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dimanche 28 août 2022

1257-MASSE Jacques (1857-1909), MAYEN Octave (1861-1934), PHOTOGRAPHES

 

SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS



- Anonyme, Cannes, vue depuis le Mont-Chevalier, vers 1869-1874, 
tirage albuminé de 5,7x9,7 cm, Collection personnelle.



Suite de la Liste des Photographes cannois du XIX° siècle.


- Jacques MASSE (1857-1909)


Jacques Masse est né à Cannes le 19 août 1857. Il est l’un des 5 enfants d’Antonio Massa/Masse, marchand de charbon (né à Tende c.1822) et de Maddalena Saramito/Saramite/Salamite, journalière (Sospel 1829-Cannes 1899) qui se sont mariés à Sospel (Alpes-Maritimes), le 14 octobre 1849.

Le père, Antoine Masse, "âgé de 50 ans, journalier" décède malheureusement à Cannes le 19 décembre 1873 (son fils Jacques a alors 16 ans).

Le recensement de la Ville de Cannes de 1876 cite la famille Masse au 17, rue Saint-Nicolas, maison Méro, avec "Saramito veuve Masse, chef de ménage, journalière, 42 ans, née à Sospel, Masse Jacques, célibataire, son fils, photographe, 20 ans, idem [non, né à Cannes], Masse Xavier, célibataire, 17 ans, idem [non, né à Cannes le 25 décembre 1859], Masse Jean, célibataire, 12 ans, né à Cannes [le 31 octobre 1864]". Joséphine Masse née à Cannes le 18 mars 1862 est décédée le 13 janvier 1865, Rosine Masse née à Cannes le 20 février 1851, s’est mariée à 23 ans, couturière, le 9 novembre 1874 à Cannes (avec Jean Baptiste Barrel, 28 ans, tailleur d’habits).

A 22 ans, Jacques Masse apparaît dès 1879 (l’année suivant sa majorité) sur les listes électorales cannoises, comme "ouvrier photographe", rue d’Antibes. 

Il se marie à Cannes le 8 novembre 1879 avec Marie Julie Bertola, 18 ans, repasseuse (née le 27 septembre 1861 au Bar-sur-Loup, Alpes-Maritimes). Le couple emménage, rue Notre-Dame, 7. 

Les naissances de leurs enfants révèlent les adresses successives du couple, Catherine Jeanne Masse le 18 septembre 1880, rue d’Antibes, Joséphine Françoise Masse le 10 juillet 1882 au 52, rue Grande, André Marceau Masse le 14 juillet 1884 au 4, rue de Vallauris et Auguste Jean Masse le 30 mars 1886 au 8, rue de Grasse.

Dès 1885, suite à un procès, Jacques Masse, 27 ans, photographe, est privé de ses droits civiques et disparaît des listes électorales

Le recensement de la Ville de Cannes de 1886 cite, "Masse Jacques, 28, français, photographe, chef (de ménage)", son épouse Marie, 25 ans, repasseuse et leurs quatre premiers enfants, Catherine 6 ans, Françoise 4 ans, André 2 an et Auguste 2 mois.

Le couple a un cinquième enfant, Xavier Paul Masse qui naît le 1er mars 1888 au 5, rue Ferry.

"Jacques Masse, 36 ans, photographe" (il signe "Masse") est témoin du décès de son frère, "Jean Masse, célibataire, [à près de] 28 ans, tapissier, le 29 septembre 1892, à Cannes, au 9, rue Saint-Honoré".

Le fils de Jacques Masse, Auguste Jean décède malheureusement à Cannes au 4, rue Jean de Riouffié, le 16 août 1894, à l’âge de 8 ans et 3 mois.

Dans tous ces actes d’état civil, Jacques Masse est systématiquement dit "photographe" mais aucun des témoins cités n’exerce cette profession. Jacques Masse possède-t-il son propre atelier, alors qu’aucun carton-photo portant son nom n’est connu et que son nom ni son atelier ne sont jamais cités dans les annuaires cannois ?

Il semble que dans la seconde moitié des années 1890, Jacques Masse abandonne sa carrière de photographe.

Lors du mariage de sa fille Catherine Jeanne Masse, 20 ans, couturière, le 16 avril 1901 à Marseille, avec Joseph Lucien Aimé Ribou, 22 ans, coiffeur (né le 13 décembre 1878 à Saint-Féliu-d’Avall, Pyrénées-Orientales), Jacques Masse, consentant par acte notarié, est dit "peintre" à Cannes mais reste absent des annuaires de la ville.

Lorsque sa fille Joséphine Françoise Masse, 22 ans, lingère, domiciliée à Marseille, se marie dans cette ville le 8 octobre 1904, avec Pierre Jules Bourguès, 25 ans, typographe (né à Marseille le 7 mars 1879), Jacques Masse, consentant par acte notarié, est cette fois dit "tapissier" à Cannes (comme l'était son frère Jean).

Jacques Masse, "tapissier", décède à Cannes, 16, rue du Suquet, le 25 février 1909, âgé de 52 ans.




- Octave Marie Lucien MAYEN (1861-1934)


MARSEILLE

Octave Marie Lucien Mayen est né à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 7 octobre 1861, rue de la Grande Armée. Il est le fils de Léopold Zéphirin Mayen (né le 19 décembre 1831 à Nans-les-Pins, Var), brasseur, et de Rose Marie Henriette Yautier/Yautiez (née le 24 décembre 1833 à Avignon, Vaucluse), qui se sont mariés à Avignon le 4 juillet 1853 où ils étaient tous les deux domiciliés.

Octave a un frère aîné, Antoine Marie Edouard Mayen (né le 22 mai 1855 à Marseille) et aura une sœur cadette, Pauline Mayen (née vers 1863 - acte de naissance non retrouvé). 


AVIGNON

La famille quitte Marseille dans les années 1860, pour Avignon. 

Malheureusement, la mère, "Rose Marie Henriette Yautier, sans profession, âgée de [près de] 37 ans, décède le 16 novembre 1870 à Avignon, dans sa maison [familiale] place de l’Horloge, 14, femme de Mayen, débitant de tabac". Edouard a alors 15 ans, Octave a 9 ans et Pauline, 7 ans.

La liste électorale de la Ville d’Avignon signale en 1874, le père, Léopold Zéphirin Mayen, "ingénieur civil, Place de l’Hôtel-de-Ville, 14", puis en 1875, "photographe, Ste-Catherine, 3 ". 

Le père, employé au chemin de fer en 1853, marchand d’huile en 1855, brasseur en 1861, débitant de tabac en 1870, ingénieur civil en 1874, n’est pas devenu photographe en 1874 mais a acquis, l’atelier du photographe Louis Valentin pour son fils aîné, encore mineur, Antoine Marie Edouard Mayen (19 ans). 

Le recensement de la Ville d’Avignon de 1876, cite au 3, rue Sainte-Catherine, le père, "Mayen Léopold, rentier, veuf, 45 ans, né dans la Loire", les enfants, "Mayen Edouard, photographe, célibataire, 22 ans, né dans les Bouches-du-Rhône, Mayen Octave, SP, célibataire, 14 ans, né dans les Bouches-du-Rhône, Mayen Pauline, 12 ans, célibataire, née dans les Bouches-du-Rhône " et la grand-mère maternelle des enfants, "Martinel Jeanne, veuve Lyautier (sic), 72 ans, née dans la Drôme [née vers 1804, mariée vers 1827 avec François Henri Yautier, Avignon 1782-Avignon 1850]".

