de plusieurs petits journaux à scandales (Le Fantasio, fin 1880-début 1883 ; Le Diable à Quatre, dès mai 1883 ; Le Réveil des Alpes-Maritimes, dès août 1885 ; Le Contrebandier, vers 1883-1885). 

Le 3 mars 1884, Flaminius Cauvin, âgé de 23 ans, "photographe" est témoin de l'acte de décès du fils (mort-né) de la cousine de sa femme, Thérèse Albertine Amici.

Le premier enfant de Flaminius Cauvin, "photographe", Auguste Jacques Joseph Cauvin, naît à Nice au 52, avenue de la Gare, le 30 septembre 1884. Ce dernier décède malheureusement le 20 octobre 1884 à Sclos de Contes, âgé de trois semaines. L'acte de décès précise que Flaminius Cauvin est désormais "journaliste" et son épouse, sans profession.

Les listes électorales de la Ville de Nice citent également Flaminius Cauvin, en tant que "photographe" en 1884 au 52, avenue de la Gare puis comme "journaliste" en 1885 au 14, rue Halévy. En effet, il travaille désormais avec son frère Auguste et devient notamment le gérant du Diable à Quatre

Le 16 février 1885, "Flaminius Cauvin, âgé de 24 ans, rentier" est témoin, à Nice, du mariage de son frère Jean Baptiste Auguste Cauvin, 28 ans, publiciste, avec Antoinette Durand, 20 ans, sans profession (née le 17 avril 1864 à Paris).

Mêlé à plusieurs affaires de chantage auprès de personnalités (Maire de Nice, Conseiller municipal, Consul d’Autriche-Hongrie à Nice…), Flaminius Cauvin est cependant arrêté à la fin de l’année 1885 (voir notamment, Le Petit Marseillais des 13 et 17 janvier 1886 p 2, Le Droit du 18 janvier 1886 p 2, Le Figaro du 20 janvier 1886 p 5).

Son épouse Madeleine accouche à Sclos de Contes de leur fils Achille Robert Etienne Flaminius Cauvin, le 21 avril 1886. L’acte de naissance précise que Flaminius est alors "photographe, âgé de 25 ans, domicilié à Nice".

Flaminius Cauvin semble, en effet, reprendre son métier de "photographe" et c’est ainsi qu’il est désigné lors des naissances de ses jumeaux, malheureusement mort-nés le 31 août 1888 au 40, boulevard Risso, puis lors de la naissance de son fils Sadi Gustave Cauvin, le 26 avril 1890, à la même adresse.

Si Flaminius Cauvin est bien cité au 40, boulevard Risso dans l’annuaire de 1890, sa profession n’est cependant pas précisée dans la liste des habitants par ordre alphabétique et il est qualifié de "rentier" dans celle des habitants par rue. 

Son nom apparaît encore dans les annuaires de 1891 et 1892, toujours à la même adresse (ou au 4, par erreur) mais comme "employé", avant de disparaître des annuaires niçois.

Il est possible que la famille Cauvin ait quitté Nice pour Sclos de Contes, dès 1891. C’est là que l’épouse de Flaminius, Marie Madeleine Cauvin née Amicy, âgée de 35 ans, sans profession, décède malheureusement le 31 juillet 1891.

Quand Flaminius Cauvin se remarie, dix ans plus tard à Nice le 5 octobre 1901, avec Louise Emilie Giraudy, peu avant ses 24 ans, sans profession (née à Nice le 13 octobre 1877), il est âgé de 40 ans et qualifié "d’industriel domicilié à Oneille, Italie mais légalement à Nice" (Oneglia, Ligurie, à 85 km de Nice ; commune ayant fusionné en 1923 avec celle de Porto-Maurizio, sous le nom d’Imperia) ; sa mère, présente et consentante est également domiciliée à Oneille (elle décédera cependant à Sclos de Contes le 2 avril 1914, âgée de 78 ans). 

Victor Flaminius exploite à Oneille une fabrique d’espadrilles, ouverte en 1901 (Gazzetta ufficiale della Repubblica italiana, 1901, Prima Parte p 2786). Son adresse niçoise de l’époque reste inconnue.

Le couple va avoir deux enfants qui vont naître à Oneglia, Auguste Achille Antoine Cauvin, le 3 août 1903, et Francine/France Marguerite Jeanne Cauvin, le 11 mars 1904.

Les fiches matricules militaires des enfants nés du premier mariage de Flaminius Cauvin, Achille Cauvin (ingénieur électricien à Londres puis à Oneille) puis Sadi Gustave Cauvin (fabricant d’espadrilles à Oneille), signalent cependant le domicile familial à Contes en 1906 puis à Oneglia en 1910, rue Campomacci. Si Achille est exempté de service pour faiblesse générale, Sadi Gustave accomplit son service militaire en France d’octobre 1911 à novembre 1913, est rappelé lors de la Mobilisation générale du 2 août 1914 et participe à la Première Guerre Mondiale. Fait prisonnier en septembre 1918 et interné en Allemagne, il est rapatrié en France en décembre 1918 et libéré du service avant août 1919 où il est signalé à Oneille au 2, rue Garessi(s).

Lorsqu’Auguste (fils du second mariage), 29 ans, lieutenant au 157ème d’Artillerie (militaire de carrière), domicilié au 29, avenue Georges-Clémenceau, se marie à Nice le 24 octobre 1931, avec Marthe Longoni, 33 ans, sans profession (née le 3 juillet 1898 à Appenzell Herisau, Suisse), son père Flaminius est dit "ancien industriel, [domicilié] à Nice". 

