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mercredi 18 décembre 2019

1073-LES FEMMES ET LA PHOTOGRAPHIE À NICE AU XIX° SIÈCLE-1





- Nice, Portrait de femmes, vers 1862-1865.



LES FEMMES ET LA PHOTOGRAPHIE À NICE AU XIX° SIÈCLE 

Cet article va tenter de préciser la place des femmes actives dans des ateliers photographiques à Nice, entre 1850 et 1900. Du fait que ces femmes ont parfois entamé ou continué ailleurs leur carrière, les cadres géographique et historique de l'étude devront cependant être débordés. 

Épouses, filles ou sœurs de photographes et formées par eux à la photographie, les femmes ont pour la plupart œuvré dans l'ombre des hommes (reflet de la société de l'époque) et s’avèrent
aujourd'hui d'autant plus difficiles à identifier.

A Nice, les photographes forment de petits milieux qui se fréquentent (équipes d'atelier, studios voisins, appartements partagés, associations, amitiés, regroupements selon la région ou le pays d'origine). Ils font parfois des sorties et excursions communes et sont témoins et soutiens de leurs collègues dans les grands moments de leur vie (mariages, naissances, décès).

Ceci explique en partie le fait que les filles de photographe vont souvent épouser un photographe et que certaines veuves de photographe vont se remarier avec un photographe. La connaissance du métier, la capacité d'épauler son conjoint et la nécessité de perpétuer l'affaire familiale expliquent également ces unions.


FILLES DE PHOTOGRAPHES

Le rêve d'un homme est alors de transmettre son affaire à son fils, l'aîné de préférence, et les photographes ne dérogent pas à la règle sauf quand le fils choisit une autre voie ou décède très jeune.

- Ainsi Gustave Julius Echtler (Königsberg, Prusse 22 janvier 1845- ? vers 1920 - actif pendant 40 ans à Nice) qui perd son seul fils Gustave à 11 ans (Nice 1883-Nice 1895), initiera-t-il l'une de ses filles au métier, Marie Thérèse ECHTLER (Nice, 6 décembre 1888-Nice 1er février 1966). Cette dernière sera  active dès le début des années 1910 dans l'atelier familial et sera qualifiée de "photographe" dans le recensement de la Ville de Nice de 1921.

- Eugène Degand (Lille, Nord 7 octobre 1829- Nice 8 octobre 1911 - actif pendant 40 ans à Nice) qui a un garçon, Emile Arsène (Nice 4 novembre 1871-?) et une fille, Eugénie Louise DEGAND (Lille, Nord 2 novembre 1868-Nice 1er avril 1943), initie pour sa part ses deux enfants au métier. Alors que son atelier est situé rue Cotta, il travaille officiellement avec eux dès le milieu des années 1890 dans ses deux adresses de la rue Paradis, Emile Arsène au magasin de photographie du n° 6 et Eugénie Louise au magasin d'appareils photographiques du n°7. 
Voici un extrait d'une lettre de l'épouse d'Eugène Degand, Marie (ou Maria) Louise Lescroart (Lille, Nord 8 avril 1847-Nice 25 septembre 1900), à son frère Charles Lescroart, datée du 10 mars 1899 :
"Je viens à l’instant de recevoir une lettre d’Emile, il est à Londres en ce moment pour apprendre l’anglais. Il nous a quittés il y a deux mois environ en pleine saison, sans s’inquiéter si son père pourrait le remplacer, nous avons voulu le raisonner mais il n’y a pas eu moyen de lui faire entendre raison, il est à la recherche d’une position quand il avait à la maison tout ce qu’il fallait pour gagner de l’argent. Je vous assure qu’Eugénie est bien fatiguée, le magasin lui donne beaucoup de peine, c’est trop pour une femme, nous avons essayé plusieurs employés, nous étions obligés de les renvoyer".
Seul Emile Arsène signera des photographies à Nice vers 1901 ("A. Degand") puis dans l'éphémère succursale cannoise de son père vers 1904. Lorsque Eugène Degand prendra sa retraite cette même année, seul le magasin niçois du n°7 rue Paradis sera conservé et géré par sa fille Eugénie Louise. Cette dernière s'étant mariée le 3 décembre 1901 avec Eloi Edouard Banliat, chemisier (La Rochefoucauld, Charente 1er décembre 1858-Nice 19 juin 1920), l'enseigne du magasin deviendra "Banliat-Degand" (de 1904 à 1912), sans que cette dénomination ne révèle son rôle.


PHOTOGRAPHES AVANT MÊME LEUR MARIAGE

Certaines femmes sont donc photographes avant même la date de leur mariage, soit parce qu'elles sont filles ou parentes de photographe, soit parce qu'elles ont choisi cette voie.

- Marie Jeanne SASSO (Villareggia, province de Turin, Italie 18 avril 1837-Nice 31 décembre 1912), est l'une des deux premières femmes qualifiées de "photographe" recensées à Nice. Qualifiée ainsi, elle épouse à 29 ans dans cette ville, le 20 juin 1866, Pierre Lautier, 23 ans (Mougins, Alpes-Maritimes 1er août 1842-apr. 1912), employé au chemin de fer, avec pour témoin le photographe François Randrup, 21 ans (Neuchâtel, Suisse 3 novembre 1845-Nice 1er décembre 1899). 
Le couple va avoir deux enfants (en 1871 et 1873). Dans le recensement de la Ville de Nice de 1881, les deux époux résidant au 3, quartier Longchamp, sont désormais qualifiés de photographes mais il s'agit probablement d'une erreur car Pierre Lautier est, dans tous les actes d'état civil postérieurs, qualifié d'employé de chemin de fer puis de retraité des chemins de fer. Marie Jeanne a par contre probablement repris son métier de photographe pour quelques années. Elle sera ensuite qualifiée de "sans profession" et décédera à Nice au 5, rue Spitalieri, le 31 décembre 1912, âgée de 75 ans.

- Louise DALBERA (Saint-Jeannet, Alpes-Maritimes 15 mars 1861- Nice 30 janvier 1880) est apprentie à Nice, de 1877 à 1880, dans l'atelier du 13, quai Saint-Jean-Baptiste de son oncle Joseph Silli (Rome, Italie 1826-Vichy, Allier 9 juin 1886). Elle est célibataire et qualifiée de "photographe" lorsqu'elle décède en 1880, âgée de 19 ans

- Pauline CROES (Nice 25 janvier 1857- Nice 21 décembre 1879) travaille, dès le milieu des années 1870, à l'âge de 17 ou 18 ans, dans l'atelier niçois saisonnier du photographe parisien Alphonse de Roux (Marseille, Bouches-du-Rhône 30 novembre 1833-?), situé au 2, rue Longchamp. Qualifiée de "photographe", elle réside à 19 ans à cette adresse qu'elle partage avec son employeur ainsi qu'avec Georges Mariot (Paris vers 1856-?), photographe parisien de 19 ans, comme le révèle le recensement de la Ville de 1876. Célibataire, Pauline décède cependant en 1879, à l'âge de 22 ans. 
Son cousin Charles Maurice Croes (Nice 15 janvier 1863- Nice 17 septembre 1884), plus jeune, ne sera photographe qu'après elle, dès 1880/1882. Associé à Louis Novaro (Nice 7 août 1851-Nice 1er septembre 1898), il tiendra un atelier rue Saint-François-de-Paule puis 9, quai Masséna jusqu'à la date de son décès, en 1884, à l'âge de 21 ans. 

