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lundi 31 mai 2021

1187-CANNES : JACQUES BUSSI (1818-1902), PEINTRE ET PHOTOGRAPHE

 

SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS


UN ARTICLE ÉCRIT EN COLLABORATION AVEC DIDIER GAYRAUD


DERNIERE MISE A JOUR DE CET ARTICLE : 14/06/2021



- Jacques BUSSI (1818-1902)


ORMEA ET CASTILLON

Giacomo Bussi est né à Ormea (province de Coni, Italie) en fin d'année 1818. Il est l'un des enfants de Giovanni Battista Bussi (Nice c.1774-Nice 1860) et de Francesca Agnese Orengo (née à Sospel) qui se sont mariés le 29 avril 1811 (acte non retrouvé).

Giacomo Bussi a notamment un frère aîné, Carlo Bussi, né à Caorso en 1815 (près de Piacenza, Italie). Son frère Barthélémy et sa sœur Louise Marie Marguerite naîtront respectivement en 1822 et 1824 à Castillon (comté de Nice). 


NICE

La famille Bussi s'installe ensuite à Nice (paroisse Saint-Jacques) où le père va exercer le métier de douanier.

A l'âge de 21 ans, Giacomo Bussi se marie dans cette ville, à la cathédrale Saint-Réparate, le 31 mai 1840, avec Rosa Cavasso, repasseuse, âgée de 19 ans (née le 12 août 1820 à Nice, paroisse Sainte-Réparate).

Le couple va avoir au moins six enfants à Nice, Giacomo Bussi étant à chaque naissance qualifié de "peintre", sans qu'il soit possible de savoir s'il est artiste peintre ou peintre en bâtiments (son nom n'est pas cité dans le Guide des Etrangers à Nice 1858-1859 de Millie Bischoff, Nice, 1858 ; son frère Carlo est maçon) : 

- Antonio Emilio Carlo Bussi, le 9 mars 1842 (paroisse de Sainte-Réparate), 

- Luigi Emilio Serafino Bussi, le 12 octobre 1844 (paroisse de Sainte-Réparate), 

- Maddalena Serafina Bussi, le 14 mars 1847 (paroisse de Sainte-Réparate),

- Serafina Marianna Bussi, le 24 juin 1849 (paroisse de Saint-Pierre-d'Arène), 

- Antonietta Francesca Bussi, le 19 juillet 1850 (paroisse de Saint-Pierre-d'Arène), 

- Marianna Bussi, baptisée le 11 août 1859 (Eglise Protestante Evangélique), 

Un changement de domicile niçois est à noter pour la famille Bussi vers 1848 (changement de paroisse) et une conversion au protestantisme dans les années 1850.

Le père de Giacomo Bussi, Jean Baptiste Bussi, retraité, décède à Nice le 25 novembre 1860, à l'âge de 86 ans (paroisse Saint-Jacques). Vers 1859-1861, c'est également l'épouse de Giacomo Bussi qui décède à Nice, âgée d'environ 40 ans (acte non retrouvé). 


CANNES - RUE DE FRÉJUS

Giacomo Bussi quitte alors Nice pour Cannes, probablement en 1861 car il n'est cité, cette année-là, ni dans le recensement de Nice ni dans celui de Cannes.

Dès lors, il fréquente un compatriote italien, Joseph Contini, qui lui donne probablement des cours de peinture et de photographie, avant d'en faire son associé. 

Dès 1862, les noms des deux hommes apparaissent au verso de cartons-photos, "Jh. Contini & Bussi - Photographes - (à) Cannes" (une Cdv datée de décembre 1862, une de 1865, une autre de juin 1866).


- CONTINI Joseph (1827-1892) & BUSSI Jacques (1818-1902), Portrait d'homme, vers 1862-1867,
recto vierge, tirage albuminé de 9,1x5,5 cm sur carton de 10,5x6,1 cm, Collection personnelle.

5 - CONTINI Joseph (1827-1892) & BUSSI Jacques (1818-1902), Portrait d'homme, verso, vers 1862-1867,
"Jh. Contini & Bussi - Photographes. - Cannes (Alpes-Mmes)",
carton de 10,5x6,1 cm, Collection personnelle.


"Jacques Bussi, domicilié à Cannes" est ensuite cité comme témoin de mariage à Cannes, tout d'abord le 17 mai 1864, "âgé de 45 ans, artiste peintre" puis le 29 décembre 1864, "âgé de 46 ans, photographe" (il signe "JBufsi").

Le 6 février 1865, "Bussi Jacques, domicilié route de Fréjus à Cannes (Alpes-Maritimes), dépose un brevet d'invention de 5 ans pour un vernis destiné à la photographie" (INPI - Base Brevets du 19ème siècle). Une Carte de visite datée de 1865 porte d'ailleurs l'inscription manuscrite, "Vernis la lumière".

"Jacques Bussy" (son père signait déjà "Bussy") est ensuite signalé dans le recensement de la Ville de Cannes de début 1866, rue de Fréjus, 21, à proximité de son associé Joseph Contini qui habite au 14. Il y est qualifié de "photographe", "âgé de 45 ans" [47 ans en fait], accompagné de sa seule fille Antoinette, 15 ans. Ses cinq autres enfants dont trois sont encore adolescents sont-ils restés avec les autres membres de la famille à Nice ? Sa fille Marianna, née en 1859, est-elle décédée ?