Il est probable que ce dernier ait laissé la direction de l’entreprise d’Oneglia à son fils Sadi Gustave dans les années 1920 et se soit retiré à Nice où sa seconde épouse est décédée le 21 avril 1929, au 87, route de Levens (hôpital). Son domicile est alors, Palais Sapho au 34, rue Gounod (quartier de la Gare, immeuble qui donne également sur l’avenue Georges-Clémenceau signalée par son fils).

C’est là que Flaminius Cauvin, décède le 5 février 1942, âgé de 81 ans.




- Oberth SOLEYROL (1875-1945)


LUSSAN

Oberth Soleyrol est né le 2 avril 1875 au hameau de Malataverne de la commune de Lussan (Gard). Il est l'enfant (unique ?) de Charles Soleyrol, propriétaire (né c. 1843/1844) et de Philippine Françoise Privat, sans profession (née le 2 novembre 1850 à Navacelles, Gard).

La mère d'Oberth décède malheureusement au "Mas Soleirol" (sic), le 3 novembre 1882, à l'âge de 31 ans.

NICE

La famille Soleyrol déménage à Nice, peut-être dès les années 1880 et, au plus tard, dans le début des années 1890.

En 1895, "Oberth Soleyrol, photographe, âgé de 20 ans" réside avec son père, cultivateur, au quartier de Sainte-Hélène, maison Tordo. Il s'engage, le 6 novembre 1895, dans l'Armée pour 4 ans au 55éme Régiment d'Infanterie d'Antibes (fiche matricule militaire). Il est libéré fin 1899 (passage dans la réserve de l'Armée active le 6 novembre 1899).

GOLFE-JUAN

Son nom n'apparaît pas dans la plupart des documents niçois (annuaires, listes électorales...) mais le suivi de sa fiche militaire permet cependant de retracer l'essentiel de sa vie. En décembre 1899, il est signalé "photographe à Golfe-Juan" (Vallauris, Alpes-Maritimes) puis en juin 1902, parti "voyager en Europe".

BERLIN

Il semble se fixer en Allemagne dès 1902, d'abord à Düsseldorf, en juillet, puis à Berlin en novembre au 3, Wilhelmstrasse.

C'est à Berlin qu'Oberth Soleyrol se marie en 1911 (transcription du 30 octobre 1911 du Tribunal d'Uzès, Gard), avec l'allemande Martha Marie Anna Ernestine Schierer (née à Berlin en mai 1876) qui semble veuve (?) en premières noces d'un allemand épousé aux Etats-Unis en 1897 où elle a vécu dès 1893. 

En juillet 1914, l'adresse d'Oberth Soleyrol à Berlin est signalée au 5, Lützowstrasse.

CANNES

Rappelé par la Mobilisation générale du 2 août 1914, Oberth Soleyrol rentre en France et arrive au corps d'Antibes le 7 août. Tout d'abord renvoyé dans ses foyers, à Cannes (Alpes-Maritimes), pour insuffisance musculaire  en mars 1915, il est réintégré dans le service auxiliaire dès septembre de la même année, au dépôt de Nîmes (Hérault) du 112ème Régiment d'Infanterie et participe à la première Guerre Mondiale. 

Démobilisé en janvier 1919, il est signalé ce même mois à Cannes, chemin du Petit-Juas, Villa Les Cassies.

Son nom n'apparaît pas cependant dans les annuaires cannois des années 1920. mais seulement à partir de 1932, en tant que "propriétaire, impasse de Rême, maison Soleyrol".

En 1935, Oberth Soleyrol est dit "veuf" (acte de décès de son épouse non retrouvé). Le décès se son épouse peut avoir eu lieu en Allemagne entre 1911 et 1914 ou sur Cannes dans les années 1933 et 1934 (registres non consultables). 

"Oberth Soleyrol, veuf, âgé de 60 ans, employé, domicilié à Cannes, avenue de Grasse, impasse Rémi [de Rême]", se remarie à Cannes, le 18 avril 1935, avec Antoinette Mélanie Brosseau, 59 ans (née en 1876), sans profession, domiciliée à Cannes et veuve de Louis Marcelin Joseph Alquier (qu'elle avait épousé le 19 mars 1921 à Besançon, Doubs). Parmi les témoins du mariage, il y a Célia Soleyrol, sans profession (acte de naissance non retrouvé), peut-être une enfant de son premier mariage, née en Allemagne dans les années 1910.

Le nom de "Soleyrol" apparaît dans les annuaires cannois jusqu'en 1938 (limite des annuaires consultables). 

Oberth Soleyrol décède à Cannes le 1er octobre 1945, âgé de 70 ans (sépulture disparue).

Il n'a probablement été photographe que quelques années avant et après son engagement militaire, soit vers 1895 (autour de ses 20 ans) puis vers 1899 et 1902 (autour de ses 24-27 ans). Les professions qu'il a exercées par la suite restent inconnues tant en Allemagne de 1902 à 1914 (de 27 à 39 ans), qu'en France de 1919 à 1935 (de 44 à 60 ans).



