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samedi 31 décembre 2016

634-CHRISTOPHE CIRENDINI PHOTOGRAPHY




- CIRENDINI Christophe (né en 1964), Cannes, Alpes Maritimes, France, 2014.

"Cette étendue rouge, moins un tapis de circonstance qu'une mer que les maigres marées cannoises lavent tant bien que mal des pas qui la foulent durant le festival. L'obsédant souvenir du sang projeté hors de l'ascenseur de Shining et cette symétrie terrifiante des jumelles empruntées à Diane Arbus m'ont traversé l'esprit. Mais ceci est du cinéma".



"Ces rares figures prenant place dans la portion d’espace que je cadre me sont précieuses. Pourtant, je ne les approcherai pas, il m’est inutile de savoir qui elles sont, ce qu’elles font, de quoi sont faits leurs rêves. 
Peu m'importe. elles sont exposées, vulnérables et donnent au lieu le son qui, en creux, vient résonner comme le lointain souvenir d'une vie possible, ailleurs, au milieu du monde.

Là, telles que je les perçois, elles sont en dehors du monde, en marge, comme en attente. C'est une des images possibles de leur disparition. Aucun portrait de ces figures lointaines ne m’est envisageable. 
En principe elles ne me voient pas, ignorent tout de l'image qui me concerne. Pour autant elles ne m'indiffèrent aucunement. Ces figures humaines sont même indispensables et viennent me rappeler que tôt ou tard nos visages, nos silhouettes ne diront plus rien à personne. Elles font de ces paysages trop grands pour elles, un écrin de vanités."

                            Textes et clichés : Christophe Cirendini (né en 1964)


                            Clichés : Hasselblad H4D60 - Optiques de 35, 80 et 120mm.




- CIRENDINI Christophe (né en 1964), Colonnata, Carrare, Toscane, Italie, 2014.

"Colonnata est située en retrait dans les montagnes de marbre de Carrare. Michel Ange y puisa inlassablement son marbre. L'extraction se poursuit depuis le temps des romains et devrait pouvoir durer mille ans et plus. Dans la poussière et le vacarme les convois se croisent sous d'étroits tunnels qui suintent le danger et débouchent sur des pans de muraille taillée à vif dont ils chargent et déchargent des blocs de beauté pure. Dérisoire comme des lilliputiens, une équipe de vidéastes locaux était là pour un repérage"


 - CIRENDINI Christophe (né en 1964), Dallas, Texas, USA, 2014.

"Ce corps fragile qui ne doute de rien, offert au cœur de Dallas comme une image échappée d'un écran, au centre d'une jungle froide, de métal et de verre fumé. Je vois cela, du balcon de ma chambre d'hôtel. Je songe à JFK. Cette perspective que rien n'entrave... Les USA sont comme cela : il existe peu d'obstacle entre le tireur et sa cible".


  - CIRENDINI Christophe (né en 1964), Fontaines-sur-Saône, Rhône, France, 2015.

"Je sais qu'enfant je longeais cette berge de la Saône, moins plaisante alors, le nez collé à la vitre du bus de l'école. C'était un autre temps et rien de cette photographie ne me le rappelle vraiment. Mais est-ce souhaitable ? Je préfère les mots d'un ami. Étrange espace que celui de cette photo : infime déséquilibre et glissement stable ; le plan de l'image dans l'espace du paysage. Ou l'inverse ...".


  - CIRENDINI Christophe (né en 1964), Ijmuiden, Velsen, Netherlands, 2012.

"De ces croisières et leurs passagers avides d'exotisme, je ne comprends rien. D'un coup, sans aucun bruit, comme un iceberg, la masse presque aveugle d'une ville flottante. Je lève la tête et ne parviens pas à cerner l'ensemble de l'édifice. L'œil de la baleine blanche me fixe, certains clignent de l'œil, jouent la fraternité des au-revoir et disparaissent dans les traînées d'huile comme des fantômes saisis dans la glace". 


  - CIRENDINI Christophe (né en 1964), Ivry-sur-Seine, Val de Marne, France, 2013.

"Ivry-sur-Seine, son stade qu'arpentent des gosses ivres d'un rêve de victoire. L'écho des ballons qui parviennent, même loin, depuis le rebord de la fenêtre : je vois l'étendue d'un paysage qui est leur berceau. Nulle équipe et spectateurs. Seuls ils réclament la gloire". 


