4

4

lundi 9 août 2021

1196-BAC SPÉ ARTS PLASTIQUES : ÉPREUVES TERMINALES DÈS 2022

 

SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS





 BO n°30 DU 29 JUILLET 2021


Baccalauréat général : Épreuve terminale de l'enseignement de spécialité arts plastiques à compter de la session 2022


Épreuve écrite et orale

Durée : 3 heures 30 pour l'épreuve écrite, 30 minutes pour l'épreuve orale.


Nature de l'épreuve 

La partie écrite de l'épreuve porte sur la culture plastique et artistique. 

La partie orale, portant sur la pratique et la culture plastiques, s'appuie sur la présentation d'un projet abouti à visée artistique élaboré au cours de l'année de terminale.


Objectifs de l'épreuve 

En relation avec les compétences travaillées et les attendus du programme de spécialité de terminale, l'épreuve mobilise les acquis du candidat dans les diverses dimensions de la pratique et de la culture artistiques. Elle lui permet de témoigner d'une culture plastique et artistique diversifiée et structurée, ainsi que de sa capacité à construire une relation personnelle et sensible aux œuvres. Elle mobilise les qualités d'invention et les savoirs plasticiens qu'il a mis au service de projets personnels de création en arts plastiques, étayés de sa capacité à analyser et situer des démarches et des processus. 

L'épreuve évalue en outre les aptitudes à construire un propos organisé et argumenté, à faire preuve de distance critique, à dialoguer avec le jury.


ÉPREUVE ECRITE : CULTURE PLASTIQUE ET ARTISTIQUE


Durée : 3 heures 30

Modalités de l'épreuve

L'épreuve est organisée en deux parties. La première partie est traitée par tous les candidats, la seconde partie propose un choix.


Première partie notée sur 12 points : analyse méthodique d'un corpus d'œuvres et réflexion sur certains aspects de la création artistique

Mobilisant ses connaissances et compétences comme ses expériences sensibles, le candidat conduit une réflexion argumentée portant sur un aspect de la création artistique, induit par un corpus de trois à cinq œuvres (reproduites en annexe), et une consigne. 

Les œuvres du corpus, dont une partie est issue des questions limitatives de terminale, se relient principalement aux questionnements plasticiens et artistiques interdisciplinaires des programmes. Les caractéristiques des œuvres reproduites (plastiques, techniques, procédurales, iconiques, sémantiques, symboliques, etc.) peuvent constituer des points d'appui à partir desquels le candidat développe une analyse méthodique et étaye sa réflexion. 

Celle-ci est enrichie d'autres références de son choix, prises dans le champ des arts plastiques, précises et situées dans l'espace et le temps. 

Pour compléter ce travail d'analyse, il a la possibilité de solliciter à son gré d'autres domaines artistiques et culturels. Sauf indications contraires, la rédaction peut être librement complétée par des croquis, schémas, collages, décalques d'éléments prélevés sur les documents.


Deuxième partie notée sur 8 points : le candidat traite au choix l'un des deux sujets proposés

Sujet A : commentaire critique d'un document sur l'art

Le candidat rédige un commentaire critique d'une à deux pages à partir d'un document (textuel, visuel ou combinant les deux aspects) relatif à l'art et accompagné d'une consigne reliée plus particulièrement à l'un des questionnements artistiques transversaux du programme précisé dans les questions limitatives de terminale. 

Mobilisant ses connaissances et compétences comme ses expériences sensibles, le candidat développe un propos personnel, argumenté et étayé afin d'attester d'un recul critique.

Sujet B : note d'intention pour un projet d'exposition

À partir d'une consigne, reliée à l'un des questionnements du programme portant sur les domaines de la présentation des pratiques, des productions plastiques et de la réception du fait artistique, également précisé dans les questions limitatives de terminale, le candidat choisit une œuvre parmi le corpus de la première partie de l'épreuve. 

Mobilisant ses connaissances et compétences comme ses expériences sensibles, il présente ses intentions pour l'exposition de cette œuvre et justifie les modalités envisagées. La rédaction, d'une à deux pages, est obligatoirement accompagnée de quelques schémas et croquis.


ÉPREUVE ORALE : PRATIQUE ET CULTURE PLASTIQUES


Durée : 30 minutes

- première partie : 10 minutes maximum ;

- deuxième partie : le temps restant.

Temps de préparation : 10 minutes

Le candidat utilise le temps de préparation pour disposer dans la salle d'examen, sans commentaires d'accompagnement, les éléments de son projet (réalisations plastiques et dossier). 

Il dédie, éventuellement, une partie de ce temps à la diffusion de captations de quelques réalisations ne pouvant être transportées dans les conditions prévues ou d'extraits de productions strictement numériques ou vidéographiques.

Un document de synthèse est transmis au jury au plus tard quinze jours avant l'épreuve. Il est visé par le professeur de la classe et le chef d'établissement.

Modalités de l'épreuve

Cette partie de l'épreuve prend appui sur la présentation d'un projet abouti à visée artistique et se déroule en deux parties consécutives.


Première partie notée sur 12 points : présentation d'un projet

Le candidat présente une ou plusieurs réalisations plastiques et un dossier qui témoignent d'un projet abouti à visée artistique, issu du travail conduit dans le cadre de l'enseignement suivi en classe terminale. 

Ayant indiqué sommairement les motivations du choix de ce projet parmi d'autres possibles, il en expose les intentions, la démarche, les moyens et les processus mobilisés. Il peut également nourrir sa présentation d'expériences personnelles comme de rencontres qu'il a pu faire avec la création artistique (œuvres, artistes, lieux de création, d'exposition, de conservation, etc.) en s'appuyant, si besoin, sur des éléments de son carnet de travail.