- Marie VAYSSIÉ (Perpignan, Pyrénées-Orientales 3 octobre 1845-?), formée elle-aussi par le photographe Alphonse de Roux (Marseille, Bouches-du-Rhône 30 novembre 1833-?), dans son atelier parisien du 15, rue Drouot (9ième arrondissement) où elle réside, est "photographe', âgée de 27 ans, à la date de son mariage à Paris, en 1873, avec le photographe Antoine Gaspard Lestrade, 31 ans (Brest 13 janvier 1842-Marseille 10 décembre 1894). Alphonse de Roux, qui est peut-être aussi l'employeur d'Antoine Gaspard Lestrade, est l'un des témoins de leur mariage.
Vers 1880, le couple et leurs trois enfants (nés à Paris en 1874, 1876 et 1879) s'installent à Nice mais Marie Vayssié est dite désormais "sans profession". En 1884, son mari ouvre à Nice un atelier de photographie rue Blanqui, qu'il conserve jusqu'en 1888. Toute la famille déménage ensuite à Marseille où Antoine Gaspard Lestrade tient un nouvel atelier au 27, rue de la Martinique, jusqu'à la date de son décès en 1894. 
S'il est probable que Marie Vayssié ait travaillé avec son époux, sa carrière officielle de photographe semble s'être arrêtée du fait de son rôle de mère.

- Anne Pétrolline MESSY (Nice 20 septembre 1857-Nice 29 novembre 1922) est d'abord fille, sœur puis femme et mère de photographe. 
Elle vit et travaille avec son frère et la femme de ce dernier dès le milieu des années 1880, avenue Beaulieu, Villa Ambrosetti. Elle est initiée à la photographie par son frère Joseph Antoine Edouard Messy (1855-1910), lui même formé par son père Emile Messy (1835-1890) puis par Joseph Silli (Rome, Italie 1826-Vichy, Allier 9 juin 1886).
Qualifiée de "photographe", Anne Pétrolline Messy épouse en 1895 le photographe Guillaume Victor Thiel (Galati, Roumanie 9 janvier 1862-Nice 3 novembre 1944) mais son nom n'apparaîtra jamais sur les cartons-photos niçois du 42, quai Saint-Jean-Baptiste ou du 8, avenue Félix-Faure (Thiel Frères puis Thiel Victor). 
Sa fille Marie Louise Thiel (Nice 22 juin 1902-Nice 23 janvier 1970), sera à son tour photographe et épousera en secondes noces, en 1929, le photographe Charles Auguste Laugier (Monaco 1er mars 1897-Nice 31 juillet 1960) qui travaillait peut-être dans l'atelier Thiel et qui dès lors reprendra ce dernier sous le nom de "Laugier-Thiel".


ÉPOUSES DE PHOTOGRAPHES 

A la date de leur mariage avec un photographe, une partie des femmes est dite "sans profession" du fait de leur jeune âge, une autre partie conserve un temps la profession exercée ("repasseuse", "couturière"...) mais doit souvent l'abandonner par la suite, notamment du fait de nombreuses grossesses. 

Même si la grande majorité des épouses de photographes titulaires d'un studio sont citées "sans profession", "ménagère" ou "rentière", elles participent de fait à l'activité professionnelle de leur époux, que ce soit au niveau de l'accueil ou du suivi commercial de la clientèle (atelier, magasin), d'autant que la résidence familiale est proche de l'adresse professionnelle ou se confond avec elle.

Alors qu'à Nice, entre 1850 et 1900, 385 photographes hommes sont recensés (quasiment tous mariés ou vivant avec une compagne sauf ceux morts jeunes), seulement 20 femmes sont qualifiées de photographes dans les documents d'époque (5% environ). 

Si deux d'entre elles sont citées dès 1866, cinq le sont dès les années 1875-1880 et une dès 1885. Les treize autres femmes apparaissent plus tardivement, dans les années 1890 ou les toutes premières années du XX° siècle, ce qui correspond à la visibilité croissante des femmes artistes de cette période. 

La nationalité de ces femmes n'est connue que pour 18 d'entre elles : 12 sont françaises dont 3 sont nées à Nice et 1 dans les Alpes-Maritimes ; 6 sont de nationalité étrangère dont 3 italiennes (dont 1 née à Nice), 2 roumaines, 1 belge et 1 allemande. Par leur mariage, certaines d'entre elles accèdent cependant à une autre nationalité.

Il est à noter que, contrairement à beaucoup d'hommes "peintres et photographes", les femmes recensées ne semblent pas avoir fait d'études de Beaux-Arts car elles n'ont pas pu, ne l'ont pas souhaité ou ne l'ont pas affiché. 
Elles semblent ne pas avoir non plus réalisé de vues extérieures (paysages urbains et naturels) et s'être concentrées sur les activités de studio (portraits). 
Sur ces deux points cependant, il y a des contre-exemples féminins à la même époque, dans d'autres villes françaises et étrangères.

Comme pour les hommes, le terme de "photographe" peut cependant recouvrir plusieurs fonctions : propriétaire ou titulaire de l'atelier et/ou du magasin, opérateur/trice, retoucheur/euse, tireur/euse, assistant/e, employé(e), apprenti(e), voire amateur/trice.

En un mot, il n'est pas toujours facile d'affirmer la pratique photographique de certaines épouses recensées. Leur rôle actif n’apparaît parfois qu'après la séparation d'avec leur conjoint (loi du 27 juillet 1884 instaurant le divorce) ou, plus souvent, lors du décès de ce dernier, alors qu'elles reprennent la direction de l'atelier sans que le nom de celui-ci (souvent prestigieux) soit d'ailleurs modifié. 

- C'est par exemple le cas de Wilhelmine ou Mina SCHULTE (Bühl, Bade-Wurtemberg, Allemagne 1815-Nice 14 décembre 1887). Wilhelmine Schulte épouse, probablement dans les années 1840, Wilhelm Bienmüller (Lüdenscheid, Allemagne vers 1820- Nice 4 octobre 1878), lithographe et photographe. La famille est ensuite signalée en France, avec un fils. 
Wilhelm ou Guillaume Bienmüller a tout d'abord un atelier à Avignon, place de l'Horloge, Café Genella (vers 1852) puis à Marseille, place de la Bourse (1860-1864), à Lyon, 65, rue de l'Impératrice (1864-1867) et enfin à Nice, au 3, rue Chauvain (1867-1869) puis au 7, rue Gioffredo (dès 1869).
Lorsque Wilhelm Bienmüller décède à Nice en 1878, son épouse Wilhelmine, âgée de 63 ans, prend la direction de l'atelier comme le révèlent les annuaires de 1880 à 1883, "Bienmüller, Mme Vve ". Le recensement de la Ville de Nice de 1881 la qualifie de "photographe", vivant rue Gioffredo avec une parente elle aussi "photographe", Reine Feihals (née vers 1815). 
Wilhelmine Bienmüller ne change rien aux inscriptions qui apparaissent sur les cartons-photos, "W. Bienmüller, 49, rue Gioffredo, Nice" mais il faut rappeler qu'elle a presque le même prénom que son mari et la même initiale. 
Il est cependant impossible de qualifier sa participation à l'atelier. En est-elle seulement la propriétaire ou bien possède-t-elle des compétences techniques, masquées depuis 25 ans, qui se révèlent à ce moment-là ?
Wilhelmine Bienmüller prend sa retraite en 1883. Elle décède en 1887, avec pour témoin le photographe Mathurin Raynaud (vers 1844-?) qui est son successeur et voisin de palier.