Des publicités présentent "Jh Contini et Bussi - Peintres & Photographes", notamment celle qui paraît du 10 novembre 1866 au 29 avril 1867, en page 4 de la Revue de Cannes : "Contini et Bussi - Grand atelier de peinture et de photographie - Route de Fréjus à côté de l'agence Taylor" et précise pour la partie Photographie "Portraits, vues de Cannes et de ses environs de toutes dimensions, cartes stéréoscopiques etc., etc. Portraits grandeur naturelle, Photo-peinture".


CANNES - QUAI SAINT-PIERRE, 16

En 1867, les familles de Jacques Bussi et de Joseph Contini quittent la rue de Fréjus pour habiter désormais dans une même maison, située quai Saint-Pierre, 16, probablement acquise par Joseph Contini.

Dès lors, Jacques Bussi se concentre sur son activité de photographe et Joseph Contini sur celle de peintre, même si leurs vues photographiques de Cannes sont encore en vente en 1868 dans la librairie Robaudy (Victor Petit, Cannes, Promenades des Etrangers dans la ville et ses environs, nouvelle édition de 1868, p 19). 

Cette séparation des tâches est cependant antérieure au déménagement car une vue stéréoscopique porte au revers une étiquette avec le seul nom de "Jacques Bussi - Photographe Breveté S. G. D. G. [Sans Garantie Du Gouvernement] - Route de Fréjus [adresse barrée et réécrite à la main] 16, quai St-Pierre - A Cannes (A.-M.)".

La maison du quai Saint-Pierre, 16 est située du côté sud de la place Massuque. Elle est constituée de deux niveaux percés chacun de cinq baies mais se voit agrandie en 1867-1868 par un niveau supplémentaire érigé au-dessus des deux baies nord et couvert par un toit à un seul pan. Le mur nord, donnant sur la place, jusque là aveugle, est désormais percé de baies.

Jacques Bussi fait d'ailleurs peindre une publicité au sommet de ce mur nord, "Photographie Bussi", mais également, "Photographie", sur la façade est, sous les fenêtres du troisième niveau récemment bâti (plusieurs photographies du port en témoignent).

Ses cartons-photos affichent désormais, à l'encre noire ou rouge, son seul nom au verso, "Bussi [ou "Bussy"] - Photographe - Quai St. Pierre, [N°] 16. Cannes - (A.M.)". Ses Cartes de visite présentent des portraits mais également des reproductions d'œuvres d'art italien (comme le tableau religieux de Raphaël [1483-1520] dit, La Belle Jardinière, 1503-1508, conservé au Louvre). Ses vues stéréoscopiques sont rares et ses grands formats ne semblent pas signés.


- BUSSY Jacques (1818-1902), Portrait d'homme, verso, années 1870,
"Bussy - Photographe - Quai St. Pierre, N° 16. - Cannes - (A.M.)",
carton de 10,5x6,5 cm, Collection personnelle.


Jacques Bussi est ensuite cité comme "photographe, quai Saint-Pierre" dans l'Indicateur des Alpes-Maritimes et de la Principauté de Monaco, de 1869 par Léon Affairous (pp 573-575), dans les tableaux synoptiques du Courrier de Cannes du 31 décembre 1871 (p 6) et du 21 novembre 1872 (p 4) et dans les recensements de 1872 et 1876 (au n° 16). "Bussy" est également signalé dans l'Agenda photographique de 1876, sans précision d'adresse (p 39).

Dans les recensements de 1872 et 1876, Jacques Bussi est à nouveau cité avec sa fille Antoinette. Cette dernière, repasseuse, âgée de 29 ans, se marie cependant à Cannes le 29 mai 1880, avec Etienne Maurice Giacomelli, cuisinier, âgé de 29 ans (né le 15 janvier 1851 à Lemie, près de Turin, Italie). Dans l'acte de mariage, Jacques Bussi est qualifié de "photographe".

"Bussi Jacques, 63 ans, peintre" est à nouveau signalé dans le recensement de 1881, vivant quai Saint-Pierre, 16.

La fille de Jacques Bussi, Antoinette, a un enfant, Alexandre Ernest Giacomelli le 29 mars 1881 mais ce dernier décède à l'âge de onze mois, le 18 février 1882. Elle a ensuite une fille, Honorine Louise Aline Giacomelli qui naît le 31 décembre 1883. Antoinette décède cependant à l'Asile Evangélique de Cannes, le 17 mars 1887, à l'âge de 36 ans. Jacques Bussi, 67 ans [68 ans en fait], artiste peintre, est témoin de l'acte de décès.


CANNES - QUAI SAINT-PIERRE, 20 PUIS RUE DU PRÉ, 27

Dans l'Aide-Mémoire de Photographie publié par la Société de Photographie de Toulouse, Jacques Bussi est cité comme photographe officiant à Cannes, de 1877 à 1885. Vers 1883, Jacques Bussi semble en effet se concentrer à son tour sur la peinture après avoir quitté, comme Joseph Contini, la maison du 16, quai Saint-Pierre en 1882 mais lui, pour le n° 20.

Les Annuaires des Alpes-Maritimes le citent en effet dès 1884 dans la liste des habitants, "quai Saint-Pierre, 20" et dans la liste professionnelle parmi les "Peintres en attributs et décors" (et non parmi les "Peintres-Artistes" comme Joseph Contini), "Bussi, ex-photographe, quai St-Pierre".

Son nom disparaît cependant des annuaires dès 1887. Il est alors âgé de 70 ans et semble avoir pris sa retraite.

Le 23 janvier 1892, "Jacques Bussy" [âgé de 73 ans] assiste aux funérailles de son ami Joseph Contini, âgé de 64 ans.

