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mercredi 1 avril 2020

1110-"VISITE DE NICE EN 1610 : LE PLAN MODÉLISÉ EN 3D", 2019





- Nice en 1610, d'après Honoré Pastorelli
Paris, BnF (voir sur Gallica).



VOIR LA VIDÉO (4 MN 04, 2019) PAR VILLE DE NICE - NICE.FR TV,
MODÉLISATION 3D : NICE EN 1610,
 D’APRÈS LE PLAN DE NICE DIT "PASTORELLI" (1888)
DESSINÉ PAR LE PEINTRE GIOVANNI LUDOVICO BALDUINO,
RÉALISATION : SERVICE RÉGIONAL D’ARCHÉOLOGIE NICE CÔTE D'AZUR.











dimanche 29 mars 2020

1109-ESSMONT (?-?), FARAUT (1863-apr.1929), FABBIO (1864-1909), PHOTOGRAPHES




- ESSMONT (?-?), Portrait de militaire du 15ème Régiment d'Artillerie, recto, vers 1891-1894 (?),
"Essmont à Nice, Bould. du Pont Neuf, 24.",
tirage de 9,3x5,5 cm sur carton de 10,3x6 cm, Collection personnelle.





- ESMONT (ou D'ESMOND) DE PIETRASZEWSKY (PIETRASZEWSKI ou PIETRACESQUI) dit ESSMONT (?-?)

"Pietraszewsky (Mme d'Esmond)" est signalée pour la première fois à Nice dans la liste alphabétique des habitants de l'annuaire de 1891 au 12, rue Pastorelli (profession non précisée), ce qui implique une présence dès 1890.

A partir de l'annuaire de 1892, "Esmont de Pietracesqui" apparaît dans la liste professionnelle des photographes, dans celle des habitants par rue et dans celle des habitants par ordre alphabétique (lettre E) mais désormais au 24, boulevard du Pont Neuf (atelier et résidence).

La rue change de nom en 1894, rebaptisée Mac-Mahon, du nom de l'ancien Président de la République décédé l'année précédente. Si l'atelier au nom d'Esmont de Pietracesqui apparaît ensuite au 24, boulevard Mac-Mahon dans les annuaires de 1895 et de 1896, le nom de famille disparaît cependant des listes des habitants dès 1895.

Les cartons-photos (très rares) affichent :
- sur fond blanc (au cadre parfois dentelé) et à l'encre noire, au recto, "Essmont à Nice, Bould du pont Neuf, 24" et au verso, sous les emblèmes du Soleil, de la Photographie (chambre photographique) et de la Peinture (sur fond de palme, palette de peintre avec pinceaux portant), "Boulevard - Du Pont Neuf - 24 - Nice" et en-dessous, "Essmont" (grande signature oblique).

Les renseignements ci-dessus sont les seuls en ma possession. Le photographe "Essmont" serait une femme polonaise (ou son mari) qui devant les difficultés à faire reproduire et prononcer son nom aurait choisi ce pseudo. Je n'ai connaissance ni de son prénom, ni de sa date de naissance et je ne connais rien de la suite de sa carrière et de ses dates et lieu de décès.

Les annuaires des années 1890 affichent successivement à cette adresse du 24, boulevard du Pont-neuf puis Mac-Mahon 
- Batezio et Ciais en 1890, 
- Batezio, Ciais et Paporocki en 1891, 
- Esmont de Pietracesqui en 1892, 1893 et 1894,
- Esmont de Pietracesqui et Peyloz en 1895 et 1896,
- Peyloz en 1897 (jusqu'en 1902).

On peut penser que plusieurs ateliers (2 ou 3) existent à cette adresse mais il est possible également que certains noms perdurent à tort d'une année sur l'autre. Le nom de Ciais (ou Ciaïs) est ainsi étonnant dans la liste de 1891 alors qu'il est décédé avant 1887. Le nom d'Esmont de Pietracesqui coexiste avec celui de Peyloz dans les listes professionnelles de 1895 et 1896 alors qu'il est remplacé par celui de Peyloz dans la liste des habitants par rue dès 1895. 

Au final, il est possible qu'Essmont n'ait tenu l'atelier que de 1891 à 1894. Cette polonaise (ou ce polonais) aurait succédé au polonais Paporocki (dit "Vincent") avec d'ailleurs des cartons-photos de modèle identique, avant de céder la place à Peyloz.

L'Aide-mémoire de photographie publié par la Société Photographique de Toulouse signale "Esmont" à Nice de 1897 à 1905 (!).



- ESSMONT (?-?), Portrait de militaire du 15ème Régiment d'Artillerie, recto, vers 1891-1894,
"Essmont à Nice, Bould. du Pont Neuf, 24.",
tirage de 9,3x5,5 cm sur carton de 10,3x6 cm, Collection personnelle.

- ESSMONT (?-?), Portrait de militaire du 15ème Régiment d'Artillerie, verso, vers 1891-1894,
sous les emblèmes du Soleil, de la Photographie et de la Peinture,
"Boulevard - Du Pont Neuf - 24 - Nice - Essmont"
carton de 10,3x6 cm, Collection personnelle.



- Joseph dénommé Paul FARAUT (1863-apr. 1929)

Joseph Faraut est né à Nice au 12, rue des Ateliers, le 18 mars 1863. Il est l'un des six enfants de Joseph Faraut, cocher (Nice 1823-Nice 1873) et de sa deuxième femme, Elisabeth Franco, repasseuse (Nice 1836-Nice 1881) qu'il a épousée à Nice le 26 avril 1857. 

Joseph Faraut perd son père à l'âge de 10 ans (1873) et sa mère à l'âge de 17 ans (1881). Il est le fils aîné de la fratrie (Pauline, née en 1858, Madeleine en 1860, Honoré en 1865, Pierre en 1868 et François en 1870). J'ignore chez quel photographe il fait sa formation au début des années 1880.

Joseph Faraut, "dénommé Paul" est cité pour la première fois comme "photographe, âgé de 27 ans" (26 ans en fait), en tant que témoin de mariage en octobre 1889.

A cette date, il possède un atelier au 6, rue de Rome, comme le révèle la liste professionnelle de l'annuaire de 1890. La liste des habitants par rue précise cependant, "Faraud, P. et Blancon, photogr., r. de Rome, 6".
Je n'ai pas connaissance d'un photographe du nom de "Blancon". Ce nom n'étant pas très répandu à Nice à l'époque (quelques familles), il s'agit peut-être de Michel Blancon, maçon, propriétaire d'une maison au 13, rue des Ateliers (renommée ensuite rue Barralis), sachant que Paul Faraut a grandi au 12 (puis 11), rue des Ateliers dans la maison que ses parents ont occupée jusqu'en 1881. Michel Blancon n'aurait pas été photographe mais un ami qui aurait investi dans l'affaire.

La liste professionnelle de 1890 affiche également deux autres photographes au 6, rue de Rome, Charles Garache (ou Garach) et Jean Richaud.
On peut penser que plusieurs ateliers (2 ou 3) existent à cette adresse mais il est possible également que certains noms perdurent à tort d'une année sur l'autre. Jean Richaud y est cité de 1884 à 1890 (puis au 22, rue Masséna dès 1891), Charles Garach de 1888 à 1891 et Paul Faraut uniquement en 1890. 
Si l'on consulte les listes alphabétiques des habitants, seul Jean Richaud est cité rue de Rome de 1884 à 1887, seul Charles Garach en 1888 et 1889 et seuls Faraut & Blancon en 1890, ce qui peut laisser supposer qu'ils se sont succédés sans coexister.