- Hedwige Sophie THIEL (Galati, Roumanie 5 mai 1866-Nice 13 novembre 1949) et Ida Hélène THIEL (Galati, Roumanie 18 août 1868-Nice janvier 1942) ont trois frères photographes (Thiel Frères), Frédéric (Galati, Roumanie vers 1859-?), Guillaume Victor (Galati, Roumanie 9 janvier 1862-Nice 3 novembre 1944) et Alexandre (Galati, Roumanie vers 1864-Nice 4 février 1930) et travaillent avec eux depuis les années 1880, dans leur atelier du 8 puis du 42, quai Saint-Jean-Baptiste.
Hedwige Sophie Thiel épouse en 1895 le photographe Pierre Sauveur Frédéric Mestres (Papiol, Barcelone, Espagne 19 mars 1858-La Rochelle 25 avril 1917) qui, probablement, travaille également pour ses frères. Le couple, accompagné d'Ida Hélène, déménage cependant en 1898 pour ouvrir son propre atelier à Cannes, rue d'Antibes, "Mestre, Puyol (P. de)" puis, en 1904, à La Rochelle au 29, rue Dupaty, "Mestres de Pujol"
Face à la longue maladie de son mari, Hedwige Sophie reprend l'affaire (1917-1919), sans la changer de nom, avec l'aide, notamment financière, de sa sœur. Le 5 mars 1917, Ida Hélène, veuve, "photographe, demeurant au 29, rue Dupaty", rachète en effet la part de l'atelier de sa sœur Hedwige Sophie et de son mari malade, "pour y réunir l'usufruit au décès de M. Mestres de Pujol" (L'Echo Rochelais des 24 et 31 mars 1917 p 2). Ce décès a lieu en avril 1917. Un second décès a cependant lieu en septembre 1918, celui du seul enfant d'Ida Hélène, Pierre (âgé de 18 ans). Les deux sœurs, veuves et sans enfant, âgées de 51 et de 53 ans, envisagent alors de quitter La Rochelle pour regagner Nice. Ida Hélène revend, au photographe Jean Marcel Arroyo et à son épouse Louise Planté demeurant à Niort, 41, rue du Vingt-Quatre-Février, "le fonds de commerce de photographie exploité par elle à La Rochelle, rue Dupaty, n° 29, comprenant l'enseigne et le nom commercial, la clientèle et l'achalandage, les différents objets mobiliers et le matériel servant à son exploitation, les marchandises existant en magasin et le droit au bail des lieux où il est exploité. L'entrée en jouissance a été fixée au 1er mai 1919" (L'Echo Rochelais des 21 et 28 mai 1919 p 2).
Le nom des deux sœurs ne sera, en définitive, jamais apparu dans les ateliers auxquels elles ont participé.

- DELFINO Elisabeth (Nice 6 juin 1865-Nice 10 avril 1930), italienne, a pour compagnon, au début des années 1890, le photographe italien Salvateur Achille dit Emile Guarnero (Cannes, Alpes-Maritimes 29 novembre 1864-? vers 1898/1902). Ce dernier possède seul, depuis le décès de son frère en 1884, un atelier à Nice au 9, rue Gubernatis. 
Elisabeth et Emile ont en 1894 un fils prénommé Roger Dominique Emile qu'ils vont reconnaître lors de leur mariage en 1895. Lors de ces deux événements, la profession précisée d'Elisabeth est "couturière".
Emile Guarnero décède cependant dans les années suivantes (entre 1898 et 1902) peut-être à son adresse italienne de Casale Monferrato (Alexandrie) et Elisabeth prend alors la direction de l'atelier niçois. Elle est citée, en 1902, comme "Madame veuve Emile Guarnero, propriétaire d'un atelier de photographie" et comme "photographe" (Le Petit Niçois des 24 et 27 février 1902 p 2), à l'occasion d'un vol supposé de clichés photographiques. Le nom de l'atelier reste "E. Guarnero" (au nom du mari, même si, là encore, l'initiale des prénoms des deux époux est la même). 
Elisabeth, 38 ans, "photographe", se remarie cependant en avril 1904 avec Ange André Massa, 24 ans, photographe (Nice 19 janvier 1880-Nice 16 avril 1921), peut-être opérateur pour elle. L'atelier prend alors le nom de "Massa et Guarnero" et perdure jusqu'en 1912 ou 1913.
Le fils d'Elisabeth, Roger Dominique Emile Guarnero (Nice 6 avril 1894-Nice 13 septembre 1977), est initié à la photographie dès les années 1910. Lors de son mariage en juin 1920, il est d'ailleurs qualifié de photographe. Sa mère Elisabeth est à cette occasion qualifiée de "couturière", ce qui prouve qu'après la fermeture de l'atelier familial, elle a repris la profession de ses débuts. En 1921, l'acte de décès de son époux Ange André Massa, âgé de 40 ans, précise qu'il est resté photographe pour sa part. Cela conduit à penser qu'Elisabeth n'a peut-être jamais été une technicienne de la photographie, même si elle a su diriger l'atelier.










mercredi 11 décembre 2019

1072-EXPOSITIONS "PIERRE SOULAGES" (2019-2020)




- SOULAGES Pierre (né en 1919), Peinture 181x145 cm, 12 avril 2012, 2012,
acrylique sur toile de 181x145 cm, Montpellier, Musée Fabre.





VOIR LA VIDÉO (2019, 2 MN 12) DE MAXPPP,
PIERRE SOULAGES AU LOUVRE, UNE BELLE EXPOSITION
 POUR LES 100 ANS DU MAÎTRE DE L'OUTRENOIR,
MUSÉE DU LOUVRE, PARIS, 11 DÉCEMBRE 2019-9 MARS 2020.


VOIR ET TÉLÉCHARGER LE DOSSIER PÉDAGOGIQUE (PDF) 
DE 2009 DU MUSÉE FABRE DE MONTPELLIER
QUI CONSACRE À PIERRE SOULAGES 
UNE EXPOSITION DU 27 NOVEMBRE AU 19 JANVIER 2020
TAPER SUR UN MOTEUR DE RECHERCHE
"PDF PIERRE SOULAGES AU MUSÉE FABRE - MUSÉE FABRE"










jeudi 7 novembre 2019

1071-NICE, LE BOULEVARD CARABACEL-2 (1875-1900)




1- NOACK Alfred (1833-1895), 3510 - Nice, Vue prise du Château, détail, 1876,
tirage albuminé de 21x27 cm, Collection privée.
Les travaux du Couvent du Saint-Sacrement semblent achevés (clocher).
Les travaux du Couvent des Ursulines sont en cours,
le quatrième niveau et la toiture ne sont pas encore érigés.


2- DEBRAY Jean Walburg (1839-1901), Nice -- Vue prise du Château, détail, 1877,
tirage albuminé de 9,5x15 cm, sur carton de 10,9x16,4 cm, Collection personnelle.
Les travaux du Couvent des Ursulines sont en cours,
le pavillon occidental du grand bâtiment n'est pas encore érigé.


VOIR LA PREMIÈRE PARTIE DE CET ARTICLE



Vers 1875-1880, de nombreux  bâtiments du côté nord du boulevard Carabacel sont modifiés, agrandis ou reconstruits.

Alors qu'en 1875 les travaux du Couvent du Saint-Sacrement s'achèvent sur la colline, les travaux d'agrandissement du Couvent des Ursulines s'engagent à leur tour (images 1, 2, 3). 