Il n'est à nouveau cité dans les Annuaires des Alpes-Maritimes qu'au tournant du XX° siècle, "Bussy" ou "Bussi, J., rue du Pré, 27, maison Scalle".

"Bussi Jacques, photographe, âgé de 85 ans" [84 ans en fait], décède à l'hôpital civil de Nice le 24 octobre 1902.

Moins d'une dizaine de photographies de Jacques Bussi sont connues et aucune de ses peintures.


VOIR AUSSI

CANNES : JOSEPH CONTINI (1827-1892), PEINTRE ET PHOTOGRAPHE






mercredi 26 mai 2021

1186-CANNES - ESSAI DE DATATION DES VUES ANCIENNES DU PORT

 

SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS 


- Anonyme (peut-être ND [Neurdein] ou GILETTA Jean), Vue de Cannes, vers 1898,
tirage de16,8x12 cm, Collection personnelle.


DERNIÈRE MISE À JOUR DE CET ARTICLE : 15/11/2021



INTRODUCTION

Plusieurs centaines de vues de Cannes prises au XIX° siècle sont conservées dans les collections internationales publiques et privées ou en vente sur Internet. 

La plupart de ces photographies ne sont pas datées. Lorsqu'une date est présente, cette dernière a été le plus souvent inscrite par l'acheteur sur une vue qui peut dater de plusieurs années ou sur un album constitué de vues prises sur une décennie entière.

Si la mention de l'auteur (timbre sec ou humide, signature) est rare sur les grands formats, elle apparaît plus souvent sur les vues stéréoscopiques, les Cartes de visite et les Cabinets et permet de resserrer la datation de la prise de vue. L'adresse de l'atelier notamment donne souvent une indication précieuse mais les photographes ont parfois, avec plusieurs années d'écart, renouvelé les tirages d'une même prise de vue, sans parler des acheteurs de leur fonds (éditeurs).

Que ce soit sur les sites des collections publiques ou sur les sites de vente en ligne, les photographies sont donc "approximativement" datées ("vers", "circa") à une ou deux décennies près.

Le lieu photographié lui-même est riche d'enseignements, du fait du renouvellement de ses architectures, de ses plantations ou de son mobilier urbain mais les repères visuels bien datés restent peu nombreux. Ainsi, le nouvel Hôtel de Ville de Cannes érigé de 1874 à 1876 est un indicateur fort dans une vue montrant les Allées (qu'il en soit présent ou absent) mais reste insuffisant pour en préciser la date.

Il est donc nécessaire d'étudier de nombreuses photographies d'un même lieu sous différents points de vue et de les comparer entre elles pour repérer, dans un premier temps, les modifications urbaines. Il faut ensuite croiser les renseignements collectés sur l'évolution de la ville, plans, guides touristiques, articles de journaux, comptes-rendus de conseils municipaux mais également dessins et peintures, avec le regard porté sur les photographies. Ce sont tour à tour les textes qui permettent de dater les vues ou les vues datées qui permettent de dater un aménagement ou une construction.

Le fait de disposer de photographies scannées en haute résolution, d'en observer le détail et de dresser une liste de repères visuels permet, dans un premier temps, un classement par décennie. Si l'installation de réverbères, l'organisation d'un square, la construction d'un hôtel, la pose d'une statue, voire le renouvellement d'un commerce peuvent être bien documentés, il n'en est pas de même pour la construction d'une maison, la réfection d'une façade, l'ajout d'un étage, le prolongement d'un toit ou l'apparition d'une publicité peinte. Cependant, la multiplication des repères visuels crée progressivement un faisceau d'indices, et les vues datées, une chaîne chronologique de plus en plus précise, à un ou deux ans, voire à quelques mois près (chronotopie).

L'étude des vues du port de Cannes n'en est ici qu'à son premier stade. Cet article sera par la suite régulièrement mis à jour, du fait de la consultation nouvelle de textes éclairants ou d'images datées, remettant en question ou précisant la datation proposée.


LE PORT DE CANNES

Les photographies les plus anciennes conservées semblent dans les années 1850, celles de Charles Nègre (1852), de Charles Furne et Henri Tournier (1858) puis, dans les années 1860, celles de Joseph Contini, Jacques Bussi, Jules Buisson, Charles Nègre à nouveau, Jean Andrieu, Jean Walburg Debray (ou de Bray), Jules Messy, André Gasquet, Joseph Trésorier, Miguel Aleo & Alphonse Davanne. 

Certaines vues ont été prises par des photographes voyageurs (souvent parisiens), d'autres par des photographes régionaux (souvent implantés à Nice) et d'autres encore par des photographes installés à Cannes. Entre 1850 et 1900, une soixantaine de photographes ont effectué des prises de vues de Cannes et de son port, montrant le môle, le quai Saint-Pierre et la face orientale du Mont-Chevalier (ou Suquet).

Ces vues ont généralement été prises de l'est, depuis le boulevard de la Croisette, le môle et les Allées mais il existe des vues plongeantes prises de l'ouest, depuis le Mont-Chevalier, ou du nord, depuis la route de Grasse. De nombreuses vues orientales sont panoramiques, montrant des Allées jusqu'au môle, d'autres sont seulement partielles, se concentrant sur le môle ou les extrémités du quai Saint-Pierre (extrémité sud prise du môle et nord prise des Allées), montrant parfois les Allées et toujours le Mont-Chevalier. De très rares vues dévoilent enfin le quai Saint-Pierre dans toute sa profondeur, avec sa voie mise en perspective entre navires et architectures.