Paul Faraut se marie deux ans plus tard, "photographe, âgé de 27 ans", le 12 janvier 1891, avec Elisabeth (ou Elisa) Rolant, modiste (fille de cocher elle-aussi), âgée de 25 ans (née le 30 novembre 1865 à Nice). Parmi les témoins de son mariage figurent son frère Pierre Faraut, tailleur d'habits, âgé de 23 ans, et son oncle par alliance.

Le couple s'installe au 16, rue d'Angleterre (recensement de 1891) et c'est là qu'ils ont des jumeaux qui naissent le 6 avril 1892, avec pour témoin le photographe Charles Garach, 40 ans. Malheureusement, un seul des jumeaux survit, Etienne Victor Paul Faraut. 

En janvier 1892, Paul Faraut déménage son atelier au 14, rue Saint-François-de-Paule où il succède au photographe Van Blitz (Archives commerciales de la France du 6 février 1892 p 178). A-t-il continué d'occuper l'adresse du 6, rue de Rome en 1891 sans apparaître dans les annuaires niçois ou a-t-il interrompu son activité pendant une année ?

Dans le recensement de 1896, le couple Faraut et leur fils vivent toujours au 16, rue d'Angleterre mais désormais avec les parents de l'épouse.

Dans les années 1890, Paul Faraut est de nombreuses fois témoin de naissances (1892, 1893, 1894 ; 1897 dont celle d'un neveu ; 1899, 1900), de mariages (1894 ; 1897, mariage de sa cousine germaine) et de décès (son oncle, en 1893 ; ses nièces en 1896 et 1897).

Le couple Faraut a deux nouveaux enfants mâles en 1894 et 1895 mais ces derniers décèdent à nouveau à la naissance. Tout se passe bien cependant à la naissance de Françoise Julia Elisa Henriette Faraut au 16, rue d'Angleterre le 14 novembre 1896 (avec pour témoin le frère de Paul, Pierre Faraut) et lors de celle de Jean Henri Faraut au 14, rue Saint-François-de-Paule le 5 juin 1898.

Dans le recensement de 1901, la famille qui habite désormais au 7, avenue Notre-Dame, est constituée de Paul, "photographe, âgé de 33 ans", d'Elisabeth, son épouse, de leurs trois enfants et de leur domestique, Jeanne Barbier, 19 ans.

Paul Faraut, "photographe, âgé de 41 ans" est témoin de mariage de son frère Pierre Faraut (Nice 1868-Nice 1933), "tailleur d'habits, âgé de 36 ans", le 24 septembre 1904 à Nice.

Son atelier perdure jusqu'en 1918 mais disparaît ensuite des listes professionnelles des annuaires niçois. "Faraut P., photogr." réside désormais au 7, rue Dante.


Son fils Etienne Victor Paul Faraut (Nice 6 avril 1892 - Hyères 19 septembre 1970) se marie le 18 avril 1922 à Saint-Tropez (Var - acte non consultable).

Lors du mariage de son fils Jean Henri Faraut (Nice 5 juin 1898- Nice 12 septembre 1961), le 28 avril 1925 (Nice- Mariages – 1925-1 p 264), Joseph Faraut, dénommé Paul, 62 ans, est toujours dit photographe et domicilié à Nice (au 7, rue Dante). 

Le nom de Paul Faraut disparaît du 7, rue Dante après 1930 (annuaires) alors qu'il a 67 ans environ. J'ignore ses date et lieu de décès.

Les cartons-photos de Paul Faraut sont relativement rares. Je n'ai pas connaissance, à ce jour, de cartons portant l'adresse du 6, rue de Rome. Ceux du 14, rue Saint-François-de-Paule présentent souvent des portraits de militaires et affichent notamment :

- sur fond beige et à l'encre gris argenté, "Paul Faraut - - Nice - 14 Rue Saint François - de Paule", et au verso, sur fond beige et encre gris foncé, "Photographie – Paul Faraut – 14, rue Saint François de Paule, Nice - Agrandissements Inaltérables – Reproductions – Atelier de pose au Rez-de-chaussée",

sur fond beige et à l'encre grise, "Paul Faraut - - Nice", et au verso, "(cartouche décoratif avec) PF - Photographie (avec un long phylactère flottant) - Paul Faraut (signature oblique) - 14 - Rue Saint-François - De Paule - Nice",

- sur fond beige et à l'encre grise, "Paul Faraut - - Nice", et au verso, "Photographie (écriture oblique) (avec un décor de putto ailé distribuant des photographies parmi les fleurs) - Paul Faraut (signature oblique) - 14 - Rue Saint-François - de Paule - Nice (à l'encre blanche dans un cartouche gris)".




- Joseph FABIO ou FABBIO (1864-1909) et Guglielmine Henriette
FABIO (vers 1869/70-1892)

Giuseppe Fabio est né le 23 mai 1864 à Bassignana (province d'Alexandrie, Italie). Il est le fils de Giovanni Fabio et d'Ursula Boeri et a trois soeurs nées vers 1856, 1868 et 1869.

La famille quitte Bassignana en 1877 pour s'installer à Nice. 

Joseph Fabio est l'un des premiers étudiants à s'inscrire à l'Ecole des Arts décoratifs de Nice créée en 1881.

Il ouvre à Nice, fin 1885, un atelier de photographie au 14, rue Saint-François-de-Paule dans l'ancien atelier de Novaro & Croes. Il fait paraître à cette occasion une grande publicité d'ouverture dans Nice Artistique, dès le 12 novembre 1885 (voir ci-dessous) et l'atelier est répertorié dès l'annuaire de 1886.



- Publicité pour l'atelier de J. Fabbio parue dans Nice Artistique 
du 12 novembre 1885 au 25 février 1886 (voir sur Gallica).



Le recensement de la Ville de Nice de 1886 cite pour sa part la famille "Fabbio" à deux adresses, au 12, rue Saint-François-de-Paule mais également au 8, rue de France avec : Jean Fabbio, concierge, âgé de 55 ans, Philomène son épouse, couturière, âgée de 41 ans (autre prénom d'Ursule Boeri ou plus probablement femme d'un second mariage), Adélaïde (ou Adèle), couturière, 30 ans, Joseph, photographe, 21 ans, Thérèse, artiste, 18 ans (étudiante à l'Ecole des Arts décoratifs ?) et 
Guglielmine, 17 ans.

Cette double adresse peut s'expliquer par la profession du père qui est concierge et possède peut-être un appartement de fonction en plus de son logement personnel ou bien par la location par Joseph Fabbio de l'atelier et du logement attenant.

Joseph Fabbio est également peintre. Il expose en France et en Italie et remporte notamment une médaille d'or à l'Exposition de Palerme en 1887. Sa présence à Palerme interpelle : la famille Fabbio a-t-elle des racines siciliennes (un dénommé "Fabbio" sera signalé dans le Journal de Monaco du 1er janvier 1895 comme donateur d'une souscription pour les victimes des tremblements de terre de Calabre et de Sicile) ?

Adélaïde Fabbio (soeur de Joseph) se marie avec Joseph Faccaro (où ?) entre 1886 et 1891. 

Fin 1886, Joseph Fabbio ouvre une succursale à Monaco, à la Condamine au 12, boulevard Charles III (voir publicité ci-dessous). Les annuaires des Alpes-Maritimes, qui intègrent la Principauté de Monaco dès 1887, affichent étrangement "Fabio F." de 1887 à 1889 puis "Fabio J." en 1890 et 1891.



- Publicité pour l'atelier de J. Fabbio parue dans Nice Artistique 
du 28 octobre 1886 (voir sur Gallica).




Joseph Fabbio ouvre une succursale niçoise en 1888 au 35, rue Gioffredo puis, fin 1890, déménage ses ateliers niçois au 1, place Masséna et ferme sa succursale de Monaco (en 1890 ou 1891). 