Deuxième partie notée sur 8 points : entretien

L'entretien est conduit dans une forme dialoguée favorisant la prise en compte conjuguée du projet présenté (réalisations et dossier) et du carnet de travail. Il permet au candidat un retour critique sur le projet et sur la présentation conduite durant la première partie de l'épreuve. 

Le jury l'invite à développer et à préciser sa réflexion quant aux partis pris et aux intentions artistiques, aux moyens et aux techniques plastiques mobilisés, ainsi qu'aux possibles influences et esthétiques ayant nourri son travail. Il engage par ailleurs le candidat à approfondir les liens qu'il établit avec sa culture plastique et artistique. En appui sur le carnet de travail, l'entretien permet en outre une meilleure compréhension de son parcours en arts plastiques et une appréciation plus fine de son engagement comme de sa sensibilité artistique.


Projet, dossier, carnet de travail, document de synthèse

Le projet abouti présenté est constitué, en fonction de la nature de la démarche, d'une ou plusieurs réalisations plastiques (dans ce cas, une sélection d'au maximum quatre) et d'un dossier qui le documente. 

Les réalisations plastiques présentées s'inscrivent, selon le choix du candidat, dans un ou plusieurs des grands types de pratiques définis par les programmes. Le jour de l'épreuve, elles doivent pouvoir être transportées et disposées par le candidat dans la salle d'examen sans aide extérieure ni dispositif particulier d'accrochage ou de présentation. Elles ne sont pas manipulées par le jury.

La restitution des pratiques strictement infographiques, numériques ou vidéographiques comme les visualisations nécessitant le multimédia sont conduites avec du matériel informatique. La photographie et la vidéo sont employées pour restituer les réalisations bidimensionnelles et tridimensionnelles de très grand format ou de très gros volume, ainsi que celles impliquant la durée ou le mouvement, de même que celles en relation à un espace architectural ou naturel, à un dispositif de présentation ou à la réalisation d'une exposition. 

L'ensemble du visionnement de ces documents doit strictement s'inscrire dans une partie des dix minutes du temps de préparation. Le candidat est responsable du matériel informatique requis et de son bon fonctionnement. Il prévoit des versions imprimées à présenter en cas d'une éventuelle panne.

Le dossier documente le projet. Il comprend des éléments permettant de l'appréhender dans sa globalité comme dans sa dynamique. 

Par exemple : sélection d'esquisses, de réalisations préparatoires, de photographies pouvant restituer une vue d'ensemble, de traces des évolutions ou des orientations prises ; documents ou échantillons témoignant de certaines caractéristiques plastiques ou des processus de travail ; captations de mises en œuvre ou des monstrations qui, notamment, ne peuvent être apportées le jour de l'épreuve, etc. 

La forme et les données du dossier sont libres, dans la limite raisonnable de pouvoir être rassemblées et transportées dans un format du type « raisin » et de 5 cm d'épaisseur.

Le carnet de travail est obligatoirement apporté par le candidat le jour de l'épreuve. C'est un objet personnel qui témoigne de la diversité des projets et démarches, des réalisations abouties, inachevées ou en cours, des expériences, des rencontres et des références ayant pu jalonner l'ensemble de l'année de terminale et que l'élève a décidé de retenir ou de valoriser. 

La forme et les données matérielles du carnet de travail sont libres.

Un document de synthèse, rédigé par le professeur, décrit sommairement en une page, les grandes étapes du travail de la classe et atteste de l'authenticité du projet présenté par le candidat.

L'oral prend appui sur le projet (réalisations et dossier) et sur le carnet de travail qui ne sont pas évalués en tant que tels.



ÉPREUVE ORALE DE CONTRÔLE


Elle se déroule sous la forme d'un entretien en deux temps prenant appui sur des documents visuels (images d'œuvres).

Temps de préparation : 30 minutes

Durée de l’entretien : 30 minutes

Pour l'une et l'autre partie de l'épreuve, le jury évalue les connaissances du candidat et les compétences qu'il mobilise dans l'appropriation de questionnements induits par les documents proposés.


Première partie notée 10 points : 15 minutes maximum.

Pour l'interroger, le jury choisit un document parmi quatre apportés par le candidat, portant sur des œuvres hors questions limitatives et relevant des questionnements des programmes au cycle terminal.


Deuxième partie notée sur 10 points : le temps restant.

L'entretien se poursuit sur la base d'un ou plusieurs documents issus ou explicitement liés aux questions limitatives publiées au Bulletin Officiel de l’Education Nationale, de la Jeunesse et des Sports.



QUESTIONS LIMITATIVES DU BAC SPÉ ARTS PLASTIQUES 2022





dimanche 8 août 2021

1195-CHARLES JEAN BAPTISTE ANFOSSI (1822-1907), PHOTOGRAPHE


SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS

 

DERNIÈRE MISE À JOUR DE CET ARTICLE : 06/12/2021



- Charles Jean Baptiste ANFOSSI (1822-1907)


LA BOLLENE-VESUBIE

Charles Jean Baptiste Joseph Anfossi est né le 17 mars 1822 à La Bollène-Vésubie (Alpes-Maritimes). Il est l'un des enfants de Marc Anfossi, propriétaire, et de Marie Catherine Eusebi/Luxebie qui se sont mariés dans cette même commune le 16 février 1817.

TOURS

Âgé de 19 ans, Charles Jean Baptiste Anfossi semble s’installer à Tours (Indre-et-Loire), quartier du Vieux Château au 19, rue Colbert, en 1841 ou 1842 (absent du recensement de la Ville de Tours de 1841).