Edouard Mayen a été apprenti vers 1870, assistant puis associé à Louis Valentin vers 1872-1873, avant de devenir son successeur en 1874 (portraits et paysages). Sa fiche militaire de 1876 (Avignon) le signale "photographe", domicilié à Avignon et précise qu’il est affecté au service auxiliaire "pour myopie". Edouard n’apparaîtra dans les listes électorales, aux côtés de son père, que quelques années après sa majorité, à la nouvelle adresse de l’atelier au 8, rue Dorée (depuis fin 1875). 

La liste électorale de 1880 signale cependant que son père et lui sont "partis à Marseille" (Octave est encore mineur et n’apparaît pas sur la liste).

"Mayen, photographe" à Avignon (Vaucluse) est cité dans l’Agenda photographique de 1876 p 59 et dans l’Aide-mémoire de Photographie de 1879 à 1885 (abonnement) (voir sur Gallica).


MARSEILLE 

Le père Mayen et ses trois enfants ont en effet quitté Avignon pour retourner à Marseille en 1879. 

Le suivi de la fiche militaire d’Edouard Mayen (Avignon, 1876) signale ce dernier à Marseille, rue St-Savournin, 35. Il semble quitter la ville fin 1880 pour l’Algérie.

Le 26 février 1881, il se marie à Bône où il demeure, rue Caraman, "photographe, auparavant à Marseille" (aucun témoin photographe), avec Annette Joséphine Canova, sans profession (née le 17 décembre 1864 à Bone). Son père, "Léopold Zéphirin Mayen, ingénieur civil à Marseille", est présent. 

Edouard Mayen est peut-être employé depuis plusieurs mois dans l’atelier photographique de M. & Mme Prod’Hom, rue Damrémont (rue où habite sa belle-famille).

La fiche militaire d’Octave Mayen (Marseille, 1881) cite ce dernier à Marseille, "employé, domicilié bd Dugommier, 13", engagé pour 5 ans dans l’infanterie de Marine, en avril 1880 (à 18 ans).


CANNES

Le père, Léopold Mayen, quitte Marseille pour Cannes en 1881. Il est cité comme témoin de naissance, le 11 novembre 1882, comme "ingénieur civil, 51 ans, domicilié à Cannes". Les listes électorales le signalent en tant qu’ "agent d’affaires, rue Gare des Voyageurs, 9" dès 1884. Il déménage cependant dans l’année 1885, rue des Roses, 6.

Octave Mayen termine ses 5 ans d’Armée en février 1885 et rejoint alors son père à Cannes.

"Photographe", domicilié à Cannes avec son père rue des Roses, 6, il se marie la même année, à 24 ans, le 15 octobre 1885, avec Eugénie Mathilde Ardisson, 19 ans, sans profession (née le 22 juin 1866 à Cannes).

Octave était "employé" (?) à Marseille avant ses 5 ans dans l’Armée. Sa formation à la photographie doit dater des années 1874-1879, entre ses 13 et 18 ans, dans l’atelier de son frère Edouard (Avignon).

Est-il employé dans un atelier cannois à la date de son mariage, possède-t-il un atelier à son nom ou affiche-t-il seulement sa qualification de photographe (pas de témoin photographe à son mariage) ? Il semble bien qu’il soit en activité car il est signalé comme photographe, dans les listes électorales cannoises dès les années 1886 et 1887. 

Les listes électorales suivantes (1888-1896) donnent cependant des renseignements contradictoires. Celle de 1888 signale, Léopold Mayen et Octave Mayen, "partis à Marseille" (en 1887). Leurs noms réapparaissent étrangement dans les listes des années suivantes (1889-1892), avant d'être rayés puis d'en disparaître à nouveau, celui du père dans la liste électorale de 1893, avec la mention "habite Cagnes depuis deux ans", et celui du fils dans les listes de 1895 et 1896, avec la mention "parti sans laisser d'adresse".

En fait, le père Léopold Mayen quitte Cannes, dans la période 1887-1891, pour se rendre à Marseille mais s'embarque ensuite pour l'Algérie afin, probablement, de retrouver son fils aîné. Le 14 novembre 1891, il se remarie cependant en secondes noces à Biskra (où il est dit résider depuis plus de 6 mois), à l’approche de ses 60 ans ("ingénieur civil"), avec Juana Sebastiana Triay, 53 ans, sans profession (née le 19 janvier 1839 à Port Mahon, Baléares, Espagne, veuve de Francisco Mascaro Jayme Magin). Léopold Mayen, "ingénieur civil", décède malheureusement à Alger le 4 février 1893 âgé de 61 ans.

Edouard Mayen, qui a abandonné la carrière de photographe, est pour sa part signalé, en février 1888, à Oum Teboul (près de Bône, Algérie) où il est désormais "instituteur" (suivi de la fiche militaire). La suite de sa vie et de sa carrière, comme ses date et lieu de décès, restent inconnues. Il en est de même pour celles de sa soeur Pauline Mayen (institutrice célibataire à Marseille fin XIX°-début XX° siècle ?).


SAINT-LAURENT-DU-VAR

Octave Mayen semble quitter Cannes à la même époque que son père, vers 1887-1891. Il part s’installer à Saint-Laurent-du-Var, près de Nice (Alpes-Maritimes), la commune natale de son épouse Eugénie Mathilde Ardisson.

Il part avec sa belle-mère, Marie Annette Mathilde Ardisson (née également Ardisson le 10 septembre 1845 à Saint-Laurent-du-Var et épouse [en 1865] puis veuve de Pierre Ardisson [Saint-Laurent-du-Var 26 juin 1828-Cannes 6 octobre 1884]) qui vivait à Cannes au 61, rue d’Antibes.

La carrière de photographe d’Octave Mayen semble s’être arrêtée à Cannes où elle n'a duré qu'entre 2 et 6 ans.

A Saint-Laurent-du-Var, Octave Mayen est cité comme "conseiller municipal" dès avril 1892 (Le Petit Marseillais du 30 avril 1892).

Il est dit "propriétaire", rue du Château, dans le recensement de 1896, accompagné de son épouse, de sa belle-mère et de la mère de cette dernière, Marguerite Virginie Pisany (née le 5 février 1826 à Saint-Laurent-du-Var, épouse tardive [en 1865] puis veuve de François Ardisson [Saint-Laurent-du-Var 6 novembre 1819-Saint-Laurent-du-Var 20 décembre 1876]).

Octave Mayen et son épouse ont un fils François Marie Pierre Léopold Mayen, qui naît à Saint-Laurent-du-Var le 14 novembre 1897 (AD06, NMD, 1896-1903 vue 53). A cette occasion, Octave Mayen est dit "négociant".

Octave Mayen, son épouse Mathilde, leur fils François et sa belle-mère sont à nouveau cités, à la même adresse, dans le recensement de 1901 (vue 12) mais sans la grand-mère ("Virginie Pisany, veuve Ardisson, propriétaire" est décédée le 14 mars 1898 à l’âge de 72 ans).

Octave Mayen est dit sans profession dans le recensement de 1901 puis "garçon épicier" dans le commerce de sa belle-mère dans celui de 1906. Il est à nouveau signalé en tant que "propriétaire" (comme en 1896) dans le Littoral du 4 mai 1909.

Dans le recensement de 1911 (vue 11), il est dit "agriculteur" [âgé de 49 ans], avec sa femme, sans profession [44 ans], son fils [13 ans] et sa belle-mère, agricultrice [65 ans].