  - CIRENDINI Christophe (né en 1964), Marken, IJsselmeer, Waterland, Netherlands, 2014.

"Trois grâces, comme un Rubens assis, des vieilles qui tiennent les secrets de famille, la finance et la culture des fleurs. 
Elles sont les gardiennes de Jacob Ruysdael et de Peter de Hooch. La géométrie du jardinage et la conquête des Indes, tout est dans leur besace". 


  - CIRENDINI Christophe (né en 1964), Rotterdam, Netherlands, 2014.

"Le plaisir gagné sur l'entreprise et ses bénéfices. Ces bouffées d'instants
volés et les cendres d'une vie médiocre coincée dans la brutalité du banal, entre une rampe de parking commercial et des parfums de vernis qu'un soleil rare vient sécher comme il peut. Rotterdam comme tous les ports du monde, scarifie, sacrifie".


 - CIRENDINI Christophe (né en 1964), Rotterdam, Netherlands, 2014.

"Avant que les galeries claironnent leur ouverture, quand les écrans tournent à vide et que des âmes seules errent au matin avant que le jour ne les grignote en pleine lumière. Je suis les virées serpentines d'un nettoyage baroque qui fait vivre de ses courbes l'espérance d'une vie qui tarde à émerger de sa nuit froide. Je n'ai que cela à faire : voir ce qu'il se passe même quand il ne se passe rien". 


  - CIRENDINI Christophe (né en 1964), Rotterdam, Netherlands, 2014.

"Comme un sniper, j'anticipe l'avancée de ce type de la sécurité qui a repéré sur ses écrans des gosses  sur le toit du grand magasin. Comme un Mondrian, l'espace est régi par le nombre, la croisée des chemins, l'angle et la mesure et de rares couleurs. Je rêve d'Italie, de la douceur enivrante des Tiepolo".


  - CIRENDINI Christophe (né en 1964), San Remo, Ligurie, Italie, 2013.

"Dans les mâchoires de cette Cinecitta du pauvre, cette fille est bien au centre du monde, face à la mer. Les paradis de pacotille de la côte ligure m'émeuvent, ils rendent beau le dérisoire, l'infime et l'inutile.  Des pontons et leur galerie de cabines, saturées dès les premières chaleurs, seul l'hiver m'y pousse. Solitude magnifique d'Antonioni. Qui est-elle ? Michelangelo lui,  aurait su inventer sa destinée contrariée. Je ne suis qu'un passant. Je le salue en passant, toujours, depuis longtemps".


  - CIRENDINI Christophe (né en 1964), Villefranche-sur-Mer, Alpes Maritimes, France, 2012.

"La mer et presque rien d'autre. Comme l'air efface la buée sur une vitre elle annule les lois de la perspective, notre désir de repère, la mesure, le souvenir du sol, notre nom. Même le hors cadre n'a plus de sens tant le plan est sans limite. Cette tête blanche devrait m'offrir une échelle mais ne parvient qu'à me ramener à ma position, comme un prisonnier de ce sol auquel j'appartiens".
















mardi 27 décembre 2016

633-JEAN WALBURG DE BRAY (1839-1901), PHOTOGRAPHE À NICE

 - W. de Bray, Nice, vu du Vieux Château, 1876,
vue panoramique, tirage albuminé de l'album, Souvenir de voyage, Février 1876,
Paris, BnF, vue 35 (voir l'ouvrage sur Gallica).


DERNIÈRE MISE À JOUR DE CET ARTICLE : 18/08/2018




JEAN WALBURG DE BRAY

Depuis que je travaille sur Eugène Degand, je croise sans cesse les traces de l'un de ses contemporains, Jean Auguste Théodore Walburg de Bray....

Jean Walburg de Bray est né le 19 janvier 1839 à Orléans, de Nenette Debray (née Schuler), dite Betzy (1809-après 1876) et de Jean Daniel de Bray (1811-après 1879), pasteur. Il a deux frères connus, Jean Paul Gottfried de Bray (1840-?) et Louis de Bray (1847-? - cité à Nice comme photographe dans le recensement de 1876). Lors de son mariage à Cannes le 25 avril 1871 avec Joséphine Imbert (1846-?), son père est absent car il vit à Kouba près d'Alger, alors que sa mère est présente (citée à Nice dans le recensement de 1866 puis de 1876).