Le recensement de 1891 cite uniquement Jean Fabbio, 60 ans, domestique, Henriette Fabbio (Guglielmine ?), photographe, 21 ans, Joseph Fabbio, photographe, 25 ans et Caroline Passeron, française, 19 ans. L'épouse de Jean, au nom de naissance inconnu, n'est plus citée (est-elle décédée entre 1886 et 1892 ?) ; sa fille Adélaïde s'est mariée ; sa fille Thérèse, 24 ans, n'est plus citée.

Il est probable que Guglielmine Fabbio travaille avec son frère Joseph mais cette dernière, "fille de Fabbio (Jean) et de feue Boeri (Ursule), âgée de 22 ans, célibataire", décède au 1, place Masséna, le 24 septembre 1892 (son frère est signataire de l'acte de décès - en général il signe "Fabbio" ou "JFabbio"). 

"Fabbio (sic) Adèle", épouse Faccaro, couturière, âgée de 36 ans, décède à la même adresse, le 7 juin 1893 (son frère est à nouveau signataire de l'acte de décès). 

"Fabio Joseph, photographe, âgé de 29 ans, domicilié à Nice et légalement à Bassignana, fils majeur de Fabio Jean, charpentier de marine" (on l'apprend à cette occasion), se marie à Nice le 24 octobre 1893, avec Marcelline Billebeau, sans profession, âgée de 21 ans (née à Marseille le 20 septembre 1871).

Le couple s'installe au 37, rue de la Paix et a, à cette adresse, un premier enfant qui, malheureusement, meurt à la naissance le 21 janvier 1895. Le couple a ensuite, à cette même adresse, Marc Henri Guillaume Jean Fabio, le 9 novembre 1896 puis au 37 bis, René Auguste Louis Marcel Fabio, le 2 mars 1903.

La médaille d'or de peintre obtenue à Palerme en 1887 est l'une de celles que Jean Fabbio va afficher dans ses publicités et au verso de ses cartons-photos. Une publicité parue dans Nice Artistique dès décembre 1890 précise, "récompenses avec médailles d'or". L'annuaire niçois de 1894 affiche à son nom, "Lauréat de l'Aéropage, Médaille d'or", explicitant le "A" timbrant le centre de la médaille cruciforme souvent représentée.

Ses cartons-photos affichent notamment :
- au recto, sur fond noir entouré d'un liseré doré, à l'encre dorée, "J. Fabbio. - - Nice Et Monaco", et au verso à fond noir, à l'encre dorée, "JF (dans un cartouche décoratif), Photographie (avec une grande initiale ornée) - J. Fabbio (signature oblique) - 12 - Monaco - Boulrd Charles III - Rue S. François - De Paule 14 - Nice - Lith. Armanino Gènes." (vers 1886-1888 ?),

- au recto, sur fond blanc entouré d'un liseré brun, à l'encre brune, "J. Fabbio. - - Nice Et Monaco", et au verso à fond blanc, à l'encre brune, "JF (dans un cartouche décoratif), Photographie (avec une grande initiale ornée) - J. Fabbio (signature oblique) - 12 - Monaco - Boulrd Charles III - Rue S. François - De Paule 14 - Nice - Lith. Armanino Gènes." (vers 1888-1890 ?),

- au recto, sur fond noir, à l'encre dorée, "J. Fabbio. - - Nice", et au verso à fond beige, à l'encre brune, une médaille circulaire recto et verso (texte en italien dédié à Fabbio) avec en-dessous une médaille cruciforme timbrée au centre d'un A - J. Fabbio (signature oblique) - Lith. Fres Armanino Gènes. - (putto feuilletant un album sur fond de fleurs avec) Peinture - Photographie - N°1, Place Massena - Nice - J.H. Nacivet - Paris" (années 1890 ?),

- au recto, sur fond blanc, à l'encre dorée, brune ou grise, "JFabbio - - Nice", et au verso sur fond blanc à l'encre brune, à côté d'un décor d'une médaille circulaire recto et verso, de fleurs et d'une médaille cruciforme timbrée au centre d'un A, "Peinture Photographie (écriture oblique) - (et en-dessous) J. Fabbio - N°1, Place Massena - Nice - J.H. Nacivet - Paris" (années 1890 ?),

- au recto, sur fond blanc, "J. Fabbio" (dans un cartouche ovale bordeaux en forme de palette), et au verso, sur fond blanc et encre brune, à côté d'un décor d'une médaille circulaire recto et verso, de fleurs et d'une médaille cruciforme timbrée au centre d'un A, "Peinture Photographie (écriture oblique) - J. Fabbio - N°1, Place Massena - Nice" (fin des années 1890 ?),

- au recto, sur fond beige, à l'encre grise, "J. Fabbio - Nice" (dans un cartouche rectangulaire gris ou blanc), et au verso, sur fond beige et encre brune, à côté d'un décor d'une médaille circulaire recto et verso, de fleurs et d'une médaille cruciforme timbrée au centre d'un A, "Peinture Photographie (écriture oblique) - J. Fabbio - N°1, Place Massena - Nice - Seule maison installée à l'électricité - pour photographier la nuit - B P Grimaud-Nacivet Paris" (vers 1900 ?),

- au recto, sur fond blanc à tranche argentée et écriture argentée, "JFabbio - Nice - 1, Place Masséna, 1", et au verso, sur fond blanc et écriture brune, sous un décor de palme, médaille recto-verso et médaille cruciforme timbrée en son centre d'un A, avec un dessin de porte surmontée d'une enseigne entourée de fleurs comprenant, "J. Fabbio" et sur son linteau, "Peintre Photographe" et dans l'entrée, "i, Place Massena - Nice - Seule maison installée à l'électricité - pour photographier la nuit - R. Dechavannes Paris" (vers 1900-1905 ?),

- au recto sur fond dégradé du noir au gris et à l'encre blanche, "JFabbio - - Nice", avec un verso blanc et nu (vers 1905-1909 ?).



- FABBIO Joseph (1864-1909), Portrait de fillette, recto, vers 1900-1905 (?),
"JFabbio - Nice - 1.Place Masséna.1"
tirage de 9x5,9 cm sur carton de 10,5x6,3 cm, Collection personnelle.

- FABBIO Joseph (1864-1909), Portrait de fillette, verso, vers 1900-1905 (?),
sous un décor de palme, médaille recto-verso et médaille cruciforme timbrée en son centre d'un A, avec un dessin de porte surmontée d'une enseigne entourée de fleurs comprenant, "J. Fabbio" et sur son linteau, "Peintre Photographe" et dans l'entrée, "i, Place Massena - Nice - Seule maison installée à l'électricité - pour photographier la nuit - R. Dechavannes Paris"
carton de 10,5x6,3 cm, Collection personnelle.


- FABBIO Joseph (1864-1909), Portrait de femme, recto, vers 1905-1909 (?),
"JFabbio - Nice - 1.Place Masséna.1"
tirage de 6,5x3,7 cm sur carton de 10,5x6,4 cm, Collection personnelle.

- FABBIO Joseph (1864-1909), Portrait de femme, verso, vers 1905-1909 (?),
verso nu,
tirage de 6,5x3,7 cm sur carton de 10,5x6,4 cm, Collection personnelle.




Vers 1890, Joseph "Fabio" est "collaborateur artistique" du Guide-Soleil édité par G. d'Alba chez Visconti. Il réalise des photographies de grand format, notamment des portraits (24,7x17,3 cm) mais également des vues du Carnaval de Nice (21x27 cm). Il fournit également des photographies aux journaux et revues (Revue encyclopédique de 1898, Le Monde Illustré du 26 février 1899) ainsi que des panoramiques de Nice et des ses environs aux Editions T.B. (Nice) pour un tirage en cartes postales vers 1900. En 1905, il publie chez Freund (Zurich) un Album Illustré de Nice (16 grandes photographies) avec essentiellement des photographies de boutiques de Nice dont deux photos de ses propres ateliers.