VOIR LA LISTE DES PHOTOGRAPHES ÉTUDIÉS






mercredi 13 octobre 2021

1205-NICE : LES PHOTOGRAPHES DANS LES REGISTRES MILITAIRES


SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS 




INTRODUCTION


Alors qu'il existe des registres départementaux ou Registres matricules militaires (dès 1864) conservés au Archives Départementale des Alpes-Maritimes, il existe parallèlement des registres municipaux de la Ville de Nice conservés aux Archives Municipales, avec des Tableaux de recensement de classe (par année des 20 ans, dès 1792), des Registres des naissances (dès 1799) et des registres de Situations de famille (par année de naissance, dès 1800).

On pourrait penser que les renseignements concernant les cantons de Nice, présents dans les registres conservés aux Archives Départementales et aux Archives Municipales, au-delà des différences de présentation, font doublons mais ce n'est pas totalement le cas. 

De rares noms peuvent être étrangement absents, pour une même année, d'un registre ou de l'autre. De plus, les registres départementaux détaillent davantage le suivi militaire et les adresses successives des jeunes gens au-delà de leur service dans l'armée active (services et mutations dans la réserve de l'armée active, passage dans l'armée territoriale puis dans la réserve de l'armée territoriale, participations aux conflits). 



LES REGISTRES MATRICULES CONSERVES AUX ARCHIVES DEPARTEMENTALES DES

 ALPES-MARITIMES (SERIES 01R)


Ces registres départementaux (subdivision d'Antibes) présentent tous les cantons, sans ordre préétabli, avec les noms des conscrits également présentés sans ordre alphabétique (jusqu'en 1911).

Ils contiennent parfois une liste alphabétique récapitulative en fin ou en début d’ouvrage mais cette liste est systématiquement consultable à part, dès l'année 1870 (voir ci-dessous, Listes alphabétiques récapitulatives des conscrits).

Les registres suivants sont conservés :


1- Registres matricules militaires de 1864 à 1871, cités en ligne mais non numérisés (à consulter sur place). 


2- Registres matricules militaires 1872-1877, numérisés mais non dépouillés. Chaque registre est accessible en ligne mais le fait de taper le nom de la personne recherchée ne permet pas d'accéder au registre matricule concerné. Chaque registre est constitué de doubles-pages comprenant 13 colonnes et 5 noms de conscrits.


3- Registres matricules militaires 1878-1921, registres numérisés et dépouillés. Chaque registre est désormais constitué de pages divisées en 14 parties et consacrées à 1 seul conscrit, 4 ou 5 registres étant donc nécessaires pour couvrir une même année.


4- Registres matricules militaires de 1922 à 1940, leur consultation nécessite la demande d'une dérogation et son obtention. 


5- Listes alphabétiques récapitulatives des conscrits dès 1870, numérisées.


Accès aux registres numérisés :


Taper sur un moteur de recherche, "AD06 outils", aller en bas de page à, "Accès aux outils de recherche" puis :


1- Aller à "Archives" puis "Archives administratives 1800-1940" et taper dans la barre de recherche, soit :

- "Fonds du service historique de l’armée" pour une vision exhaustive des registres, 

- le nom d'une personne recherchée (née après 1857) et aller aux résultats affichant les années du "Fonds du service historique de l'armée" pour consulter les dossiers militaires des homonymes ou seulement aux registres de l'année de ses 20 ans si vous possédez sa date de naissance, 

- l'année concernée par les 20 ans d'une personne (y compris les engagés volontaires antérieurs), suivie de "service historique" (exemple : "1878 service historique") et cliquer sur l'année affichée en tête des résultats ; 

La page d'affichage, avant l'entrée dans le registre lui-même révèle, dès 1878, la liste des personnes : faire sur son clavier d'ordinateur ctrl+f et taper le nom pour qu'il indique le numéro d'ordre de la personne recherchée et vérifier si les prénoms correspondent.

Si la personne recherchée n'est pas dans la classe supposée, aller dans les listes récapitulatives des années proches et notamment celle de l'année suivante.


2 - Aller à "Archives" puis "Conscription" : 

- Listes alphabétiques récapitulatives des conscrits dès 1870, numérisées.




LES REGISTRES CONSERVES AUX ARCHIVES MUNICIPALES DE NICE 

(SERIE 1H - AFFAIRES MILITAIRES - RECRUTEMENT)


Les registres suivants sont conservés (non numérisés, à consulter sur place) :


1- Tableaux de naissances des garçons (par année de naissance), de 1799 (1H 001) à 1983 (1H 004), sous administration française, sarde puis française ; 

2- Tableaux de recensement de classe (par année des 18 ans ou des 20 ans) de 1792 (1H 276) à 1983 (1H 444) ;


3- Registres des Situations de famille (par année des 20 ans), de 1800 (1H 453) à 1904 (1H 523), sous administration française, sarde puis française ; 


4- Listes de recensement des fils d’étrangers, de 1860 à 1888 (1H 445) et en 1915 et 1918 (1H 446) ;


Au-delà des registres cités ci-dessus, il existe des registres spécifiques concernant les Réfractaires, Insoumis et Déserteurs de 1792 à 1859 (de 1H 524 à 1H 527), les Instructions de Conscription de 1792 à 1866 (de 1H 528 à 1H 535), les Congés et Présence de 1800 à 1855 (1H 536 à 1H 539), les Engagés volontaires de 1793 à 1928 (1H 540 à 1H 560), l'Inscription et les Affaires maritimes de 1793 à 1859 (de 1H 561 à 1H 567).