De son union avec Joséphine naîtront au moins trois enfants, Jean Jacques Daniel Paul Walburg de Bray (juin 1872-juillet 1872), Jeanne Marie de Bray (en 1874) et Jean Louis Daniel de Bray (en 1875). 



- Annuaire des Alpes-Maritimes, 1862, pages jaunes,
Archives Départementales des Alpes-Maritimes.



En vérifiant les publicités niçoises des années 1860, je n'ai retrouvé qu'une seule mention d'un "M. De Bray" tenant une boutique "d'Objets d'Art en bois sculptés, 6, rue du Pont-Neuf", en 1862 (annuaire des Alpes-Maritimes ; il a 23 ans). Il a déposé, dès 1861, une demande d'enseigne pour cette même adresse.

"Jean Debray" est ensuite cité comme "photographe", résidant avec sa mère au n° 10, ruelle Saint-Etienne lors du recensement de la Ville de Nice de 1866 puis dans la Liste des étrangers fixés à Nice publiée par Les Echos de Nice le 15 septembre de la saison 1867-1868 : "Debray et famille, photographe, petite rue Saint-Etienne, villa Sainte-Sophie, français".

En 1869, il est répertorié dans la liste alphabétique des habitants (annuaires niçois), comme "De Bray, photographe, petite rue Saint-Etienne" puis devient systématiquement signalé dans les listes alphabétique et professionnelle aux noms de Debray, De Bray, Walbourg de Bray, Walburg de Bray (annuaires manquants de 1880 à 1883), avec son atelier, "petite rue (ou "chemin" ou "ruelle") Saint-Etienne, au n° 12", et, dès 1873, son magasin au n° 55 puis 17 (1877) et enfin 19 (1879), "quai Saint-Jean-Baptiste".

Il est nommé dans le recensement de 1872, résidant avec sa femme au 1, ruelle Saint-Etienne puis dans celui de 1876, résidant avec sa femme et leurs deux enfants, Marie et Jean, au 9, ruelle Saint-Etienne.

Il travaille avec le jeune Jean Gilletta (1856-1933) qui lui sert d'assistant et partage l'adresse de son atelier (document de 1872) avec Paulin Gilly (vers 1842-après 1890).



 - W. de Bray, tirages albuminés présents en fin de l'ouvrage de Frédéric Hamilton, La Botanique de la Bible, 1871, 
n°1, Triticum sativum (ou froment commun),
n° 11, Punica granatum (le grenadier), cueilli à Nice (Alpes-Maritimes),
 n° 14 Olea europea (l'olivier), à Beaulieu (Alpes-Maritimes),
(voir et télécharger l'ouvrage sur Archive.org).



Jean Walburg de Bray devient le photographe officiel du Prince Charles III de Monaco et édite, dès la fin des années 1860, plusieurs recueils de photographies consacrés à Monaco et Monte-Carlo, comme le signale Christian Burle dans son ouvrage intitulé, La Photographie à Monaco des origines à 1880 (2010) :

- Souvenir de Monaco et Monte-Carlo, vers 1868, 
- Panoramas de Monaco, vers 1868,
- Principauté de Monaco, vers 1868.

Dans les années 1870, il édite également : 

- Bray (de), Trois jours à Grasse et aux environs par un photographe paysagiste, Moulins, Imprimeur Fudez frères, 1870,

- Frédéric Hamilton, La Botanique de la Bible, étude scientifique, historique, littéraire et exégétique des plantes mentionnées dans la Sainte Ecriture, Nice, Imprimerie Eugène Fleurdelys, 1871, édition illustrée de 25 épreuves albuminées de W. de Bray, photographe à Nice (voir et télécharger l'ouvrage sur Archive.org),



- Les Théâtres de Nice, publicité pour Debray, parue tout au long de l'année 1875 en page 4, Paris, BnF (en ligne sur Gallica).


- Souvenir de Voyage (Cannes, Monaco, Nice, Menton), Février 1876, album de 31 photographies panoramiques sur papier albuminé d'après des négatifs sur verre au collodion (voir l'ouvrage sur Gallica), identifié grâce au tampon "W. de Bray à Nice" et W. de Bray Photo : Cannes".

- Souvenir des Alpes-Maritimes, Nice, Monaco, Menton, Cannes, vers 1875-1877 (voir l'ouvrage sur Gallica), album de 24 tirages albuminés, W. de Bray photographe présumé, les mêmes photographies existant en cartes postales identifiées. 