Cette étude va se concentrer sur quelques éléments du quai Saint-Pierre et du Mont-Chevalier vus de l'est et délaisser les autres points de vue et l'étude des Allées et du môle. La synthèse ci-dessous provient de l'étude comparative de près de 300 photographies des lieux.

Le port a été aménagé dès la fin des années 1830, avec le môle (1838-1839), le quai Saint-Pierre (1838-1842) puis le phare (1854) et la longue ligne de bâtiments du quai Saint-Pierre essentiellement bâtis vers 1850, avec des entrepôts (surtout du côté sud) et des magasins (surtout du côté nord) surmontés de logements. 


LES PHOTOGRAPHIES (1860-1900)

Les cinq photographies ci-dessous, panoramiques, lisibles et libres de droits, ont été sélectionnées afin de permettre une synthèse claire de la plupart des repères visuels, sur quatre décennies.


- NEGRE Charles (1820-1880), Vue de Cannes, détail, vers 1863,
deuxième vue de l'album, Midi de la France,
tirage sur papier albuminé d'environ 15x21 cm sur carton de 24,4x29,4 cm, 
New York, The Metropolitan Museum (voir l'Album).

En rouge, les modifications intervenues entre 1860 et 1863, avec par ordre chronologique :

- construction d'un grand bâtiment du côté sud du quai Saint-Pierre, vers 1860-1861 ;

- installation d'une avancée de toit (créant une zone d'ombre) sur une maison du côté nord,
 au n° 4b du quai Saint-Pierre, vers 1862-1863. 


- Anonyme (peut-être DEBRAY Jean Walburg [1839-1901]), Vue de Cannes, détail, vers 1873,
photographie datée par l'acheteur de "1876",
Rijksmuseum, cote RP-F-2013-22-70 (voir ici).

En rouge, les modifications intervenues entre 1863 et 1873, avec par ordre chronologique :

- installation d'une avancée de toit (créant une zone d'ombre) sur une maison située du côté nord du quai Saint-Pierre, au n° 4a, en 1863 ;

- construction d'un groupe de maisons à mi-hauteur du Mont-Chevalier, du côté sud, vers 1863-1867 ;

- surélévation d'un niveau d'une maison située du côté nord du quai Saint-Pierre, au n° 3
(entraînant la disparition de la tourelle centrale, visible sur la photo précédente), en 1864 ;

- surélévation d'un niveau de l'extrémité septentrionale d'une maison située du côté sud
du quai Saint-Pierre, au n° 16, bordant la place Massuque, vers 1867-1868 ; cette maison semble avoir été celle du peintre Joseph Contini dès 1867 ;

- extension de la devanture de la Pharmacie Girard (soulignée de deux traits rouges), du côté nord du quai Saint-Pierre, au n° 4, vers 1868 :

- apparition d'une brèche importante au sommet de la Tour du Suquet, 
à proximité de l'angle nord-est, vers 1870-1872 ;

- fin de construction d'un haut bâtiment situé à mi-hauteur du Mont-Chevalier, 
côté sud vers 1873.


- Anonyme (peut-être DEBRAY Jean Walburg [1839-1901]), Vue de Cannes,
détail, vers 1882,
tirage albuminé de 14,8x9,4 cm, Collection personnelle.

En rouge, les modifications intervenues entre 1874 et 1882, avec par ordre chronologique :

- ombre (pourtour creusé) autour de l'horloge (encastrée) de la Tour de l'Horloge, vers 1875 ;

- installation d'une barrière de protection au sommet de la Tour de la Castre, vers 1879-1880 ;

- surélévation d'un niveau d'une maison située sur le quai Saint-Pierre, côté nord (n° 7 ?),
 vers 1881-1882.



- GILETTA Jean (1856-1933), Vue de Cannes, détail, vers 1887,
photographie (fol. 19) appartenant à un Album ayant pour titre,
"Provence - 19 Janvier - 6 février - 1892",
Paris, BnF (voir sur Gallica).

En rouge, les modifications intervenues entre 1882 et 1887, avec par ordre chronologique :

- démolition de la chapelle Saint-Pierre puis de la Caserne situées à l'extrémité sud
 du quai Saint-Pierre, vers 1882-1885 ;

- développement important des arbres situés à mi-hauteur du Mont-Chevalier, du côté sud,
 vers 1882-1887 ;

- changement de l'Horloge (en saillie, éclairée, avec large cadran noir) de la Tour de l'Horloge,
et placement de trois horloges sur les autres faces, plus petites et rondes
mais avec un large cadran noir, 1882 ;


- surélévation ou reconstruction de l'ensemble d'une maison située du côté sud
du quai Saint-Pierre, au n° 16 (maison Contini), bordant la place Massuque (côté sud),
vers 1883-1884 (comparer avec la vue précédente) ; Joseph Contini quitte cette maison fin 1882
 et cette dernière est agrandie peu après, peut-être dès 1883 ; 


- réfection en cours d'une maison située du côté sud
du quai Saint-Pierre, au n° 15, bordant la place Massuque (côté nord), vers 1887.


- Anonyme (peut-être ND [Neurdein] ou GILETTA Jean), Vue de Cannes, détail, vers 1898,
tirage de16,8x12 cm, Collection personnelle.

