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jeudi 10 octobre 2019

1066-TSPÉ DU LYCÉE AMIRAL DE GRASSE : "TENUES CONTRAINTES EXIGÉES"


- HORN Rebecca (née en 1944), White Body Fan, 1972-1974.


LIRE ET TÉLÉCHARGER LE DOSSIER (PDF) RÉALISÉ PAR ANNE BAZIN-SADLER 
PROFESSEUR D'ARTS PLASTIQUES DU LYCÉE AMIRAL DE GRASSE (ALPES-MARITIMES)
AUTOUR DU PROJET, "TENUES CONTRAINTES EXIGÉES",
MENÉ AVEC SES ÉLÈVES DE PREMIÈRE ARTS PLASTIQUES EN 2015,
EN RELATION AVEC LES EXPOSITIONS ET LES PERSONNELS DES MUSÉES DE GRASSE
 ET LA COMPAGNIE DE DANSE REVEIDA .














mardi 8 octobre 2019

1065-REBECCA HORN (NÉE EN 1944) : UN ART EN MOUVEMENT, PERFORMANCES ET MACHINES


SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS


- HORN Rebecca (artiste allemande, née en 1944), Les Amants, 1991, 
machine à peindre, récipients d'encre rouge et noire et bras mécanique
 mû par un moteur, aspergeant de noir le mur, Collection privée.
VOIR L'OEUVRE EN FONCTIONNEMENT SUR LE LIEN VIDÉO EN BAS D'ARTICLE



VOIR LA VIDÉO (1 MN 54, 2019) DE FRANCE 3 GRAND EST,
REBECCA HORN, UN ART EN MOUVEMENT
AU MUSÉE TINGUELY DE BÂLE.



VOIR LA VIDÉO (4 MN, 2014) DE GALERIE LELONG,
EXPOSITION REBECCA HORN, GALERIE LELONG PARIS, 2014.




VOIR LA VIDÉO (3 MN 26, 1973) DE WIDEWALLS,
REBECCA HORN, PERFORMANCES 2, 1973,
EINHORN (LICORNE), 1970-72,
FILM CINÉMATOGRAPHIQUE, 16 MMM, COULEUR, MUET, NUMÉRISÉ. 



VOIR LA VIDÉO (0 MN 40, 2011) DE NOBREGACAROL,
REBECCA HORN, PERFORMANCE II,
PENCIL MASK, 1972.



VOIR LA VIDÉO (5 MN 43, 1974) DE ARTCLASSICNEWS,
REBECCA HORN, BERLIN OUEST, 1974,
FINGER GLOVES, 1972.

vendredi 4 octobre 2019

1064-DEPEYRE (1841-1932), TONGS (VERS 1849-?), NIDERLINDER (1865-?), PHOTOGRAPHES




-Photographe anonyme, Portrait de fillette (à l'album), années 1860,
tirage albuminé de 9,1x5,2 cm sur carton de 10,5x6,2 cm, Collection personnelle.





Jean Henri Jules Marie DEPEYRÉ ou DEPEYRE (1841-1932)

Jean Henry (ou Henri) Jules Marie Depeyré est né à Tarascon-sur-Ariège, le 2 octobre 1841. Il est le fils de Joseph Auguste Depeyré, peintre vitrier, et de Catherine Bernadac, ménagère (acte de mariage non retrouvé sur Tarascon-sur-Ariège). Henri semble le premier enfant du couple qui aura ensuite Sophie Philippine (née le 7 avril 1843) et Clément Joseph Guillaume (né le 24 octobre 1846) qui reprendra le métier de son père.

Henri Depeyré
 est pour la première fois signalé, à Nice, à l'occasion de son mariage célébré le 26 février 1867. 

Âgé de 25 ans, "photographe", domicilié à Nice, il produit l'accord de son père Auguste, négociant, et de de sa mère Catherine, sans profession et épouse Anne Marie Jeanne Marguerite Anfonsio, 21 ans, rentière (née à Nice, paroisse Saint-Dominique le 12 février 1846 et baptisée le 15) dont les parents sont décédés.

Le couple ne semble pas avoir d'enfant (Nice) dans les années suivantes.

Parmi ses témoins de mariage est nommé Jean (Walburg) Debray, 28 ans, photographe. Est-ce auprès de lui qu'Henri Depeyre s'est initié à la photographie ?

Dans les années 1870, Henri Depeyre réalise des vues de son département natal, l'Ariège, en cartes de visite et en stéréoscopies : villes et villages (Foix, Montgailhard, Tarascon, Ornolac, Ussat-les-Bains, Ax-les-Bains) et paysages (rivières Ariège et Sios, ponts, cascades, rochers). Le gros de sa production semble avoir été réalisé dans les années 1870 (une photo datée de 1874 ; une photo antérieure à une construction de 1880).

Ses cartes de visite portent au recto, le texte d'un tampon à l'encre violette, "Henri Depeyre - Photographe - Tarascon (Ariège)" et les vues stéréoscopiques, à fond brun-rouge, beige-orangé ou vert, portent au recto sur la gauche, "L'Ariège par H. Depeyre".

En dehors des sites de ventes de photographies, des vues d'Henri Depeyre sont visibles sur http://ussatcpa.free.fr/vustereo.htm et dans une vidéo de Jean-Jacques Billeau
https://youtu.be/HW_WBFeLROM.

Quelques vues de l'Ariège d'Henri Depeyre seront éditées en cartes postales au tournant du XX° siècle par l'imprimeur Adolphe Weick de Saint-Dié des Vosges (une carte circulée en 1901, une autre en 1903).

Henri Depeyre alerne-t-il, dans les années 1870, les séjours entre Nice et Tarascon où vit sa famille ? Ouvre-t-il un atelier à Tarascon vers 1870 ou diffuse-t-il seulement ses photographies de paysage (il ne semble pas avoir réalisé de portraits en studio) ? 

Henri Depeyre est à nouveau cité à Nice le 13 mai 1874, cette fois comme témoin de mariage, "âgé de 32 ans, photographe, domicilié à Nice".

Je n'ai pas connaissance de vues de Nice et de sa région signées d'Henri Depeyre et il travaille probablement, à cette époque, pour un photographe niçois. 

Si le nom d'Henri Depeyre n'apparaît jamais dans les listes professionnelles des photographes ni dans les listes des habitants des annuaires niçois des années 1860 et 1870, il y est cependant présent à partir de 1879 (annuaire de 1878 absent), "Depeyre, H., peintre-décorateur, rue Cassini, 12".

Dans un premier temps, j'ai douté que cela soit la même personne mais après des recherches approfondies, il s'avère qu'il s'agit bien de lui. Henri Depeyre a peut-être fait des études artistiques à l'Ecole des Beaux-Arts de Toulouse. Ses cartons-photos de l'Ariège ne portant jamais la mention de "peintre", il est possible également qu'il se soit formé tardivement à la peinture (milieu des années 1870 ?) et ait abandonné pour elle le métier de photographe, de nombreux peintres-photographes ayant fait la démarche inverse. A partir de 1890, il apparaîtra désormais dans les annuaires au 12, rue Cassini comme "propriétaire" puis de 1920 à 1932 comme "co-propriétaire".