- W. de Bray, Nice - La Promenade des Anglais, vers 1875-1880,
tirage albuminé du recueil, Souvenir des Alpes-Maritimes, vers 1875-1880,
Paris, BnF, vue 10 (voir l'ouvrage sur Gallica).



Jean Walburg de Bray participe aux Expositions Universelles de 1876 (Philadelphia, "Photographies de Nice et ses environs") et 1878 (Paris, "Photographies"). 

A l'Exposition parisienne de 1878, on note également la présence du "Baron Jean de Bray" qui présente une plante textile, "la ramie", sur laquelle il publie un ouvrage scientifique l'année suivante : La Ramie, plante textile supérieure au chanvre, au lin et au coton : sa culture, son rendement, ses avantages : ouvrage à l'usage des colons et des écoles primaires rurales de l'AlgérieParis, Librairie A. Drouin, 1879 (voir Annales des Mines, T XVI, 1879, p IX). Ce "baron Jean de Bray" est son père pasteur dont il partage le prénom, d'où souvent l'ajout de "Walburg" pour s'en distinguer. L'intérêt du photographe pour la botanique se comprend mieux à la lumière de la passion de son père.

Il est probable que d'autres albums (non identifiés et dont les photos sont en vente sur Internet) de photos panoramiques de la même décennie soient également de Jean Walburg de Bray, comme Nice et ses environs, et, Cannes et ses environs. Jean Giletta, son assistant puis son successeur, a d'ailleurs réutilisé un grand nombre  de ses photos dans des albums édités dans les années 1880 et 1890. 

Mes recherches m'amènent à penser que les photos de Jean Walburg de Bray ont été également vendues par trois autres éditeurs : 
- Raphaël Lucheze (1872) puis Luchesi (1873) et enfin Lucchesi (dès 1874), photographe-éditeur qui possède une boutique d'objets d'Art à Nice quai Saint-Jean-Baptiste (1872) au n° 17 (1873) puis au n°12 (1874, "Vues de Nice") puis au n° 3 (1875) et 6 avenue de la Gare (1877-1894, "Beaux-Arts", "Estampes, photos et tableaux") et une autre en plus au n° 52 de la même avenue (dès 1890) ; il édite de nombreuses photographies de Jean Walburg de Bray aux formats carte de visite, cabinet et panoramique, ainsi qu'une série de vues stéréoscopiques intitulée, "Vues de Nice et de ses environs",
- Joseph Viale, libraire-éditeur qui tient une librairie à Nice au n° 19 (1883-1887) puis 25 (1889-1892), avenue de la Gare,
- et enfin, Albert Courret, photographe-éditeur qui possède un local à Nice au n° 9 rue de la Paix (1884-1886) et également au n° 9, rue Spitalieri (1887).



- W. de Bray, Square et Statue Masséna et Grand Hôtel, tirage vers 1877,
cliché datant probablement vers 1869-1870,
vue panoramique, recto et verso (Collection personnelle),
éditeur Raphaël Lucchesi, Photographie Universelle, 17, quai Saint-Jean-Baptiste, Nice, 
L'adresse précisée ne semble pas celle de Lucchesi (absente des annuaires niçois) mais celle de Jean W. de Bray en 1877.


Du fait de la disparition du nom de Jean Walburg de Bray des annuaires niçois après 1879 (annuaires de 1880-1882 absents), je pense, dans un premier temps, que Jean de Bray a déménagé en 1880 ou qu'il est mort vers cette date. Le fait que Jean Giletta rachète son fonds niçois et s'installe à son compte avec Paulin Gilly en 1881, me renforcent dans cette hypothèse (ils éditent un album dès 1882, avec des photos de Jean Walburg de Bray).

Plusieurs éléments créent cependant le doute : 
- le Fonds Giletta semble ne conserver que 58 plaques de verre de Jean Walburg de Bray, ce qui interroge sur le rachat de son fonds probablement constitué de plusieurs centaines voire milliers de clichés,

- le nom de Jean Walburg de Bray se note au 19, quai Saint-Jean-Baptiste dans le "Guide de Nice en poche" (6ème édition) de 1883, ce qui prouve qu'il est encore sur Nice à cette date,

- la bibliothèque municipale du Chevalier de Cessole conserve plus de 500 tirages albuminés de Jean Walburg de Bray (clichés de la fin des années 1860 ? mais tirages des années 1880 ?) ayant pour sujet les villas de Cannes et de ses environs (avec souvent leurs propriétaires), ce qui peut laisser penser qu'il a eu un magasin dans cette ville (dès les années 1860 ou 1870 ?) et a longuement rayonné dans les propriétés alentour.