L'Aide-mémoire de photographie publié par la Société Photographique de Toulouse signale "Fabio" à Nice de 1897 à 1905.

Joseph Fabbio est naturalisé français en 1907 (dossier du 7 juillet 1907).

Le Dictionnaire biographique et historique illustré des Alpes-Maritimes (Flammarion, Paris, sans date) consacre vers 1908 une notice à "Joseph Fabio", "il a eu l'honneur de voir poser chez lui des princes et souverains, tels que le roi des belges, le roi de Grèce, la reine Maria de Portugal, les grands-ducs de Russie, le président Krüger".

L'atelier du 1, place Masséna perdure jusqu'en 1909 mais disparaît ensuite des annuaires niçois.

Joseph Fab(b)io "photographe, âgé de 45 ans", décède en effet le 10 août 1909 à Saint-Laurent-du-Var (Alpes-Maritimes), commune près de Nice où il a une propriété. 

Ses deux fils se marieront dans cette commune, Marc Henri Guillaume Jean Fabio le 27 janvier 1921 (il y décédera le 24 mai 1969) et René Auguste Louis Fabio le 5 mars 1925. Marcelline, la veuve de Joseph Fabio y décédera le 8 juin 1930.

A Nice, dans le tombeau de la famille Fabio (Cimetière de Caucade) reposent Adèle et Guglielmine (ou Guillelmine) et un autre membre de la famille décédé en 1901.











mercredi 25 mars 2020

1108-GIORGIO OLIVERO : "L'ALBUM PHOTOGRAPHIQUE DE CUNEO OFFERT AUX PRINCES DE SAVOIE EN 1857"




- SILLI Giuseppe (1826-1886) & MAZZOCCA Giacomo (ca.1825-?), 
Via Bonelli e Piazza Nuova (oggi Piazza Galimberti), Veduta di Cuneo, 
estratta dall'Album offerto dal municipio di questa città ai Principi della Savoia, nel 1857, 
carta salata all'albume, 18,5x24,7 cm, su cartoncino, 19,7x26,4 cm, Collezione privata.

- SILLI Giuseppe (1826-1886) & MAZZOCCA Giacomo (ca.1825-?), 
Via Bonelli e Piazza Nuova (aujourd"hui Piaza Galimberti), Vue de Cuneo
extraite de l'Album offert par la mairie de la ville aux Princes de Savoie en 1857, 
tirage albuminé de 18,5x24,7 cm, sur carton de 19,7x26, 4 cm, Collection privée.





UN ARTICLE DE GIORGIO OLIVERO 
(EN ITALIEN ET EN FRANÇAIS)



Il 22 settembre 1857 il Sindaco della città di Cuneo Carlo Brunet regala ai Principi Umberto e Amedeo di Savoia, figli del Re Vittorio Emanuele II, un album di fotografie intitolato: "Vedute di Cuneo e suoi dintorni - fotografie per cura del Municipio e presentate agli augusti principi reali Umberto e Amedeo in occasione del loro passaggio a Cuneo”. 

Sappiamo dalle cronache dei giornali locali che i Principi hanno intrapreso da qualche tempo un viaggio di istruzione a Nizza e sulla Costa Occidentale, la mattina del 21 settembre sono partiti da Sospel, hanno percorso la Valle Roja, pernottato a Limone Piemonte e hanno raggiunto Cuneo nella tarda mattinata del giorno seguente. 

La cronaca racconta che visitano la città, incontrano personalità del mondo politico, militare, religioso e, durante i festeggiamenti, ricevono il dono dell’album. Alle sette di sera ripartono col treno per per raggiungere il Castello di Moncalieri, loro dimora vicino a Torino.

Se la data del dono, certa e documentata, sembrerebbe definire la realizzazione delle fotografie come una commessa del Sindaco della città desideroso di ringraziare, e ingraziarsi, la Casa Reale, l’analisi delle singole immagini ci racconta una storia diversa e più interessante.

Sappiamo che gli autori sono i fotografi Silli e Mazzocca, ma, ad oggi, non conosciamo nessuna copia intera dell’Album, abbiamo solo due serie di 16 vedute, incomplete rispetto alle 17 dichiarate dai documenti, più alcune copie singole sparse in diverse collezioni.

Osservando le ombre portate dai balconi sulle facciate delle case, come se fossero degli orologi solari, ho dedotto che le fotografie, almeno quelle fatte in giorni di sole, sono state realizzate in un arco di tempo compreso tra il 1° settembre e il 4 novembre. Questo arco temporale, considerando  che il dono é stato fatto il 22 settembre, ci dice quindi che le vedute non furono fatte per l’occasione della visita dei Principi, ma almeno un anno prima. 

Questa circostanza cambia dunque radicalmente la lettura del lavoro, che si presenta non come una commessa di un ente ma come un’attività autonoma, un’impresa commerciale. Possiamo cioè immaginare i fotografi come due professionisti che realizzano raccolte di vedute per venderle a clienti facoltosi, come la nuova borghesia imprenditoriale che si sta affermando nel nascente panorama industriale ansiosa di novità e cose prestigiose, o, come in questa occasione, a istituzioni bisognose anche loro di prestigio e visibilità.

Che cosa però abbia fatto incontrare e mettere in società per realizzare l’impresa dell'Album, alla fine dell’estate del 1856, i due fotografi è, allo stato attuale della ricerca, difficile da capire. 
Forse l’amicizia con il fotografo cuneese Francesco Javelli, coetaneo di entrambe, può essere il punto di unione di un’amicizia che durerà negli anni a venire. Javelli infatti sposerà la nobile Matilde Deleuse imparentata con la famiglia Tiranty di Nizza, che è in quel periodo territorio italiano (fino al 1860) e dove Giuseppe Silli, romano di origine, è documentato attivo sicuramente dal 1856. Il padre di Javelli, facendo parte dell’ambiente politico cuneese, legato inevitabilmente ai Savoia e a Torino, potrebbe spiegare la conoscenza di Giacomo Mazzocca che a quella data aveva già aperto un Atelier in Torino. Infine proprio questa stessa conoscenza avrebbe potuto, un anno dopo, fornire l’occasione di vendita delle fotografie raccolte in un album prestigioso, regalato ai Principi da Carlo Brunet, sindaco della città e parlamentare del governo Savoia.

Questa storia affascinante sta prendendo corpo grazie alle preziose informazioni degli amici storici cuneesi. Unendo i testi degli storici della fotografia degli anni ’80 ai dati che sto raccogliendo negli archivi italiani potremo presto ricostruire la biografia di questi due fotografi a cavallo tra Italia e Francia. Giorgio Olivero 20 marzo 2020.



- SILLI Giuseppe (1826-1886) & MAZZOCCA Giacomo (ca.1825-?), 
Via Bonelli e Piazza Nuova (oggi Piazza Galimberti), Veduta di Cuneo, 
estratta dall'Album offerto dal municipio di questa città ai Principi della Savoia, nel 1857, 
carta salata all'albume, 18,5x24,7 cm, su cartoncino, 19,7x26,4 cm, Collezione privata.

- SILLI Giuseppe (1826-1886) & MAZZOCCA Giacomo (ca.1825-?), 
Via Bonelli e Piazza Nuova (aujourd'hui Piazza Galimberti), Vue de Cuneo
extraite de l'Album offert par la mairie de la ville aux Princes de Savoie en 1857, 
tirage albuminé de 18,5x24,7 cm, sur carton de 19,7x26, 4 cm, Collection privée.