Il devient cependant professeur de Peinture à l'Ecole Nationale d'Art décoratif de Nice (crée en 1881) mais j'ignore les dates de début (années 1880 ?) et de fin de ses fonctions (années 1910 ?). 

A la fin du XIX° siècle, c'est un peintre connu pour ses vues de la ville de Nice, ses huiles (?) et aquarelles du bord de mer (Le Lazaret ; La Réserve, 1896 ; Le Paillon) et la réalisation d'affiche (Huile d'Olive de Nice, B. Lapalu & Cie, 1890) et d'ex-libris (Joseph Giordan, Majoral du Félibrige).

En 1909, "Henri Depeyre, professeur de peinture à Nice" est fait "officier d'académie", à l'âge de 68 ans (Journal Officiel du 22 février 1909 p 1835). 

Paul Audra, le nouveau directeur (1910/11-1934) de l'Ecole Nationale d'art décoratif fera son portrait (tableau du Musée des Beaux-Arts de la Ville de Nice) et créera, en son hommage, un prix à son nom. Henri Depeyre deviendra président de l'Union Artistique (il est cité à l'occasion de la distribution des prix aux élèves de l'Ecole Nationale d'Art décoratif de Nice, du 21 novembre 1926  dans, L’Éclaireur du Dimanche, du 28 novembre 1926 p 21).

L'épouse d'Henri Depeyre, Anne Anfonsio, décède au 12, rue Cassini le 9 juin 1912, âgée de 66 ans.

Henri Depeyre décède pour sa part dans une autre de ses propriétés, au 4, rue Pauliani, le 25 mai 1932, âgé de 90 ans passés.




John (ou Jean) TONGS (vers 1849-?)

John Tongs est né à Winchester (Hampshire, Angleterre) vers 1849.

J'ignore tout de sa formation à la photographie et de ses débuts de carrière.

"Jean Tongs, photographe" est signalé pour la première fois à Nice, à l'âge de 32 ans, lors de la naissance de sa fille Louise, le 15 septembre 1881, Villa Camous, rue Saint-Philippe. Son épouse, Aspasie Papadopoulos, est née à Athènes, vers 1856. Je n'ai cependant pas connaissance de la ville ni de la date de leur mariage.

L'un des témoins de l'acte de naissance de leur fille Louise est le photographe Louis Novaro.

Il est probable qu'en 1881, Jean Tongs possède déjà un atelier de photographie au 19, avenue de la Gare (annuaires absents de 1880 à 1882) mais cet atelier est uniquement signalé dans l'annuaire de 1883. 

Jean Tongs n'apparaît plus ensuite dans les listes professionnelles des photographes, dans les listes alphabétiques des habitants ni dans les recensements de la Ville de Nice (1881 et 1886).

"Jean Tongs, photographe", est cependant signalé dans les registres d'état civil, à l'occasion de la naissance de sa fille Aspasie Hélène le 24 juin 1884 (Villa Camous, rue Saint-Philippe) puis de son fils Jean Georges le 18 septembre 1888 (Villa Bonfils, rue Saint-Philippe), même si à cette dernière date il est signalé "absent".

Je n'ai pas connaissance, à ce jour, de cartons-photos signés de son nom.

La trace de Jean Tongs se perd après 1888 (à 39 ans) et j'ignore la suite de sa carrière et sa date de décès.



Albert François Eléonore NIDERLINDER (1865-?)

Albert François Eléonore Niderlinder (parfois mal orthographié, Ninderlinder ou Niederlinder) est né le 1er juillet 1865 à Toulon (Var, quartier Claret). Il est l'un des sept enfants (dont quatre décédés en bas âge) de Jean Eugène Niderlinder, professeur au Collège de la ville, et d'Eugénie Christine Sarazin, maîtresse de pension.

En 1888, âgé de 23 ans, Albert Niderlinder est sergent rengagé à la 2ème compagnie du troisième bataillon du 159° de ligne, en garnison au fort de la Tête-de-Chien de La Turbie (entre Nice et Monaco) et "photographe militaire".

Il va être, cette année-là, l'acteur d'un drame sanglant relaté dans de nombreux journaux de l'époque. Il fréquente alors Marie Louise Barretta, 18 ans, fille du débitant de liqueurs et de tabacs de La Turbie et souhaite l'épouser. 

Les parents des deux familles s'opposant à leur union, les jeunes amants décident de se suicider dans la nuit du 25 août. Usant de son revolver militaire, Albert Niderlinder tue Marie Louise Barretta d'une balle dans la tête puis se tire deux balles sous le menton. 

Albert survit et reste conscient, malgré son maxillaire gauche broyé, son œil droit crevé, son arcade droite et son front perforés. 
Rapatrié au fort de La Turbie, ses blessures sont pansées et au matin, dans un état grave, il est transporté en voiture d'ambulance à l'hôpital militaire Saint-Roch de Nice (Le Petit Marseillais des 25 et 27 août 1888 p 2, La France du 28 août 1888 p 3, La Presse du 30 août 18888 p 3, Le Rappel du 3 septembre 1888 p 4...).

Albert Niderlinder va cependant se remettre de ses blessures. Après deux mois passés à l'hôpital militaire de Nice, il va être transféré à Marseille, à la prison militaire du fort Saint-Nicolas, en attente d'être jugé pour son crime. 

En janvier 1889, le Conseil de Guerre du 15° corps d'armée se réunit pour juger Albert Niderlinder, l'acquitte et le réforme. Le jeune homme reste aveugle d'un œil, défiguré par de nombreuses cicatrices et garde une balle logée dans le crâne (Le Petit Marseillais du 12 janvier 1889 p 2, Le Figaro du 12 janvier 1889 p 3, Le Temps du 13 janvier 1889 p 3...).

J'ignore quelle activité Albert Niderlinder entreprend, à Toulon, à sa sortie de l'armée.

Un récit de duel est publié dans les journaux du 26 juillet 1890, sans que le prénom soit cependant précisé et il peut s'agir du père d'Albert Niderlinder : "Un duel à l'épée a eu lieu hier matin à Toulon, entre M. Reques, rédacteur en chef du Petit Var, et M. Niderlinder, pour motif d'ordre privé. Les deux adversaires ont été tous les deux légèrement blessés" (La Justice du 26 juillet 1890 p 2 ; La Croix du 26 juillet 1890 p 4). 

Albert Niderlinder  se marie à 25 ans, le 6 décembre 1890 (le père d'Albert est alors conservateur de la bibliothèque de la ville et sa mère sans profession), avec Lucie Marie Panisse, 26 ans (née à Toulon le 17 juillet 1864), sans profession. 

Le jeune couple décide de quitter Toulon pour Nice en 1891 où Albert Niderlinder ouvre un atelier de photographie au 33, avenue de la Gare. 
Cet atelier n'est jamais cité dans les annuaires niçois (listes professionnelles et alphabétiques) et je n'ai pas connaissance, à ce jour, de photographies portant son nom. 