En rouge, les modifications intervenues entre 1887 et 1898 :

- construction de trois nouvelles maisons ou groupes de maisons sur le flanc sud
 du Mont-Chevalier, vers 1888-1890 ;

- installation d'une avancée de toit (créant une zone d'ombre) sur une maison située du côté nord
 du quai Saint-Pierre, au n° 5, vers 1890-1893 ;


- publicité peinte, "Faïence d'Art", sur le grand pignon de la maison située près de la Tour
 de la Castre, vers 1896-1898.



SUR CANNES VOIR ÉGALEMENT

Le port au milieu du XIX° siècle

Photographies anciennes du port de Cannes (1865-1890)










mardi 18 mai 2021

1185-CANNES : JOSEPH CONTINI (1827-1892), PEINTRE ET PHOTOGRAPHE

 

SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS


1 - CONTINI Joseph (1827-1892), Cannes, Villa Victoria et Château des Tours, vers 1860-1861, 
tirage albuminé de 28x36 cm, Paris, BnF (Gallica).


UN ARTICLE ÉCRIT EN COLLABORATION AVEC DIDIER GAYRAUD



- Joseph Camille Thomas CONTINI (1827-1892)


MILAN, PARME, ESTE

Giuseppe Camillo Tommaso Contini est né à Milan le 15 novembre 1827 (actes de mariage et de décès). Il est le fils de Luigi Contini, négociant et de Domenica Silva, son épouse.

Giuseppe Contini semble avoir grandi dans la ville de Parme qu'il présentera souvent comme sa ville natale (visa de passeport, recensements, livrets des Salons). 

Il y suit des études à l'Académie des Beaux-Arts au milieu des années 1840. C'est probablement dans les sections Paysage et Lithographie de l'Académie qu'il rencontre le peintre Alberto Pasini (né en 1826) dont il devient l'ami et l'élève.

Au tout début des années 1850, Giuseppe Contini s'installe à Este (Vénétie) avec un passeport en règle lui permettant d'y exercer son art.

En décembre 1852 cependant, sous le règne de l'impopulaire roi Carlo III, duc de Bourbon-Parme, Giuseppe Contini fait partie d'un groupe de personnes successivement arrêtées pour avoir clandestinement introduit, du Piémont et de l'étranger, des journaux et des gravures interdites. 

Comme ses camarades, il est emprisonné, maltraité et interrogé pour suspicion d'espionnage et de complot armé conçu par les libéraux de Parme et du Piémont. Le procès s'achève le 20 mai 1853 avec la condamnation à mort pour conspiration, d'Erminio Mazza (peintre) et d'Angelo Varsi, la condamnation à des peines de prison de plusieurs mois ou années pour d'autres, et la libération de quelques-uns dont lui. Les peines de mort seront cependant commuées en années de travaux forcés puis tout le groupe sera gracié par Carlo III le 7 décembre 1853 (voir notamment, Italia e Popolo, Giornale Politico, Genova, 20 Giugno 18531853, vol. 1, pp 660-661). 

"Contini, peintre paysagiste distingué, à l'âme très noble et candide, d'esprit très astucieux, par nature porté vers le juste et le beau, fut mis à disposition du gouvernement d'Este, où il était censé avoir introduit des livres et gravures interdites, qui le libéra" (Parma sotto Carlo III, Estratto dal giornale L'Unione, Torino, Agosto 1856 pp 78-83).

Dès lors, Giuseppe Contini regagne sa famille puis prend le chemin de l'exil. En juin 1856, il est signalé à Nice.


CANNES, QUAI SAINT-PIERRE

Un visa de passeport du Consulat de France à Nice (sarde), daté du 12 juin 1856 atteste en effet le passage en direction de la France, de "Contini Jh., peintre, âgé de 28 ans, né et domicilié à Parme", sur présentation d'un passeport délivré à Parme la veille (AD06 - Visas de Passeports 1856 - 01Z 0252, n° 2874).

L'une de ses photographies coloriées, Portrait de mère et Enfant (Image 2), prouve cependant son installation antérieure à Cannes, entre 1853 et 1856, car elle est signée, "Contini G." et datée, "Cannes, le 25 mai 1856". Son voyage de juin 1856 montre qu'il a repris contact avec ses parents et la ville de Parme après la mort de Carlo III (assassiné) en mars 1854.


2 - CONTINI Joseph (1827-1892), Cannes, Portrait de mère et enfant, 25 mai 1856,
portrait colorié signé en bas à gauche au recto, "Contini.G." 
et portant au verso les inscriptions manuscrites suivantes, 
"Cannes le 26 mai 1856 - petit âgé de 7 mois", 
tirage albuminé de 22x17 cm, sur carton de 35,8x31,9 cm, Collection personnelle.
Il s'agit probablement d'un portrait post-mortem de l'enfant mais aucune naissance
 ni décès enregistré à Cannes ou au Cannet ne semble correspondre.



Giuseppe Contini a probablement été formé à la photographie à Parme dans les années 1840. S'il n'est pas le premier photographe à réaliser des vues de Cannes (Charles Nègre en 1852), il semble le premier à s'y installer. 

Giuseppe Contini réalise dès les années 1850, des photographies et estampes de paysages de Cannes et de ses environs comme, La Villa Sardou de Rachel, photographie, 1857 (publiée sous forme d'estampe dans L'Illustration du 07/11/1857 p 434 et Le Monde Illustré du 14/11/1857 p 1) ou Vue de Cannes, estampe éditée à Grasse chez l'imprimeur-lithographe Foucard en 1858 (Bibliographie de la France, 10 avril 1858 p 195 - Archives Municipales de Cannes [AMC], 3Fi108). 