3- Photographe anonyme, Nice, boulevard Carabacel, détail, vers 1877,
tirage panoramique albuminé, Collection privée.
En pied de colline, au bord du côté nord du boulevard sont présents, de droite à gauche :
(l'Hôtel de Paris, non visible ici), le Palais à Marie,
l'Hôtel d'Europe et d'Amérique (ex Villa Joly), la Maison Ciaudo (ex Hôtel Périno)
 et l'Hôtel Fischer (ex Maison Blanchi) (les Villas Boutau, le Grand Hôtel de Nice, non visibles ici).
En deuxième ligne sont présents, de droite à gauche :
(les Villas Francinelli, non visibles ici), les Villas Joly (trois villas reliées entre elles).
Près du sommet de la colline, sont présents, de droite à gauche :
Le Couvent des Sœurs du Saint-Sacrement, la Villa Victoria, la Villa Boutau.
Au sommet de la colline : le Couvent des Ursulines dont les travaux extérieurs sont achevés.




Vers 1875, deux des trois Villas Boutau du bord du boulevard sont surélevées et le Grand Hôtel de Nice s'augmente d'un bâtiment annexe au sud-est.

Le plan de la Ville de Nice, dressé le 1er janvier 1878 (image 4), témoigne des nouvelles constructions et notamment des façades des deux couvents.


4- Plan pittoresque de la Ville de Nice dressé le 1er janvier 1878, détail,
Nice, Bibliothèque municipale du Chevalier de Cessole.
En pied de colline, au bord du côté nord du boulevard sont présents, de droite à gauche :
l'Hôtel de Paris, le Palais à Marie, l'Hôtel d'Europe et d'Amérique,
la Maison Ciaudo (ex Hôtel Périno), l'Hôtel Fischer (ex Maison Blanchi), les Villas Boutau, le Grand Hôtel de Nice.
En deuxième ligne sont présents, de droite à gauche :
les Villas Francinelli, les Villas Joly (trois villas reliées entre elles), la Villa Alexandrina (ex Villa Victoria).
Près du sommet de la colline, sont présents, de droite à gauche :
Le Couvent des Sœurs du Saint-Sacrement, la Villa Victoria puis la Villa Boutau.
et le Couvent des Ursulines.




Au tournant des années 1880, l'Hôtel d'Europe et d'Amérique est remplacé par la Villa Ernestine (1879), un Grand Chalet est érigé plus en retrait sur la propriété Boutau (1879), la Villa Victoria est transformée (1880), le Grand Hôtel de Nice voit sa capacité d'accueil doublée lors d'un agrandissement du côté oriental (1880) et une nouvelle Villa Boutau est construite à proximité du Grand Hôtel de Nice (1880) 

Vers 1882-1885, c'est au tour du Palais Marie d'être transformé puis de l'une des Villas Boutau. 

Entre 1885 et 1890, la Villa Cauvin-Francinelli est construite à l'entrée orientale du boulevard, en remplacement de plusieurs maisons. Le grand bâtiment horizontal accoste désormais le Grand Hôtel de Paris.

Entre 1890 et 1894, l'ensemble du Grand Hôtel de Nice est exhaussé d'un niveau, d'est en ouest, et en 1894, le bâtiment d'entrée le plus occidental de la Maison Ciaudo (ex Hôtel Périno) est détruit pour la construction d'une petite villa.


LE CÔTÉ NORD DU BOULEVARD CARABACEL


- LE (GRAND) HÔTEL DE PARIS (actuel n° 4 du boulevard Carabacel)

Le Grand Hôtel de Paris, qui occupe un bâtiment construit à l'extrême fin des années 1850 (Villa Marion aîné), a ouvert en 1865. 

Dans le recensement de la Ville de Nice de 1876, sont cités, le propriétaire Eugène Jury, âgé de 58 ans, sa femme Julie, leurs trois enfants et dix membres du personnel (un pâtissier, trois cuisiniers, une lingère, un garçon d'hôtel et quatre domestiques).

L'annuaire niçois de 1877 cite Coste, en tant que directeur. 

Le Grand Hôtel de Paris, situé à l'entrée orientale du  boulevard Carabacel au n° 8 (images 1, 2, 4, 5, 10, 13), devient dès 1879 la propriété de Joseph Duittoz & Eugène Jury.

En 1883, une publicité précise que le Grand Hôtel de Paris, boulevard Carabacel bénéficie de : "Ascenseur.- Téléphone.- Calorifère.- Bains.- Douches.- Eclairage électrique" (Guide Joanne, Aix-les-Bains, Marlioz et leurs environs, 1883 p 87).

Appartiennent à la même Maison, le Grand Hôtel du Louvre à La Bourboule (publicité de 1883, Duittoz-Jury propriétaire) puis le Grand Hôtel des Bains à Vichy (publicité de 1895, Jury propriétaire).

[Le Grand Hôtel de Paris perdure au XX° siècle. Il est associé à l'Hôtel Prince de Galles, son voisin, dès 1929, devenant l'Hôtel de Paris-Prince de Galles. L'emplacement de l'ancien Grand Hôtel de Paris est, depuis 1967, occupé par l'I.P.A.G.]



5- GILETTA Jean (1856-1933), Nice, vue prise de la Colline du Château, détail, vers 1881-1883,
tirage albuminé, Nice, Archives Municipales, Bibliothèque du Chevalier de Cessole.
En pied de colline, au bord du côté nord du boulevard sont présents, de droite à gauche :
l'Hôtel de Paris, le Palais à Marie, la Villa Ernestine (ex Hôtel d'Europe et d'Amérique, ex Villa Joly),
 la Maison Ciaudo (ex Hôtel Périno) et l'Hôtel Bristol (ex Hôtel Fischer, ex Maison Blanchi), 
les trois Villas Boutau, la nouvelle Villa Boutau, le Grand Hôtel de Nice,
En deuxième ligne sont présents, de droite à gauche :
les Villas Francinelli, les Villas Joly (trois villas reliées entre elles), le Chalet Boutau.
Près du sommet de la colline, sont présents, de droite à gauche :
Le Couvent des Sœurs du Saint-Sacrement, la Villa Victoria puis la Villa Boutau.
et le Couvent des Ursulines.


6- Photographe anonyme, Nice, boulevard Carabacel, détail, vers 1881-1883,
tirage albuminé, 23,7x17,3 cm, Collection personnelle.
En pied de colline, au bord du côté nord du boulevard sont visibles, de droite à gauche :
 le Palais à Marie, la Villa Ernestine (ex Hôtel d'Europe et d'Amérique, ex Villa Joly), 
la Villa Francinelli (ex Hôtel Périno, ex-Maison Ciaudo), l'Hôtel Bristol (ex Hôtel Fischer, ex Maison Blanchi).
En deuxième ligne sont présents, de droite à gauche : les Villas Joly (trois villas reliées entre elles) et le Chalet Boutau.
Près du sommet de la colline, sont présents, de droite à gauche :
Le Couvent des Sœurs du Saint-Sacrement, la Villa Victoria, la Villa Boutau.
Au sommet de la colline : le Couvent des Ursulines.




- LE PALAIS À MARIE (ou Palais Marie) (actuel n° 6 du boulevard Carabacel)


Le Palais à Marie (Villa Boïeldieu) a été construit au milieu des années 1850 (images 1, 2, 4, 5, 10, 13). En décembre 1877, il est occupé par le baron et la baronne Leonino (Le Figaro du 31 décembre 1877 p 3).

La façade du Palais à Marie (images 3 et 6) est modifiée au début des années 1880 (vers 1882-1885) (image 7). La terrasse de son niveau supérieur est couverte, et couronnée en son centre d'un grand fronton hémicirculaire sculpté et interrompu et à ses extrémités latérales d'un petit fronton triangulaire. Les baies de la terrasse deviennent des trous d'ombre et sont accostées de pilastres à chapiteaux.