Les jeunes mariés sont cités dans le recensement de la Ville de Nice de 1891 au 1, rue de la Paix (résidence).

C'est à cette adresse que va naître leur enfant, Eugène Carolus Louis Niderlinder, le 19 août 1891.

Au début de l'année 1893, Albert Niderlinder revend cependant son atelier au photographe Joseph André Desgranges (Archives Commerciales de la France du 29 mars 1893 p 390) et le couple retourne à Toulon.

Il semble que cela soit la fin de l'activité de photographe d'Albert Niderlinder. Il va devenir droguiste à Toulon, cours Lafayette. 
Son histoire ne s'arrête pas là cependant.

En 1909, une rumeur relayée par les journaux, annonce qu'Albert Niderlinder serait, par son grand-père maternel, le riche héritier de M. Chauchard, fondateur des magasins du Louvre, et qu'il serait parti à Paris pour rencontrer le notaire chargé de la succession (Le Petit Marseillais du 12 juin 1909 p 3 ; Le Matin du 12 juin 1909 p 1). 
Il semble cependant que cette rumeur soit fondée car 10 jours plus tard Le Soleil annonce le retour d'Albert Niderlinder à Toulon et confirme qu'il serait le parent le plus rapproché du défunt (Le Soleil du 21 juin 1909 p 3). J'ignore l'issue de l'affaire mais Albert Niderlinder continue d'être droguiste à Toulon.

Lucie Marie, son épouse, décède à Toulon, à l'âge de 48 ans, le 8 août 1912.

Albert Niderlinder va par la suite fréquenter une jeune toulonnaise et quitter, avec elle, Toulon pour Paris. 

Le 28 octobre 1913, "Albert François Eléonore Niderlinder [48 ans], droguiste, domicilié à Paris, rue de Seine, 20 [6ème arrondissement] et avant audit Toulon, rue Dumont d'Urville, 10, fils de Jean Eugène Niderlinder décédé [en 1903, ancien directeur du musée de Toulon] et d'Eugénie Sarazin, veuve, institutrice libre, rue Picot à Toulon ; veuf de Lucie Marie Panisse", épouse Ester Chenevard, 25 ans (née à Villotte-Saint-Seine en Côte-d'Or le 9 avril 1888), sans profession, domiciliée rue de Seine, 20 et avant audit Toulon, rue Saunier, 3.

J'ignore la date de décès d'Albert Niderlinder.




















lundi 30 septembre 2019

1063-EXPOSITION: "BACON EN TOUTES LETTRES", CENTRE POMPIDOU



VOIR LA VIDÉO (3 MN 50, 2019) DE ARTS IN THE CITY,
BACON EN LETTRES D'OR, 
FRANCIS BACON EN TOUTES LETTRES, L'EXPOSITION QUI RENVERSE LE CENTRE POMPIDOU
PARIS, 11 SEPTEMBRE 2019-28 JANVIER 2010.

jeudi 26 septembre 2019

1061-LES "THIEL", UNE FAMILLE DE PHOTOGRAPHES




- THIEL FRERES, Portrait de militaire (1er régiment de Chasseurs d'Afrique), recto, vers 1887-1889 (?),
texte au recto, "Thiel Frères -- 8, Quai St. Jean Baptiste. - Nice",
dos muet au fond de même couleur,
tirage albuminé de 9,4x5,6 cm sur carton de 10,5x6,3 cm, Collection personnelle.



Les photographes "Thiel" et "Thiel Frères" étudiés ici ne sont pas les photographes du même nom qui ont travaillé à Bruxelles, Namur, Paris et Reims.



FAMILLE THIEL 


La famille Thiel (un couple avec cinq enfants de nationalité étrangère) est pour la première fois signalée dans le recensement de la Ville de Nice de 1886, résidant au 9, rue Assalit avec :
- Frédéric Thiel, âgé de 57 ans (né vers 1828/29), rentier
- son épouse, Anne Marie Laubach âgée de 48 ans [née à Odessa, Russie, vers 1838], sans profession
- Frédéric, âgé de 26 ans (né vers 1859/60), commerçant,
- Guillaume Victor, 24 ans [né à Galatz, Roumanie le 9 janvier 1862], photographe, 
- Alexandre, 21 ans (né à Galatz, Roumanie, vers 1864), peintre, 
- Hedwige Sophie, 19 ans [née à Galatz, Roumanie, le 5 mai 1866], sans profession,
- Ida Hélène, 17 ans [née à Galatz, Roumanie, le 18 août 1868], sans profession,
- et Béatrice Massa, 18 ans, domestique.

Si la mère est d'origine russe, le père semble roumain et toute la famille a vécu dans les années 1860 à Galatz (ou Galati) en Roumanie.

Il est possible que la famille soit venue à Nice rejoindre un parent prénommé François. Le nom de "Thiel François, rentier", apparaît en effet dans les annuaires niçois au milieu des années 1880 (annuaires de 1880-1883 absents), tout d'abord au 25, rue de Paris (annuaires de 1884 et 1885) puis au 17, bis rue Assalit (annuaires de 1886 et 1887). Or, le recensement de 1886 signale la famille Thiel étudiée au 9, rue Assalit. 


THIEL FRÈRES


A la date du recensement de 1886, Victor, 24 ans, est déjà photographe. Travaille-t-il à cette date dans l'atelier familial et si oui, depuis quand (entre 1880 et 1883) ? Les cartons-photos de "Thiel Frères" révèlent leur participation à l'Exposition de Nice de 1883 (Exposition Internationale de décembre 1883 à mai 1884).

Les annuaires niçois (liste professionnelle) ne signalent l'existence d'un atelier au nom de "Thiel Frères" qu'à partir de 1888 (inscription en 1887) : "Thiel Frères, photographes, dessinateurs et peintres de l'Académie des Beaux-Arts de Florence, quai Saint-Jean-Baptiste, 8". 

On peut penser que les trois frères, après avoir suivi des études artistiques à Florence dans la fin des années 1870, se sont associés pour ouvrir cet atelier : Victor, essentiellement pour la photographie, Alexandre, essentiellement pour la peinture et Frédéric, essentiellement pour la partie commerciale (?).

La liste alphabétique des habitants de l'annuaire de 1888 signale, "Thièl, F., rue Assalit, 8", sans qu'il soit possible de dire si le "F." désigne François ou Frédéric (Père), à moins qu'il ne s'agisse de la même personne. 

La liste alphabétique des habitants de l'annuaire de Nice de 1889 signale deux adresses :
- "Thiel, V., photog., rue Saint-Jean-Baptiste, 3",
- "Thiel, frères, photogr., quai Saint-Jean-Baptiste, 8".

Une publicité parue fin 1889, révèle désormais le n° 42 (Nice Artistique, du 29 décembre 1889 au 23 février 1890). C'est cette adresse qui devient unique, tant dans les listes alphabétiques que professionnelles jusqu'en 1899, "Thiel Frères, quai Saint-Jean-Baptiste, 42".

Leur père, Frédéric Thiel, âgé de 63 ans, décède à Bucarest (Roumanie) en 1892, et leur mère Marie Thiel, née Laubach, décède la même année à Nice, âgée de 54 ans, le 23 décembre 1892 au 3, rue du Lycée. C'est Victor, 32 ans, photographe, qui signe l'acte de décès de cette dernière.