La publicité ci-dessous de 1859 le présente essentiellement comme un artiste peintre vivant quai Saint-Pierre réalisant des vues à l'huile, aquarelle, gouache et pastel et comme professeur de dessin et peinture mais précise "on fait également les portraits et les vues par la photographie".


3 - Publicité pour Joseph Contini parue dans l'appendice publicitaire de l'ouvrage de Jean Baptiste Girard,
 Cannes et ses environs, guide historique et pittoresque, Paris, Garnier Frères, 1859, BnF (Gallica).


Il est cité comme "photographe, célibataire, âgé de 33 ans, quai Saint-Pierre, 5" dans le recensement de la Ville de 1861.

En 1861, il fait la connaissance d 'un compatriote italien, Jacques Bussi et lui donne probablement des cours de peinture et de photographie, avant d'en faire son associé. Joseph Bussi a 9 ans de plus que Joseph Contini, est veuf et vit à Cannes avec sa fille Antoinette.

Les noms des deux hommes apparaissent au verso de cartons-photos dès l'année suivante (Images 4 et 5), "Jh. Contini & Bussi - Photographes - (à) Cannes" (une Cdv datée de décembre 1862, une de 1865, une autre de juin 1866).


4 - CONTINI Joseph (1827-1892) & BUSSI Jacques (1818-1902), Portrait d'homme, vers 1862-1867,
recto vierge, tirage albuminé de 9,1x5,5 cm sur carton de 10,5x6,1 cm, Collection personnelle.

5 - CONTINI Joseph (1827-1892) & BUSSI Jacques (1818-1902), Portrait d'homme, verso, vers 1862-1867,
"Jh. Contini & Bussi - Photographes. - Cannes (Alpes-Mmes)",
carton de 10,5x6,1 cm, Collection personnelle.



CANNES, RUE DE FREJUS

Le 14 avril 1863, "Joseph Camille Thomas Contini, âgé de 35 ans, artiste peintre" (il signe désormais "Jh. Contini"), se marie à Cannes. A cette date, son père est décédé et sa mère, qui vit toujours à Parme, est consentante par acte notarié. Il épouse Caroline Joséphine Caire, 20 ans, sans profession (née le 3 juillet 1842 à Aix-en-Provence, Bouches-du-Rhône). L'un de ses témoins de mariage est l'imprimeur-lithographe Eugène Foucard de Grasse.

Le couple Contini s'installe, rue de Fréjus, 14. Leur premier enfant, Victor Constantin François Contini, y naît le 21 janvier 1864Jacques Bussi et sa fille habitent dans la même rue, au 21.

"Contini (Joseph), né à Parme (Italie), élève de l'Académie de Parme. - A Cannes (Alpes-Maritimes) ; et à Paris, chez M. J. Ottoz, rue de la Bruyère, 22." [marchand de couleurs et de tableaux d'origine italienne], expose dans les sections Peintures (huiles) et Dessins (aquarelles) au Salon parisien de 1864 et dans les années suivantes (1865, 1866, 1868, 1869). 

Joseph Contini est cité comme "peintre et photographe" dans l'Annuaire des Alpes-Maritimes de 1864 (adresse non précisée) et comme photographe "rue de Fréjus" dans le Guide aux Stations d'Hiver du Littoral méditerranéen édité par le Dr Lubanski en 1865.

L'Annuaire des Alpes-Maritimes de 1865 cite cependant, "Peintres (artistes) - Contini et Bussi, route de Fréjus ; Photographes - Contini, route de Fréjus".

Joseph Contini publie en page 4 de la Revue de Cannes du 28 janvier 1865 (premier numéro) au 11 février 1865 puis le 14 octobre 1865, une publicité calquée sur celle de 1859 (ci-dessus) où seul son nom apparaît mais avec sa nouvelle adresse et les termes, "Atelier de Photographie", davantage mis en évidence.

A partir du 10 novembre 1866 et jusqu'au 27 avril 1867 (p 4) cependant, une nouvelle publicité de la Revue de Cannes, affiche désormais "Contini et Bussi - Grand atelier de peinture et de photographie - Route de Fréjus à côté de l'agence Taylor" et précise pour la partie Photographie "Portraits, vues de Cannes et de ses environs de toutes dimensions, cartes stéréoscopiques etc., etc. Portraits grandeur naturelle, Photo-peinture". D'autres publicités les présentent comme "Peintres et Photographes".

Dans le recensement de 1866, "Contini Joseph, artiste peintre, âgé de 38 ans" est cité rue de Fréjus, 14, avec Caire Caroline, sa femme, 23 ans et Contini Victor, son fils, 2 ans. La famille s'agrandit avec Eugénie Louise Contini qui naît le 10 août 1867 mais l'adresse n'est pas précisée dans l'acte.

En 1865 et 1866, le livret du Salon parisien où il expose ses tableaux de paysages précise qu'il est "élève de M. Albert Pasini" et qu'il habite, "A Canne, route de Fréjus". Joseph Contini participe également à des expositions à Cannes, Nice et Marseille et d'autres villes françaises.


CANNES QUAI SAINT-PIERRE

Les deux familles Contini et Bussi quittent la rue de Fréjus en 1867 pour s'installer ensemble dans une maison au 16, quai Saint-Pierre. Là, Joseph Contini se consacre désormais uniquement à la peinture et Jacques Bussi à la photographie. 