[Le Palais à Marie devient en 1905 l'Hôtel Palais Royal (et de Francfort). Le bâtiment est par la suite transformé en immeuble résidentiel (façade modifiée) qui subsiste encore aujourd'hui avec le nom de Palais Royal.]


7- GILETTA Jean (1856-1933), 337, Nice, Le Carabacel, vers 1889,
tirage albuminé, 21x27 cm, Collection privée.
En pied de colline, au bord du côté nord du boulevard sont visibles, de droite à gauche :
 le Palais à Marie (façade rénovée), la Villa Ernestine (ex Hôtel d'Europe et d'Amérique, ex Villa Joly), 
la Villa Francinelli (ex Hôtel Périno, ex-Maison Ciaudo), l'Hôtel Bristol (ex Hôtel Fischer, ex Maison Blanchi), les trois Villas Bouttau, la nouvelle Villa Bouttau, le Grand Hôtel de Nice.
En deuxième ligne sont présents, de droite à gauche : les Villas Joly (trois villas reliées entre elles) et le Chalet Boutau.
Près du sommet de la colline, sont présents, de droite à gauche :
Le Couvent des Sœurs du Saint-Sacrement, la Villa Victoria, la Villa Boutau.
Au sommet de la colline : le Couvent des Ursulines.




- L'HÔTEL D'EUROPE ET D’AMÉRIQUE (ou Grand Hôtel d'Europe et d'Amérique) (actuel n° 8 du boulevard Carabacel ; avec en arrière la Villa Beau-Site, actuel n° 4 de la montée Carabacel)

L'hôtel, qui occupe un bâtiment construit à l'extrême fin des années 1850 (l'une des Villas Joly) a été ouvert en 1866, par Bernard Balbi.

L'hôtel affiche le n° 9 du boulevard (images 3 et 4) et reste dirigé par Bernard Balbi jusqu'en 1877 ou 1878 puis par Bastiant (ou Bastian), cité au n° 12 dans l'annuaire de 1879 (annuaire de 1878 absent).

Le bâtiment est cependant détruit en 1879 pour laisser la place à la Villa Ernestine, construite par l'architecte Sébastien Marcel Biasini (1841-1913).

La Villa Ernestine porte le prénom de sa propriétaire, Ernestine Esther Pollonnais (69 ans, rentière), veuve de Moïse Mayrargue(s), négociant. 

Le nom de Meyrargues ou Mayrargues apparaît d'ailleurs sur de nombreux plans de la Ville de Nice (1882-1898), boulevard Carabacel, marqué au-devant de l'Hôtel de Paris, du Palais à Marie et de la Villa Ernestine.

La Villa Ernestine est, contrairement à l'ancien Hôtel d'Europe et d'Amérique, construite avec le même alignement et la même hauteur que le Palais à Marie (images 6 et 7). 

Précédée du jardin luxuriant avec bassin central de l'ancien Hôtel d'Europe et d'Amérique, elle offre un bâtiment conséquent à la façade sud constituée de trois niveaux et demi percés de cinq baies. 

L'entrée du rez-de-chaussée est précédée d'un porche. Ce dernier porte la terrasse du deuxième niveau auxquelles conduisent les deux volées monumentales d'escalier qui l'accostent (image 6).

Les baies de ce niveau sont encadrées de pilastres au centre et surmontées d'un décor sculpté aux extrémités. 
Au troisième niveau, les supports sont cette fois couronnés de chapiteaux corinthiens.

Au-dessus d'une corniche sculptée, les extrémités latérales sont dominées par un dôme couronné d'un motif crénelé et percé d'une baie plein cintre encadrée par deux figures imposantes de putti allongés. Ces derniers tiennent la guirlande qui interrompt le fronton hémicirculaire placé en-dessous.

L'ensemble du bâtiment est couvert d'une terrasse qui abrite en son centre une large verrière.

La façade appareillée, verticale et soignée de la Villa Ernestine contraste avec les bâtiments qui l'accostent, allongés, percés de simples baies, dépourvus de décor et dominés par une toiture traditionnelle. 

La villa est louée en 1891 par le Grand Duc Pierre de Russie (The New York Herald du 27 octobre 1891 p 2) et en janvier 1894 par le général Sinelnikoff, gendre du ministre de l'Intérieur de Russie.

En 1893, un guide attire l'attention du visiteur sur la Villa Ernestine et le Palais Marie, dans leurs splendides jardins (Gustave Simons, Au pays des enchantements : d'Antibes à San Remo, T II, 1893 p 90).

Dès 1879, la partie hôtelière semble transférée au revers de son emplacement précédent, en remplacement de l'Hôtel et Pension de Genève qui déménage pour la petite rue Saint-Etienne.

L'Hôtel d'Europe et d'Amérique occupe alors la Villa Joly la plus orientale et est dirigé par Joseph Ollier (annuaires de 1880 à 1883 absents, hôtel cité dans les annuaires de 1884-1889). L'enseigne, Hôtel & Pension, visible sur certaines photographies (image 6) derrière la Villa Ernestine, couronne sa terrasse en partie couverte et ornée d'un décor en stuc

L'hôtel semble cesser son activité en 1889 (absent des annuaires des années 1890) et l'enseigne disparaît (image 7). L'une des trois villas prend le nom de Villa Beau-Site dans les années 1890 (n° 12 bis), occupée notamment par Albert Gauthier, consul de Roumanie, dont la belle salle d'armes attire de nombreux amateurs.

[En 1928, la Villa Ernestine devient l'Impérial Hôtel. Quelques modifications sont alors appliquées à la façade sud. Le porche et les deux volées d'escalier latérales sont démolies. L'entrée est cependant précédée d'un nouveau portique central en saillie. Ce dernier offre des baies jumelles reposant alternativement sur une grosse colonne inspirée de l'ordre dorique et sur un culot, et porte la terrasse centrale du premier niveau. L'Hôtel subsiste aujourd'hui sous le nom d'Hôtel Impérial.
A l'arrière de l'Hôtel Impérial, les trois Villas Joly reliées à l'extrême fin des années 1860, subsistent encore sous l'appellation de Villa Beau-Site ou celle de Palais italien. Des colonnes en pierre ont remplacé les anciennes colonnes métalliques de la façade de la villa la plus occidentale.]


- Nice, boulevard Carabacel, Hôtel Impérial, 2019,
photographie numérique couleur.


Nice, boulevard Carabacel, Hôtel Impérial, détail du dôme occidental, 2019,
photographie numérique couleur.


Nice, boulevard Carabacel, La Villa Beau-Site, 2019,
photographie numérique couleur.




- L'HÔTEL PÉRINO  (actuels n° 10 et 12 du boulevard Carabacel)

L'hôtel, qui occupe un bâtiment construit au milieu des années 1850 (Maison Ciaudo, précédée de deux petits bâtiments d'entrée), a ouvert en 1868 et porte le nom de son propriétaire (Pierre Périno).

Le recensement de la Ville de Nice de 1876 cite Pierre Périno, 32 ans, sa femme Julie et leurs deux jeunes enfants.

L'hôtel semble cependant cesser son activité en 1877 (absent du plan de 1878 et des annuaires édités à partir de cette même date). Périno (Tomati et Cie) gère ensuite l'Hôtel d'York, au 6, place Saint-Dominique (annuaire niçois de 1879).