Les Frères Thiel obtiennent le Grand Prix à l'Exposition Internationale de Nice de 1894.

Guillaume Victor Thiel, 33 ans, "photographe", se marie le 11 juillet 1895, avec Anne (ou Anna) Marie Petrolline Messy, 37 ans, "photographe" (née à Nice le 20 septembre 1857), fille d'Emile Messy, photographe (1835-1890) et sœur de Joseph Messy, photographe (au 31, avenue de Beaulieu) [voir un article sur ce blog consacré à Anne Marie Pétrolline Messy].

Victor, "photographe" et Anna, "sans profession" (enceinte) sont cités dans le recensement de 1896 au 42, quai Saint-Jean-Baptiste.
Victor et Anna Thiel, "photographes", vont avoir un premier enfant, Paul Pierre Frédéric René, le 8 janvier 1897 mais ce dernier décède malheureusement à 6 mois le 12 juillet 1897.

Les cartons-photos restent très semblables des années 1880 aux années 1900 :
- sur un fond gris-beige, à tranche dorée, avec au recto, à l'encre rouge, "Thiel Fres - - 8, Quai St. Jean baptiste - Nice" et un verso nu, avec un papier serpente (souvent disparu) (années 1880),

- sur un fond blanc ou jaune pâle, à tranche dorée, avec une encre brun-rouge, au recto, "Thiel frères - - Nice - 42, Quai St Jean-Baptiste" et au verso, "Expos(on) de Photographie - Nice 1883 (dans un phylactère) - quatre médailles recto-verso - Exposition Intern(le) - une médaille recto-verso - Nice (dans un phylactère) - blason de Nice reposant sur une longue palme et souligné de Nicaea Civitas - Thiel frères  (signature oblique) - Peintres-Photographes (texte oblique) - Nice (sur fond de fins rinceaux - 42, Quai St jean-Baptiste" (années 1890-1893 ; un carton daté d'octobre 1893),

- sur un fond blanc ou jaune pâle, à tranche dorée, avec une encre brun-rouge, au recto, "Thiel frères - - Nice - 42, Quai St Jean-Baptiste", avec parfois l'application d'un timbre sec du côté bas droit de la photographie, et au verso, "Expos(on) de Photographie - Nice 1883 (dans un phylactère - exposition internationale franco-italienne de février 1883 ?) - quatre médailles recto-verso - Exposition Intern(le) - une médaille recto-verso - Nice (dans un phylactère) - blason de Nice reposant sur une longue palme et souligné de Nicaea Civitas - Grand Prix - Exposition Internationale - De Nice 1894 - Thiel frères  (signature oblique) - Peintres-Photographes (texte oblique) - Nice (sur fond de fins rinceaux - 42, Quai St jean-Baptiste" (années 1894-1899),

- sur un fond blanc, jaune pâle, rosé ou gris-bleu, avec une encre rouge, au recto "Thiel -- Nice - 8, Avenue Félix Faure", avec parfois l'application d'un timbre sec du côté bas droit de la photographie, et au verso, "Expos(on) de Photographie - Nice 1883 (dans un phylactère) - quatre médailles recto-verso - Exposition Intern(le) - une médaille recto-verso - Nice (dans un phylactère) - blason de Nice reposant sur une longue palme et souligné de Nicaea Civitas - Grand Prix - Exposition Internationale - De Nice 1894 - Thiel (signature oblique) - Peintre-Photographe (texte oblique) - Nice (sur fond de fins rinceaux - 8, Avenue Félix Faure - Ci-Devant - 42, Quai St Jean-Baptiste"(années 1900-1910 ; un carton daté d'août 1900, un carton daté de mars 1902). 



- THIEL FRERES, Portrait d'homme, recto, vers 1894-1898,
texte au recto, "Thiel frères -- Nice - 42, Quai St.-Jean-Baptiste",
et timbre sec "Thiel Nice" à l'angle bas droit de la photographie,
tirage albuminé de 9,4x5,6 cm sur carton de 10,5x6,3 cm, Collection personnelle.

- THIEL FRERES, Portrait d'homme, verso, vers 1894-1898,
texte au verso, "Expos(on) de Photographie - Nice 1883 (dans un phylactère) - quatre médailles recto-verso - Exposition Intern(le) - une médaille recto-verso - Nice (dans un phylactère) - blason de Nice reposant sur une longue palme et souligné de Nicaea Civitas - Grand Prix - Exposition Internationale - De Nice 1894 - Thiel frères  (signature oblique) - Peintres-Photographes (texte oblique) - Nice (sur fond de fins rinceaux - 42, Quai St jean-Baptiste"
carton de 10,5x6,3 cm, Collection personnelle.




THIEL VICTOR


Si l'enseigne de l'atelier reste "Thiel Frères", il semble que l'association prenne fin en 1898, les publicités (puis les cartons-photos) passant cette année-là de "Thiel frères, quai St-Jean-Baptiste, 42" (Nice Artistique, de décembre 1897 à mai 1898), à "Thiel, quai St-Jean-Baptiste, 42" (La Semaine Niçoise, de décembre 1898 à juin 1899). Il semble que Guillaume Victor Thiel et sa femme conservent seuls l'atelier et la résidence du 8, avenue Félix Faure (adresse rebaptisée de ce nom à la mort du Président de la République en 1899).

Victor et Anne Thiel, "photographes" sont ensuite cités dans le recensement de la Ville de Nice de 1901 au "8, rue Félix Faure".

Ils vont avoir, à cette même adresse, un nouvel enfant, Marie Louise, le 22 juin 1902, qu'ils initieront par la suite à la photographie.

Anne Marie Pétrolline Thiel (née Messy) décéde, à son domicile, le 29 novembre 1922, à l'âge de 65 ans.

Leur fille, Marie Louise Thiel, devient également "photographe", comme il est signalé lors de son premier mariage à 20 ans, le 9 avril 1923, avec Joseph Lazare Félix Ricci, employé de commerce (né à Nice le 20 août 1894) puis (après veuvage) lors de son second mariage à 26 ans, le 3 janvier 1929, avec Charles Auguste Laugier, "photographe" lui-aussi (né à Monaco le 1er mars 1897) et peut-être employé de son père. Marie Louise et son mari vont reprendre l'atelier dès 1930, "Laugier-Thiel, aven. Félix Faure, 8" (annuaire niçois de 1931).

Guillaume Victor Thiel est présent au mariage de sa fille en 1929 mais décède probablement peu après (1930 ?), âgé d'environ 70 ans (acte de décès non retrouvé). 

Je n'ai pas retrouvé la trace de Frédéric Thiel. 

Alexandre Thiel, célibataire âgé de 65 ans, artiste peintre "sans domicile connu", décède pour sa part à Nice le 4 février 1930, au 17, route de Levens, à l'asile de vieillards des Petits Sœurs des Pauvres. 