Cette séparation des tâches est cependant antérieure au déménagement car une vue stéréoscopique porte au revers une étiquette avec le seul nom de "Jacques Bussi - Photographe Breveté S. G. D. G. [Sans Garantie Du Gouvernement] - Route de Fréjus [adresse barrée et réécrite à la main] 16, quai St-Pierre - A Cannes (A.-M.)".

Il est probable que la maison du quai Saint-Pierre est dès lors la propriété de Joseph Contini car elle sera, par la suite, citée sous son nom (Courrier de Cannes du 29 janvier 1876). Le livret du Salon parisien de mai 1868 affiche dès lors sa nouvelle adresse, quai Saint-Pierre. 

Victor Petit, dans la nouvelle édition de 1868, de son ouvrage, Cannes, Promenades des Etrangers dans la ville et ses environs, cite à la librairie cannoise de Fortuné Robaudy, les "vues en très-grand nombre, sur la localité, de MM. Contini et Bussy" (p 19). Cependant, Joseph Contini insère dans ce même ouvrage une publicité où il apparaît seul (ci-dessous) et fait paraître une publicité semblable dans la Revue de Cannes, du 25 octobre 1868 au 21 avril 1870 (p 3 puis p 4). Toutes les mentions cannoises des décennies suivantes le présenteront d'ailleurs uniquement comme "artiste peintre" (sauf dans les Guides Murray qui reposent sur des informations anciennes). 


6 - Publicité pour Joseph Contini publiée en 1868 dans l'appendice publicitaire de l'ouvrage de Victor Petit, Cannes, Promenades des Etrangers dans la ville et ses environs, nouvelle édition (GoogleBooks).



Le couple Contini va avoir quatre nouveaux enfants à cette adresse du quai Saint-Pierre Louis Jules Joseph Contini, le 16 janvier 1869 mais qui décède malheureusement à l'âge de 10 jours le 26 janvier suivant Marie Clémence Elisa Contini, le 5 octobre 1870 ; Thérèse Victorine Joséphine Contini, le 18 mars 1873 ; Louise Victorine Catherine Contini, le 25 novembre 1877.

Joseph Contini est signalé pendant les saisons d'été 1870 et 1871 à l'Hôtel Monnet puis à l'Hôtel des Bains d'Uriage-les-Bains (Isère), probablement pour une cure (Le Dauphiné du 23 juin 1870 p 61 et du 23 juillet 1871 p 77). 

Son nom apparaît dans l'Annuaire publié par la Gazette des Beaux-Arts de 1870 (p 18) et de 1872 (p 18) et participe à plusieurs expositions du Salon parisien dans les années 1870 (1873, 1877, 1878).

Dans le recensement de la Ville de Cannes de 1872, "Contini Joseph, peintre, âgé de 43 ans, italien" est signalé quai Saint-Pierre, 16, avec sa femme Caire Caroline, 29 ans, française, ses enfants italiens, Victor, 8 ans, Eugénie 5 ans, Marie 1 an et demi, et Bouton Marie, domestique, 18 ans, italienne. 

A l'exposition cannoise de mars 1872, organisée par la Société des Sciences à l'Hôtel Gonnet, Joseph Contini expose deux tableaux à l'huile dont Vue d'Antibes et quatre aquarelles (Revue de Cannes du 7 mars 1872 p 6 et du 10 mars 1872 p 3 ; Le Courrier de Cannes du 17 mars 1872 p 1).

Joseph Contini est à nouveau cité comme "peintre", quai Saint-Pierre, 16, dans le recensement de 1876, vivant avec son épouse, ses quatre enfants et deux domestiques, Ribotti Marie, 16 ans et Martin Alexandrine, 24 ans.

En juin 1876, Joseph Contini propose, par courrier, à la Municipalité de Cannes de faire deux grands tableaux représentant Cannes ancien et moderne, destinés à l'une des salles du nouvel Hôtel de Ville, plus un troisième tableau dont le sujet reste à définir, pour une somme totale de 4.000 frs. Le Conseil municipal accepte la proposition et vote le budget correspondant lors de la séance du 16 juin 1878 (AMC - 1D18, vue 186).

Joseph Contini participe à l'Exposition Universelle de Paris en 1878 (avec notamment, Rochers près de Cannes). 

Le peintre appartient à de nombreuses sociétés culturelles italiennes et cannoises et fait des dons répétés (pauvres, émigrés, victimes de catastrophes) lors des souscriptions (dons d'argent, dons d'œuvres pour les tombolas). Il crée en 1880 la Société italienne de Bienfaisance dont il est le président (Courrier de Cannes du 14 janvier 1880 p 2).

Dans le but de récompenser les services qu'il a rendus à son pays, le roi Humbert Ier d'Italie (qui règne de 1878 à 1900) fait de "Contini G., peintre, président du Conseil d'Administration de la Société italienne de Bienfaisance de Cannes", chevalier de l'Ordre de la Couronne d'Italie par décret du 18 février 1880 (Les Echos de Cannes du 29 février 1880 p 2 - Gazzetta ufficiale del Regno d'Italia du 11 mai 1880 p 1937)).

En octobre 1880, Joseph Contini fonde avec le sculpteur Emile Désiré Liénard (1842-1910) un "Salon d'études artistiques" de peinture et de sculpture (Les Echos de Cannes du 10 octobre 1880 p 2)

Le roi et la reine de Wurtemberg lui font une importante commande de tableaux en avril 1881 (Les Echos de Cannes du 1er mai 1881 p 2).