Je reprends donc la recherche dans les annuaires numérisés des Alpes-Maritimes pour voir s'il n'a pas déménagé à Cannes vers 1884...

Il y est bien présent dès 1884 avec pour activité, "Marchand de Tableaux" et pour adresse cannoise, 46 rue Centrale (1884-1887). Il affiche cependant à nouveau la profession de "Photographe" de 1888 à 1892, d'abord au 3, rue Hoche (1888) puis à la seule adresse de la rue Centrale, au n° 47 (1889) qui devient ensuite le n° 57 (dès 1890). 

Les deux adresses jouxtent la rue d'Antibes, la rue Hoche lui étant parallèle et la rue Centrale étant dans sa continuité vers l'ouest. Le tampon à l'encre violette qu'il utilise alors au verso de ses photographies est d'ailleurs "Photographie De Bray - Rue d'Antibes - Cannes". Il édite un nouvel album de vues de Cannes, avec un titre et des légendes en anglais dont l'une donne la date, "Cannes, February 1889". 

Son adresse n'affiche plus cependant que "Papeterie-Photographie " en 1893, (il a 54 ans) et un magasin de meubles au n° 8 rue du Bivouac. Il semble se consacrer ensuite à ce seul commerce familial de meubles (au 52, rue Centrale et au 7, rue Grande) qui se continue au début du XX° siècle. Le photographe est cité dans la «Liste générale des principaux photographes » publiée par la Société de Photographie de Toulouse de 1877 à 1885 à Nice, et de 1888 à 1896 à Cannes.

A la première recherche (octobre 2016) de son acte de décès sur Nice dans les années 1880 et 1890, s'est donc substituée la recherche sur Cannes de l'année 1890 à 1931 mais sans plus de résultat, les registres d'Etat civil n'étant d'ailleurs pas tous consultables en ligne (comme les années 1916, 1917, 1923, 1928 et 1929) ou ne possédant pas de liste alphabétique récapitulative (après 1931). J'ai pu relever une seule mention de la Famille De Bray (nom rare), dans le décès d'une enfant en 1920 dont le père est Rémy Pierre De Bray (petit-fils de Jean de Bray ?). 

En définitive, j'imagine que Jean Walburg de Bray est mort âgé, à Cannes. La tombe des De Bray, qui était située au Cimetière du Grand Jas de cette ville, a malheureusement disparu. 

Je pensais entreprendre des démarches complémentaires auprès de la Mairie de Cannes, afin d'essayer de connaître la date de décès du photographe mais Didier Gayraud, dans son excellent ouvrage qui vient de paraître en décembre 2016, La Photographie à Nice, Monaco et dans les Alpes-Maritimes au XIX° siècle (Académia Nissarda, 2016) a relevé de très nombreux éléments de la carrière du photographe et a notamment retrouvé son certificat de décès : Jean Walburg de Bray est décédé à Nice, 12, rue Rossini, le 28 janvier 1901.






Enfin, je crois (?) avoir identifié le photographe dans plusieurs portraits (autoportraits ?) d'un personnage posant en avant de ses prises de vue de paysages. Je pense qu'il était de petite taille, le visage rond et imberbe (vers 1870).



- W. de Bray, Autoportraits (?) devant un paysage (détails) de Monaco, en 1869 et devant l'Olivier centenaire de Beaulieu, vers 1875.


Il me semble que le recueil anonyme de la Bibliothèque Romain-Gary de Nice (cote : PHO354), constitué de 24 photographies de 9x15 cm des Alpes-Maritimes, soit attribuable à Jean Walburg de Bray : voir les photographies en ligne sur le site de la BMVR.












mercredi 21 décembre 2016

631-LES DORMEURS DANS L'ART-2-(1915-2015)




- MAGRITTE René (1898-1967), Le Dormeur téméraire, 1927-1928,
huile sur toile, 116x81 cm, Londres, Tate Gallery.