RECHERCHE SUR LES PHOTOGRAPHES (1839-1901)

Les registres consultés


Ayant déjà consulté en ligne, sur le site des Archives Départementales des Alpes-Maritimes toutes les fiches matricules militaires individuelles et accessibles des photographes que j'ai répertoriés, j'ai souhaité compléter la recherche (noms les plus anciens, noms inconnus) en dépouillant systématiquement, année après année, les registres des Archives Municipales en commençant par :

- les Tableaux de recensement de classe de 1859 (1H 321) à 1901 (1H 363), sous administration française (les deux premières registres de 1859 et 1860 étant repris de l'administration sarde) car ils permettent de découvrir les classes de conscrits nés de 1839 à 1881 (tous lieux de naissance confondus) ;

-  les registres antérieurs de Situations de famille (sous administration sarde, classes à 18 ans), devront être dépouillés ensuite car ils permettront de découvrir les photographes nés à Nice de 1821 (1H 310) à 1841 (1H 320).

Les registres dépouillés portent en première page : Département des Alpes-Maritimes - Cantons de Nice-Est et Nice-Ouest - Commune de Nice - Tableaux de recensement des Jeunes Gens de la classe de l’année 18..

Les deux parties consacrées aux cantons Est puis Ouest sont signées par le Maire ou son représentant (adjoint, président de la commission municipale), généralement au premier trimestre de l'année civile puis, une ou plusieurs semaines plus tard, par le représentant du Préfet (Sous-Préfet, Conseiller de Préfecture, Secrétaire Général) et à nouveau par le Maire.

Le registre annuel, présente sur chaque double page, 13 colonnes de renseignements et 6 lignes horizontales de conscrits classés par ordre alphabétique. Il renseigne sur l'identité du conscrit et son suivi militaire avec successivement, le recensement (à la fin de l'année civile des 20 ans - basé sur un questionnaire postal intitulé, Bulletin de Renseignements pour l'inscription sur les Tableaux de Recrutement), le tirage au sort (au début de l'année civile suivante), le conseil de révision décisionnel (en milieu d'année), le départ au service (en fin de l'année des 21 ans). 



- Exemple du Tableau de recensement de la Classe de 1879. 
Intitulés des colonnes de la page de gauche.
Archives Municipales de la Ville de Nice.


L'Intitulé des colonnes de renseignements


1- N° d’ordre [les registres cumulent d'environ 300 noms en 1859 à 700 en 1901 mais avec une numérotation séparée pour chacun des deux cantons Est puis Ouest],

2- Nom, prénoms, surnoms des jeunes gens [dont les fils d'étrangers domiciliés en France et demandant la nationalité française à l'approche de leur majorité (article 9 du Code Napoléon de 1804) et ceux n'ayant pas déclaré vouloir conserver leur nationalité sarde suite au rattachement de la Savoie et du Comté de Nice à la France (Article 6 du Traité de Turin du 24 mars 1860)],

3- Date et lieu de naissance, résidence des jeunes gens [seulement l'indication du nom de la ville jusqu'en 1871 mais avec l'adresse détaillée ensuite], noms, prénoms et domicile [si différent] des père et mère,

4- Taille [case parfois non complétée],

5- Profession des jeunes gens et de leurs père et mère [en général, seulement la profession du père sauf quand ce dernier est décédé mais, à partir de 1897, la profession des deux parents est précisée],

6- Renseignements sur les Jeunes Gens : a/ Inscription d’office ou faite sur la demande des parents ou tuteurs, b/ Jeunes gens omis des classes antérieures [case plus rarement complétée],

7- Motifs d’exemption ou de dispense [taille trop courte de moins de 1m 54, mauvaise dentition, faiblesse de constitution, maladie, handicap ; frère au service ou à la réserve, fils unique ou aîné de veuve, soutien de famille, en prison ; la personne peut être totalement exemptée de service ou être affectée à un service auxiliaire, ce qui devient plus courant dans les années 1890 ; la décision peut être ajournée, parfois deux ans de suite],

8- Degré d’instruction [0 à 3 puis 0 à 5 : 0 ne sait ni lire ni écrire - 1 sait lire seulement - 2 sait lire et écrire - 3 a une instruction primaire plus développée - 4 muni du diplôme ou du brevet institué par la loi du 21 juin 1865 - 5 bachelier ès-lettres ou ès-sciences – D puis X instruction non vérifiée. Dès les années 1890, deux items sont ajoutés, "Connaît-il la musique ? - Sait-il conduire les chevaux et voitures ?" puis plusieurs autres en 1901, "Sait-il la musique ? de quel instrument joue-t-il ? Sait-il monter à cheval ? Conduire et soigner les chevaux ? Conduire les voitures ? Est-il vélocipédiste ? Est-il colombophile ?"],

9- Signature des jeunes gens [case souvent non complétée],

10- Examen et rectification du tableau par le Sous-Préfet [cases généralement non complétées],

11-N° de tirage au sort [de 1804 à 1872, le tirage au sort détermine si l’individu fait son service ou pas (avec possibilité de remplacement) puis de 1872 (loi du 27 juillet 1872) à 1889, s’il part 5 ans ou 1 an, et à partir de 1889 (loi du 15 juillet), dans quelle arme il est affecté pour 3 ans],

12- Résultat des opérations du conseil de révision : a/ jusqu’à la loterie, b/ postérieurement à la loterie,

13- Observations [peu nombreuses : postérieures voire parfois très postérieures : situation militaire, engagé volontaire, arme et régiment, insoumission, condamnation, mariage, décès].


- Exemple du Tableau de recensement de la Classe de 1879. 
Intitulés des colonnes de la page de droite.
Archives Municipales de la Ville de Nice.