"Âgé de 21 ans révolus, maître Coiffeur, demeurant à Tours, rue Colbert, 19", il épouse dans cette ville, le 20 mars 1843, Marie Justine Estelle Marin, 24 ans (née le 16 mai 1818 à Angoulême, Charente) et signe "Jean Baptiste Anfossi". Lors de la naissance, à la même adresse, de son fils Pierre Marc le 31 mai 1844, il est à nouveau dit "coiffeur".

Sa boutique de coiffure est également située au 19, rue Colbert mais c’est sous le nom d’ "Henry Anfossia" qu’il apparaît dans l’annuaire professionnel de Tours de 1845.

Jean Baptiste Anfossi revient parfois dans le comté de Nice pour voir sa famille. Lors d'une demande de visa de passeport le 4 juillet 1846 au Consulat de Nice pour se rendre à Tours, "Jean Baptiste Anfossi, né et domicilié à Bollène" est qualifié de "parfumeur" (AD06, 01Z 0261, N° 5542). Lors d’une nouvelle demande de visa le 2 septembre 1846 c’est avec le prénom de "Charles" qu’il est cité comme "propriétaire", se rendant avec sa femme à Marseille, avec un nouveau passeport délivré à Nice le 31 août (AD06, 01Z 0261, N° 6485). Cependant, à la naissance à Tours de sa fille Marie Delphine le 19 septembre 1847 au 19, rue Colbert, Jean Baptiste Anfossi exerce toujours la profession de "coiffeur".

Le recensement de la Ville de Tours de 1846 le cite à la même adresse, sous le nom de, "Anfossia Henry, coiffeur, marié 24 ans", avec son épouse Marin Estelle, femme Anfossia, mariée, 25 ans et leur fils Anfossia Marc [2 ans environ] et deux coiffeurs de 27 et 17 ans.

Son nom est cependant absent des listes de coiffeurs de l’annuaire professionnel de Tours de 1850 puis du recensement de la ville de 1851 où il est remplacé au 19, rue Colbert par le coiffeur Clément Guilloteau. Il est donc probable qu’il ait, avec sa famille, quitté Tours pour Nice en 1848 ou 1849.

NICE

La famille s’installe à Nice mais le métier exercé alors par Jean Baptiste Anfossi reste inconnu (coiffeur ?). L'épouse quitte cependant le domicile conjugal en 1853, laissant mari et enfants ; elle ne donnera plus jamais de nouvelles, son domicile comme sa date de décès restant inconnus.

Le 23 février 1854, "Charles Anfossi, artiste photographe, âgé de 32 ans, domicilié à Nice", est cité à l'occasion d'une nouvelle demande de visa au Consulat de France à Nice pour gagner Marseille, avec sa fille alors âgée de 6 ans et 5 mois (passeport délivré à Nice le 18 février 1854 ; ADO6, 01Z 0270, N° 702). Il s’est donc formé à la photographie (chez le photographe Ferret, ancien coiffeur ?), a changé de profession et travaille désormais dans un atelier de cette ville ou y possède son propre atelier.

En dehors de ce visa, le nom du photographe reste absent des documents de l'époque et notamment du Guide des Etrangers à Nice de 1858-1859 de Millie Bischoff, du recensement de la Ville de Nice de 1861, des annuaires niçois et des listes électorales du début des années 1860. 

C'est cependant le dossier militaire du fils, Pierre Marc, employé des Ponts et Chaussées qui nous révèle l'adresse du père photographe fin 1864 au 15, rue Cassini (Archives Municipales de Nice, 1H 326).

MENTON

Vers décembre 1864 ou janvier 1865, Charles Jean Baptiste Anfossi quitte Nice pour s'installer à Menton avec sa famille, sauf son fils Pierre Marc qui reste à Nice (recensement de la Ville de Nice de 1866).

Le nom du photographe n'apparaît pas dans l'Annuaire des Alpes-Maritimes de 1865 incluant Menton, dans la liste électorale mentonnaise de 1865 (AD06, 03M 0050) ni dans les Guides touristiques des années 1865-1870.

Charles Anfossi ouvre cependant à son nom, près la place St-Roch, le premier atelier de photographie de la ville. Il précise, dans un acte de Société de novembre 1871, que son établissement est "fondé depuis six ans", ce qui implique donc la date de 1865 (AD06, 04U 06/0090).

La première mention mentonnaise du photographe date d'ailleurs du début de cette année-là, lors de la publication d’une estampe reproduisant l’une de ses photographies dans L’Illustration du 4 mars 1865. 

Il s'agit du Portrait du Général de Division Comte Maurice de Partouneaux (ci-dessous), né à Menton le 17 décembre 1798 et décédé dans cette même ville le 1er février 1865. Le général était déjà malade alors qu'il était en activité (séjour mentonnais de 1857), ce qui ne l'a pas empêché de recevoir, le 13 août 1859, la décoration de Grand Officier de la Légion d'Honneur pour fait d'armes à la bataille de Solférino (campagne d'Italie). Il s’est retiré, âgé de 65 ans, en janvier 1864 dans sa maison familiale, avenue Victor Emmanuel (l'atelier d'Anfossi sera situé à proximité). 


- Portrait du Général de Division Comte Maurice de Partouneaux, 
d'après une photographie de M. Anfossi, 
publié dans L'Illustration du 4 mars 1865, vol. 4 p 129.