- COCTEAU Jean (1889-1963), 25 Dessins d'un Dormeur (Jean Desbordes), 1929,
ouvrage édité à Genève, Imprimerie Albert Kundig.


VOIR LA PREMIÈRE PARTIE DE CET ARTICLE : LES DORMEURS DANS L'ART (1450-1914)



Aux XX° et XXI° siècles, les artistes ont continué d'explorer cet entre-deux entre la vie et la mort qu'est le sommeil, et d'en exploiter les sens tout en étant délivrés des thèmes mythologiques et religieux. Le corps endormi, étendu et souvent nu, est toujours offert au regard et au désir extérieur alors que le dormeur se perd dans le monde intérieur de ses rêves et de ses désirs. Le dessin sur papier, la peinture sur toile et la sculpture en ronde-bosse cèdent souvent le pas à la photo, à la vidéo, à la performance et au Street Art.


- BOIFFARD Jacques-André (1902 - 1961), Renée Jacobi, 1930,
épreuve gélatino-argentique, 23,8 x 18,8 cm, Paris, MNAM,
corps nu de la première femme de l'artiste surréaliste, debout contre le lit redressé sur le mur, photographié en plongée.


- MATISSE Henri (1869-1954), Le Rêve, 1935,
huile sur toile, 81x65 cm, Paris, MNAM.

- MATISSE Henri (1869-1954), Le Rêve ou La Dormeuse, 1940,
huile sur toile, 81x65 cm, Collection privée.


- PICASSO Pablo (1881-1973), Le Rêve, 1932,
huile sur toile, 130x97 cm, Collection privée, New York.

- PICASSO Pablo (1881-1973), Le Dormeur, 1942,
lithographie, 69x59,5 cm, Malaga, Musée Provincial.


- WARHOL Andy (1928-1987), Sleep, 1963,
film 16 mm, noir et blanc et muet de 5 h 21 ;
l'artiste a filmé son amant le poète John Giono endormi et nu dans un anti-film sans histoire,
 sans action et sans son ; les seules variations consistent en une demi-douzaine de plans différents (dupliqués au montage) 
qui cadrent différentes parties du corps du dormeur pendant sa nuit de sommeil.

- WARHOL Andy (1928-1987), Sleep, 1963,
film 16 mm, noir et blanc et muet de 5 h 21.




- CALLE Sophie (née en 1953), Les dormeurs, 1979-1980, 
3 séries de photographies avec texte, 12 x 18 cm.
 « Je voulais que mon lit soit occupé vingt-quatre heures sur vingt-quatre, comme ces usines où on ne met jamais la clé sous la porte. J’ai donc demandé aux gens (28 personnes) de se succéder toutes les huit heures pendant huit jours. Je prenais une photographie toutes les heures. Je regardais dormir mes invités. […]. Une des personnes que j’avais invitées à dormir dans mon lit et que j’avais rencontrée dans la rue, était la femme d’un critique d’art. Quand elle est rentrée chez elle, elle a raconté à son mari qu’elle était venue dormir huit heures dans mon lit et il a voulu voir de quoi il s’agissait. Et c’est comme ça que je suis devenue artiste. »

- CALLE Sophie (née en 1953), Les dormeursPatrick X, 1980,
8 photographies noir et blanc et un texte encadrés, 16x21 cm.

VOIR LA VIDÉO (1 MN 52, 2001) DE PRÉSENTATION DU LIVRE PARU AUX ACTES SUD, EN 2001
SOPHIE CALLE, LES DORMEURS, 1979-1980.





- BACON Francis (1909-1992), Sleeping Figure, 1959,
huile sur toile, 119x152 cm, Londres, Royal Academy of Arts.

- BACON Francis (1909-1992), Sleeping Figure, 1974,
huile sur toile, 198x147,5 cm, Collecion privée.


- WYETH Andrew (1917-2009), Night Sleeper, 1979,
tempera sur panneau, 76,2x50,8 cm, Collection privée.

- WYETH Andrew (1917-2009), Dream Day, 1980,
tempera sur panneau, 51x68,5 cm, Collection privée.


- FREUD Lucian (1922-2011), Naked Man with his Friend, 1979-1980,
huile sur toile, 160x121 cm, Oslo, Museum of Modern Art.

 - FREUD Lucian (1922-2011), Double Portrait, 1985-1986,
huile sur toile, 78,7x88,9 cm, Collection privée.