En octobre 1881, il crée avec le sculpteur Liénard une "Ecole des Beaux-Arts" qui s'organise dans les mois suivants et où il donne des cours gratuits (accord du Conseil municipal du 16 octobre 1881, AMC 1D23, 4 - Courrier de Cannes du 10 novembre 1881 p 2 - Les Echos de Cannes du 11 décembre 1881 p 2). Il n'est cependant plus question de cette Ecole dans les années suivantes. 

La famille Contini est citée quai Saint-Pierre, 16 dans le recensement de 1881, avec "Contini Joseph, peintre, âgé de 53 ans", Joséphine, sa femme, 37 ans [près de 39 ans], sans profession, ses enfants, Victor, 18 ans, marin, Eugénie, 14 ans, élève peintre, Marie 11 ans, Thérèse, 8 ans, Louisette, 4 ans et Carle Marie, 35 ans, domestique.


CANNES, RUE HERMAN

La famille Contini quitte le quai Saint-Pierre fin 1882 pour la rue Herman(n), 3 (actuelle rue des Etats-Unis) (Annuaire des Alpes-Maritimes de 1884 à 1891). C'est là que naît leur dernier enfant, Marguerite Alexandrine Marie Contini le 5 décembre 1883. Cette dernière décède malheureusement le 16 avril suivant, à l'âge de 5 mois.

Joseph Contini transfère son atelier de peintre rue Bossu 7, maison Augier (Les Echos de Cannes du 28 novembre 1882) mais il aménage dans les années suivantes et au plus tard en 1889, un atelier dans sa nouvelle maison où il continue à dispenser des cours (publicité parue dans Le Littoral du 2 mai 1890 p 2).

En mai 1888, il propose à la Municipalité de Cannes de peindre un Panorama de Cannes pour l'Exposition Universelle de 1889 à Paris mais son projet n'est pas retenu (AMC 1D30 vue 174 - séance du Conseil municipal du 30 mai 1888).


7 - Double-page publicitaire pour l'atelier de Joseph Contini,
parue dans l'Annuaire des Alpes-Maritimes, 1890, pp 88-89,
Archives Départementales des Alpes-Maritimes.



CANNES, RUE HOCHE

Joseph Contini et sa famille s'installent rue Hoche, 2 en 1891 (Annuaire des Alpes-Maritimes de 1892).

Son fils Victor Constantin François Contini, devenu Capitaine au long cours, disparaît malheureusement en mer en 1891 et est déclaré décédé à Dunkerque, le 23 juin 1891, à l'âge de 27 ans.

Joseph Contini, très fortement affecté par la mort de son fils, décède à Cannes, le 20 janvier 1892 au 2 rue Hoche, âgé de 64 ans. 

Ses funérailles ont lieu le 23 janvier au matin (Le Littoral du 23 janvier 1892 p 2), notamment en présence des membres de sa famille, de Jacques Bussy et du vice consul d'Italie, et il est inhumé au Cimetière du Grand Jas, dans le caveau de la famille Caire (voir les discours prononcés sur sa tombe dans Le Littoral du 25 janvier 1892 p 2)


LA FAMILLE CONTINI

Sa fille Eugénie Louise, sans profession (Cannes 10 août 1867- Lyon 1940) se mariera à Cannes, à 27 ans, le 15 mai 1895 avec Charles Eugène Samson, ingénieur, âgé de 30 ans (né le 9 mai 1865 à Troyes, Aube) et sa fille Marie Clémence Elisa, sans profession (Cannes 05/10/1870-? 18/01/1939) se mariera à Cannes, à 39 ans, le 8 décembre 1909, aveEmilio Augustin Damour, ingénieur des Mines, 47 ans (né le 14 octobre 1862 au Creusot, Saône-et-Loire)

Sa veuve Joséphine (Aix-en-Provence 3 juillet 1842-Golfe Juan 3 juillet 1939) et ses deux autres filles célibataires, Thérèse Victorine Joséphine (Cannes 18/03/1873-Golfe Juan 27/07/1938) et Louise Victorine Catherine (Cannes 25/11/1877-Cannes 15/01/1936), s'installeront ensuite à Golfe Juan, Villa Le Pinson.


LES OEUVRES

Un catalogue des œuvres peintes de Joseph Contini reste à établir. Une quarantaine seulement de ses peintures (huiles et aquarelles) sont connues (Musée des Explorations du Monde à Cannes, Collections internationales publiques et privées). Certaines ne sont pas datées et d'autres le sont des années 1870 et surtout des années 1880. 

Ses œuvres réalisées à Parme puis Este à la fin des années 1840 et au début des années 1850 restent inconnues, comme ses premières œuvres cannoises de la fin des années 1850. Peu d'œuvres des années 1860 sont connues même si Joseph Contini a beaucoup exposé dans ces années-là et a peint avec une grande "vérité des sites" les architectures de la ville et notamment ses villas et châteaux. La datation de certaines de ses peintures peut d'ailleurs être déduite de la représentation de ces architectures (voir La Baie de Cannes et l'Estérel, vendu à Drouot en 2019 qui peut être datée entre 1861 et 1867).

Une trentaine de ses photographies (vues et portraits) sont de même connues (Collections internationales publiques et privées). Il s'agit notamment de grands formats, signés ou non et datant du début des années 1860 (album de 12 vues, Cannes, de la BnF ; 6 vues de The Royal Collection) et de cartes de visite portant son nom et celui de Bussi.


VOIR AUSSI

CANNES : JACQUES BUSSI (1818-1902), PEINTRE ET PHOTOGRAPHE