Dans le recensement de 1921 (vue 12) (rue du Château ou rue Raphaël-Monso), il est dit "propriétaire exploitant" et son fils ne vit plus avec eux (il vit, après sa participation à la Première Guerre Mondiale, à Aix-en-Provence puis Strasbourg, Clichy et Paris en 1934 où il sera Chef de Bureau au Ministère des Finances - suivi de sa fiche militaire).

Dans les recensements suivants de 1926 (vue 12) et de 1931 (vue 12), rue Raphaël Monso, Octave Mayen est "cultivateur", désormais seul avec son épouse (sa belle-mère est décédée le 20 décembre 1922 à l’âge de 77 ans).

Octave Mayen, "domicilié à Saint-Laurent-du-Var, sans profession, époux d’Eugénie Mathilde Ardisson", décède le 29 décembre 1934, lors d’un séjour à Paris au 96, rue Didot (14ème arrondissement), âgé de 73 ans.

Dans le recensement de 1936 de Saint-Laurent-du-Var (vue 13), seuls son fils François Mayen, Inspecteur des Finances [38 ans] et sa veuve [69 ans] sont désormais cités. 

Dès cette même année, François Mayen part travailler à Lyon, Guillotière [7ème arrondissement] et sa mère va l'accompagner. C’est d’ailleurs là qu’elle décédera au 8, rue Emile Combes (7ème arrondissement), mi-avril 1937, âgée de 70 ans (Le Salut Public du 14 avril 1937 p 4).


VOIR LA LISTE DES PHOTOGRAPHES ÉTUDIÉS

LES PHOTOGRAPHES DOMICILIÉS À CANNES AU XIX° SIÈCLE




mardi 23 août 2022

1256-LESPINASSE MICHEL (1820-1889) ET SES FILS, PHOTOGRAPHES

 

SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS



- Anonyme, Cannes, L'Île Sainte-Marguerite, vers 1872.





Suite de la Liste des Photographes cannois du XIX° siècle.



- LESPINASSE Père & Fils : Michel Claude LESPINASSE (1820-1889), Jacques LESPINASSE (1842-1881) et Edmond LESPINASSE (1845-?)


LYON

Michel Claude Lespinasse est né à Lyon (Rhône) le 27 juin 1820. Il est le fils aîné de Claude Marie Lespinasse, fabricant d’étoffes en soie (né en 1794 à Lyon) et d'Anne Bonnevaux/Bonneveaux (née en 1798 à Bourgoin, Isère) qui se sont mariés à Lyon le 23 janvier 1819. Il a des frères et sœurs dont Pierre Lespinasse (1825-1872) et Joachim Lespinasse (1838-?).

Michel Claude Lespinasse, "âgé de 23 ans, fabricant d’étoffes", domicilié place Colbert, se marie à Lyon le 18 mai 1844 avec Françoise Félix, 21 ans, fabricante d’étoffes, domiciliée également place Colbert (née le 21 août 1822 à Lyon). Le couple légitime à cette occasion leur fils, Jacques Lespinasse, né Félix, à Lyon le 15 janvier 1842.

La famille s’agrandit avec la naissance de leur fils Edmond Lespinasse le 9 juin 1845 au 5, place Colbert, Michel Claude Lespinasse étant dit, "âgé de 24 ans et fabricant d’étoffes".


CANNES ET GRASSE

Les renseignements sur Michel Lespinasse et ses fils font ensuite défaut pendant plus de 25 ans (il est absent ou non identifiable dans les annuaires lyonnais de 1865 et 1867), son nom resurgissant à Cannes, dans la liste électorale du 29 avril 1871 (arrivé en 1870), "Lespinasse Michel, 50 ans, photographe, rue d’Antibes, 47" puis dans celles des années suivantes. 

Son nom reste cependant étrangement absent des tableaux synoptiques de la Ville de Cannes de 1871 et 1872 (Courrier de Cannes du 31 décembre 1871 et du 21 novembre 1872) et des listes alphabétiques et professionnelles des annuaires cannois (1884-1889). Il reste également absent du recensement de la Ville de Cannes de 1872 (nous privant de la composition de sa famille). 

Il est cependant signalé dans le recensement de la Ville de Cannes de 1876, seul, rue d'Antibes, "Lespinasse Michel, veuf, 56 ans, né à Lyon". Son épouse est donc décédée (acte non retrouvé sur Lyon, Grasse et Cannes) et ses fils ont quitté le domicile familial, avant 1876.

Michel Lespinasse a quitté Lyon et changé de profession, sans que la date et le lieu de sa formation à la photographie soient connus. De nombreuses questions restent en suspens. A-t-il possédé un atelier de photographie à Lyon dans les années 1850 ou 1860 ? A-t-il exercé cette profession dans une autre ville ?

L'ouvrage, Napoléon III et les Alpes-Maritimes. La naissance d'un territoire (publié par les Archives Départementales des Alpes-Maritimes en 2009 p 183) signale le "Portrait d'une famille italienne par Lespinasse, photographe à Grasse, avant 1869" et publie le recto de la Carte de visite imrimé des mentions, "Lespinasse Père & Fils".

Une autre Carte de visite de Michel Lespinasse est connue (Portrait de soldat, Collection privée) et offre de même au recto, "Lespinasse Père & Fils", et au verso, sous les armoiries de la Ville de Grasse (Agneau pascal), "Lespinasse - Peintre Photographe (texte ondé) - Grasse & Cannes". 

La date de cette Carte de visite n’est pas connue mais cette dernière révèle que Michel Lespinasse est peintre et photographe, qu’il travaille alors avec l’un de ses fils ou les deux (Jacques et Edmond ont respectivement 25 et 28 ans en 1870) et qu’il possède  un atelier à Grasse et une succursale à Cannes. 

Ces deux ateliers sont peut-être de peu antérieurs à 1870. Il est possible que Michel Lespinasse ait été domicilié à Grasse avec ses fils (absents du recensement de la Ville de Grasse de 1866), avant de s'installer seul à Cannes (le nom de ses fils reste totalement absent des listes électorales de la Ville de Cannes).



BÔNE

Plusieurs photographes français du XIX° siècle ont porté le nom de "Lespinasse". La seule autre Carte de visite connue (Portrait de soldat, Collection privée) qui puisse également être attribuée à la famille étudiée, offre un recto nu mais le texte suivant au verso, "Thierriat & Lespinasse - Photographes - Bone (sic) (Algérie) - Rue Louis-Philippe". 

La date de cette Carte de visite n’est pas connue mais son recto nu et son décor de fins entrelacs entourant tout le texte du verso, semblent renvoyer à la fin des années 1860 ou au début des années 1870. Le soldat photographié appartient cependant au 80ème Régiment d’Infanterie de Ligne, ce qui permet de préciser la date, ce régiment n'ayant été présent en Algérie que de 1871 à 1875.

Michel Lespinasse ne semble pas avoir vécu en Algérie après sa venue dans les Alpes-Maritimes car il est régulièrement cité dans les listes électorales de Cannes des années 1870 et 1880. 

L’association affichée concerne-t-elle alors l’un de ses fils ? Un début de réponse est peut-être apporté par l’acte de décès du 15 mars 1881, de son fils Jacques Lespinasse, "né à Lyon, âgé de 39 ans, peintre en bâtiments" à son domicile de la rue Constantine, à Bône. L’acte de décès précise également qu’il est le "fils de Michel Claude Lespinasse et de feue Françoise Félix".