Le 22 septembre 1857, Carlo Brunet, Maire de la ville de Cuneo (province du Piémont, Italie), remet aux princes Umberto et Amedeo di Savoia, fils du roi Vittorio Emanuele II, un album de photographies intitulé : "Vedute di Cuneo e suoi dintorni - fotografie per cura del Municipio e presentate agli augusti principi reali Umberto e Amedeo in occasione del loro passaggio a Cuneo”. 

Nous savons par les chroniques des journaux locaux que les princes, respectivement âgés de 12 et 13 ans, ont entrepris un voyage à Nice et sur la côte ouest depuis la veille. En effet, le matin du 21 septembre, ils sont partis de Sospel, ont traversé la vallée de la Roja, ont passé la nuit à Limone Piemonte et ont atteint Cuneo le lendemain, en fin de matinée. 

Les articles relatent qu'ils visitent la ville, rencontrent des personnalités du monde politique, militaire et religieux et reçoivent l’album en cadeau pendant les célébrations. À sept heures du soir, ils repartent en train pour rejoindre le château de Moncalieri, résidence royale située près de Turin.

Si la date du don, certaine et documentée, semble définir la réalisation des photographies comme une commande du maire de la ville, désireux tout à la fois de remercier et de gagner les faveurs de la Maison Royale, l'analyse des images nous raconte une histoire différente et plus intéressante.

Nous savons que les auteurs sont les photographes Giuseppe Silli et Giacomo Mazzocca mais, à ce jour, nous ne connaissons aucune copie complète de l'album. Nous n'avons que deux séries de 16 tirages albuminés de 18x23 cm, incomplètes par rapport aux 17 vues déclarées par les documents, plus quelques exemplaires uniques dispersés dans différentes collections.

En observant les ombres portées visibles sur les photographies comme s'il s'agissait de cadrans solaires (notamment celles des balcons sur les façades des bâtiments), j’en ai déduit que les prises de vue, du moins celles des jours ensoleillés, ont été réalisées sur une période comprise entre un 1er septembre et un 4 novembre. Ceci implique que les photographies de l’album n'ont pas été réalisées à l'occasion de la visite des Princes du 22 septembre 1857 mais au moins un an auparavant. 

Ceci change donc radicalement la lecture de l'album qui se présente non pas comme la réponse à une commande institutionnelle mais comme une activité indépendante, une entreprise commerciale. En d'autres termes, nous pouvons imaginer les photographes comme deux professionnels qui créent des collections de vues pour les vendre à des clients aisés, comme la nouvelle bourgeoisie entrepreneuriale qui émerge dans le panorama industriel naissant, soucieuse de nouveautés et de choses prestigieuses ou, comme cette fois, aux institutions qui ont également besoin de prestige et de visibilité.

Cependant, ce qui peut expliquer la rencontre et la collaboration de ces des deux photographes pour mener à bien l’album, à la fin de l'année 1856, est actuellement difficile à comprendre.
Peut-être que la fréquentation du photographe Francesco Javelli de Cuneo, du même âge que les deux auteurs, a été le point de départ d'une amitié qui perdurera dans les années suivantes. Javelli épousera en effet la noble Matilde Deleuse liée à la famille Tiranty de Nice (comté qui se trouve sur le territoire italien jusqu'en 1860) et où Giuseppe Silli, romain d'origine, est signalé comme actif depuis 1856.

Le père de Javelli, qui fait partie de l'environnement politique de Cuneo, inévitablement lié à la Maison royale de Savoie et à Turin, pourrait expliquer le lien avec Giacomo Mazzocca qui à cette date avait déjà ouvert un atelier à Turin. Enfin, précisément ce même lien pourrait, un an plus tard, donner l'occasion de diffuser les photographies réunies dans un album prestigieux, remis aux Princes par Carlo Brunet, maire de la ville et parlementaire du gouvernement de Savoie.

Cette histoire fascinante prend forme grâce aux précieuses informations des Amis historiques de Cuneo. En combinant les textes des historiens de la photographie des années 1980 avec les données actuellement recueillies dans les Archives italiennes, il sera bientôt possible de reconstituer la vie et la carrière de ces deux photographes entre l'Italie et la France. 



POUR EN SAVOIR PLUS SUR LES AUTEURS DE CET ALBUM : VOIR SUR CE BLOG















lundi 23 mars 2020

1107- LES DELTON, UNE DYNASTIE DE PHOTOGRAPHES




- Portrait de trois générations de Delton, prénommés Jean,
extrait de l'ouvrage, Le Monde du Cheval 1864-1914, Paris, 1917.
A ce portrait de famille, il manque cependant Georges Delton.





- Jean Louis DELTON Père (1807-1891)

Jean Louis Delton, est le fondateur d'une dynastie de photographes sur trois générations notamment spécialisés dans la "Photographie hippique" (voir des photos, ENSBA Paris, ici).




Jean Louis Delton est né à Paris (3ème arrondissement) le 20 ou 22 avril 1807. Il est le fils d'Etienne Louis Delton (1774-1853), horloger et d'Elisabeth Albertine Caverois (c.1780-1845) et a pour sœur aînée Marie Albertine Delton (1801-1851, épouse Rosier).

Après avoir été sous-officier de cavalerie (12ème régiment de dragons vers 1825-1830 et coureur hors-pair), Jean Louis Delton  est depuis le milieu des années 1830, actionnaire des chasses à courre de La Morlaye et membre du jockey-club organisateur des courses hippiques au Champ-de-Mars (puis à Longchamp, à l'ouest du Bois de Boulogne, dès 1857). Il monte lui-même dans les premières courses qui ont lieu en France avec le baron Auguste Lupin (1807-1895) et voyage en Angleterre et en Pologne où il suit les chasses à courre.

A la fin des années 1840, il est rentier et vit à Passy où il est propriétaire de terrains dans cette commune. 

En 1851, est-ce lui qui est signalé dans un jugement de faillite en tant que "Delton (Louis-Jean), directeur du Cercle et estaminet du passage de l'Opéra, y demeurant, galerie du baromètre" (Le Droit du 12 février 1851 p 4 et du 24 mai 1851 p 4) ? 

Vers 1853, il commence à acheter et revendre des terrains aux limites entre Passy (commune rattachée à Paris en 1860), Paris et Neuilly, près de l'avenue de l'Impératrice, ouverte en 1854 (emprunts, hypothèques, reventes - voir notamment sur France Archives) et s'y installe à l'époque de son mariage en 1856. 

Il épouse en effet en 1856, à 49 ans, Marie Alexandrine Bertin, 24 ans (1832-1889) et reconnaît avec elle leur fils naturel, Louis Jean Delton, né à Passy (au 2, rue des Bouchers) le 11 août 1850, leur autre fils Jules, étant malheureusement décédé à 1 mois et demi en 1851 (21 septembre 1851-11 novembre 1851). Ils ont ensuite Georges Frédéric Delton qui naît à Paris (16ème arrondissement) le 19 octobre 1859.

Le 9 février 1861, Louis Jean Delton demeurant à Paris au 83, avenue de l'Impératrice (près de la Porte Dauphine), crée une association sous l'égide de Nadar pour ouvrir en avril 1861, près du bois de Boulogne (aménagé entre 1853 et 1857), un studio de photographie au 6, avenue de la Faisanderie (16ème arrondissement), dénommé "Photographie hippique" (Le Moniteur Universel du 12 février 1861 p 4 et du 15 février p 4). 



- Publicité pour l'atelier parue dans La Presse du 15 mars au 13 avril 1861.


L'association est stoppée la même année et Louis Jean Delton continue seul (Le Moniteur Universel du 11 octobre 1861 p 4 ; Le Sport Universel Illustré de janvier 1936 pp 20-22). 



Annuaire-almanach du Commerce et de l'Industrie, 1862 p 1005 (voir sur Gallica).