Le portrait peut donc être daté entre le 13 août 1859, du fait de la présence de la médaille évoquée sur son habit militaire, et le 1er février 1865, date du décès du général. Jean Baptiste Anfossi a pu réaliser ce portrait avant l'ouverture de son atelier à Menton. Si ce n'est pas le cas, cela signifie qu'il a fondé son atelier en janvier 1865, que le portrait a été réalisé dans le premier mois de son activité mentonnaise et le dernier mois de vie du général


- ANFOSSI Jean Baptiste (1822-1907), Portrait de femme, recto, vers 1865 (?),
recto nu,
tirage albuminé de 8,9x5,1 cm, sur carton de 10,2x6,1 cm, Collection personnelle.

- ANFOSSI Jean Baptiste (1822-1907), Portrait de femme, verso, vers 18665 (?),
tampon manuel ovale intégrant, "Photographie - Anfossi",
carton de 10,2x6,1 cm, Collection personnelle.




Les premiers cartons-photos connus d'Anfossi présentent :

- un recto dépourvu d’indication et un verso présentant, à l’encre noire, un tampon ovale manuel incluant "Photographie - Anfossi" (vers 1865 ?) ;

 - un recto dépourvu d’indication et un verso présentant, à l’encre brun-rouge, le texte imprimé suivant, "Anfossi - Photographe - Menton - (Alpes-Maritimes)" ; le "i" d’Anfossi peut être ou non en majuscule et "Alpes Maritimes", avec ou sans trait d’union (vers 1865-1866 ?) ;

- au recto, "Anfossi, Phot.", et au verso, à l’encre noire, "Anfossi - Maison Bottini - Près la Place St-Roch - Menton" (vers 1866-1867 ?). 


- ANFOSSI Jean Baptiste (1822-1907), Portrait de femme, recto, vers 1865-1866 (?),
recto nu,
tirage albuminé de 9,2x6 cm, sur carton de 10,5x6,3 cm, Collection personnelle.

- ANFOSSI Jean Baptiste (1822-1907), Portrait de femme, verso, vers 1865-1866 (?),
"Anfossi - Photographe - Menton - (Alpes-Maritimes)",
tirage albuminé de 9,2x6 cm, sur carton de 10,5x6,3 cm, Collection personnelle.



Il est assez difficile d'établir une chronologie des premiers cartons-photos d'Anfossi, nombreux, différents et dépourvus de date manuscrite. Certains d'entre eux ne précisent pas d'adresse, d'autres signalent "Maison Bottini - Près la Place St-Roch" ou "Maison Ribaud - Avenue Victor Emmanuel". Il semble cependant que ces deux maisons, proches l'une de l'autre, sont situées près de la place St-Roch et dans ou près de l'avenue Victor Emmanuel (actuelle rue Félix Faure). 

La Maison ou Villa Bottini est la propriété du négociant et banquier Adamin de Bottini. Elle est le siège de l'atelier d'Anfossi mais également de celui du photographe allemand Hermann Noack. Elle est signalée dans la seconde moitié des années 1860, "avenue Victor Emmanuel N° 7" (cartons-photos d'Hermann Noack dont un daté de novembre 1868) et en 1869, "avenue Victor Emmanuel, 9" (Léon Affairous, Indicateur des Alpes-Maritimes et de la Principauté de Monaco, 1869 pp 544-553. Les deux photographes sont également cités en 1870, "avenue Emmanuel" (Guide Baedeker, Northern Italy and Corsica de 1870, p 98).

Quant à l'adresse de Maison Ribaud, dont l'occupation est postérieure, elle est tour à tour signalée "rue" ou "ruelle Ribaud", "avenue Victor Emmanuel" ou "avenue Victor Emmanuel, 5". 

Si les Guides des années 1870 citent Jean Baptiste Anfossi, "avenue Victor Emmanuel", sans plus de précision, le recensement de la Ville de Menton du printemps 1872 signale cependant Jean Baptiste Anfossi, "avenue Victor Emmanuel 5 bis", ce qui semble impliquer la Maison Ribaud et donc un départ de la Maison Bottini entre 1869 et 1871 (Recensement de Menton, AD06, 1872 ; Guides Baedeker, Italie et Italie septentrionale et Corse des années 1872, 1874, 1878 et 1879).


- ANFOSSI Jean Baptiste (1822-1907), Portrait de femme, recto, vers 1866-1867 (?),
"Anfossi, Phot.",
tirage albuminé de 8,9x5,5 cm, sur carton de 9,8x6,1 cm, Collection personnelle.

- ANFOSSI Jean Baptiste (1822-1907), Portrait de femme, verso, vers 1866-1867 (?),
"ANFOSSI - Maison Bottini - Près la Place St-Roch - MENTON"
carton de 9,8x6,1 cm, Collection personnelle.


La fille de Jean Baptiste Anfossi, Marie Delphine, sans profession, âgée de 21 ans, se marie à Menton le 22 octobre 1868, avec Pierre Motet, cuisinier, âgé de 26 ans et domicilié à Menton (né le 21 novembre 1841 à Saint-Flour, Cantal). Jean Baptiste Anfossi est présent et l’un des témoins est le frère de la mariée, Pierre Marc Anfossi, 24 ans, employé des Ponts-et-Chaussées. Le jeune couple a ensuite un fils, Henri Gustave Jules Motet, qui naît à Menton le 7 octobre 1870. L’un des témoins de l’acte de naissance est "Charles Jean Baptiste Anfossi, grand-père de l’enfant, âgé de 49 ans, photographe".

Le fils de Jean Baptiste Anfossi, Pierre Marc, âgé de 26 ans, homme de lettres [et employé des Ponts-et-Chaussées] se marie à Troyes (Aube) où il réside, le 2 juillet 1870, avec Marie Zulma Blanche Parry, 23 ans, sans profession (née le 9 avril 1847 à Bellac, Haute-Vienne). Ils ont une fille, Anne Marguerite Anfossi, qui naît à Paris (6éme), le 27 septembre 1872. Marc Anfossi sera un écrivain reconnu pour ses romans, ses poèmes et ses feuilletons publiés dans les journaux, de la fin des années 1870 à la date de son décès en 1912.