THIEL SŒURS


Hedwige Sophie Thiel (née en 1866), 28 ans, se marie à Nice le 20 février 1895 avec Pierre Sauveur Frédéric Mestres, "photographe, 36 ans, né à Papiol (province de Barcelone, Espagne) le 19 mars 1858, domicilié à Nice et légalement à Barcelone, fils majeur de Mestres Jean et de Pujol Rose son épouse". 
Hedwige Sophie et son mari vont probablement continuer à travailler pour l'atelier Thiel Frères avant d'aller s'installer à Cannes, en 1898, pour y ouvrir leur propre atelier, "Mestre, Puyol (P. de), rue d'Antibes, 9" (annuaire de 1899) et résider au 95, rue d'Antibes, accompagnés d'Ida Hélène. Si les deux adresses apparaissent dans l'annuaire de 1900, les annuaires de 1901 et 1902 n'affichent plus que l'adresse du 95, rue d'Antibes.
Je n'ai pas, à ce jour, connaissance de cartons-photos cannois portant le nom de Mestres.

Ida Hélène Thiel (née en 1868), 30 ans, "sans profession", va d'ailleurs se marier à Cannes le 17 janvier 1899 avec Marie Joseph Michel de Lary (de Latour), 28 ans (né le 30 avril 1870 à Mansempuy, Gers), facteur suppléant à la Gare de Cannes, "domicilié à Cannes et légalement à Auch". Ses témoins de mariage sont notamment son beau-frère "Pedro Mestres de Pujol, 40 ans, photographe" et "André Blanc de Labarthe, 55 ans, propriétaire", le fameux photographe Numa Blanc Fils. 

Je remercie ici, Solange Denais, pour avoir partagé avec moi ses documents concernant la généalogie de la famille de Lary de Latour.

Ida et son mari (employé de la Cie P.L.M) vont quitter Cannes (probablement pour Vintimille) et avoir un fils la même année, Pierre Joseph Marie de Lary de Latour. 
Des désordres mentaux sont signalés chez le mari d'Ida Hélène dès 1902 et c'est "âgé de 24 ans, sans profession" qu'il décède à Nice, le 26 juin 1904, à l'asile des aliénés de Saint-Pons.

Ida Hélène, accompagnée de son fils, va rejoindre à La Rochelle (mais à quelle date ?), sa sœur Hedwige Sophie et son époux, le photographe Pierre Sauveur Frédéric Mestres.

Ces derniers (sans enfant) semblent avoir quitté Cannes dès 1902 ou 1903 pour reprendre, en 1904, l'atelier de photographie de Léonard Peyclit, situé (depuis septembre 1898) au 29, rue Dupaty à La Rochelle (premières publicités pour l'atelier Mestres de Pujol parues dans L'Echo Rochelais des 27 et 30 avril 1904). Ils ont ouvert par la suite un magasin au 24, rue du Palais (Immeuble Cognacq - maison du photographe Théophile Cognacq ?).

Les cartons-photos (vers 1904-1917) portent au recto, sur fond gris beige, au recto, à l'encre grise, "Mestres de Pujol - Succr de L. Peyclit - 29, rue Dupaty - La Rochelle", et au verso, à l'encre brune, 'Photographie d'Art (avec le "P" sur fond de cartouche et de palme) - Mestres de Pujol (signature oblique) - Succr de L. Peyclit (texte oblique) - 29, Rue Dupaty, 29 - La Rochelle" (un carton daté d'octobre 1911).

Il est possible qu'Ida Hélène ait rejoint La Rochelle (dès 1904 ?) pour travailler, voire s'associer avec eux.
Le 5 mars 1917, Ida Hélène, "photographe, demeurant au 29, rue Dupaty", rachète la part de l'atelier de sa sœur Hedwige Sophie et de son mari malade, "pour y réunir l'usufruit au décès de M. Mestres de Pujol" (L'Echo Rochelais des 24 et 31 mars 1917 p 2). 
"Pedro Mestres de Pujol" décède à 59 ans, le 25 avril 1917 à son domicile (L'Echo Rochelais du 28 avril 1917 p 2). 

Il est probable que les deux sœurs et veuves restent ensemble mais le 23 septembre 1918, le fils d'Ida Hélène, Pierre Joseph Marie de Lary de Latour, décède à l'âge de 19 ans (Le Courrier de La Rochelle du 25 septembre 1918 p 2). C'est certainement ce décès qui va entraîner la vente de l'atelier de photographie. 

En 1919, Ida Hélène vend, au photographe Jean Marcel Arroyo et à son épouse Louise Planté (demeurant à Niort, 41, rue du Vingt-Quatre-Février), "le fonds de commerce de photographie exploité par elle à La Rochelle, rue Dupaty, n° 29, comprenant l'enseigne et le nom commercial, la clientèle et l'achalandage, les différents objets mobiliers et le matériel servant à son exploitation, les marchandises existant en magasin et le droit au bail des lieux où il est exploité. L'entrée en jouissance a été fixée au 1er mai 1919" (L'Echo Rochelais des 21 et 28 mai 1919 p 2).

Les deux sœurs vont quitter La Rochelle, probablement pour Nice. Si la trace d'Hedwige Sophie se perd à cette époque, c'est bien à Nice que décédera Ida Hélène Thiel, âgée de 73 ans, en janvier 1942 (déclaration de décès du 21 janvier 1942 ; registre annuel non consultable car trop récent).










mardi 24 septembre 2019

1060-YANN HERVÉ : "POP ART ET DANSE"




- CUNNINGHAM Merce (1919-2009), Rainforest, 1968,
ballet avec les Silver Clouds d'Andy Warhol (1928-1987).



UN ARTICLE DE YANN HERVÉ
 PROFESSEUR D'ARTS PLASTIQUES
AU LYCÉE ANDRÉ MALRAUX DE BIARRITZ

LIRE ET TÉLÉCHARGER LE DOCUMENT DE YANN HERVÉ 
POP ART ET DANSE

vendredi 20 septembre 2019

1059-TSPÉ DU LYCÉE AMIRAL DE GRASSE : "TOUT CE QUI ME TROTTE DANS LA TÊTE", 2018-2019





- FABRE Jan (né en 1958), Merciful Dream (Pietà V), détail, 2011,
marbre blanc de Carrare, 190x195x110 cm, Galerie Daniel Templon, Paris.



LIRE ET TÉLÉCHARGER LE DOSSIER (PDF) RÉALISÉ PAR ANNE BAZIN-SADLER 
PROFESSEUR D'ARTS PLASTIQUES DU LYCÉE AMIRAL DE GRASSE
AUTOUR DU PROJET, "TOUT CE QUI ME TROTTE DANS LA TÊTE",
MENÉ AVEC SES ÉLÈVES DE TERMINALE SPÉCIALITÉ ARTS PLASTIQUES EN 2018-2019
À PARTIR DE L'EXPOSITION JAN FABRE 
À LA FONDATION MAEGHT DE SAINT-PAUL-DE-VENCE .

mercredi 18 septembre 2019

1058-CANNES, LE BOULEVARD DE LA CROISETTE-3 (1885-1900)




- DEGAND Eugène (1829-1911), Cannes, Le Grand Hôtel, vers 1885,
tirage albuminé de 9,6x15 cm contrecollé sur carton de 11x16,6 cm,
Collection personnelle.