- Article paru dans Le Constitutionnel du 9 décembre 1862 p 2 (voir sur Retronews).



Louis Jean Delton, guidé par sa passion des chevaux, semble être un profane en photographie qui sait s'entourer d'excellents opérateurs pour mener son projet à bien.

Il participe à l'Exposition Universelle de Londres en 1862.

Une annonce pour l'établissement hippique est diffusée dans quatre journaux parisiens en avril-mai 1864 et un article et une vue lui sont consacrés dans Le Monde Illustré du 18 juin 1864 (voir ci-dessous).



- Annonce publiée dans quatre journaux dont La Presse du 2 avril au 4 mai 1864.

- Estampe publiée dans Le Monde Illustré du 18 juin 1864 p 400.



Henry Lauzac consacre à Jean Louis Delton une notice dès 1863 dans sa Galerie historique et critique du Dix-Neuvième siècle dont voici quelques passages (extraits du premier volume de l'édition de 1865 pp 285-288) : "Assurément, c'est une heureuse idée à laquelle on doit applaudir, que celle de la création d'une photographie hippique, située près de la plus belle promenade de Paris (avenue de l'Impératrice), continuellement sillonnée par les brillants équipages de l'aristocratie (...) Avec son vaste jardin, ou champ de pose, où peuvent circuler à l'aise les attelages de quatre chevaux, avec ses élégantes et spacieuses galeries, ses ateliers inondés de lumière, l'établissement de M. Delton, on le conçoit aisément, n'a pu que prospérer depuis sa fondation (...) M. Delton a plusiers fois reçu la proposition d'aller à Londres monter une photographie hippique (...) Les capitaux nécessaires ont été réalisés pour cette nouvelle entreprise mais elle n'a pu encore être exécutée, faute de l'emplacement convenable".

Il ne semble pas que ce projet de création d'atelier hippique à Londres ait été réalisé.

Il a deux nouveaux enfants (il signe "Delton"), au 83, avenue de l'Impératrice (16ème arrondissement), Jeanne Berthe Delton (née le 16 novembre 1863) et Paul Delton (né le 5 mai 1867).

Rapidement célèbre, il réalise des portraits équestres de personnalités politiques, financières et artistiques mais également des chevaux et jockeys vainqueurs des courses en France et à l'étranger (Portrait équestre du Prince Impérial en 1864, Photographies de l'écurie du roi Victor-Emmanuel à Turin en 1864, Portraits d'Abd-el-Kader en 1865, Portrait équestre du roi de Prusse et de son état-major à Berlin en 1866...).

L'atelier fournit des photographies aux revues, journaux (dont Le Monde Illustré entre 1863 et 1867) et ouvrages hippiques puis édite des Albums hippiques dès 1867 (voir des albums sur Gallica - six albums Delton en 1870). 

Spécialisé dans la photographie hippique, l'atelier réalise cependant tout aussi bien des portraits à pied dont des portraits d'enfants mais également des photographies animalières et des photographies d'objets.

Entre novembre 1866 et avril 1867, Jean Louis Delton est convoqué au Tribunal de la Seine pour jugement de faillite (Le Moniteur Universel du 18 novembre 1866 au 6 avril 1867). 

Il participe à l'Exposition Universelle de Paris en 1867, à l'âge de 60 ans.

En juin 1868, l'atelier expose, dans une rotonde récemment édifiée, la grande toile peinte par MM. Rubé et Chaperon intitulée Panorama des travaux du Canal de Suez et présentée en 1867 à l'Exposition Universelle de Paris (Le Siècle du 16 mai 1868 p 3 ; Le Figaro du 9 juin 1968 ; Le Moniteur Universel du 10 juin 1868 p 9).

Les cartons-photos de l'atelier Delton affichent notamment :
- un recto nu, avec au verso, "Photographie Hippique - J. Delton & Cie - 6, Avenue de la Faisanderie, 6 - à côté de la Station du Chemin de fer - de l'Avenue de l'Impératrice " (1861),

- un recto nu, avec au verso, "J. Delton & Cie - 83, Avenue de l'Impératrice, 83" (1861 ?),

- un recto nu puis à liseré simple noir ou rouge puis à liseré double rouge avec "Delton, Phot.", et au verso, "Photographie Hippique - J. Delton - 83, Avenue de l'Impératrice, 83" (dès fin 1861 ?).

L'atelier est détruit par l'artillerie prussienne en janvier 1871. Un autre atelier fonctionne à proximité. L'atelier est  reconstruit en 1872/73 sur un terrain concédé par la Ville de Paris dans le Bois de Boulogne, près du premier lac, entre le Grand Lac et l'allée cavalière dite de Saint-Denis.



- Louis Jean DELTON Fils (1850-1931) et Jean DELTON Petit-Fils (1890-1914)

Jean Louis Delton (père) semble laisser son fils aîné Louis Jean Delton diriger l'affaire dès 1871 (après ses trois ans d'armée puis de guerre), secondé par son frère Georges, quelques années plus tard. 

Les deux frères, "MM. Delton fils, de la Photographie hippique du Bois de Boulogne" sont signalés pour avoir sauvé un homme de la noyade dans le lac de Boulogne, en avril 1877 (Le Constitutionnel du 10 avril 1877 p 3).

Jean Delton (fils) remporte une médaille d'argent à l'Exposition Universelle de Paris en 1878. Il édite à son tour des albums hippiques dont Chevaux et équipages à Paris en 1878 et Tour du bois en 1882-1886 (voir des albums sur Gallica). A partir de 1881/1882, les chevaux sont photographiés en mouvement. Un Bureau-Exposition-Vente des collections est ouvert dans Paris en 1883 au 260, boulevard Saint-Germain.

Des projections photographiques des habitués du Bois sont organisées à la Salle Beethoven de Paris en janvier et février 1888.

Marie Alexandrine Delton, née Bertin, épouse de Louis Jean Delton et mère de Jean et Georges Delton décède "en son domicile de Neuilly-sur-Seine, Bois de Boulogne, près le grand Lac", le 3 février 1889, âgée de 56 ans. Son fils Louis Jean Delton, "âgé de 38 ans, photographe", domicilié à la même adresse, est témoin de l'acte de décès.

Jean Delton (fils) crée, en 1889, une revue illustrée intitulée, Photographie Hippique qui dès septembre 1895 fusionnera avec le journal Le Sport Illustré, créé en janvier 1895. 

Les cartons-photos de l'atelier Delton affichent notamment :
- recto avec un titre, et verso avec, "Delton - Photographie Hippique - 3, rue Montrosier, 3 - Neuilly" (années 1870, adresse signalée dans Le Figaro du 30 mai 1873 p 3),

- recto à fond gris avec, "Photographie Hippique - J. Delton - - Au Bois De Boulogne", verso nu (années 1880-1890 ?).

Jean et Georges succèdent officiellement à leur père en mars 1890 (Archives commerciales de la France du 12 mars 1890 p 338). 

Leur père, "l'alerte vieillard que tout Paris connaît" (Le Figaro du 21 août 1887 p 1) décède à Neuilly, à son domicile du 23, boulevard Bineau, le 2 janvier 1891, à l'âge de 83 ans (ses obsèques sont notamment signalées par Le Figaro du 6 janvier 1891 p 1). "Louis Jean Delton, âgé de 40 ans, artiste photographe" est l'un des signataires de l'acte de décès de son père "Jean Louis Delton, artiste photographe, ancien architecte" (!?).

Cette dernière mention est plus qu'étonnante. Certes le cousin de Jean Louis Delton, Etienne Albert Delton (1806-1862) a été  l'architecte renommé de la famille mais Jean Louis Delton s'est pour sa part engagé dans l'armée à 18 ans environ. A-t-il fait auparavant des études de Beaux-Arts comme son cousin ? A-t-il travaillé après ses cinq ans d'armée comme architecte ?