Cet acte permet d’apprendre que Michel Claude Lespinasse a été affecté par le décès de son épouse puis par celui de son fils Jacques. Il permet également d’affirmer que l’un des membres de la famille étudiée a vécu à Bône. 

L’acte de décès de la mère, aurait pu révéler des éléments mais n’a pu être retrouvé, pas plus que l’acte de mariage des fils (restés célibataires ?).

Certes, Jacques Lespinasse est au moment de son décès, "peintre en bâtiments" mais il a pu abandonner la carrière de photographe à la fin des années 1870.

De nombreux documents attestent la présence d’un photographe du nom de "Lespinasse" à Bône mais sans jamais citer son associé "Thierriat". 

L’Agenda photographique de 1876 (p 61, Gallica), cite "Lespinasse, rue Louis-Philippe" (renseignements repris dans Adressbuch für Photographie und verwandte Fächer, 1879 p 18, GoogleBooks) et l’Aide-mémoire de Photographie publié par la Société de Toulouse le cite à Bône, de 1876 à 1887 (Gallica et GoogleBooks). Certes, Jacques Lespinasse est décédé en 1881 mais les renseignements de l’Aide-mémoire sont souvent trompeurs (abonnement de 9 ans, ici prolongé). 

L’Annuaire du Commerce Didot-Bottin de 1875 (p 3307, GoogleBooks), apparaît comme le document le plus ancien où le nom du photographe apparaît et est le seul à préciser l’initiale de son prénom, "Lespinasse, J.", ce qui conforte notre hypothèse (Jacques Lespinasse a 33 ans en 1875).

Il est probable que Jacques Lespinasse ait été formé à la photographie par son père (quand et où ?) puis ait un temps travaillé avec lui, notamment à Grasse, d’où la dénomination "Lespinasse Père & Fils", même si cette dernière peut renvoyer également à son frère Edmond.

Vers 1870 (?), Jacques Lespinasse a ensuite quitté la France pour s’installer comme photographe en Algérie (Bône). L’association avec Thierriat, à la même adresse d’atelier, peut être datée entre 1871 et 1874, Jacques Lespinasse ayant probablement été l’associé puis le successeur de Thierrat. Ce dernier reste absent des documents consultés, son prénom, sa vie et sa carrière demeurant inconnus.


GRASSE ET CANNES

Le nombre d’années où Michel Lespinasse a possédé un atelier, d’une part à Grasse, et d’autre part à Cannes reste également difficile à préciser. Il est resté actif à Cannes tout au long des années 1870 mais il est difficile de dire à quelle période il a cessé cette activité (vers ses 60 ans en 1880 ou plus tard ?), les listes électorales de la Ville mentionnant sa profession de "photographe" jusqu'à l'année de son décès.

"Michel Claude Lespinasse, veuf de Françoise Félix, rentier artiste, âgé de 69 ans" est décédé à l’asile de vieillards de Cannes, le 29 juin 1889.




VOIR LA LISTE DES PHOTOGRAPHES ÉTUDIÉS

LES PHOTOGRAPHES DOMICILIÉS À CANNES AU XIX° SIÈCLE






jeudi 18 août 2022

1255-"LES ANTENNES COSMO-TELLURIQUES DE GEORGES BRUCHET À MONTARCHER ET MAROLS (LOIRE)" PAR "LES CHEMINS DU PETIT PATRIMOINE"

 

SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS



- BRUCHET Georges (né en 1957 à Firminy, Loire), Arcanus, 2018,
installation pérenne in situ, sculpture métallique, Montracher (Loire). 
Photographie de Philippe Hervouet.


LIRE ET TÉLÉCHARGER L'ARTICLE :

"LES ANTENNES COSMO-TELLURIQUES DE GEORGES BRUCHET 

INSTALLATIONS PÉRENNES IN SITU (SCULPTURES MÉTALLIQUES)

À MONTARCHER (2018) ET MAROLS (2020) (LOIRE)"





samedi 13 août 2022

1254-LES HUG : UNE FAMILLE D'HÔTELIERS SUISSES À NICE (1850-1930)

 

SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS


- Annonce parue dans L'Avenir de Nice du 6 janvier 1859 

et diffusée en page 4 pendant toute l'année 1859 puis 1860, Archives Départementales des Alpes-Maritimes.



INTRODUCTION


Lors de recherches récentes, mon attention a été attirée par l'achat de l'ancienne Pension Clerissy de la rue des Ponchettes, renommée dès 1866, "Hôtel et Pension Suisse", par leurs nouveaux propriétaires, Jean Edouard et Barbara Hug.

Ne connaissant rien de la vie de ces hôteliers suisses, de la période de leur implantation à Nice ou de leur descendance, j'ai entrepris d'établir une partie de leur arbre généalogique afin de pouvoir mieux en raconter l'histoire. 

Avant même de présenter l'évolution des bâtiments de l'Hôtel et Pension Suisse sur ce blog, j'ai donc décidé de partager préalablement les informations généalogiques récoltées, par nature difficiles à insérer intégralement dans une étude architecturale. Tous les ajouts et corrections seront les bienvenus (patin.camus@gmail.com).


Bibliographie :

- THUIN-CHAUDRON, Véronique, 'Les familles hôtelières à Nice à la fin du XIXème siècle", dans Actes du colloque organisé par le CEHTAM sur "Histoire du travail dans l’hôtellerie et la restauration sur la Côte d’Azur au XXème siècle" (29 et 30 mars 2007), publiés dans Recherches régionales N°189, janvier-mars 2008, pp. 9 à 15 (PDF).

- THUIN-CHAUDRON, Véronique, "L’influence de la Suisse sur la naissance et l’essor de l’hôtellerie niçoise" dans Actes du Colloque "Tradition et grandeur de l’hôtellerie de luxe sur la Côte d’Azur" organisé par le CEHTAM (30 et 31mars 2012), publiés dans Recherches régionales N°203, janv-juin 2013,  pp. 14-23 (PDF).



JEAN ÉDOUARD HUG (1823-1871)


Hans ou Johannes Eduard HUG est né à Bâle (Suisse) en 1823. Il est le fils de Wilhelm HUG (?- ?) et de Maria Salome GEYMÜLLER (Kleinhüningen ? 1791-Bâle 4 novembre 1853) qui se sont mariés à Kleinhüningen (village situé à la périphérie de Bâle, Suisse), le 20 septembre 1813 et semblent avoir eu au moins 10 enfants dont 5 morts à la naissance ou en bas-âge :

- Barbara Emilia HUG (Bâle 31 janvier 1815- ?).

- Elisabeth HUG (Bâle 27 juin 1816-?). 

- Judith Catharina HUG (Bâle 27 novembre 1818- ?).

- Wilhelm HUG (Bâle 20 juin ou 28 novembre 1820-Bâle 20 juin ou 28 novembre 1820). 

Wilhelm HUG (Bâle 9 septembre 1821- ?).

- Wilhelm HUG (Bâle 7 juillet 1822-Bâle 7 juillet 1822).

Hans Eduard HUG (Bâle 1823-Nice 28 décembre 1871).

- Wilhelm Peter HUG (Bâle 27 août 1825-?).  

- Jakob Andreas (Bâle 11 août 1826-Bâle 11 août 1826).

- Jakob Andreas (Bâle 31 janvier 1829-Bâle 11 août 1829).


La présence de Jean Edouard HUG est attestée à Nice dès 1852 où, courrier de famille, (organisateur et accompagnateur de voyage de familles aisées, parlant souvent plusieurs langues), âgé de 29 ans, "domicilié à Nice mais demeurant habituellement à Bâle", il épouse le 9 décembre, Anna Barbara NEERACHER, âgée de 32 ans.