- Publicité pour les Bains Bottin, publiée dans Le Courrier de Cannes des 15 et 17 octobre 1885 p 4.


DERNIÈRE MISE À JOUR DE CET ARTICLE : 11/10/2019





1885-1900

Suite aux destructions de la tempête du 16 janvier 1885, l'établissement de "Bains Bottin" est entièrement reconstruit entre février et octobre 1885 (publicité de réouverture ci-dessus).


- COURRET Albert (1856-1922), Cannes, Boulevard de la Croisette, vers 1887,
vue (est-ouest) insérée entre les pages 56 et 57 de l'ouvrage de
LANGLOIS E. & BROCAS A., Album-guide illustré international : The Illustrated International Album-Guide, 1886, Nice-London voir sur Gallica)




Quand j'ai repéré sur Gallica la photographie ci-dessus dans l'ouvrage intitulé, "Album-Guide International, 1886", j'ai pensé tenir l'une des premières photos (vers 1885-1886) montrant l'établissement de bains Bottin nouvellement reconstruit mais ce n'était pas le cas.

En effet, après une étude approfondie de l'image, j'ai remarqué que le kiosque à musique du Cercle Nautique avait été modifié par rapport à son état de 1885.
J'ai donc recherché dans les journaux cannois la date de ces modifications. J'ai retrouvé deux articles de 1887 qui demandent au Cercle Nautique d'effectuer des réparations sur le kiosque ou de le remplacer, vu son mauvais état  : "Puisque nous parlons du kiosque du Cercle Nautique, disons que ce pavillon est dans un état pitoyable. La toiture est à claire-voie, chose désastreuse au point de vue de l'acoustique. Quand pense-t-on le réparer ? " (Le Littoral du 16 mars 1887 p 2 - voir aussi Le Courrier de Cannes du 24 avril 1887 p 1).
Même en admettant que le Cercle Nautique ait rapidement répondu aux demandes, la photo ci-dessus date au plus tôt du milieu ou de la fin de l'année 1887.

Quand on considère les autres vues de Cannes parues dans le même album, on s'aperçoit notamment que celle de La Ville et la plage (prise du Mont-Chevalier - vue 75 sur Gallica) ne peut être elle-aussi antérieure à 1887 car elle montre les six pavillons aux fleurs des Allées de la Liberté, décidés en août 1886, mis en travaux en décembre 1886 et inaugurés le 1er mai 1887 (Le Courrier de Cannes du 15 août 1886 p 2 et du 19 décembre 1886 p 1 ; Les Echos de Cannes du 1er mai 1887). 
Or cette même photographie montre au loin la plage de la Croisette, bordée de sa "verte haie" (texte de l'Album-Guide International, 1886 p 52) et ponctuée des trois établissements de bains mais sur la photo ci-dessus, la haie a laissé place à un treillis et est donc postérieure à la précédente. 
Il faut donc se résoudre à dater la photographie ci-dessus et "l'Album Guide International, 1886", au plus tôt de 1887.


- COURRET Albert (1856-1922), Cannes, Boulevard de la Croisette, détail du kiosque du Cercle Nautique, vers 1887,
vue insérée entre les pages 56 et 57 de l'ouvrage de
LANGLOIS E. & BROCAS A., Album-guide illustré international : The Illustrated International Album-Guide, 1886, Nice-London voir sur Gallica).




Comment le kiosque à musique du Cercle Nautique a-t-il été modifié (détail ci-dessus) ? Première évidence, il est beaucoup plus trapu. Si le socle et la base ont été conservés, il semble que les supports ont été raccourcis, les croisillons supérieurs ont été remplacés par des potences et la toiture a été changée. 


- COURRET Albert (1856-1922), Cannes, Boulevard de la Croisette, détail du kiosque du Cercle Nautique, vers 1887,
vue insérée entre les pages 56 et 57 de l'ouvrage de LANGLOIS E. & BROCAS A.,
 Album-guide illustré international : The Illustrated International Album-Guide, 1886
Nice-London (voir sur Gallica).




A quoi ressemblent les nouveaux Bains Bottin (détail ci-dessus) ? Les "Grands Bains de la Méditerranée" (nom donné précédemment par Joseph Bottin à l'établissement oriental) sont constitués :
- d'une entrée surmontée de pancartes (non lisibles) et accostée de deux bâtiments presque carrés surmontés d'une toiture en zinc en forme de tente,
- d'une galerie de cabines (en retrait) se terminant à l'ouest par un bâtiment à toiture plus traditionnelle à quatre pans.

Il est difficile de savoir si la photographie, du fait de son cadrage, montre l'intégralité de l'établissement de bains ou seulement ses parties centrale et occidentale. D'autres photographies légèrement postérieures montrent cependant que l'établissement se continue vers l'est et prouvent que la photographie ci-dessus ne le montre que partiellement.

A noter, face à l'entrée, le palmier entre les deux buissons (qui va disparaître). Ces plantations qui existaient avant 1885 permettent de constater que l'entrée est désormais située plus à l'est que celle du précédent établissement. 

Sur la photographie intégrale, on aperçoit au loin, du côté sud, les bâtiments des Bains Lambert. Vers 1888-1889, l'établissement de Bains Bottin va cependant rester seul sur le rivage, les établissements occidental et oriental étant démolis et n'apparaissant plus sur les photographies ultérieures (leur trace est cependant conservée en grisé sur les plans de la Ville de Cannes jusqu'en 1899).

Du côté nord, on aperçoit :
- au premier plan le perron et le jardin luxuriant de la Villa Rose-Marie, 
- le terrain central, toujours en friche, avec charrette et barque (et sur d'autres photos, planches, échelle, voire établis), pourvu d'un nouveau portillon central qui n'est plus surmonté d'une pancarte, 
- le jardin du Salon de Thé Rumpelmayer avec son portillon d'angle toujours surmonté d'une pancarte hémicirculaire
- et enfin le nouveau kiosque (vers 1887) du Cercle Nautique.


- Photographe anonyme, Cannes, le boulevard de la Croisette, détail des pancartes des Bains Bottin,
début des années 1890, Collection privée.




Les pancartes n'étant pas lisibles dans la photo de l'Album-Guide Illustré International 1886, voici le détail (ci-dessus) d'une photographie légèrement postérieure. Le texte des pancartes est proche du texte de la publicité publiée en octobre 1885 (reproduite en tête d'article). La petite pancarte supérieure porte, "J. Bottin" et la pancarte inférieure porte le texte latéral gauche, " ... [Location De ?] - Costumes - De Bains" et le texte central, "Gd Bains De La Méditerranée - Ecole de Natation - Bains Chauds de Mer et D'Eau Douce à Domicile".


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Si la photo de l'Album-Guide Illustré International 1886 ne montre pas du tout le bâtiment du Cercle Nautique, deux photographies conservées aux Archives Départementales des Alpes-Maritimes en révèlent cependant tout le détail.