- Publicité pour l'atelier Delton publiée dans l'Almanach des foires chevalines, 1890.




Jean Delton (fils), à l'âge de 39 ans, a un fils hors mariage, avec Arthémise Talima, cuisinière de 18 ans employée à la Photographie hippique. Ce dernier naît à l'hôpital Beaujon de Paris (8ème arrondissement) le 13 janvier 1890 et est déclaré sous le nom de Jean Carpentier (nom de famille emprunté du côté maternel). 
Cet enfant est reconnu, lors du mariage de ses parents l'année suivante à Neuilly, le 5 mai 1891 où "Louis Jean Delton, domicilié à Neuilly-sur-Seine, Bois de Boulogne, photographe" (aux parents décédés) épouse Arthémise Aglaé Lucie Talima, sans profession (née le 27 décembre 1871 à Hénu, Pas-de-Calais).

De nombreux sites situent le décès de Louis Jean Delton (fils) à l'âge de 50 ans environ, en 1901 mais plusieurs documents attestent cependant de son activité après cette date.

C'est notamment lui qui reçoit la décoration du Mérite Agricole en 1903 et la rosette d'Académie en 1909, lui qui perd son épouse en octobre 1910 (La Presse du 24 octobre 1910 p 2 - acte de décès non retrouvé), lui qui perd son fils en octobre 1914, lui qui fournit en 1917 les cent photographies pour l'ouvrage, Le Monde du Cheval 1864-1914 (lettre d'introduction de l'ouvrage paru en 1917) et dirige l'atelier de Photographie Hippique, chemin de ceinture du Lac, côté droit, au Bois de Boulogne jusqu'en 1927, avant de céder la place à Louis Goy.

Jean Delton semble décéder en 1931, à l'âge de 80 ans environ (acte de décès non retrouvé). 

Jean Delton (petit-fils), domicilié à Neuilly, s'engage à 18 ans dans l'armée pour trois ans, de septembre 1908 à septembre 1911 (18ème régiment de dragons). Il sera ensuite photographe de 1911 à 1914.

Maréchal des logis chef (13ème régiment de dragons), il sera tué en Belgique, à West-Roosboere, dès le début de la Première Guerre Mondiale, le 19 octobre 1914.



- Georges Frédéric DELTON (1859-1930)

La vie et la carrière de Georges Delton semblent moins connues que celles de son père et de son frère Jean.  

Georges Frédéric Delton est né à Paris le 19 octobre 1859. Il est l'un des cinq enfants de Louis Jean Delton (1807-1891) et de Marie Alexandrine Bertin (1832-1889), son épouse.

Il semble associé à l'atelier de Photographie Hippique paternel dès la seconde moitié des années 1870. Peu de choses concernant son activité sont cependant connues avant 1890, date à laquelle il succède à son père, avec son frère Jean.

Georges Frédéric Delton, "photographe, domicilié au Bois de Boulogne, commune de Neuilly (Seine)", âgé de 33 ans (il signe "Georges Delton"), se marie à Paris (16ème arrondissement), le 27 avril 1893, avec Adélaïde Cléantie (dite Lucie ou Lucy) Bonfils, sans profession, 31 ans (née à Lyon le 15 novembre 1861). L'un de ses témoins de mariage est son frère Louis Jean Delton, "âgé de 43 ans, photographe, domicilié au Bois de Boulogne, commune de Neuilly (Seine)" (il signe "J. Delton").

Georges Delton s'installe avec son épouse à Paris au 16, rue Bois-le-Vent (16ème arrondissement). Ils n'auront pas d'enfant.

Georges cède le 4 décembre 1894, à son frère Jean, ses droits sur la l'atelier du Bois de Boulogne (Archives Commerciales de la France du 8 décembre 1894 p 1499) et se retrouve avec une fortune conséquente. 

Début janvier 1895, il quitte Paris pour Nice et, accompagné de sa femme Lucy, fait le voyage à bicyclette en plein hiver (Gil Blas du 14 janvier 1895 p 1 et Le Vélo du 16 janvier 1895 p 1). Cela montre l'intérêt pour tous les sports qu'a développé le photographe.

A Nice, il reprend dès 1895 l'atelier d'Italo Colombi (ancien atelier de Disdéri et avant lui de Numa-Blanc). Cet atelier est signalé dans les annuaires niçois sous le nom de "Delton (Hippique)" au 15, Promenade des Anglais, dès 1896. 

"Diton (sic) Georges, âgé de 36 ans, photographe" est cité avec son épouse "Lucie Bonfils, 30 ans" (34 ans en fait) dans le recensement de la Ville de 1896, résidant au 3, rue du Congrès (la propriété est située à l'angle de la Promenade des Anglais et de la rue des Congrès).

Georges Delton alterne la saison d'hiver à Nice avec des séjours à Paris et des voyages en France et à l'étranger. Fin 1898, il édite un ouvrage intitulé, Chevaux d’Algérie et de Tunisie (L’Echo de Paris du 31 octobre 1898). Il devient photographe de la revue des sports, La Vie au grand air, dès sa création en 1898.

Il pratique notamment le tir aux pigeons (Monte-Carlo, Spa) et crée un prix qui porte son nom à Monte-Carlo de 1897 à 1899.

Son atelier niçois semble ne durer que 5 ans car il disparaît des annuaires après 1899, comme le nom de Delton. Je n'ai, à ce jour, connaissance d'aucune photographie prise dans cet atelier.

Cette année-là, Georges Delton a 40 ans. Il rentre sur Paris et continue à fournir des photographies de sport pour La Vie au grand air (jusqu'en 1906), alors que son épouse fait des conférences sur les poètes anciens. Il reçoit, comme son frère, la décoration du Mérite agricole en 1903. Il continue à fréquenter la Côte d'Azur et notamment le Tir aux pigeons de Monte-Carlo (Journal de Monaco du 5 mars 1907).

"Mme Lucie-Georges Delton, âgée de 35 ans (49 ans en fait), artiste lyrique", fait une tentative de suicide avec un revolver en juin 1910, à leur domicile du 23, rue de Rémusat (Paris, 16ème arrondissement) (Le Petit Journal du 15 juin 1910 p 3). Il semble qu'elle survit mais parvient, quelques années plus tard à se donner la mort (s'il s'agit bien de la même personne), à Garches (commune voisine de Neuilly), en se suicidant au gaz en décembre 1917, à l'âge de 56 ans (L'Intransigeant du 14 décembre 1917 p 2 - acte de décès non retrouvé sur Garches, Neuilly et Paris).

Georges Delton travaille, dans les années 1920, à Neuilly-sur-Seine, où il est commissionnaire en marchandises au 37, rue de Chézy mais fait faillite en 1923 (voir notamment Archives Commerciales de la France du 20 juin 1923 p 945 et Le Droit du 23 juin 1923 p 172). Il est alors signalé à Garches au 1, rue des Renaudières.

 "Reporter", veuf et âgé de 71 ans, il décède à Garches le 7 décembre 1930, à son domicile du 1, rue Frédéric-Clément. L'acte de décès est signé par sa sœur Jeanne Berthe Delton, veuve Cheale, sans profession, alors âgée de 67 ans.










jeudi 19 mars 2020

1106-DOUGLAS (?-?) & GAYE (?-?), PHOTOGRAPHES




- Publicité pour l'atelier Douglas Gaye, publié dans Nice Artistique 
(Guide-Bijou du Littoral) du 6 janvier au 6 novembre 1890 p 3 (voir sur Gallica).