ANFOSSI & HARDER

Certains cartons-photos témoignent d’une association entre "Anfossi & Harder". Ce dernier, peintre (et photographe ?), n’est connu par aucun autre document mentonnais mais est peut-être allemand ou anglais.

Leurs cartons-photos affichent à l’encre violette, au recto, "Anfossi & Harder - Photographe & Peintre - A Menton - Brevetés De Sa Majesté La Reine de Prusse - & De Son Altesse Royale La Duchesse De Gênes".

Ces brevets ont probablement été obtenus par Anfossi & Harder suite à la réalisation des portraits de la reine de Prusse et de la duchesse de Gênes pendant l’hiver 1868-1869. La reine de Prusse (1801-1873) est arrivée à Menton le 17 octobre 1868 et s’est installée au Château de Carnolès. La duchesse de Gênes (1830-1912) est pour sa part arrivée le 16 novembre suivant et est descendue à l’Hôtel Victoria. Elles ont toutes deux séjourné à Menton jusqu’en mai 1869, la reine de Prusse partant la dernière, le 17 mai, mais pour rejoindre la duchesse au Lac Majeur.

L’association Anfossi & Harder date donc probablement des années 1868-1870 mais n'a peut-être duré que la saison d'hiver 1868-1869.


- ANFOSSI Jean Baptiste (1822-1907) & HARDER (?-?), Portrait de fillette, recto, vers 1869-1870 (?),
"ANFOSSI & HARDER - - à MENTON"
tirage albuminé de 9,2x5,6 cm, sur carton de 10,5x6,3 cm, Collection personnelle.

- ANFOSSI Jean Baptiste (1822-1907) & HARDER (?-?), Portrait de fillette, verso, vers 1869-1870 (?),
"ANFOSSI & HARDER - - à MENTON"
carton de 10,5x6,3 cm, Collection personnelle.



ANFOSSI

C’est en 1870 qu’ensuite "J. Anfossi" réalise seul un album de 14 vues, non daté et intitulé, Menton, la ville & ses environs, saveur pittoresque et littéraire, Moulins, Fudez Frères (vente aux enchères Rossini, Paris, 6 mai 2010). Des dessins réalisés par Thomas Taylor (né en 1844) d’après certaines des vues de l’album serviront d’illustrations à la présentation par Alphonse Joanne de Menton et Bordighera, publiée dès 1871 (Edouard Charton, Le Tour du Monde, Nouveau Journal des Voyages, édition de 1874, vol. 27-28, pp 248-269). Un article anglais de 1873 rappelle d'ailleurs que l’Album de Menton a, depuis trois ans, fortement contribué à la réputation du photographe (Cardiff Naturalists’ Society, Reports and Transactions, 1873 p 20).

Le 25 avril 1871, Jean Baptiste Anfossi, photographe mentonnais, 49 ans, est témoin, à Cannes, du mariage du photographe niçois, Jean Walburg de Bray, 32 ans, sans que la date des débuts de leur amitié soit connue (début des années 1860 à Nice ?).

Il semble que les cartons-photos de cette période affichent au recto, "Anfossi Phot.", et au verso, à l’encre noire, "Photographie Anfossi (texte convexe) - emblèmes de la Photographie (chambre) et de la Peinture (palette) et phylactère portant le nom de Menton - Maison Ribaud - Avenue Victor Emmanuel [puis 5, Avenue Victor Emmanuel, 5] - Près la Place St-Roch" (vers 1869-1871 ?).

L'adresse de la "Maison Ribaud" plaide en faveur de cette datation mais s'il est normal que le brevet de la reine de Prusse ait disparu avec la Guerre franco-prussienne de 1870, il est étonnant que le brevet de la duchesse de Gênes n'apparaisse plus.


ANFOSSI & RADIGUET

Le 20 octobre 1871, "Henri (sic) Anfossi" [49 ans], photographe, demeurant à Menton" fait rédiger un acte d'association avec "Joseph Radiguet [37 ans], aussi photographe, demeurant ci-devant à Nice et actuellement à Menton" (Justice de Paix de Menton, AD06, 04U 06/0090).

Louis Radigue dit Joseph Radiguet (1834-1887) était, dans la seconde moitié des années 1860, photographe à Paris et à Baden-Baden, associé à Adolphe André Wacquez. Suite à la Guerre de 1870 et à la Commune de 1871, les deux photographes ont quitté Bade et Paris pour Nice puis Menton.

La Société, créée sous la dénomination "Anfossi et Radiguet", est constituée pour une durée de six années, avec pour base de son commerce, l'établissement photographique mentonnais créé et exploité actuellement par M. Anfossi. M. Anfossi apporte en société son établissement fondé depuis six ans, sa clientèle et son matériel photographique. Monsieur Radiguet apporte son concours, ses capacités artistiques, ses instruments de photographie, qui resteront cependant sa propriété exclusive, et la somme de 2.000 francs. Les charges et bénéfices seront partagés. Si, dans les six ans, M. Radiguet rachète les parts de M. Anfossi, il devra verser 2.000 francs plus la moitié du surplus de matériel acquis et prendre la suite du bail de la maison dans laquelle est établi le fonds photographique (grand salon, ateliers et terrasse), y compris l'étage que M. Anfossi sous-loue (le nom de la maison n'est pas cité).