L'Hôtel Périno du boulevard Carabacel devient la Villa Francinelli (n° 14) (images 3, 6, 7 et 1, 2, 4, 5, 10). Au printemps 1894 (annonce parue dans Le Petit Marseillais des 2, 5, 8 et 13 avril 1894), la Villa est achetée par J.-C. Bruderer (image 13). 

Ce dernier remplace cette année-là le petit bâtiment d'entrée occidental par une petite villa. Elle est l’œuvre de deux architectes niçois, Albert Tournaire (1862-1958), Grand prix de Rome, associé à l’architecte Joseph Mars (1864-1918) (Archives municipales de Nice 2T150).

La villa, précédée de grilles offre, après quelques marches, une façade à deux niveaux de trois baies. Les baies du second niveau sont soulignées de balcons ouvragés et dominées par un décor végétal sculpté, une corniche ornementée reposant sur de longs corbeaux et un petit fronton triangulaire central.

[Le bâtiment principal (n° 10 du boulevard), le petit bâtiment d'entrée oriental (n° 10, actuel Théâtre de l'Eau Vive) et la petite villa (n° 12) existent encore aujourd'hui. La petite villa a pris le nom de Villa Réséda en 1901, de Villa Tyndaris en 1925 (puis de Pension Tyndaris) dénomination qu'elle conserve encore aujourd'hui.]


Nice, n° 10, boulevard Carabacel, 2019,
photographie numérique couleur.


Nice, boulevard Carabacel, La Villa Tyndaris, 2019,
photographie numérique couleur.




- LA MAISON BLANCHI (actuel n° 14 du boulevard Carabacel)

Cet immeuble, construit avant 1860, appartenait à l'épouse de Zéphyrin Blanchi. Il est acheté à ce dernier par Edouard Fischer en 1875 et devient l'Hôtel Fischer (images 1, 2). 

Edouard Fischer (né en Suisse, vers 1840), maître d'hôtel, est cité avec sa femme dans le recensement de la Ville de Nice de 1876.

Le nom de l'hôtel est pour sa part signalé dans l'annuaire niçois de 1877 (annuaire de 1876 absent) puis sur le plan indicateur du 1er janvier 1878 (image 4). 

Une enseigne est placée à la base du toit et dominée par un fronton triangulaire (image 3).

Suite à une faillite, l'Hôtel Fischer est vendu aux enchères en 1877. Acheté par Joseph Duittoz, il prend alors le nom d'Hôtel Bristol (cité dans les annuaires niçois de 1879 et de 1884-1919) (images 6 et 7 et 5, 10, 13).


8- Publicité pour l'Hôtel Bristol parue dans l'ouvrage du Dr Rouget, Nice en poche, 1883 p 4.


9- Publicité pour l'Hôtel Bristol parue dans Le Gaulois littéraire et politique du 12 décembre 1892 à avril 1893, Paris, BnF.



[L'Hôtel Bristol devient en 1919, la Maison Blanche, internat de jeunes filles. L'association qui gère cette institution, rachète ensuite l'immeuble en 1922. Le bâtiment laisse la place en 2015, à un nouvel immeuble qui conserve le nom et les fonctions de l'ancienne Maison Blanche.]


10- Photographe anonyme, Nice, vue de la colline du Château, détail, vers 1890-1892,
Collection privée.
Noter à l'est la présence de la Villa Cauvin-Francinelli en début de boulevard (futur Hôtel Prince de Galles), et à l'ouest l'étage nouvellement construit sur la moitié du bâtiment du Grand Hôtel de Nice.




- LA PENSION OU VILLA BOUTAU (ou Bouttau) (actuel n° 20 du boulevard Carabacel)

Construites avant 1860, deux des trois Villas Boutau, situées au bord du boulevard, sont agrandies et alignées sur la troisième, vers 1875 (images 1, 2, 4, 5). 

Elles sont louées pendant la saison d'hiver à de riches personnalités, comme la duchesse de Hamilton, princesse de Bade, en novembre 1880 (La Fantaisie artistique et littéraire du 13 novembre 1880 p 6) et à la fin des années 1880, au roi et à la reine de Wurtemberg qui viennent y passer plusieurs mois lors de trois hivers successifs (1886-1888).

L'une des trois Villas (image 5) est surélevée au milieu des années 1880 (image 7) et les Villas semblent reliées entre elles. "Recommandons : Les villas Boutau, du boulevard Carabacel, maisons très simples, reliées entre elles pour l'installation du Roi de Wurtemberg, qui depuis deux saisons y mène une vie toute aussi simple mais pourtant royale existence près de son auguste compagne, cette Olga Nicolaïevna dont la réputation de beauté fut sans rivale parmi les princesses de son temps" (Stephen Liégeard, La Côte d'Azur, 1887 p 199 ; voir aussi, The New York Herald du 1er mars 1888 p 2). 

Un Grand Chalet Boutau (ou Villa Le Chalet) est élevé, plus en retrait, vers 1879-1880. Sa façade sud semble comme timbrée d'une grande croix centrale, probablement dessinée par les formes sombres des volets et du balcon qui s'entrecroisent (images 5, 6, 7, 10, 13).

La baronne E. de Kronenberg est notamment signalée en 1891 au Chalet Boutau, 20, boulevard Carabacel (Bulletin de la Société de secours aux blessés militaires, janvier 1891 p 28).

[Un deuxième chalet, plus à l'ouest, accoste le précédent dès les toutes premières années du XX° siècle. L'ensemble des villas et chalets Boutau disparaît au début des années 1920, pour céder la place à la Chambre de Commerce et d'Industrie, érigée entre 1921 et 1923, et toujours présente aujourd'hui au n°20.]


11- JACKSON James (1843-1895), Nice sous la neige, Jardin de la Villa Boutau, boulevard de Carabacel, 15 janvier 1893,
 Paris, BnF, vue 64 sur Gallica.




- VILLA BOUTAU (actuel n° 5 de l'avenue Emile Bieckert)

A côté du Grand Hôtel de Nice, du côté est, se construit vers 1880 une nouvelle Villa Boutau (n° 28), constituée de quatre niveaux percés de neuf baies sur la façade sud (image 12 ci-dessous et 5, 7, 10, 13).

Dans les années 1890, résident à la Villa Boutau le grand duc Georges de Leuchtenberg et prince Romanovsky (général de l'armée russe) et sa seconde épouse la princesse Anastasia de Monténégro.

[Cette villa devient le Palais de la Reine en 1905, l'Hôtel du Palais de la Reine en 1907, le Pavillon de l'Hermitage en 1910, le Langham Hôtel en 1911 et enfin le Palais Langham en 1941 (immeuble résidentiel en copropriété).]


12- DEGAND Eugène (1829-1911), Grand Hôtel de Nice. A Nice, tirage des années 1884-1887,
prise de vue vers 1880-1887, tirage albuminé de 9,7x15 cm sur carton de 11x16,5 cm, Collection personnelle.
De gauche à droite : le Grand Hôtel de Nice et son annexe puis la nouvelle Villa Boutau.
Sur le flanc de la colline et le sommet : la Villa (familiale) Boutau, le Couvent des Ursulines et la Villa Victoria.




- LE (GRAND) HÔTEL DE NICE (ou Grand Hôtel et Pension de Nice) (actuel n° 28 du boulevard Carabacel)

 Le Grand Hôtel de Nice s'est installé dans le bâtiment Tori dès sa construction en 1864 et le directeur Charles Kraft en est devenu le propriétaire en 1874.