De 1856 ou 1857 à 1866, il tient, avec son épouse, un établissement hôtelier dénommé, la "Pension Suisse", "l'Hôtel de la Pension Suisse" ou "l'Hôtel et Pension Suisse", au 23-25, rue Masséna. 

Le couple achète ensuite, en 1866, la maison de l'ancienne Pension Clerissy, rue des Ponchettes, la renomme "Hôtel et Pension Suisse" puis la rénove et l'agrandit la même année. 

Jean Edouard Hug décède cependant à Nice le 28 décembre 1871, à l'âge de 48 ans. 


ANNA BARBARA NEERACHER (1820-1917)


Anna Barbara (Anne Barbe) NEERACHER est née le 28 octobre 1820 à Dielsdorf (près Zurich, Suisse). Elle est la fille d'Heinrich NEERACHER et d'Anna Barbara ALBRECHT. Elle a au moins un frère, Henry NEERACHER (commerçant à Rio de Janeiro, Brésil, en 1853). 

Quelques années après son mariage, Barbara tient avec son époux la Pension Suisse de la rue Masséna (1857-1866) puis l'Hôtel et Pension Suisse de la rue des Ponchettes. 

Après le décès de son mari en 1871, elle conserve l'Hôtel et Pension suisse, soutenue par ses enfants adolescents puis s'appuie dès les années 1880 sur son fils cadet, avant de lui en laisser l'entière gestion. 

Elle décèdera à Nice le 14 janvier 1917, âgée de 96 ans.


- Annonce parue dans Les Echos de Nice du 5 février 1868 

mais diffusée pendant toute la saison d'hiver 1867-1868 (GoggleBooks).



LES ENFANTS DE JEAN ÉDOUARD ET ANNA BARBARA HUG


Trois enfants vont naitre de leur union, à Nice (le ou les prénoms d'usage sont placés entre guillemets) :

- Eduard "Heinrich" ou Edouard "Henry" HUG (Nice 22 juin 1853-Nice 7 mai 1905), marié en Suisse dans les années 1880, avec Leonore GEORG (Morges 18 janvier 1853-Nice 31 octobre 1902). Le couple semble ne pas avoir eu d'enfants.

- Hans Peter Eduard Melchior ou "Jean Pierre" Edouard HUG (Nice 31 août 1855-Nice 28 juillet 1930), marié en Suisse en 1887 à Marie Wilhelmine "Louise" GEORG (Bâle 17 juillet 1863-?).

- Anna Barbara "Frida" ou Juda HUG (Nice 7 décembre 1857-Nice 22 février 1928), "sujette suisse, domiciliée à Nice mais légalement à Bâle", se marie à Nice le 18 août 1884, avec Joseph Léon PASSERON, négociant en huiles (Nice 11 mars 1854-Nice 20 janvier 1910), fils de feu Louis PASSERON (Nice ?-Nice ?) et de Joséphine Françoise PEIRELLI (Nice 18 avril 1816-Nice 7 décembre 1895). Le couple semble n'avoir eu qu'une enfant, Yvonne Jeanne Frida PASSERON, malheureusement décédée à 8 ans et demi (Nice 8 juillet 1886-Nice 14 novembre 1894).



- Annonce parue dans le Bradshaw's Monthly Continental Railway, Steam Transit..., juillet 1887 p 809 (GoogleBooks).


Henry Edouard HUG prend dès 1882 la direction de "l'Hôtel Sonnenberg" à Engelberg que sa mère vient d'acheter (station thermale située sur un plateau du centre de la Suisse, dans le canton d'Obwald). Cet hôtel, créé en 1869-1870 par Josef DÜRER (Kerns 1841-Sarnen 1919) et Franz Josef BUCHER (Kerns 1834-Caire 1906) était, depuis 1871-1872, la propriété d'Alfred Landry (La Heutte 1843-?). Il semble qu'il n'y a pas de liens entre cette famille et "l'Hôtel HUG ou Hôtel Victoria", créé à Engelberg en 1900 par Alfred HUG-INEICHEN.

Henry HUG épouse dans les années 1880, Leonore GEORG. Cette dernière décèdera à Nice le 31 octobre 1902, âgée de 49 ans. Henry, vendra l'Hôtel Sonnenberg la même année et rentier, décèdera à Nice deux ans plus tard, le 7 mai 1905, à l'âge de 51 ans.

Son frère Jean Pierre HUG prend la succession de l'Hôtel et Pension suisse à Nice dès les années 1880 et épouse, en 1887, Louise GEORG. Le couple va avoir 11 enfants qui vont, pour la plupart naître à Engelberg. 

Les deux frères HUG ont en effet épousé les deux soeurs GEORG et il semble que les deux familles se retrouvent à Engelberg pour la saison hôtelière de mai à septembre et pour les accouchements de Louise. Jean Pierre HUG décèdera à Nice le 28 juillet 1930, âgé de 74 ans.

Leonore et Louise GEORG sont les filles de feu Carl Ludwig GEORG (Northeim 1820-Bâle 1869), ancien professeur de philosophie à l’Université de Bâle, et de Sophie BEHRENS (Lingen 1826-Genève 1903) qui se sont mariés en 1850 à Lingen (Basse-Saxe, Allemagne) et ont eu huit enfants. Deux enfants étaient également nés du premier mariage, en 1844, de Carl Ludwig GEORG avec Louise KLINGBIEL (Osterode am Harz 1818-Yverdon-les-Bains 1849).



- Annonce publiée dans John Murray, Handbook to the Mediterranean, 1892 p 149 (GoogleBooks).



LES ENFANTS DE JEAN PIERRE ET MARIE LOUISE HUG


Onze enfants vont naître de leur union, sept d'entre eux à Engelberg (Suisse) et quatre en Italie :

- "Martha/Marthe" Henriette Wilhelmine HUG (Engelberg 18 juin 1888-Genève 1945), mariée le 28 janvier 1915 avec Jean Jakob SCHOCH (Stein 11 juin 1876- ? 1952). Le couple aura deux enfants, Marguerite Leonore SCHOCH (? 2 décembre 1915-? avril 1967) et Jacques Jean SCHOCH (Berlin 21 juillet 1921-Bethesda 22 juin 2008) ; ce dernier obtiendra la nationalité américaine en 1949 et vivra aux Etats-Unis mais se mariera à Lausanne en 1952.

- Henri/Heinrich HUG (Engelberg 26 juillet 1889- ? 1949). Il sera pasteur notamment à Lausanne puis Genève dans les années 1930.

- "Leonore" Wilhelmine Jeanne HUG (Engelberg 3 septembre 1890-Nice 9 février 1916).

- "Adolphe/Adolf" Melchior Charles HUG (Ospedaletti 16 mars 1892-apr.1948). Il sera ingénieur-conseil dès la fin des années 1910 à  à Thalwil (près Zurich, Suisse), marié avec des enfants.

- Louise HUG (Engelberg 7 mai 1894-?).

- "Sophie" Barbara Clara Marie HUG (Engelberg 9 septembre 1895- ?). Elle se mariera, le 10 septembre 1918 à Champéry (canton du Valais, Suisse), avec LORTSCH Alexandre Charles (Nîmes 11 septembre 1886-Paris 5ème 30 octobre 1970), juge ; le couple sera longtemps domicilié à Suresne (Seine). 

- Liliane/Lili/Lily HUG (San Remo 8 avril 1897-?) mariée à TASTAVI.