- PALADINO Mimmo (né en 1948) & ENO Brian (né en 1948), I Dormienti, 1999,
Londres, at the Undercroft of the Roundhouse in Chalk Farm,
installation in situ, constituée de 50 sculptures en terre cuite et de dessins de l'artiste de la Transavantgarde italienne, Mimmo Paladino, et de la diffusion de la musique électronique du musicien anglais Brian Eno, constituée de plusieurs couches sonores se mélangeant.
Les couloirs de la crypte voûtée, organisés en rayons autour d'une salle centrale circulaire, offrent 30 figures humaines en position repliée (position foetale et posture des moulages de corps de Pompéi) dont un personnage central couché sur un tas de sel et 20 crocodiles.
80 sculptures ont été produites, souvent fragmentées ou ré-assemblées. Ces œuvres ont été régulièrement exposées en d'autres lieux, sur le sol, dans l'eau (rappelant le liquide amniotique et le rêve) ou même sur un mur vertical, et parfois en collaboration avec un autre musicien.

 - PALADINO Mimmo (né en 1948) & ENO Brian (né en 1948), I Dormienti, 2000,
installation pérenne des sculptures à Poggibonsi (Italie, près de Sienne), dans la fontaine médiévale de la Fonte delle Fate, 

- PALADINO Mimmo (né en 1948) & ENO Brian (né en 1948), I Dormienti, 2012,
Sorrente (Italie, près de Naples), bassin de la Villa Fiorentino.

- PALADINO Mimmo (né en 1948) & ENO Brian (né en 1948), I Dormienti, 2013,
.Cosenza (Italie du Sud), Palazzo Salfi.

- PALADINO Mimmo (né en 1948) & ENO Brian (né en 1948), I Dormienti, 2016,
Grands Rapids (Michigan), Frederick Meijer Gardens and Sculpture Park.


- VIOLA Bill (né en 1951), The Sleepers, ensemble et détail, 1992
installation vidéo constituée de 7 barils de métal (avec à l'origine 7 vidéodisques et 7 lecteurs de vidéodisques), 7 vidéogrammes, 7 moniteurs de surveillance noir et blanc sous l'eau, 7 lecteurs de DVD, 524 x 584 cm (dimensions variables selon l’espace de présentation), Montréal, Musée d'Art Contemporain.
"Cette installation vidéographique consiste en sept barils remplis d'eau. Chacun des barils contient un moniteur. Ces moniteurs placés au fond des barils sont fixés dans un caisson étanche en métal scellé par une plaque de verre trempé. Chaque moniteur joue en boucle une vidéo de 30 minutes qui présente le visage d'un dormeur filmé en temps réel. Un dormeur différent apparaît dans chaque baril, sous l’eau. Seule la lumière des moniteurs noir et blanc éclaire la salle d’exposition. Le câblage dissimulé sous un faux-plancher relie chacun des moniteurs aux lecteurs vidéo situés dans une régie".

- VIOLA Bill (né en 1951), The Sleepers, détail de l'un des Dormeurs, 1992,
installation vidéo constituée de 7 barils de métal, 7 vidéogrammes, 7 moniteurs de surveillance noir et blanc sous l'eau, 7 lecteurs de DVD, 524 x 584 cm (dimensions variables selon l’espace de présentation), Montréal, Musée d'Art Contemporain.

VOIR UN EXTRAIT DE LA VIDÉO (2 MN 55, 2012) D'ANNA SPATA,
MONTRANT UN DÉTAIL DE L'INSTALLATION DE
BILL VIOLA, THE SLEEPERS, 1992.



- VIOLA Bill (né en 1951), The Dreamers, ensemble, 2013,
installation vidéo sonore, 7 canaux vidéo haute définition en couleur sur 7 écrans plasma verticaux de 155,5x92,5x12,7 cm, quatre canaux audio stéréo, en continu,
vidéo en boucle (7 canaux vidéo haute définition en couleur sur écran plasma de 155,5x92,5x12,7 cm, 4 canaux audio en stéréo).
Sept écrans verticaux d’une même salle, présentent sept personnes d’âge, de sexe et d’ethnie différents, immergées sous l’eau d’un ruisseau et animées par l’onde, yeux fermés et air serein. Un son d’écoulement d’eau emplit tout l’espace.