Le résultat du dépouillement


Malgré cette longue liste, les renseignements contenus dans ces registres restent très synthétiques mais précieux.

Entre 1859 et 1901 (en 43 ans), 55 conscrits (de 0 à 4 par an) sont qualifiés de "photographes" (employés) dans les registres dépouillés (1 seul nom absent de ma liste des 401 photographes répertoriés et 2 photographes officiant alors dans le Var). Le nombre de photographes par décennie est constant dans les années 1860 et 1870 mais subit une forte baisse dans les années 1880 (alors que c'est la période où le nombre d'ateliers est le plus important) puis une forte augmentation dans les années 1890 (mais pas seulement liée au nombre croissant de conscrits).

Les photographes âgés de 20 ans sont en très grande majorité nés à Nice (38/55 dont 8 fils d'étrangers ayant opté pour la nationalité française) mais quelques-uns viennent des communes de l'ancien Comté de Nice ou du département des Alpes-Maritimes (7/55) et également d'autres départements français (10/55). Ils sont majoritairement issus de familles de commerçants ou d'artisans et plus rarement de propriétaires, de musiciens, d'employés, de marins ou de cultivateurs. Ils savent tous lire, écrire et compter (niveau 3 sur 5 d'instruction).

32 conscrits photographes ont effectué leur service militaire (30/55, quelques-uns ayant devancé l'appel ou s'étant engagés). Certains ont été affectés au service auxiliaire (8/55) ou ont été totalement exemptés de service (17/55) pour raison familiale (frère au service, aîné de veuve ou d'orphelins ; un photographe s'est fait remplacer, après paiement) ou pour raison physique (défaut de taille, faiblesse de constitution, maladie, handicap) avec des motifs parfois étonnants pour la profession de photographe (myopie et problèmes visuels, handicap du bras ou de la main, surdité et mutisme).

12 conscrits cités entre 1859 et 1901, tous métiers confondus, ont un père photographe (9 pères sont qualifiés de "photographes" et 2 de "peintres", alors qu'ils sont peintres et photographes) et 6 de ces 12 conscrits sont photographes et fils de photographes (dont 2 frères).






mardi 5 octobre 2021

1204-CARESSA (1844-?), GIUDICELLI (1852-apr.1916), BRUN (1857-apr.1912), PHOTOGRAPHES

 

SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS


- Nice, Les rives du Paillon et le Grand-Hôtel, vers 1872.


DERNIERE MISE A JOUR DE CET ARTICLE : 10/10/2021



- Charles Honoré CARESSA (1844-?)


Charles Honoré Caressa est né à Nice le 15 août 1844 et a été baptisé à la cathédrale Sainte-Réparate le 17 suivant. Il est le fils de Joseph Caressa, marin (né vers 1804) et de Thérèse Tabiasco (née vers 1818), qui se sont mariés à Sainte-Réparate le 17 août 1844.

Charles Honoré Caressa est uniquement cité l'année de ses 20 ans dans le Tableau de recensement de la classe militaire de 1864, en tant que "photographe". A cette date ses parents sont décédés.

La suite de sa vie et de sa carrière, comme ses date et lieu de décès restent inconnus.




- Charles Félix GIUDICELLI (1852-apr.1916)


ALGAJOLA

Charles Félix Giudicelli  est né le 5 janvier 1852 à Algajola (Haute-Corse). Il est l'un des enfants de Pietro Paolo Giudicelli (né à Lumio le 25 janvier 1815) et de Maria Rosa Delarossat (née à Tomino, le 15 avril 1815), propriétaires, qui se sont mariés dans la commune de Lumio (Haute-Corse) le 2 avril 1840.

Charles Félix a un frère, Joseph Maria Ange Félicien Giudicelli (né le 27 avril 1843 à Algajola) et une sœur, Claire Marie Victoire Giudicelli (née le 25 février 1846 à Algajola).

NICE

Charles Félix Giudicelli est cité pour la première fois à Nice dans son dossier militaire de 1872, âgé de 20 ans, "photographe, résidant quartier Saint-Roch, Mon Olivier, fils de feu Pierre Paul Giudicelli et de Rose Delarossat domiciliée à Nice" (Tableau de recensement et Registre Matricule de la classe 1872). 

Dès 1873, il est cité dans les listes électorales de la Ville de Nice (l'année suivant sa majorité) avec les mêmes profession et adresse. 

Il devance l’appel pour le 42ème Régiment d’Infanterie de Villefranche-sur-Mer où il effectue son service militaire d’octobre 1873 à mai 1875. Il est libéré de manière anticipée du fait que son frère, Joseph Marie Ange Félicien Giudicelli vient de décéder, et qu’il se retrouve aîné de veuve. 

A partir de la liste électorale de 1875, il est désormais dit "employé de la Caisse de Crédit de Nice, domicilié place Risso, 1" (actuelle place de l'Armée du Rhin).

Il semble qu'il n'ait exercé la profession de photographe, dans un atelier qui reste inconnu, que les quelques années précédant son service militaire.

Âgé de 28 ans, Charles Félix, employé de commerce, se marie à Nice le 30 octobre 1880, avec Anna/Anne Joséphine Auzet, 23 ans, modiste (née le 1er février 1857 à Draguignan, Var). A cette date, sa mère Rosa, âgée de 65 ans et domiciliée à Nice [au 1, place Risso], est consentante par acte notarié.

Le premier enfant du couple, Rose Marie Giudicelli, naît à Nice le 14 mars 1881 au 1, place « Fossa » [Risso ?].