La première photographie (tirage 21x27 cm) de Neurdein Frères (aller sur le site et taper la cote 10FI3450) est une vue ouest-est du boulevard de la Croisette qui montre :

- du côté nord le portail d'entrée et les jardins du Grand Hôtel, le bâtiment du Cercle Nautique et sa terrasse avec le guichet d'entrée et le nouveau kiosque à musique, le Salon de Thé Rumpelmayer, la Villa Rose-Marie avec sa façade occidentale aveugle et sa façade sud soignée, l'Hôtel de la Plage avec sa façade sud à balcons,

- du côté sud, le large trottoir ponctué de bancs et de palmiers et le nouvel établissement de bains Bottin sur pilotis.

Cette photographie peut être datée entre 1887 (présence du kiosque rénové) et 1893-1894 (absence de la Villa Lehoult construite à cette date). Une photo identique est conservée aux Archives Alinari.

La deuxième photographie (tirage de 34x46 cm) anonyme (aller sur le site des Archives Départementales des Alpes-Maritimes et taper la cote 10FI4914) est une nouvelle vue ouest-est contemporaine (vers 1887-1893) axée sur le côté nord et qui montre le détail des bâtiments évoqués.


- GILETTA Jean (1856-1933), 1162, Cannes - Cercle Nautique, vers 1894,
tirage de 21x27 cm, Collection personnelle.




Cette photographie de Jean Giletta est une vue ouest-est du boulevard de la Croisette, axée sur 
le côté nord. Elle montre :

- le grand portail d'entrée du Grand Hôtel (avec les deux arbres côté est), ainsi que la Villa du
Grand Hôtel (vue rare),

- le bâtiment du Cercle Nautique qui a fait l'objet d'un nouvel agrandissement, ses ailes latérales ayant
été surhaussées d'un niveau (vers 1892-1893 ? - je n'ai pas trouvé mention de ces travaux dans les 
journaux cannois) ; cet agrandissement a été effectué sur les plans de l'architecte Charles Baron 
(1836-1915), auteur des plans initiaux du Cercle Nautique en 1863 ; la terrasse reste cependant 
limitée à la partie centrale tripartite, et le terrain présente toujours les deux palmiers, le petit guichet
d'entrée et le kiosque à musique (modifié en 1887),


- GILETTA Jean (1856-1933), 1162, Cannes - Cercle Nautique, détail, vers 1894,
tirage de 21x27 cm, Collection personnelle.




- la rue du Cercle Nautique,

- le Salon de Thé Rumpelmayer, avec la pancarte hémicirculaire affichant "Confiserie",

- puis (après une petite parcelle en friche non visible ici) les façades ouest et sud de la Villa Lehoult, 
avec la demi-tourelle de sa façade occidentale,

- la façade sud de la Villa Rose-Marie,

- la façade sud de l'Hôtel de la Plage. 

Du côté sud, on constate que de nombreux petits palmiers ont été plantés entre les plus anciens. 
Ces nouvelles plantations ont été effectuées en août 1892 (Le Courrier de Cannes des 12 et 30 août
1892 p 2) et complétées l'année suivante (Le Courrier de Cannes du 5 août 1893 p 2) mais
elles vont échouer et les petits palmiers vont disparaître des photographies dès 1894-1895.

Cette photographie peut être datée postérieurement à 1892 (plantations de palmiers), à 1893 
(présence de la Villa Lehoult nommée pour la première fois dans l'annuaire de 1895) mais 
antérieurement à 1896 pour de nombreuses raisons (voir ci-dessous) et notamment la disparition 
avant cette date des petits palmiers récemment plantés. 
Je propose donc la date de 1894.


NEURDEIN Frères, Cannes, L'Estérel, La Croisette et le Mont-Chevalier, vers 1894-1895,
l'une des douze vues panoramiques de l'album, Panoramas de la Côte-d'Azur, Paris BnF (voir sur Gallica).
Voir une photo semblable sur le site des Archives Alinari ici et .




La photographie ci-dessus montre :
-  du côté sud, l'intégralité de l'établissement de bains Bottin et révèle un plus grand nombre de cabines du côté oriental,
le large trottoir avec très peu de plantations (seulement de grands palmiers assez espacés - de nombreux végétaux dont les petits palmiers plantés en 1892 ont disparu),

- du côté nord, la division par un mur de l'ancienne parcelle centrale en friche (construit dans l'axe de l'ancien portillon), avec dans la partie orientale, le jardin récent de la Villa Lehoult, construite en 1893-1894 (le nom n'apparaissant dans l'annuaire qu'à partir de 1895),
- le jardin du Salon de Thé Rumpelmayer,
- l'avenue du Cercle Nautique,
- le terrain du Cercle Nautique avec le kiosque (rénové en 1887).

Le développement des plantations de ce jardin indique une date postérieure à 1893 et l'absence de l'Embarcadère Guy de Maupassant, une date antérieure au second trimestre 1895. Une datation de la photographie vers 1894-1895 semble plausible, ce que confirment les autres photographies de l'album et notamment celles de Nic(ex : présence des Jardins Albert Ier de 1893 mais absence du Monument du Centenaire de 1896 - voir sur Gallica).


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Une photographie (cliché-verre stéréo de 10,5x4,5 cm) de Jean Luce (1846-1934), datée du 1er janvier 1897 et conservée aux Archives Départementales des Alpes-Maritimes (aller sur le site et taper la cote 60FI10931), est centrée sur le Cercle Nautique vu de l'ouest.

Elle montre un état du bâtiment semblable à la photographie ci-dessus sauf que la terrasse du bâtiment du Cercle Nautique a désormais été étendue au-devant des ailes latérales.

La décision de ces travaux date de mars 1896, comme nous l'apprend le Courrier de Cannes : "La présence au Cercle Nautique, au moment de nos dernières régates internationales, d'un grand nombre de yachtsmen, a démontré la nécessité d'agrandir la terrasse - balcon de ce lieu de réunion de notre aristocratique colonie étrangère. Aussi le vicomte de Janzé, le nouveau vice président du Cercle, a-t-il donné l'ordre à M. Baron, architecte, de préparer un plan et un devis de ce travail qui sera commencé sous peu" (Le Courrier de Cannes du 30 mars 1896 p 2 - voir une photographie du Cercle Nautique sur le site des Archives Municipales de Cannes, datable vers 1896-1898, cote 40Fi77, ici).

Ce n'est pas le seul changement notable. Le kiosque à musique situé à l'extrémité droite du cliché-verre, coupé par le cadrage et plongé dans l'ombre, est certes peu visible mais n'est plus le kiosque en bois crée en 1874 et fortement modifié en 1887.

La direction du Cercle Nautique a fini par céder aux attaques répétitives (Le Littoral du 26 octobre 1892 p 2), en particulier du Courrier de Cannes, attaques qui ont duré pendant trois ans. Le kiosque y a été dénommé "d'affreux parasol branlant à l'équilibre instable" (Le Courrier de Cannes du 16 novembre 1892 p 1), de "construction triste et laide" et de "vieille machine" (Le Courrier de Cannes du 1er janvier 1893 p 1) qui "croule de vétusté" (Le Courrier de Cannes du 7 novembre 1893), qu'il faut "qu'on brûle ou qu'on démolisse" (Le Courrier de Cannes du 4 décembre 1893 p 1) car "tout démoli, détraqué, effondré, il menace ruine de toutes parts" (Le Courrier de Cannes du 8 janvier 1894 p 1) et "n'est plus digne ni du Cercle Nautique ni de notre musique municipale" (Le Courrier de Cannes du 12 mars 1895 p 2).