Le 20 novembre 1871, le texte est cependant modifié à l'avantage de Joseph Radiguet, son apport initial de 2.000 francs étant supprimé (texte rayé) mais ses instruments de photographie restant tout de même sa propriété exclusive (!). Un (précieux) inventaire, listé le même jour, précise les objets apportés dans la Société par chacun des deux photographes.

M. Anfossi : un grand atelier avec tous ses accessoires, estimé 700 francs ; un petit atelier servant au collage avec accessoires, estimé 350 francs ; deux tables estimées ensemble, 5 francs ; un chevalet à retouche, estimé 17 francs ; un poêle, estimé 40 francs ; quatre grands tableaux ou cadres à exposer, 40 francs ; mille neuf cents clichés, estimés comme verre 400 francs ; une tente de voyage neuve, estimée 60 francs ; une chambre noire avec châssis et objectif Darlot, 180 francs ; une charrette, estimée 50 francs ; un objectif pour vues, estimé 70 francs ; un objectif Gasc et Charconnet, estimé 300 francs ; un objectif anglais, estimé 230 francs ; un objectif Gasc et Thoir (?), estimé 200 francs ; deux objectifs pour stéréoscopes avec chambre, 90 francs ; une chambre et son pied, estimés 80 francs ; deux pieds pliants, estimés 10 francs ; deux petits pieds, estimés 50 francs ; trois chaises, un tapis, une colonne avec balustres, 85 francs ; une table en acajou et deux glaces, ensemble 22 francs ; dix-huit vieilles presses, estimées ensemble 50 francs ; six cuvettes, quatre en porcelaine et deux en verre, 56 francs ; treize boîtes, grandes et moyennes, ensemble 54 francs ; trois cuvettes en gutta et deux verres gradués, 20 francs ; une vieille balance, deux équerres et un sablier, estimés 10 francs ; un chevalet pour vues et un vieux laminoir, ensemble 13 francs. Total des objets apportés : 3179 francs.

M. Radiguet : une grande chambre noire de 33-36 ; une petite chambre noire pour cartes de 13-18 ; un objectif dit quatre pouces Hermagis ; un objectif dit de trois pouces Derogy ; un demi objectif plaque Hermagis ; deux demi objectifs sans noms ; un objectif allemand Steinheil.

L'acte et les inventaires sont officiellement enregistrés à Menton le 16 février 1872.

Il est intéressant de noter que 1.900 clichés sur verre ont été réalisés par Jean Baptiste Anfossi, ce qui peut paraître beaucoup au premier abord mais ne représente qu'un peu plus de 300 vues pour chacune des six années citées. Une chambre stéréoscopique est listée dans l'inventaire mais aucune vue stéréoscopique portant son nom ne semble connue à ce jour.

Le recensement de la Ville de Menton, effectué au printemps 1872, révèle la présence au 5bis, avenue Victor Emmanuel, de Jean Baptiste Anfossi, photographe, veuf, âgé de 49 ans, français, de Louis Joseph Radiguet, photographe, célibataire, âgé de 36 ans, français, de deux domestiques, de la fille de Jean Baptiste Anfossi, Marie Molet [Motet], "domestique" (!), 24 ans, et de son petit-fils, Henri Gustave Molet [Motet], 18 mois. Son petit-fils, décède malheureusement à Menton, le 20 mai 1872, âgé d’un an et 7 mois.

Avec Joseph Radiguet, Jean Baptiste Anfossi réalise des vues de Menton et de ses environs mais également, en 1872, les photos d'un Album de la Vésubie (arrière-pays mentonnais et région natale d’Anfossi). 

La sortie de cet album est annoncée dans le Journal de Monaco du 22 octobre 1872 puis commentée dans celui du 26 novembre : "Bien que les Alpes présentent, dans cette région-ci, une dépression relativement grande, elles n'en offrent pas moins, dans quelques-unes de leurs parties, des altitudes considérables. C'est au pied de quelques-uns des pics qui se dressent sur ces points, que s'ouvrent les fraîches vallées que nous signalons. Parmi celles-ci, il en est une très-remarquable désignée sous le nom de Vésubie. Sillonnée par une rivière torrentueuse, formée des affluents de Boréou [Boréon] et du Col des Fenêtres, elle offre aux yeux du touriste qui la parcourt des changements constants. C'est une succession incessante de paysages rappelant ceux de la Suisse. C'est afin de faire connaître ces lieux, c'est pour vulgariser ces sites, que deux photographes de Menton, MM. Anfossi et Radiguet, ont eu l'heureuse idée de les reproduire. Ils en ont fait un magnifique album composé de quatorze vues, tontes plus remarquables les unes que les autres. Un texte, dont la rédaction a été confiée à la plume savante et imagée de notre excellent confrère M. Marie de Saint-Germain, accompagne ces épreuves photographiques" (Journal de Monaco du 26 novembre 1872 pp 1-2 ; Journal de Monaco des 22 octobre et 3 décembre 1872 ; voir également l'article de Jean-Paul Potron, "Album de la Vésubie - mémoire photographique d'une vallée niçoise", dans, Nice Historique, 1991, vol. 94 à 95, pp 2-12 - voir les photos et l'article en ligne sur le site de Nice Historique).

Les deux photographes réalisent également des photographies d'un squelette et d'outils préhistoriques découverts dans des fouilles en 1872 (Emile Rivière [1835-1922], Découverte d'un squelette humain de l'époque paléolithique dans les cavernes des Baoussé-Roussé, dites Grottes de Menton, avec 2 photographies par MM. Anfossi et Radiguet - voir la deuxième édition de cet ouvrage [de 1873 également, BnF] et les photos pp 71 et 73 sur Europeana Collections ; Journal de Monaco du 3 décembre 1872 p 3 et du 17 juin 1873 p 3).