ALGER

Au milieu des années 1880, Charles Félix Giudicelli quitte cependant Nice pour l’Algérie avec sa femme et sa fille. Sa fiche de suivi militaire le signale en mars 1885 à Alger, Hôtel de Paris, rue Bab-el-Oued. Il accomplit d’ailleurs une période d’exercice au 1er Bataillon territorial de zouaves du 13 au 25 avril 1885. La profession exercée par Charles Félix à Alger n’est pas connue (employé, photographe ?).

Le couple a un deuxième enfant en 1886, Pierre Paul Louis Giudicelli mais dont l’acte de naissance n’a été retrouvé ni sur Alger ni sur Nice.

NICE

La date exacte de retour sur Nice de Charles Félix et de sa famille n’est pas connue mais peut dater de 1886. La liste électorale de 1887 le signale déjà au 36, rue Lamartine et cette adresse apparaît ensuite sur sa fiche de suivi militaire à la date du 25 janvier 1888.

Le couple va d’ailleurs avoir un troisième enfant à cette même adresse, Léonie Victoire Giudicelli, le 23 août 1888, Charles Félix étant "employé de commerce". 

La famille semble ensuite retourner vivre au 1, place Risso, à la même adresse que la mère (Rosa) et la sœur de Charles Félix (Victorine/Victoire Giudicelli, célibataire, directrice de l'école communale de filles de la place Risso).

Le fils de Charles Félix Giudicelli, Pierre Paul Louis, dit "né à Nice" (?), décède malheureusement à cette adresse, le 10 mars 1889, âgé de 3 ans. 

Le nom de "Giudicelli, Charles" n’apparaît cependant dans les annuaires qu’en 1890, comme "employé" puis "employé de commerce" au 1, place Risso (Maison Olivier)

Les recensements de 1881, 1886 et 1891 ne citent étrangement à cette adresse que Victoire Giudicelli, institutrice, et sa mère Rosa, rentière (et la sœur de cette dernière [?], Marie Maraffani, 74 ans, citée uniquement en 1881). Si Charles Félix habite bien à cette adresse en 1881 et 1890, il est probable qu’il ne soit pas encore rentré d’Algérie lors du recensement de 1886.

Le recensement de 1896 cite au 1, place Risso, "Giudicelli Charles, 44 ans, comptable", son épouse Anna, 38 ans, ses filles, Rose, 15 ans et Léonie, 8 ans mais, cette fois, ni sa mère ni sa sœur.

La famille Giudicelli semble quitter cette adresse, le nom de Charles disparaissant des annuaires dès 1899 et celui de sa sœur dès 1901. Le recensement de 1901 ne cite plus aucun membre de la famille Giudicelli sur la place Risso.

La famille est cependant toujours présente sur Nice. Léonie, la fille de Charles Giudicelli décède malheureusement à 14 ans et 3 mois le 26 novembre 1902, quartier Saint-Roch, villa Ciais.

La mère de Charles et Victoire, Rosa de Larossat [Delarossat], veuve Giudicelli, décède au 86, route de Levens (hôpital), le 4 janvier 1905, à l'âge de 98 ans [89 ans] et c'est sa belle-fille, Anna Giudicelli née Auzet, âgée de 48 ans qui fait la déclaration de décès.

Dès les premières années du XX° siècle, plusieurs "Giudicelli", sans précision du prénom apparaissent dans les annuaires niçois mais il faut ensuite reconnaître Charles dans le même quartier, maison Tordo, boulevard Sainte-Agathe, comme le confirme le recensement de 1906 : "Giudicelli Charles, né en 1854 [1852] à Algajola, rentier, Anna, son épouse née en 1859 [1857] à Draguignan, et Rose, sa fille née en 1883 [1881] à Nice".

Les annuaires de 1904 à 1911 citent cependant, "Giudicelli, empl. de com., boul. Ste-Agathe [actuel boulevard Delfino], villa Anaïs" puis ceux de 1912 à 1915 le signalent sous la dénomination, "Giudicelli, empl. bur., 40-42, boulevard Sainte-Agathe, Villa Anaïs", sauf en 1914 où l'intitulé est le suivant, "Giudicelli, directeur du Comptoir des ventes de Chaux et Ciments, boulevard Sainte-Agathe, 42 et avenue de la Gare, 15, tel: 28-44".

Lors du mariage à Nice de sa fille Rose Marie Giudicelli, âgée de 25 ans, sans profession, le 16 janvier 1907, avec Vincent Henry Giuliani Lucani, 35 ans, [propriétaire et] maire de Muro (Haute-Corse où il est né le 2 juin 1871), Charles Giudicelli est déjà dit "industriel, directeur du Comptoir des ventes de la Société des Chaux et Ciments des Alpes-Maritimes".

Charles Giudicelli semble prendre sa retraite vers 1916-1917 (à 64 ans) et quitter le 42, boulevard Sainte-Agathe (ce n'est pas lui qui est ensuite cité comme "Giudicelli, retraité, boulevard Risso, 18").

J'ignore la suite de sa vie comme ses date et lieu de décès (acte de décès non retrouvé sur Nice). Les corps de ses deux enfants et de sa mère reposent au cimetière niçois de Saint-Roch.

Il est possible que Charles soit retourné vivre dans sa région natale de Haute-Corse, à proximité de sa fille Rose. Cette dernière décédera à Muro, âgée de 84 ans, le 18 septembre 1965.