Il fait élever en 1875, un bâtiment annexe au sud-est du terrain, au bord du  boulevard. Ce dernier est constitué de 3 niveaux de huit ou neuf baies sur la façade sud, d'une baie sur les angles et de deux baies sur les façades latérales. Les baies du troisième niveau reçoivent le décor sculpté le plus soigné et sont surmontées de larges motifs végétaux ; sur les cinq baies centrales, ces motifs accostent une tête de femme surmontée d'un petit fronton triangulaire.

Vers 1879-1881, le bâtiment principal est fortement agrandi vers l'est et presque doublé par une construction de même hauteur, avec quatre niveaux percés de onze baies (image 12 ci-dessus). A l'entrée un portail, encadré de deux piliers surmontés d'une figure féminine sculptée déhanchée et portant un vase, précède la montée vers le grand bâtiment.

Vers 1890-1891, l'ensemble se voit désormais exhaussé d'un sixième niveau, d'abord sur la partie nouvellement construite (image 10) puis sur l'ancien bâtiment (image 13).

Les travaux s'achèvent en 1894 par l'ajout d'un toit surélevé à quatre pans (image 13), à l'extrémité occidentale de l'immense façade horizontale.

[En 1936 ou 1937, le Grand Hôtel de Nice devient un immeuble résidentiel en copropriété qui subsiste encore aujourd'hui, sous la dénomination de Palais de Nice.]


Nice, boulevard Carabacel, Le Palais de Nice, 2019,
photographie numérique couleur.


Nice, boulevard Carabacel, Le Palais de Nice, détail du niveau supérieur de l'extrémité occidentale, 2019,
photographie numérique couleur.


Nice, boulevard Carabacel, Annexe du Palais de Nice, 2019,
photographie numérique couleur.




- L'HOTEL ET PENSION DE GENÈVE (actuel n° 4 de la montée Carabacel)

L'Hôtel et Pension de Genève a ouvert vers 1867, dans l'une ou plusieurs des Villa Joly construites à la fin des années 1850. Il a pour propriétaire Jean Rusterhofftz, avec comme maître d'hôtel Henri Trüb. L'hôtel est signalé dans les annuaires niçois jusqu'en 1877.

L'hôtel garde le même nom mais déménage en 1878 pour la petite rue Saint-Etienne, Villa de Beauretour, avec cette fois Henri Trüb comme propriétaire (annuaire de 1879)L'hôtel cède ainsi la place à l'Hôtel d'Europe et d'Amérique (lui-même remplacé par la Villa Ernestine en 1879).

[A l'arrière de l'Hôtel Impérial, les trois Villas Joly reliées à l'extrême fin des années 1860, subsistent encore sous l'appellation de Villa Beau-Site ou celle de Palais italien.]



- L'HÔTEL DU PRINCE DE GALLES

L'Hôtel du Prince de Galles est cité de 1865 à 1872 au 18, boulevard Carabacel, à l'extrémité occidentale du boulevard, et il disparaît ensuite.

Un hôtel du même nom est cependant signalé dans les annuaires niçois de 1884 à 1887 (annuaires de 1880-1883 absents), au 23, avenue de la Gare, dirigé par Wantz & Cie, et apparaît une dernière fois en 1888, au n° 31, dirigé par Vauthier.

[L'hôtel est de retour boulevard Carabacel au début du XX° siècle et occupe, au n° 2, le grand bâtiment horizontal de la Villa Francinelli-Cauvin (quatre niveaux percés de treize baies) construit à l'entrée orientale du boulevard à la fin des années 1880 (image 13). L'Hôtel du Prince Impérial est cité dès 1907 (Practical Guide to Nice, Monaco, Beaulieu and the Alps, 1907 p 62) mais n'apparaît dans les annuaires niçois qu'à partir de 1914. Il est associé, dès 1929, au Grand Hôtel de Paris qui l'accoste. Il devient un immeuble résidentiel en copropriété en 1947. Démoli au début des années 2000, il cède la place à un immeuble résidentiel contemporain nommé Villa Prince de Galles qui occupe toujours le n° 2.]


13- Photographe anonyme, Panorama de Nice vu du Château, détail, vers 1898-1900,
vue 35, F. 16, photographie extraite de l'album de 125 photographies,
Voyages en France : Bretagne, Côte d'Azur, environs de Paris, Val de Loire, Normandie
Paris, BnF, voir sur Gallica.
L'Excelsior Régina Palace, érigé entre 1895 et 1897, couronne désormais la colline de Cimiez.




LA COLLINE DE CARABACEL

- LE COUVENT DES URSULINES (actuel n° 42 de l'avenue Emile Bieckert)

Les Ursulines se sont installées au sommet de la colline en 1868, dans les locaux de l'ancienne Villa Venanson (début du XVIII° siècle).

Suite au projet de nouvelle et grande construction envisagé dès le début des années 1870, une cérémonie de pose de la première pierre du nouvel édifice a lieu en 1875. 

Les travaux avancent rapidement. La chapelle provisoire installée au premier étage est bénie par l'évêque de Nice le 25 février 1876.

L'ancienne Villa Venanson est conservée le temps des travaux (images 1 et 2) et en 1877, seule sa partie nord-est est ensuite démolie (image 3). 

Le troisième aumônier des Ursulines de Nice, le chanoine Victor Pontel, écrit en 1878 :  "Bientôt se dressa sur les hauteurs de Carabacel ce monastère qu'on aperçoit aujourd'hui de tous les points de la ville, et qui a devant lui les flots bleus de la Méditerranée, les navires du port, les monuments de la cité, l'éternelle verdure des jardins, des vallées, des montagnes de ce coin privilégié de notre France (...). La façade actuelle a soixante-quinze mètres sur 25 de hauteur, avec deux avant-corps formant pavillons aux extrémités" (Chanoine Victor Pontel [aumônier des Ursulines de Nice de 1874 à sa mort en 1884], Histoire de sainte Angèle Merici et de tout l'ordre des Ursulines, 1878 pp 412-417, ouvrage en ligne). 

Les travaux sont menés d'est en ouest comme les photographies le révèlent. Le gros oeuvre semble achevé en 1877 mais l'argent commençant à manquer, les Ursulines sont contraintes de revendre une partie de la propriété en 1879 (images 14 et 15).


14- Annonce de mise en vente de la Villa de l'Ermitage, 
parue dans Le Figaro du 22 janvier 1879 p 6  (Paris, BnF).


15- Annonce de mise en vente de la Villa de l'Ermitage,
 parue dans Le Figaro du 15 février 1879 p 3 (Paris, BnF).



A l'occasion d'une cérémonie de profession religieuse d'une jeune novice dans la chapelle de l'établissement, un article de L'Univers du 16 août 1888 (p 3) célèbre le monastère : "Ceux qui ont visité pendant la saison d'hiver, la ville de Nice ont admiré, sans doute, le magnifique monastère des ursulines qui s'élève au sommet de la verdoyante colline qui domine elle-même le quartier de Carabacel. A l'abri des vents du Nord, il reçoit sans obstacles et dans les conditions les plus hygiéniques les rayons vivifiants du soleil du Midi, tempérés d'ailleurs par la brise de mer qui modère la chaleur de l'été. Un horizon tel que Nice seule peut offrir charme et étonne ; le regard embrasse à la fois l'ancienne et la nouvelle ville, le port et les admirables contours de la baie des Anges et ne trouve au-delà d'autres limites que la mer et le ciel. Là, depuis près de vingt ans, les ursulines travaillent à l'éducation des jeunes filles appartenant à l'élite de la société niçoise ou de la colonie étrangère, sous l'habile direction d'une supérieure éminente par les qualités d'esprit et de cœur qui la distinguent. Louis Veuillot [1813-1883, journaliste catholique, défenseur de l'Enseignement privé, ancien directeur du journal L'Univers], traversant la ville de Nice [probablement en janvier 1873], avait visité ce monastère et y a laissé des témoignages de son admiration et de sa sympathie que l'on y conserve précieusement".