Il est probable que l'ancien kiosque ait été remplacé à l'occasion de l'agrandissement de la terrasse, entre avril et décembre 1896, le cliché-verre de Jean Luce, daté du 1er janvier 1897, montrant la terrasse nouvellement agrandie ainsi que le nouveau kiosque.


- Photographe anonyme, Cannes, Concert au Kiosque à musique du Cercle Nautique, vers 1896-1898,
tirage citrate de 11x8,3 cm, Collection personnelle.



Il s'agit désormais d'un kiosque octogonal, visible sur de très rares photographies et en gros plan sur la photographie ci-dessus, constitué de supports en fonte au décor de fer forgé à rinceaux et d'une toiture surmontée d'une flèche, également entourée d'un décor de fer forgé à rinceaux. Le grand mât des signaux (1864) qui traversait le kiosque a été enlevé.
Ce nouveau kiosque va rester peu d'années en place sur la terrasse du Cercle Nautique (voir ci-dessous). 


- NEURDEIN Frères, Cannes - La Promenade de la Croizette, vers 1896-1901,
Collection privée.




La photographie ci-dessus montre du côté sud :
- l'ensemble des Bains Bottin, avec un nouveau petit bâtiment situé à leur extrémité orientale, côté mer. Joseph Bottin, propriétaire d'établissements de bains cannois depuis 30 ans, affecté par les décès de son épouse en 1899 et de sa mère en 1900, va céder les "Bains Bottin" à M. Fernand Théveneaut, le 31 janvier 1905 et décéder la même année à son domicile du 5 rue d'Alger, le 21 décembre 1905, âgé de 59 ans passés ; l'établissement de Bains disparaîtra lors de la Seconde Guerre Mondiale, en juin 1940,

- le large trottoir avec très peu de plantations (seulement de grands palmiers assez espacés),

- l'Embarcadère Guy de Maupassant. Cet embarcadère, situé face au Cercle Nautique, utile aux Régates et destiné aux petits yachts et chaloupes à vapeur, a été décidé par la Municipalité en mai 1894 et érigé essentiellement entre mars et septembre 1895. Il fait 56 m de long et est construit à 2m 50 au-dessus de la mer (voir notamment les articles du Courrier de Cannes des 16 mai et 29 mai 1894 p 2, du 6 décembre 1894 p 2, des 8 et 11 décembre 1894 p 1, des 8 et 19 avril 1895 p 2 et du 2 septembre 1895 p 2).

La photographie montre du côté nord :
- la rue de la Plage,
- le jardin de la Villa Rose-Marie,
- le jardin de la Villa Lehoult,
- la parcelle en friche qui s'est additionnée d'un abri ou d'un auvent côté sud,
- le jardin du Salon de Thé Rumpelmayer,
- l'avenue du Cercle Nautique,
- le terrain du Cercle Nautique avec le nouveau kiosque à musique (dépourvu du mât central).

Cette photographie peut être datée postérieurement à 1895 (présence de l'Embarcadère Guy de Maupassant) et à 1896 (présence du nouveau kiosque) mais antérieurement à la disparition du kiosque en 1901 (voir ci-dessous).


- MTIL (Maurice Tesson Imprimeur Limoges), Carte postale, 166 - Cannes - La Jetée Guy de Maupassant et le Cercle Nautique, vers 1902, Collection personnelle.
La carte postale ci-dessus montre une prise de vue réalisée en 1901 ou 1902,
 des exemplaires identiques ayant circulé dès 1903.




La carte postale ci-dessus présente une photographie prise depuis l'Embarcadère Guy de Maupassant. Elle montre, de gauche à droite, la Villa du Grand Hôtel reconstruite en 1901, la nouvelle façade du Cercle Nautique et le Salon de Thé Rumpelmayer.

Les nouveaux travaux du Cercle Nautique, sur les plans de Charles Baron (1836-1915), peuvent être situés entre la photographie de Jean Luce et la date de prise de vue de cette carte postale, soit entre 1897 et 1902.

Je n'ai retrouvé qu'une seule mention de ces travaux dans Le Courrier de Cannes du 6 juin 1898 (p 1) : "Le Cercle Nautique est en train de faire procéder à des travaux d'agrandissement du local qu'il possède sur la Croisette. Ces travaux consistent en la construction sur la façade sud d'un corps de bâtiment avançant la dite façade".

L'agrandissement est en fait considérable, les nouvelles parties qui viennent en avant de l'ancienne façade réalisant une avancée de plus de 15 m. Ce n'est pas l'ancienne rotonde centrale qui est réduite d'un étage mais une façade entièrement nouvelle qui se pare d'une rotonde d'un seul niveau, afin de rappeler l'emblématique rotonde d'origine. Un large fronton triangulaire néoclassique sculpté couronne la partie centrale.

Le bâtiment du Cercle Nautique, jusque là invisible sur les photographies prises depuis l'étage de l'Hôtel de la Plage du fait de son alignement avec les Villas Rose-Marie et Lehoult, révèle désormais son avancée sur les photographies du début du XX° siècle (comparer ci-dessous deux photos prises à dix années d'intervalle).


- GILETTA Jean (1856-1933), Cannes, Le Boulevard de la Croisette, détail du Cercle Nautique, vers 1890.

- Photographe anonyme, Cannes, Le boulevard de la Croisette, détail du Cercle Nautique, premières années du XX° siècle.




Les travaux d'agrandissement du bâtiment du Cercle Nautique ont entraîné la disparition du jardin et la surélévation du mur sud afin de reformer une terrasse à la hauteur de celle de la façade précédente. 

Le kiosque à musique métallique a été enlevé pendant les travaux, réinstallé ensuite (une photographie en témoigne) puis supprimé vers 1900-1901. Il sera offert par le Cercle Nautique à la Ville de Cannes en juin 1903 (Le Littoral du 9 juin 1903 p 1).



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Cette troisième et dernière étude a permis de préciser :

- la reconstruction et la réouverture des Bains Bottin en 1885,

- la modification du kiosque à musique du Cercle Nautique vers 1887,

- le remplacement de la haie bordant la plage de la Croisette par un treillis vers 1887,

- l'agrandissement du bâtiment du Cercle Nautique (ailes surélevées d'un niveau) vers 1892-1893,

- la construction de la Villa Lehoult en 1893-1894,

- la création de l'Embarcadère Guy de Maupassant en 1895,

- l'agrandissement des terrasses sud du bâtiment du Cercle Nautique et le renouvellement du kiosque à musique en 1896,

- l'agrandissement du bâtiment du Cercle Nautique, côté sud, en avant de la façade ancienne en 1898,

- et la disparition du nouveau kiosque à musique vers 1900-1901.