- Rudolf Hans ou Rodolphe Jean HUG (Engelberg 29 août 1898- ?).

- Marguerite HUG (Engelberg 19 juin 1900- ?).

- Hélène HUG (San Remo 1902-?).

- Noële HUG (San Remo 24 décembre 1905- ? 30 avril 1926).


Les enfants feront leur vie en Suisse, sauf :

- "Leonore" Wilhelmine Jeanne HUG qui décèdera à Nice en 1916, à l'âge de 25 ans, 

- "Sophie" Barbara Clara Marie HUG qui reviendra vivre en France, 

- Hélène HUG qui restera à Nice et sera naturalisée française en 1934 

- et Rodolphe Jean HUG qui reprendra, vers 1919, l'Hôtel et Pension Suisse de Nice et le conservera jusqu'à la faillite de 1924-1931, avant de quitter la France en 1934.



LES SÉPULTURES DU CIMETIÈRE DU CHÂTEAU


Trois tombes de la Famille HUG sont conservées au Cimetière du Château de la Ville de Nice. Les erreurs de dates ne sont pas reportées ci-dessous et la liste tient compte des corps présents, même si le nom n'est pas inscrit sur la dalle : 

- la première est située au Petit Cimetière (concession n° 332 de 1871) et réunit les corps de Jean Edouard HUG (1823-1871) et de son épouse Anna Barbara NEERACHER (1820-1917). Cette tombe, semble avoir été initialement située sur l'un des Plateaux Protestants et n'avoir été déplacée ici qu'en 1970.

- la deuxième est située au 3ème Plateau Protestant (concession n° 3912 de 1902), avec les corps de Leonore GEORG (1853-1902) et de son époux Henri HUG (1853-1905) ; de Leonore HUG (1890-1916), de Noèle HUG (1905-1926) et de leur père Jean Pierre HUG (1855-1930). Il semble que le corps de Leonore HUG (1890-1916) ait été transféré dans la tombe de ses grands-parents en 1970 mais son nom n'apparaît pas sur la dalle.

- la troisième est située au Plateau Protestant Inférieur (concession n° 5723 de 1910), avec les corps des époux PASSERON et de leur fille : Joseph Léon PASSERON (1854-1910), Yvonne Jeanne Frida PASSERON (1886-1894) et Anna Barbara Frida HUG (1854-1928) mais le nom de cette dernière n'apparaît pas sur la dalle.



- Tombe de la Famille Hug, Cimetière du Château de la Ville de Nice,

3ème Plateau Protestant, concession n° 3912 de 1902.




lundi 8 août 2022

1253-RABBE FÉLIX (1834-1900), BIDAULT DE GLATIGNÉ ÉDOUARD (1850-1925) [ET TOMMASI SESTO (1851-?)], PHOTOGRAPHES


SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS


- Anonyme, Cannes, L'Île Saint-Honorat, vers 1872.


Suite de l'étude des photographes cannois.



- Félix Théodore RABBE (1834-1900)


AUXONNE

Félix Théodore Rabbe est né à Auxonne (près de Dijon, Côte-d’Or) au 8, rue de l’Hôpital, le 11 juin 1834. Il est le fils unique de Georges Augustin/Auguste Rabbe, pâtissier et restaurateur (né vers 1807 à Pesmes, Haute-Saône) et d’Anne Antoinette Vinger, ouvrière (Auxonne c.1811-Auxonne 1874), qui se sont mariés à Auxonne le 20 mai 1833.  

La vie de Félix Rabbe a été étudiée sous le seul angle de sa carrière d’écrivain et de traducteur (liste de ses publications) et une fiche Wikipédia lui est d’ailleurs consacrée sur Internet (à laquelle je renvoie).

Les articles de journaux, consacrés à ses écrits dans les années 1880 et 1890, de même que sa nécrologie en 1900 ne donnent aucun renseignement sur sa vie. Enfin, les ouvrages récents où il est cité le disent parfois par erreur, "né à Paris en 1840".

De nombreuses questions restent donc sans réponse :

- La personne qui publie sous le nom de "F. Rabbe" ou parfois "Abbé F. Rabbe, Licencié ès-lettres, ancien professeur de Rhétorique" dans la seconde moitié des années 1860 (écrits philosophiques et théologiques) est-elle la même que celle qui publie dans les années 1880 des biographies et des traductions d’écrivains anglais ?

- Si c’est bien le cas, comment expliquer l’arrêt de ses publications pendant plus de 15 ans ?

- Félix Rabbe a probablement fait ses études à Dijon mais jusqu’à quand a-t-il vécu en Bourgogne ? Quelles ont été les autres villes où il a habité ?

- Quand s’est-il initié à la photographie (années 1850, années 1860, début des années 1870) ?

- Où et à quelle date a-t-il ouvert son premier atelier de photographie ? Et jusqu’à quelle date en a-t-il conservé un ?

- Pourquoi est-il devenu photographe itinérant dans les années 1870 ?

- S’est-il rendu en Angleterre dans les années 1880 pour faire des recherches sur les écrivains dont il a réalisé la biographie (Shelley, Byron, Jeanne d'Arc en Angleterre) et traduit les œuvres (Shelley, Poe, Marlowe) ?


TURIN 

Dans les années 1870, Félix Rabbe rencontre puis voyage avec Elisabeth/Elisa Louise Legrand (née à Boulogne-sur-Mer vers 1843), l’une des filles de Pierre François Legrand (1820-apr.1889), menuisier puis employé au Chemin de fer du Nord, et de Madeleine Elisabeth Rault (?-1873).

Le couple, non marié, a un fils, Paolo Felice (Paul Félix) Rabbe, qui naît à Turin (Italie), le 1er décembre 1872.


GRASSE

Vers 1873-1874, la famille semble s'installer à Grasse (Alpes-Maritimes).

Félix Rabbe ouvre dans cette ville un atelier de photographie, avec pour associé, Sesto Tommasi (qu'il a rencontré à Turin ?).

Cet atelier est attesté par une Carte de visite (Collection privée) qui offre au recto, "Rabbe & Tommasi, Phot" (tirage entouré d'un liseré noir), et au verso, "Rabbe & Tommasi - Photographes - À Grasse - (Alpes-Maritimes)".

Cette Carte de visite n'est pas datée mais ellle présente le Portrait de Madame Chabert et de sa fille Elisabeth, comme indiqué au verso (texte manuscrit). 

Elisabeth Gastaud (née en 1823 à Callian, Var) a épousé Christophe Court, avec lequel elle a eu sa fille Elisabeth (née Court en 1857 à Tanneron, Var). Son mari est décédé en 1860, et Elisabeth Gastaud a épousé en 1867, en secondes noces, Jean Chabert (né en 1841 à Grasse). La photographie montre Elisabeth épouse Chabert (après 1867) et sa fille, Elisabeth Court adolescente (vers 16 ans, probablement avant son mariage, à l'âge de 17 ans, en avril 1874), ce qui implique une portrait réalisé dans les années 1870.

Une Carte Cabinet conservée (Collection privée) présente pour sa part, sur fond beige, un recto nu, et au verso, une étiquette portant le nom de l'atelier et celui des deux photographes, "Photographie Cosmopolite - Rabbe et Tommasi - Grasse".