- François BRUN (1857-apr.1912)


Francesco Brun est né à Nice le 21 octobre 1857 et a été baptisé à l'église Saint-Roch le 1er novembre suivant. Il est le dernier né des six enfants de Claudio Brun, colon (né vers 1813 à Nice) et d'Anna Maria Brun, paysanne (née Brun également) qui se sont mariés à Nice le 29 novembre 1842.

François Brun est recensé à 20 ans, dans le Tableau de la classe militaire de 1877, en tant que "photographe, fils de cultivateur, résidant à Nice route de Turin, propriété Fossat". Ajourné pour faiblesse de constitution et défaut de taille, il est ensuite exempté du service pour faiblesse irrémédiable.

Les listes électorales de la Ville de Nice le citent ensuite dès 1879 (l'année suivant sa majorité), avec la même profession et la même adresse puis dès 1880, F(u)oncauda, propriété Conte.

Cependant, lorsque François Brun se marie à Nice, à l'âge de 27 ans, le 29 novembre 1884, avec Honorine Tordo, 19 ans (mineure aux parents décédés), sans profession (née le 19 août 1865), il est désormais "cocher".

Il n'a probablement exercé la profession de photographe qu'entre la seconde moitié ou la fin des années 1870 et le début des années 1880, dans un atelier qui reste inconnu.

François Brun est toujours cocher lors de la naissance de son fils Félix Sébastien Brun, le 17 mars 1892, à Nice, 7, avenue Saint-Maurice. Son nom apparaît ensuite à cette même adresse dans les annuaires.

Son fils Félix Sébastien Brun est boucher-vendeur à 20 ans (fiche matricule militaire de 1912) mais son incorporation est repoussée d'un an pour faiblesse. Il participe cependant à la Première Guerre Mondiale dès novembre 1914. Blessé à la main gauche le 17 avril 1917, il est décoré de la Croix de Guerre. Dès août 1919, son adresse est signalée au 87, avenue Cyrille Besset. 

Lorsque Félix Sébastien Brun, maître-cocher, se marie à Nice à l'âge de 31 ans, le 7 août 1923, avec Marie Louise Adrienne Bensa, 26 ans, commerçante (née le 28 mars 1897 à Nice), son père François Brun est dit décédé (entre 1912 et 1923 - acte de décès non retrouvé).



VOIR LA LISTE DES PHOTOGRAPHES ÉTUDIÉS




lundi 4 octobre 2021

1203-GRAND ALBUM ANONYME, "ROMA", VERS 1900


QOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS 


Image 1 - Couverture de l'album Roma.



PRÉSENTATION

Cet album anonyme au format à l'italienne mesure 35x25,4 cm et offre une couverture en parchemin beige avec, au centre de cinq bordures concentriques ornées de motifs végétaux, le titre "Roma" aux lettres dorées, inscrit en creux (Image 1 ci-dessus)

La deuxième de couverture présente une petite étiquette rectangulaire à fond rouge portant, en lettres majuscules dorées, "I. Barale Via Condotti-30-Roma". 

La couverture est en bon état et les photographies sont, en dehors de rares taches et plis, dans un excellent état, offrant netteté et contrastes. Le bord des 6 premiers feuillets a été cependant grignoté par un rongeur.


- Image 2, N. 575   Roma. Castel S. Angelo veduto dal Tevere con Barca.



L'album contient 50 tirages légendés dans le négatif de 25,4x19,6 cm, insérés dans les angles prédécoupés de feuillets doubles et souples de 33,3x24,8 cm. 

L'ouvrage présente un choix emblématique de 24 monuments de la ville éternelle avec parfois des points de vue élevés et une vue extérieure suivie d'une vue intérieure ; il s'ouvre sur 5 vues de la basilique Saint-Pierre (Image 3 ci-dessous) et se referme sur un choix de 12 peintures et sculptures conservées dans les musées.


Image 3 - N. 820,  Roma. Panorama da S. Pietro.


Les rues, places et monuments sont souvent déserts mais 18 vues montrent des piétons et des voitures à cheval, le plus souvent lointains mais donnant vie et échelle au paysage. Quatre des vues présentent cependant une scène de vie au premier plan, avec des personnes qui posent parfois.

Les légendes des photographies sont de quatre types : "N. 500 à 905. Roma. ..." (36 vues),"3300 à 4234... (sans le nom de Roma ou inséré plus loin dans le titre)" (11 vues), "I à 13 Roma..." (2 vues), "314 - Roma -..." (1 vue). 

Il est à noter que le premier type de légende évoqué, le plus représenté dans l'album, se retrouve notamment sur des photographies de Domenico Anderson (1854-1938) ; le numéro désigne le lieu et plusieurs photographies, espacées dans le temps, portent donc le même titre.



- Image 4, 314 - Roma - Foro Romano e Summa Sacra Via.



DATATION

Au premier abord, l'album semble dater du dernier tiers du XIX° siècle, avec une couverture caractéristique et un choix de vues traditionnelles. 

L'étiquette avec l'adresse du revendeur peut cependant impliquer la première décennie du siècle suivant. En effet Innocente Barale est notamment signalé comme négociant d'objets de dévotion aux numéros 30 et 95 de la prestigieuse rue Condotti (commerces de luxe, antiquités, bijoux, ateliers de photographes) dans des guides touristiques des années 1908 et 1909 mais il est probable que sa boutique soit antérieure (Guida commerciale d'Italia e delle colonie, 1908 p 274 ; Guides Baedeker, Italie centrale, Rome, 1909 p 158, Central Italy and Rome, 1909 p 165). Les ventes aux enchères passées d'albums de photographies de Rome portant le nom de ce revendeur affichent d'ailleurs une datation vers 1890 mais sans explication.