Les deux photographes font aussi des prises de vue de la Villa Charles Garnier (1825-1898), située à Bordighera, sur un terrain acquis par l’architecte en 1872.

En 1876, Anfossi et Radiguet éditent à Menton un nouvel album intitulé, Les Laveuses de Menton (Bibliographie de la France, 1876 p 171).

Leurs cartons-photos de l'époque présentent, à l’encre noire ou violette, au recto, "Anfossi & Radiguet - à Menton", et au verso, sous le blason de la famille Savoie-Gênes, "Anfossi & Radiguet - Photographe & Peintre - A Menton - Brevetés - De Son Altesse Royale La Duchesse De Gênes". Il est à noter que si la mention de la reine de Prusse a disparu, suite à  la Guerre franco-prussienne de 1870, celle de la duchesse de Gênes est bien présente.


- ANFOSSI Jean Baptiste (1822-1907) & RADIGUET Joseph (1834-1887), Portrait d'une mère et son bébé, recto, vers 1871-1877 (?),
inscriptions, "ANFOSSI & RADIGUET. -- à MENTON",
tirage albuminé de 6,4x10,5 cm, sur carton de 5,4x9 cm, Collection personnelle.

- ANFOSSI Jean Baptiste (1822-1907) & RADIGUET Joseph (1834-1887), Portrait d'une mère et son bébé, verso, vers 1871-1877 (?),
inscriptions sous le blason de la famille Gênes-Savoie, "ANFOSSI & RADIGUET - Photographe & Peintre - A MENTON - Brevetés - De Son Altesse Royale La Duchesse De Gênes".",
carton de 5,4x9 cm, Collection personnelle.



ANFOSSI & FERRET

Cette association Anfossi & Radiguet s’arrête un an avant la date prévue, suite à une convention signée par Anfossi avec le photographe niçois Louis Ferret le 28 novembre 1876 (avec option de rachat total au bout de deux ans ; AD06, Fonds Ferret) puis la cession des parts de Radiguet à Ferret le 28 février 1877 (Archives commerciales de la France, 4ème année, n° 23, du 22 mars 1877 p 370).

Du fait de problèmes de santé de Louis Ferret, l’association Anfossi & Ferret est malheureusement compromise dès mars 1877. C'est le photographe et employé de Louis Ferret, Louis Messy, qui continue à tenir l'atelier niçois jusqu'en janvier 1879 et peut-être jusqu’en 1882-1883 (AD06 - Fonds Ferret). La date de fin officielle de l’association Anfossi & Ferret reste inconnue et peut aussi bien dater de la mise sous tutelle de Louis Ferret en janvier 1878 que du décès de ce dernier en septembre 1881.

Leurs cartons-photos affichent à l’encre noire, au recto, "Anfossi & Ferret - - à Menton", et au verso, "sous les armoiries des Savoie-Gênes - Anfossi & Ferret - photographes & Peintres - A Menton - Succursale A Nice - Rue Gioffredo - Brevetés - De Son Altesse Royale La Duchesse de Gênes" (fin des années 1870 ?).


- FERRET Louis (1840-1881), Portrait de femme, recto, vers 1877-1880 (?),
inscriptions au recto, "ANFOSSI & FERRET - - à MENTON",
tirage albuminé de 9,3x5,7 cm sur carton de 10,5x6,4 cm, Collection personnelle.

- FERRET Louis (1840-1881), Portrait de femme, recto, vers 1877-1880 (?),
inscriptions au verso "armoiries de la Duchesse de Gênes - ANFOSSI & FERRET - Photographes & Peintres -
 A MENTON - SUCCURSALE A NICE - Rue Gioffredo - Brevetés - De son Altesse Royale La Duchesse de Gênes", carton de 10,5x6,4 cm, Collection personnelle.


ANFOSSI (ET ABEL)

Les vues de paysages naturels et urbains de Jean Baptiste Anfossi sont le plus souvent de grand format et portent des légendes manuscrites, avec le titre suivi de "Anfossi Photo", ou imprimées, avec le titre suivi de "Photographe. Anfossi. Breveté.".

Jean Baptiste Anfossi fait paraître une publicité dans un nouveau journal, Le Patriote Mentonnais, à partir du 7 octobre 1880 (jusqu’au 26 janvier 1881 ; AM de Menton), "Anfossi (Photographe) - Avenue Victor Emmanuel, Menton" ; les bureaux du journal sont d’ailleurs situés dans la maison du photographe, rue Ribaud (à l'étage).

Jean Baptiste Anfossi, 60 ans, photographe, "veuf", est ensuite cité dans le recensement de la Ville de Menton de 1881, avenue Victor Emmanuel, rue Villarey et ruelle Ribaud, avec "Ladislas Abel [Taled], 26 ans, photographe, célibataire", en tant qu’assistant ; ce dernier se marie à Menton le 11 juillet 1882 et a un fils qui naît le 28 octobre 1883.

L'Annuaire des Alpes-Maritimes de 1884 et celui de 1885 signalent, à Menton, le photographe "Anfossi, Jean-Baptiste, rue Ribaud".

Les cartons-photos d'Anfossi offrent, à l’encre rouge, au recto, sur fond jaune-orangé entouré d’un liseré rouge ou parfois d’un cadre rouge, "Anfossi. - - Photo.", et au verso, sur fond orangé ou beige, "Photographie (grande initiale ornée de rinceaux et d’entrelacs) - Anfossi (grande signature oblique) - Breveté - armoiries de Prusse et armoiries des Savoie-Gênes - De S.M. - La Reine Douairière De Prusse - & - De S.A.R. - La Duchesse De Gênes - Menton (Alpes Maritimes) - N°.". Il est à noter que la mention de la reine de Prusse a été réintégrée sur les cartons et va désormais perdurer.