Les noms des deux photographes apparaissent également sur des vues de paysage, "Rabbe & Tommasi, Phot" (inscrits en blanc et en majuscules sous les tirages), dans un album réunissant 20 vues grands formats (21x27 cm), intitulé, Grasse et ses environs (un exemplaire - partiel ? - conservé aux Archives Communales de Grasse ; un exemplaire conservé aux Archives Municipales de Cannes - AMC, Dossiers, pièces, 19S23 ; un autre aux Archives Départementales des Alpes-Maritimes - AD06 10FI 5636/1 à 20). 

La date de cet album n’est pas connue (fin du XIX° siècle) et je ne possède pas de repères visuels grassois me permettant de proposer une datation resserrée. 


CANNES

Félix Rabbe semble ensuite se séparer de Sesto Tommasi et quitter Grasse pour Cannes.

Félix Rabbe et sa compagne ont un nouvel enfant, Jeanne Elisa Rabbe, qui naît à Cannes le 13 février 1876. L’acte de naissance précise que Félix Rabbe qui la reconnaît est "photographe, âgé de 41 ans et domicilié rue du port, 37" et que l’un des témoins est, "Edouard Bidaut (sic), 26 ans, photographe". 

Edouard Bidault est le nouvel associé de Félix Rabbe, en remplacement de Sesto Tommasi. L’Agenda Photographique de 1876 (p 39) les présente (sans leur nom) à Cannes : "Photographie américaine - Rue du Port, 37. - Seuls correspondants de la Société de Photochromie pour tout le département des Alpes-Maritimes" (Gallica). Les renseignements de 1876 seront repris ultérieurement dans Adressbuch für Photographie und verwandte Fächer (Wien und Leipzig, 1879 p 28). 

Les deux associés se sont installés à Cannes au plus tard en décembre 1875, comme en témoigne une publicité parue dès cette date, dépourvue de leurs noms mais présentant le nom et l'adresse de l'atelier (annonce ci-dessous).


- Publicité parue dans Les Echos de Cannes des 19 et 25 décembre 1875.


Les photographes sont cités ensuite dans le recensement de la Ville de Cannes de 1876 (en octobre ?), toujours à la même adresse, dans l’appartement voisin de celui du peintre et photographe Jean Jacques Randon : 

"Rabbe Félix, chef de ménage, célibataire, photographe, 43 ans [42 ans], né à Dijon [non], Legrand Elisa (ensemble), célibataire, 34 ans [33 ans], idem (née à Dijon) [non], Rabbe Félix, enfant naturel, célibataire, 4 ans [3 ans], idem (né à Dijon) [non], Rabbe Jeanne, fille naturelle, célibataire, 8 mois, idem (née à Dijon) [non], Vidault [Bidault] Edouard, célibataire, photographe, 26 ans, né à Laval".

"Rabbe Théodore (sic), 44 ans [43 ans], photographe, domicilié rue du Port, 37" est ensuite cité dans la Liste des électeurs de la Ville de Cannes de 1877 mais pas Bidault Edouard.


DRAGUIGNAN

Il semble cependant qu’ils quittent Cannes en 1877 pour Draguignan où les photographes sont ensuite signalés, la même année, place Nationale (Jean Marie Voignier, Répertoire des photographes de France au dix-neuvième siècle, 1993).

A ce jour, je ne connais aucune de leurs photographies réalisées à Cannes et Draguignan.

Fin 1877 ou tout début 1878, Edouard Bidault quitte la famille Rabbe pour se rendre à Aden (Jordanie) et y exercer son métier de photographe.

L’Aide-Mémoire de la Société de Photographie signale à Cannes, "Kabre (sic) et Bidault" en 1877 puis "Rabre (sic) et Bidault" de 1879 à 1885 (abonnement).


ORLEANS, MONTROUGE, PARIS ET GRASSE

Félix Rabbe, sa compagne et ses enfants sont signalés à Orléans, en 1879. C’est là que malheureusement Elisa, 36 ans, sans profession, décède le 22 novembre 1879, rue de la Bourie blanche. 

Les deux témoins de l'acte de décès sont "Félix Rabbe, 44 ans [45 ans], et Sesto Tommasi, 28 ans, tous deux photographes, demeurant en cette ville, rue Bannier N° 45, amis de la défunte".

Les deux hommes se sont donc retrouvés, au plus tard en 1879, associés dans un nouvel atelier. Une rare Carte de visite conservée (Collection privée), au recto nu encadré de rouge, affiche d'ailleurs au verso, sur fond jaune, "Photographie - Tommasi & Cie - 45, Rue Bannier, 45 - Orléans". Le nom de Rabbe n'y apparaissant pas, il est probable que ce soit lui qui ait rejoint Tommasi à Tours, et non l'inverse. Jean-Marie Voignier, dans son Répertoire des photographes (op. cit.), note la réalisation de "paysages" par les deux associés.

Félix Rabbe et Sesto Tommasi continuent leur carrière de photographe à Montrouge (Hauts-de-Seine, banlieue sud-ouest de Paris) où il sont signalés en 1881 au 64, Grande Rue (Jean Marie Voignier, op. cit. - l'auteur note ensuite la participation de Tommasi à une société parisienne mais je crois qu'il s'agit d'un homonyme, probablement Donato Tommasi [c.1848-1906], électricien et chimiste). 

L'absence des listes électorales et des recensements de la Ville de Montrouge de cette période n'a pas permis de trouver d'autres signalements de ces photographes et aucune photographie connue de cette ville ne porte leurs noms.

Félix Rabbe consacre ensuite tout le début des années 1880 à la première traduction en prose des œuvres poétiques complètes de Shelley qu’il édite en trois tomes (1885-1887) et qu’il complète avec une biographie du poète (1887). Il multiplie ensuite les traductions et les écrits et reçoit, en 1890, le Prix Langlois de l’Académie française pour sa traduction du Théâtre de Christopher Marlowe (2 vol., 1889).

Au plus tard en 1890, Félix Rabbe, "homme de lettres" (nomination d’Officier d’académie, JO du 14 juillet 1890 p 3637 ; fiche matricule et dossier militaires du fils), possède avec ses enfants une adresse parisienne au 58, rue Saint-Placide (6ème arrondissement) où il est probablement encore photographe. Son fils Paul Félix est d'ailleurs dit "photographe" à 18 ans mais s’engage dans l’Armée pour 4 années, dès le mois de mars 1891.

Félix Rabbe semble rester en contact avec Sesto Tommasi. Outre l'album Grasse et ses environs, les Archives Départementales des Alpes-Maritimes possèdent en effet un autre album des deux photographes intitulé, Riviera (non daté), diffusé par Neurdein et offrant 18 vues grands formats de la région (19,5x26,5 cm), surtout de Nice et Monaco mais également de Cannes ou Menton (AD06 10FI 5238 1 à 18). 

L'album montre des bâtiments qui impliquent les années 1890 et certaines vues peuvent être plus précisément datées du milieu des années 1890. 

Par exemple, la vue intitulée, Cannes - Le boulevard de la Croisette (10FI 5238/05), qui montre le jardin de la nouvelle Villa Lehoult, implique la date de 1894, date confirmée par l'absence de l’Embarcadère Guy de Maupassant (érigé entre mars et septembre 1895, face au Cercle Nautique). Les vues peuvent d'ailleurs, pour la plupart, être datées vers 1894, cette dernière date apparaissant même sur la vue intitulée, Nice, Promenade des Anglais (10FI 5238/03). 

Seule la vue, Nice, Panorama du port (10FI 5238/08), semble antérieure aux autres et dater de 1884, alors que se terminait la construction des Docks. Si ces vues sont bien toutes des deux photographes, elles impliquent au moins deux séjours à 10 ans d’écart sur la Riviera (1884-1894) et une collaboration de longue durée (vers 1874-1894).