- VIOLA Bill (né en 1951), The Dreamers, ensemble, 2013,
installation vidéo sonore, 7 canaux vidéo haute définition en couleur sur 7 écrans plasma verticaux de 155,5x92,5x12,7 cm, quatre canaux audio stéréo, en continu,
vidéo en boucle (7 canaux vidéo haute définition en couleur sur écran plasma de 155,5x92,5x12,7 cm, 4 canaux audio en stéréo).

VOIR UN EXTRAIT DE LA VIDÉO (1 MN 20, 2013) DE ILESMARKART,
MONTRANT LE DÉTAIL DE L'INSTALLATION DE
BILL VIOLA, THE DREAMERS, 2013,
LONDRES,  BLAIN SOUTHERN.



- SWINTON Tilda (née en 1960), The Maybe, 1995/2013,
l'actrice écossaise oscarisée a scénographié cette performance avec l'actrice Cornelia Parker en 1995 à la Serpentine Gallery de Londres (après le décès de son meilleur ami) et l'a accomplie elle-même en 2013 au MoMA de New York (après le décès de sa mère).
L'actrice, étendue sur un lit dans une cage de verre au sein du musée, dort ou feint le sommeil pendant environ 7 heures par jour. La performance peut être lue comme un mémento mori, un monument performatif à la fragilité, à notre mortalité et au deuil collectif. Elle peut être lue également comme une monstration éphémère du corps vivant au sein du musée qui fige les œuvres dans le temps.


 - BELTRAME Louidgi (né en 1971), Les Dormeurs, vidéo, 13 mn, captures d'écran, 2006,
Paris, Galerie Philippe Jousse.
"Les Dormeurs est un film court tourné lors d'un voyage au Japon. Le film a commencé lors d'une exposition à Hiroshima Art Document, dans un bâtiment qui s'appelle la Former Bank of Japan. Bien que situé à 180 mètres de l'hypocentre de la bombe atomique, c'est l'une des rares constructions à avoir résisté à l'explosion (...) qui a été transformée en hôpital d'urgence et en mouroir après la catastrophe. Aujourd'hui, ce monument (...) abrite, tous les étés, une exposition d'art contemporain. Je participais à une exposition de groupe. J'avais alors demandé à douze assistants de l'exposition de dormir dans un des coffres situés dans les souterrains de cette ancienne banque, pour les filmer. Après ce voyage, j'ai réalisé un montage qui combine les images des dormeurs dans le coffre de la banque et celles d'une autre construction liée à la guerre du Pacifique (...), un hôpital militaire américain construit par les occupants sur Yaku-shima, îlot forestier subtropical situé à l'extrême sud du Japon (...). Je créais un troisième espace, qui connectait les deux lieux. Le film est ponctué d'inserts de la forêt de Yaku-shima, magique, peuplée d'esprits Kodamas et de cèdres millénaires. Le film Les Dormeurs est parcouru par les voix off des dormeurs lisant chacun leur tour des fragments d'un même texte, évoquant ainsi la possibilité d'une conscience collective". Louidgi Beltrame, à la Fondation d'entreprise Ricard, 2010.

 - BELTRAME Louidgi (né en 1971), Les Dormeurs, vidéo, 13 mn, captures d'écran, 2006,
Paris, Galerie Philippe Jousse.


- PERNOT Mathieu (né en 1970), série Les Migrants, 2009,
photographie couleur, tirage lambda contrecollé sur aluminium, 95x135 cm, Paris, Galerie Eric Dupont,
jeunes migrants afghans dormant sur les trottoirs de Paris.


- REMNEV Andrej (né en 1962), Siesta, 2008,
huile sur toile, 100x85 cm, Collection privée.

- REMNEV Andrej (né en 1962), High Water - Code, 2014,
diptyque, huile sur toile, 80x45 cm, Collection privée.


- LEVALET (né en 1988), Les Dormeurs, 2013,
portraits grandeur nature à l'encre de Chine sur papier kraft blanc (travail d'après photographie),
en lien au lieu et au mobilier urbain, Paris, 11° arrondissement, janvier 2013.


VOIR LA SÉRIE DE COCO FRONSAC : "LES DORMEURS", 2014



- ELLA & PITR (couple de street-artistes, respectivement nés en 1984 et 1981), Sleeping Giants, 2015,
ci-dessus à Lyon (sur un parking de la zone industrielle) ,
ci-dessous à Klepp (Norvège), sur les toits de hangars (21.000 m2).