Il est probable que l'album étudié date des premières années du XX° siècle et soit une compilation de vues de plusieurs auteurs, prises sur plusieurs décennies.

Les monuments eux-mêmes subissant peu de variations, c'est parfois l'apparition ou la transformation d'une construction secondaire qui permet d'affiner la datation de la prise de vue.

La grande arche métallique du Ponte degli Alari (nommé également Ponte di Borgo ou Ponte di Ferro, près du Pont-Saint-Ange et du Mausolée d'Hadrien), érigé dès 1889, inauguré en 1891 et démantelé vers 1914-1915, est par exemple absente de la vue N. 575 Roma. Castel S. Angelo veduto dal Tevere con Barca (Image 2 ci-dessus) mais présente (Image 5 ci-dessous) dans la vue  N. 820 Roma. Panorama da S. Pietro (Building Knowledge, Constructing Histories: Proceedings of the 6th International Congress on Construction History, 2018, Brussels, vol. 2).


Image 5 - Détail de l'Image 3, N. 820,  Roma. Panorama da S. Pietro
avec notamment le tramway hippomobile puis le Ponte degli Alari.



La présence de maisons proches du Tempio di Antonina et Faustino (1 vue) implique une date antérieure à 1898 (date de leur démolition).

A l'inverse, la présence du tramway hippomobile et de ses voies (3 vues) implique au plus tôt la date de 1877 (Images 5 ci-dessus et 6 ci-dessous). 



- Image 6 - Détail de la vue, N. 609,a  Roma. Basilica di S. Pietro (Vaticano) istantanea, montrant la place Saint-Pierre et l'un des tramways hippomobiles. 



Plus souvent, c'est l'étude de l'évolution du mobilier urbain (lampadaires, bancs, enseignes, etc.) et la croissance des plantations dans des vues semblables qui permettent de préciser la chronologie du lieu, même si ces vues ne sont elles-mêmes pas datées.


- Image 7, N. 553.   Roma. Tempio di Vesta con Fontana, avec des bornes de pierres entourant la fontaine qui seront remplacées dans les années 1890. Le bord droit du tirage révèle l'altération de la plaque de verre dont l'auteur semble Pompéo Molins.



L'identité des auteurs reste également problématique. Une grande partie des vues de Rome de grand format reste anonyme. De plus, un même type de légende n'implique pas obligatoirement un même auteur et, inversement, un type de légende différent n'implique pas obligatoirement un auteur différent, les légendes ayant varié dans la vie d'un même photographe et son fonds ayant souvent été racheté par des éditeurs et agrégé à d'autres fonds. 


- Image 8, 1 Roma Acquedotto Claudio presso la tenuta del Tavolato.



J'ai pu retrouver quelques photographies identiques dans des collections publiques et privées (notamment les Images 2, 6, 7, 8, 9), avec des numéros et légendes identiques ou légèrement différentes mais ces photographies sont le plus souvent anonymes elles aussi. 

Une seule vue, identique à celle intitulée, N. 553. Roma. Tempio di Vesta con Fontana (Image 7 ci-dessus), a trouvé son pendant dans des vues stéréoscopiques signées de Pompeo Molins (1827-c.1893-1900).


- Image 9, 6 Roma Acquedotto Claudio Sezione lunga con ponticello.



- Image 10, détail de l'image précédente, 6 Roma Acquedotto Claudio Sezione lunga con ponticello.




ÉTUDE DE L'UNE DES PHOTOGRAPHIES



- Image 11, N. 590,   Roma. Piazza di Spagna, Scalinata della Trinità de' Montiavec au premier plan la Fontana della Barcaccia et au second plan, le marché aux fleurs.



La photographie ci-dessus (Image 11) a son pendant dans une autre photographie (hors album) de même format, dépourvue de légende mais prise du même point de vue, le même jour, avec très peu de temps de décalage (mêmes personnages). 

Ces deux photographies sont malheureusement anonymes et non datées. Cependant, certains éléments semblent impliquer une date tardive, comme la dimension des arbres situés en haut de l'escalier dont l'on peut suivre la croissance sur des prises de vue étalées sur plusieurs décennies.

Les inscriptions (enseignes, publicités) viennent préciser la datation de ces images. En effet, sur la gauche, à l'angle du bâtiment, l'extrémité d'une enseigne positionnée sur un petit fronton triangulaire donnant sur la place d'Espagne affiche, "(R)ooms", et une autre enseigne donnant sur l'escalier, "The English - Tea Rooms".

 Il s'agit d'un Salon de Thé et de Lecture nommé "Babington's Tea Rooms" créé par deux anglaises Via dei Due Macelli, 66 en 1893, Via della Conciliazione en juin 1894 et enfin Piazza di Spagna, 23-25 en 1896, à l'ancien emplacement de la Galleria L. Pisani (et qui existe toujours à cet emplacement). 

La pancarte rectangulaire donnant sur l'escalier est cependant remplacée par une pancarte oblongue posée sur l'arête du mur, au plus tard en 1901 (carte postale ayant circulé en février 1902), ce qui situe la photographie étudiée entre 1896 et 1901.

La datation de cette photographie vient confirmer la constitution de l'album dans la première décennie du XX° siècle.