"Félix Rabbe, homme de lettres, célibataire, âgé de 65 ans, domicilié rue Saint-Placide, n° 58", décède le 17 janvier 1900 (au 5, rue d’Assas). Son corps est inhumé le 19 janvier dans le cimetière parisien de Bagneux (près Montrouge).

Son fils, Paul Félix Rabbe (né en 1872), va faire toute sa carrière dans l’Armée (Algérie, Maroc). Il se marie le 30 décembre 1899 à Dijon, à 27 ans (son père est dit "homme de lettres" à cette occasion), avec Marie Marguerite Hornberger, 22 ans, sans profession (née le 13 janvier 1877 à Gray, Haute-Saône). Il est fait Chevalier (1913) puis Officier (1922) de la Légion d’Honneur. Officier d’état-major, il décède à Rabat (Maroc) le 3 juillet 1925, âgé de 52 ans.

Sa soeur, Jeanne Elisa Rabbe (née en 1876), s’est mariée pour sa part avec un dénommé, Whitsley. Elle est décédée à Nice le 8 août 1955, à l’âge de 79 ans.




- Edouard Joseph BIDAULT de GLATIGNÉ (1850-1925)


LAVAL

Edouard Joseph Bidault de Glatigné est né le 14 mars 1850 à Laval (Mayenne). Il est le deuxième des six enfants de Louis Georges Bidault de Glatigné (Laval 1808-Laval 1893) et de Cécile Antoinette Françoise Gaultier de Brullon (Chaumont-d’Anjou 1817-Laval 1909) qui se sont mariés le 21 février 1848, à Chaumont-d’Anjou (Maine-et-Loire).


CANNES ET DRAGUIGNAN

Après avoir vécu à Laval où il est encore cité dans le recensement de 1872 (fiche matricule militaire non retrouvée) et s’être formé à la photographie (à Laval ?), il rencontre Félix Rabbe dans les Alpes-Maritimes au milieu des années 1870 et travaille avec lui à Cannes puis Draguignan, de 1875 à 1877.   


YEMEN ET ÉTHIOPIE

Edouard Bidault quitte ensuite la France pour Aden (Yemen, colonie anglaise), sans que les raisons de ce choix ne soient connues. 

Il s’y marie, à l’âge de 28 ans, le 19 mai 1878 (traduction de l’acte du 18 juillet 1882), avec Augustine Emilie Porte, 17 ans (née 22 avril 1861 à Metz, Moselle) dont le beau-père est photographe et hôtelier. 

Il y séjourne comme photographe mais également comme commerçant. Le couple a une fille, Marie Cécile Bidault de Glatigné qui naît le 11 novembre 1880 à Aden.

Edouard Bidault réalise des portraits ethnologiques et des paysages. Il semble passer plus d’une décennie à Aden (entrecoupée de retours en France et notamment à Laval) mais voyage également en Afrique de l’Est toute proche. 

Il est notamment signalé à Obock (enclave française près de Djibouti) en 1881 et 1882 et dans le Harar (Ethiopie) en 1888 et 1889 (album de 117 phot. de paysages et types ethniques du Harar, don de 1889 à la Société de Géographie, sur Gallica). 

Il est étonnant de noter que les trois photographes étudiés (Rabbe, Bidault et Tommasi) se sont tout d’abord consacrés à la photographie de studio avant de se passionner pour la photographie de paysage.


SYRIE, BRÉSIL ET CORSE

Edouard Bidault voyage, vers 1890-1893, en Syrie et en Amérique latine (Brésil). Il s’installe ensuite en Corse, tout en continuant d'effectuer des séjours à Laval. C'est dans sa ville natale qu'il décède, le 24 mars 1925.

Sa vie et son œuvre ont été peu étudiées jusqu’en 2010 où son amitié avec Arthur Rimbaud a été mise en lumière. Sa présence potentielle aux côtés du poète sur une photographie prise à Aden en 1880 ont poussé les chercheurs à scruter sa vie dans le détail (nombreux articles sur Internet auxquels je renvoie) et un descendant de la famille, Pierre Gléry, lui a consacré un ouvrage en 2016, D’un Continent à l’autre - EJ Bidault de Glatigné.

Sa fille, Cécile Marie Bidault de Glatigné s’est mariée vers 1903 (à 23 ans environ), à Calvi (Corse), avec Joseph Graziani (maire de Cassano). Elle est décédée en Corse, en 1933.




- Sesto Luigi TOMMASI (1851-apr.1894)


LEVICO

Sesto Tommasi est né le 18 avril 1851 à Levico (Levico Terme près de Trente) (Lo sguardo della fotografia sulla città ottocentesca. Milano 1839-1899, 2010, p 304).


MILANO  ET LUGANO

Sesto Tommasi devient ensuite photographe à Milan. Il y ouvre un atelier à son nom, via Passarella, 20 (rez-de-chaussée), probablement en 1874 (absent della Guida Generale di Milano ed Intera Provincia de 1873-1874Milano, ed. Luigi Ticozzi mais cité, sur la base de renseignements plus anciens, dans Adressbuch für Photographie und verwandte Fächer, Wien und Leipzig, 1879 p 94). 

Il ouvre, en février 1875, un second atelier, en Suisse, à Lugano, "Fotografia Milanese, Piazza Castello" (articles de la Gazzetta Ticinese des 3 mars et 5 novembre 1875). En 1877, la réouverture de cet atelier se fait en juin (Gazzetta Ticinese du 15 juin 1877 - Je remercie le chercheur Alberto Azzi de m'avoir adressé copie des articles de ce journal).

Le nom de, "S. Tommasi" ou "Sesto Tommasi", apparaît au dos de rares Cdv et Cabinets (Portraits-Albums) portant l’adresse de Milan (armoiries italiennes, britanniques et milanaises - "Brevetti Di Invenzione"), celle de Lugano, ou les deux, accompagnées de la mention en français, "Vues de Lugano et de ses environs".

Le successeur de son atelier de Milan sera Antonio Strazza, attesté à cette adresse dès 1884 (G. Savallo, Guida di Milano, 1884 p 547, GoogleBooks) et probablement dès 1879 (Guida d'Italia, Terza Edizione, Serafino Muggiani e Comp., sans date [1879 ?], publicité p V, GoogleBooks). 

Le successeur de son atelier de Lugano sera Giacomo Kliche, dès juillet 1879 (Storie di fotografia. Il Ticino, i ticinesi e i loro fotografi nella collezione fotografica dell'Archivio di Stato. 1855-1930, 2020 ; foto-ch.ch).


FRANCE

Si rien ne permet d’affirmer que le photographe signalé en France est bien la même personne, la coïncidence des nom et prénom, des âges et des dates reste troublante.

Sesto Tommasi a en effet collaboré avec Félix Rabbe :

- à Grasse (vers 1873-1874), avant d'ouvrir ses ateliers de Milan et de Lugano, 

- à Orléans (vers 1879), après avoir cédé ses ateliers de Milan et de Lugano, 

- puis à Montrouge (vers 1881)

 et il a notamment réalisé avec lui des albums de paysages (dont l'un sur la Riviera vers 1894). 

Le domicile français de Sesto Luigi Tommasi reste cependant inconnu au tournant du XX° siècle (Paris ?), tout comme la suite de sa carrière et ses date et lieu de décès.



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LES PHOTOGRAPHES DOMICILIÉS À CANNES AU XIX° SIÈCLE