Les Cabinets présentent un texte semblable avec un recto à fond jaune-orangé entouré d’un liseré rouge, et à l’encre rouge "Anfossi - armoiries de Prusse et armoiries des Savoie-Gênes - Photographe - Breveté - De S.M. - La Reine Douairière De Prusse - & - De S.A.R. - La Duchesse De Gênes - Menton (Alpes Maritimes)" mais un verso nu à fond gris (extrême fin des années 1870 et première moitié des années 1880 ?). 

Jean Baptiste Anfossi participe à l’Exposition Internationale de Nice de 1884 (décembre 1883-mai 1884) et est récompensé par une médaille d’argent.

En 1885, il déménage son atelier situé au sud-ouest de la place Saint-Roch, avenue Victor Emmanuel (actuelle rue Félix Faure), pour aller au nord-ouest de cette même place, rue Partouneaux où il semble avoir acheté une maison. Le photographe dépose alors une demande municipale pour percer le mur de clôture de sa propriété et y installer une vitrine (AM de Menton, dossier 4O1). La nouvelle adresse est citée dès 1886 et parfois signalée "près de l’Hôtel des Ambassadeurs" (trottoir nord, actuellement situé au 3, rue Partouneaux ; Annuaire des Alpes-Maritimes de 1886 ; Guide Baedeker, Le Midi de la France, 1886 p 422).

Suite au tremblement de terre de la Côte d’Azur qui frappe la Ligurie et les Alpes-Maritimes dans la matinée du 23 février 1887, Le Journal Illustré du 13 mars suivant publie des estampes montrant les dégâts à Menton (notamment rue Partouneaux), réalisées d’après les photographies de Jean Baptiste Anfossi (tirages albuminés, Paris, BnF).

Lors de la naissance de la fille de Ladislas Taled, le 18 juin 1888, Jean Baptiste Anfossi, photographe, 67 ans, est l’un des témoins de l’acte. 

Le séchoir pour grandes vues d’Anfossi est cité en exemple et représenté dans l’ouvrage d'Alphonse Davanne, La Photographie, traité théorique et pratique de 1888 (vol. 2, p 131) puis dans celui de Léopold Mathet, Guide pratique pour l’emploi du papier albuminé, de 1891 (p 67).

C’est la relation dans les journaux d’un accident qui se produit à Menton le 26 février 1889 qui révèle l’emplacement du nouvel atelier Anfossi : une charrette tirée par un mulet parcourt à toute allure la rue Urbana du nord au sud, traverse la rue Partouneaux perpendiculaire et vient s’encastrer en face dans la vitrine du photographe, situant l’atelier à un endroit proche de l’actuel Hôtel Richelieu (trottoir sud, au n° 26 ; voir notamment Le Petit Marseillais du 28 février 1889 p 2).

Du 10 mai 1889 au 7 septembre 1890, Jean Baptiste Anfossi fait paraître une nouvelle publicité dans le journal, La Sentinelle Mentonnaise (AM de Menton), "Photographie - Anfossi - Rue Partouneaux - Maison la plus ancienne - de Menton - Recommandée aux étrangers".

Ses cartons-photos affichent :

- à l’encre dorée sur fond noir puis à l’encre gris-brun sur fond beige, au recto, "Anfossi - - Menton", et au verso, "Rue Partouneaux - Photographie (grande initiale enluminée) - Anfossi (grande signature oblique) - médaille recto et verso - Médaille D’Argent - Exposition de Nice 1884 - Breveté - armoiries de Prusse et armoiries des Savoie-Gênes - De S.M. - La Reine Douairière De Prusse - De S.A.R. - La Duchesse De Gênes - Menton (Alpes Maritimes) - J.H. Nacivet, Paris. [nom du cartonnier]", (deuxième moitié des années 1880, avec de nombreux portraits de militaires appartenant au 27ème bataillon de chasseurs à pied, arrivé à Menton en 1888) ;

- à l’encre gris-brun sur fond beige, au recto, "Anfossi (signature horizontale) - - Menton", et au verso, "Médailles - dessin de médaille recto et verso - D’Argent - Exposition de Nice 1884 - Breveté - armoiries de Prusse et armoiries des Savoie-Gênes – Photographie Artistique – Anfossi (signature oblique) - [puis soit] Breveté - De S.M. La Reine Douairière - De Prusse - De S.A.R. La Duchesse - De Gênes - Rue Partounneaux (sic) - Menton - (Alpes Maritimes) - Les clichés sont conservés. - [soit directement] Menton - (Alpes Maritimes) - Rue Partounneaux (sic) - Les clichés sont conservés" (première moitié des années 1890 ?).

En 1894 (annuaire de 1895), "Abel Taled", 40 ans, prend, sous le nom d'"Abel", la suite de Jean Baptiste Anfossi, 72 ans (le nom de ce dernier apparaît lui aussi dans l'annuaire de 1895 mais pour la dernière fois).

Jean Baptiste Anfossi est uniquement cité à Menton dans la "Liste générale des principaux photographes" publiée par la Société de Photographie de Toulouse, de 1888 à 1896.


CANNES

Après quatre décennies de photographie, dont trois passées à Cannes, Charles Jean Baptiste Anfossi se retire à Cannes (Alpes-Maritimes) où il décède le 3 avril 1907, avenue Saint-Jean, rentier, veuf, et âgé de 85 ans.



 VOIR LA LISTE DES PHOTOGRAPHES ÉTUDIÉS