- DOUGLAS & GAYE

La première difficulté de cette recherche a été de savoir si "Douglas Gaye" est composé du prénom et du nom d'une même personne ou de deux noms de famille. Cette difficulté n'a pas vraiment été résolue, l’ambiguïté revenant dans plusieurs documents : "Douglas, Gaye", "DOUGLAS GAYE", "Douglas-Gaye". 

Le nom de "Douglas" apparaît pour la première fois à Nice dans l'annuaire de 1888 (liste alphabétique des habitants), "rentier, place de la Liberté, 5" (résidence) mais s'agit-il du photographe ?

Ce nom est associé à celui de "Gaye" dans la liste professionnelle des photographes des annuaires de 1889 et 1890, "Douglas, Gaye, maison anglaise de photographie, r. Masséna, 22". 

Si le nom de "Douglas" est absent de la liste alphabétique des habitants de l'annuaire de 1889 alors que celui de "Gaye" apparaît au 20, rue Masséna (résidence), les deux noms se retrouvent ensuite accolés dans la liste de 1890, "Gaye-Douglas, photog., r. Masséna, 22" (atelier et résidence).

Une publicité pour leur atelier est publiée dans Nice Artistique (Guide-Bijou du Littoral) du 6 janvier au 6 novembre 1890 (voir en tête d'article) : "DOUGLAS GAYE, rue Masséna, 22. Spécialité pour groupes d'enfants".

Dans la liste professionnelle des photographes de l'annuaire de 1891, "Douglas, Gaye" semblent coexister au 22, rue Masséna avec le photographe Jean Richaud dont l'atelier est à l'entresol (annuaire de 1891) mais leurs noms disparaissent de l'année suivante (annuaire de 1892). 

Il y a peut-être deux ateliers à cette adresse mais il est également possible que Douglas et Gaye aient cédé l'atelier dès la fin de l'année 1890 à Jean Richaud, ce dernier remplaçant d'ailleurs par sa publicité celle de "Douglas Gaye" dans Nice Artistique (Guide-Bijou du littoral), dès le 13 novembre 1890. La liste des habitants de 1891 cite, "Gaye, photogr., r. Garnier, 15" et ne cite pas "Douglas-Gaye au 22, rue Masséna".

Il est intéressant de constater que dès l'annuaire de 1892, cette adresse du 15, rue Garnier (liste des habitants par rue et par ordre alphabétique) est également occupée par Jules Richaud, ce qui laisse penser que Gaye, après avoir été associé à Douglas en 1889 et 1890 dans l'atelier du 22, rue Masséna, a continué son activité de photographe, seul, une année supplémentaire au 15, rue Garnier, avant de céder cette nouvelle adresse à Jules Richaud, fin 1891.

Je n'ai connaissance, à ce jour, d'aucun carton-photo niçois portant le nom de "Douglas & Gaye" ou de "Gaye".


- DOUGLAS

La recherche sur "Douglas" n'a rien donné de plus et j'ignore son prénom, sa date de naissance, la suite de sa carrière et de sa vie et ses date et lieu de décès. 

La consonance de son nom et la mention, "maison anglaise de photographie" de l'atelier du 22, rue Masséna, permettent cependant de penser qu'il est anglais ou d'origine anglaise.

Il y aura d'autres personnes du nom de "Douglas" signalées par la suite dans les annuaires niçois dont un médecin anglais cité en 1895.



- GAYE - Hypothèse 1

On peut penser la même chose pour "Gaye" mais à la différence de "Douglas", une famille "Gaye" apparaît dans les actes de décès niçois, avec pour point commun, William Thomas Gaye.

Il est impossible d'affirmer que William Thomas Gaye est bien le photographe étudié mais ce nom de famille est extrêmement rare à Nice à l'époque et son signalement coïncide de plus avec la période étudiée. J'ai donc essayé de trouver quelques renseignements sur cet homme.

William Thomas Gaye est probablement né en Angleterre, dans le comté de Somerset, dans les années 1820, peut-être à Minehead où il est signalé dans les années 1840. 

Il étudie la médecine à l'Apothecaries’ Hall de Londres et en sort diplômé en 1847. Il semble ensuite s'installer à Williton (Somerset) où il est de nombreuses fois signalé comme médecin et chirurgien à partir des années 1850. 

Il se marie dans ce comté avec Mary Selina (ou Celina) Byers (née vers 1823) au cours des années 1850 et le couple a des enfants dont Edith Isabelle Gaye (née à Williton le 6 février 1858) et Mabel Elizabeth Gaye (née à Williton vers 1864).

William Thomas Gaye est élu médecin et vaccinateur public du district de Minehead et de l’hospice de Williton en 1866 et n'en démissionne qu'en 1874. Il est réputé en tant que chirurgien spécialiste des opérations de l’urètre (urétrotomie) dans les années 1860-70, à Williton. Sa trace se perd ensuite, alors qu'il a une cinquantaine d'années.

Sa famille est citée à Nice lors du décès de "Byers Mary Selina, veuve de Gaye William Thomas", rentière, âgée de 68 ans, le 26 janvier 1892 à son domicile du quartier Saint-Barthélémy, villa Raynaud puis lors du décès, à la même adresse, de leur fille Mabel Elizabeth Gaye, rentière, célibataire, âgée de 36 ans le 26 novembre 1900 et enfin de leur fille Edith Isabelle Gaye, sans profession, célibataire, âgée de 78 ans, au 87, route de Levens (asile d'aliénés mais domiciliée quartier Saint-Sylvestre, Parc Maria, après avoir vécu villa Raynaud), le 11 juin 1936. Toutes les trois reposent ensemble au Cimetière Sainte-Marguerite de Nice, le cimetière des anglais de Caucade.

Tous ces actes signalent l'antériorité du décès de William Thomas Gaye. Si ce dernier est le photographe étudié, son décès a pu avoir lieu en 1891, peut-être en Angleterre (acte de décès non retrouvé sur Nice), alors qu'il était âgé entre 65 et 70 ans, et expliquer ainsi la fin de son atelier du 15, rue Garnier cette année-là. Médecin, il a pu développer un intérêt particulier pour la photographie, la pratiquer en amateur puis une fois retraité et installé sur Nice, décider d'y ouvrir un atelier.

Il reste la possibilité que le photographe recherché soit un fils non répertorié de William Thomas Gaye ou l'une de ses filles.



- GAYE - Hypothèse 2

Si William Thomas Gaye est bien anglais, rien ne le relie avec certitude au milieu de la photographie.

Il faut envisager une autre personne du nom de "Gaye" qui est signalée dans le recensement de la Ville de Nice de 1886 : "Gaye Louise, française, âgée de 22 ans, commise", locataire de la famille du photographe Antoine Lutrade (Lestrade en fait) au 2, rue Reine-Jeanne (elle n'est pas citée avec cette même famille dans le recensement précédent de 1881). 

Antoine Gaspard Lestrade (1842-1894) est un photographe paysagiste et portraitiste qui possède, dès 1884, un atelier rue Blanqui, maison Vial. Il va quitter Nice pour Marseille entre 1888 et 1890 et y décéder quatre ans plus tard.

Il est possible que Louise Gaye se soit formée à la photographie auprès de lui et ait travaillé dans son atelier jusqu'en 1888 où, âgée d'environ 25 ans, elle a pu s'associer au dénommé "Douglas", pour ouvrir l'atelier du 22, rue Masséna.

Je n'ai trouvé aucun autre renseignement sur Louise Gaye qui a dû naître en 1863 ou 1864.

Le nom de "Gaye" reste très rare sur Nice. Maria Lesieur, veuve de Bernard Gaye, née à Cherbourg (Manche) vers 1838 et mariée à Paris vers 1860, décède à Nice à l'âge de 66 ans, le 1er novembre 1904 mais rien de permet d'affirmer qu'elle puisse être la mère de Louise Gaye.