Le Guide-Bleu Joanne, Nice pratique et pittoresque de 1888 (2° éd., p 64) décrit ainsi l'établissement : "Un couvent des plus beaux couronne le faîte de la colline, le couvent de Sainte-Ursule. C'est un pensionnat que nous recommandons spécialement à la colonie étrangère. Les jeunes filles y respirent l'air pur de la campagne, et la brise marine qui souffle doucement matin et soir ; elles y reçoivent en outre une éducation des plus soignées et une instruction sérieuse" (images 4-7, 10, 13).

Des petites annonces paraissent dans le New York Herald, de novembre 1890 à février 1891 (image 16).



16- Annonce pour le Pensionnat de Sainte-Ursule,
parue dans le New-York Herald du 22 décembre 1890 p 2.



[En 1903, les Congrégations religieuses sont interdites. Les Ursulines de Nice sont expulsées le 1er avril 1904 (La Libre Parole du 9 juin 1903 p 3 et du 5 avril 1904 p 2, La Gazette de Château-Gonthier du 10 avril 1904 p 5). Vendu aux enchères, le couvent de l'Hermitage devient un hôtel. Le bâtiment, transformé en 1906, devient le prestigieux Hôtel Hermitage. Dans les années 1930, l'ensemble devient la copropriété qui existe encore aujourd'hui, sous le nom de Palais de l'Hermitage.]



- LE COUVENT DU SAINT-SACREMENT (actuel n° 4, chemin de Saint-Charles)

Installées dès 1868 dans l'ancienne Villa Ferrara, les sœurs du Saint-Sacrement et de Saint-Joseph n'ont pas cessé d'agrandir les bâtiments du couvent jusqu'en 1875 (images 1-7, 10, 13).

Au revers du grand bâtiment de façade, un cloître et une grande chapelle ont été érigés au nord, la chapelle fermant l'ensemble du côté oriental (images 17 et 18). 

Le Guide-Bleu Joanne, Nice pratique et pittoresque de 1888 (2° éd., p 64) décrit ainsi l'établissement : "Au-dessous [du couvent de Sainte-Ursule], on voit le couvent du Saint-Sacrement qui est également une excellente maison d'éducation. On y admet des dames pensionnaires qui sont traitées à part".



17- Carte-lettre, Le Pensionnat du Saint-Sacrement, vers 1900,
vue nord-sud, Collection personnelle.
Voir sur le site des Archives Départementales des Alpes-Maritimes, une vue de 1907 (cote : 10FI2355).


18- LL. Éditeur, carte postale, 204. Nice. - Le Château et le Mont-Boron, détail, vers 1910,
le Couvent du Saint-Sacrement vu du sommet de la Colline de Carabacel,
vue nord-est, Collection personnelle.




[En 1903, les Congrégations religieuses sont interdites. Les sœurs vont, semble-t-il réussir à conserver la propriété, sans porter l'habit religieux. A la fin du XX° siècle (?), le bâtiment devient une maison de retraite avec quelques sœurs, en retraite également. L'EHPAD Saint-Charles est désormais fermé].



- Google Maps, Nice, boulevard Carabacel, vue satellite, détail de l'EHPAD Saint-Charles, 2019.
Le bâtiment de l'ancienne chapelle du Couvent du Saint-Sacrement a été fortement remanié et allongé.


Nice, boulevard Carabacel, Ancien EHPAD Saint-Charles, façade sud, 2019,
photographie numérique couleur.


Nice, boulevard Carabacel, Ancien EHPAD Saint-Charles, façade nord, 2019,
photographie numérique couleur.



- LA VILLA VICTORIA (actuel n° 7 de la montée de l'Hermitage)

Sur le plan de 1865, une Villa Victoria, construite avant 1860, est positionnée à l'ouest des Villas Joly. Sur les photos des années 1860 (Miguel Aleo, 1864, Charles Nègre, 1865), le bâtiment apparaît presque carré, constitué de quatre niveaux percés de six baies sur sa façade sud et de cinq sur ses façades latérales (actuel emplacement de la Villa Cynthia).

La villa semble reconstruite vers 1873-1874, un peu plus haut sur la colline, dans l'alignement du Couvent du Saint-SacrementLe bâtiment, très allongé semble cette fois constitué de trois niveaux (images 1-3). Il apparaît sur certaines photographies des années 1873-1879 et sur le plan du 1er janvier 1878 (image 4). 

La Villa est transformée vers 1880. Sa façade sud est pourvue d'une tourelle dominante à son extrémité occidentale et d'une partie centrale exhaussée, accostée au dernier niveau de balustrades et de deux frontons hémicirculaires (images 5-7, 10, 12, 13).

La Villa est mise en vente en janvier 1887 (image 19).



19- Annonce de vente de la Villa Victoria 
parue dans La Justice du 20 janvier 1887 p 4.




[La Villa Victoria devient le Carlton-Hôtel en 1906 (son nom n'apparaissant dans les annuaires niçois qu'à partir de 1912) et l'ensemble du bâtiment est exhaussé d'un niveau. En 1923, l'hôtel est agrandi du côté occidental, la tourelle devenant centrale. Si le bâtiment subsiste aujourd'hui, l'hôtel est désormais fermé].



Nice, boulevard Carabacel, Ancien Hôtel Carlton, façade sud, 2019,
photographie numérique couleur.




- LA VILLA FAMILIALE BOUTAU (actuel n° 11 de l'avenue du Bois)

La Villa familiale, construite avant 1860, est située près du sommet de la colline (images 1-7, 10, 12, 13). Elle perdure jusqu'au début du XX° siècle. 

[Son emplacement est désormais occupé par la Résidence Carabacel.]


UN HÔTEL DU CÔ SUD DU BOULEVARD

L'HÔTEL ET PENSION DE LONDRES (actuel n° 13 du boulevard Carabacel)

L'Hôtel et Pension de Londres, cité dès 1867, n'est répertorié dans les annuaires niçois qu'à partir de 1877. Il est situé sur le trottoir sud du boulevard Carabacel, côté est, à l'angle occidental de la rue Gioffredo (plan de 1878) mais également à l'angle de la rue Penchiennati (Penchienati ou Penchienatti). 

L'hôtel affiche en 1877 le n° 6 du boulevard puis le n° 17 dès 1878 (annuaire de 1879, publicité de janvier 1883 ; image 20 et 21 ci-dessous). Il bénéficie d'un grand jardin au sud, donnant sur la rue Penchiennati.

L'hôtel est dirigé par Turcan (annuaire niçois de 1879) puis, au plus tard en 1883, par Hugo Bünge (annuaire de 1884). 

L'Hôtel est cité pour la dernière fois dans une publicité de l'annuaire niçois de 1884 qui indique paradoxalement son changement de direction et sa remise à neuf (image ci-dessous).


20- Publicité pour l'Hôtel de Londres, 
parue dans le Le Figaro du 8 janvier 1883 p 4.


21- Publicité pour l'Hôtel et Pension de Londres, 
parue dans l'annuaire niçois de 1884.



- Nice, Vue de la Colline Carabacel depuis la Colline du Château, 2019,
photographie numérique couleur.
Le Palais de l'Hermitage domine la colline.