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LES SPECTACLES ITINÉRANTS DE M. COUTOLEN (1824-1834)
CORPUS ET ANALYSE
Le corpus présenté ci-dessous est le plus souvent constitué d'extraits d'articles et d'annonces de journaux, parfois de leur résumé et, plus rarement, de leur texte intégral. Les annonces au contenu semblable et les descriptions détaillées des toiles exposées n'ont volontairement pas été retranscrites.
LE COSMORAMA DE M. COUTOLEN
- 1824 ? : Amiens (Somme), Arras (Pas-de-Calais) et Lille (Nord)
Le passage dans ces villes, énoncé dans l'article ci-dessous n'a pu être confirmé (journaux non conservés ou non numérisés).
- 1824 (octobre) : Bruxelles (Belgique)
"Cosmorama. - Aujourd'hui, et jours suivans.
Le sieur Coutolen, venant de Paris, a l'honneur de prévenir MM. les amateurs des beaux-arts, que voulant leur procurer les mêmes agrémens dont jouissent les habitans de la capitale de France, il vient d'établir dans la salle de la maison du Cygne, grand place un cosmorama à l'instar de celui qui est au palais royal, à Paris, ce spectacle étant éclairé par un procédé nouveau, ne peut être vu le jour, il sera visible depuis 6 jusqu'à 10 heures du soir (...).
Offrant différens tableaux représentant les plus riches et les plus célèbres villes du monde, les vues intérieures et extérieures des plus beaux momunens gothiques et modernes seront représentées dans leurs proportions exactes, de manière que les spectateurs pourront admirer en détail les beautés architecturales de ces monumens, parcourir les nefs des églises, circuler autour des piliers, s'étonner de la hardiesse des minces colonnes sarrasines, admirer les riches couleurs des vitraux gothiques, et visiter les chefs-d'œuvre de l'art et de la nature.
Il y aura plusieurs changemens de vues pendant son séjour en cette ville, tels qu'Athènes, et ses ruines, Londres, Vienne, Countantinople, Rome, etc.
Nota. Le sieur Coutolen ose se flatter qu'un public connaisseur na confondra pas son cosmorama, qui est le seul qui voyage en Europe, avec quantité d'optiques que l'on se plaît à nommer ainsi.
Il espère que son cosmorama sera visité avec satisfaction par les connaisseurs, et qu'il obtiendra leur approbation, de même comme il l'a eu pendant son séjour à Amiens, à Arras et à Lille, où il n'a cessé d'être visité par ce qu'il y a de plus distingué dans ces villes.
Prix d'entrée : Un franc par personne et un demi-franc pour les enfans" (5 octobre).
- "Les vues de Bordeaux ancien, et de la même ville avec le pont et les quais neufs, celle du pont de Tours, du quai du Rhône à Lyon, de la rade de Brest, de Paris prise du pont-royal, enfin celle du Vésuve en état d'éruption, sont de l'effet le plus pittoresque, et surtout très-vrai au dire des personnes qui connaissent les lieux (...)" (6 octobre).
- Le prix est diminué de moitié à l'approche de la clôture. Le Cosmorama est visible de 5 h à 9 h du soir (10 octobre).
Le spectacle se voit ensuite prolongé jusqu'à fin octobre.
- "Aujourd'hui dimanche et jours suivans, il [le Sr Coutolen] exposera les vues qui suivent : Bruxelles, Paris, Bordeaux, Vienne, le pont de Rouen, le port de Bayonne, l'intérieur de l'église de Mont-Serrat (abbaye de Montserrat, Catalogne, Espagne, près de Barcelone), l'éruption du Vésuve (...)" (24 octobre).
- Journal de la Belgique des 5, 6, 10 et 24 octobre 1824.
- 1825 (février-mars) : Troyes (Aube)
Cosmorama ou Grand Cosmorama, ouvert du 27 février à fin mars, sur la place Marie-Thérèse pour la Foire annuelle.
- "L'effet du Cosmorama est un diminutif de celui du Diorama. On est agréablement surpris de l'étendue de la vue dans un cercle aussi rétréci. - Ce spectacle ne peut être vu le jour, attendu qu'il est éclairé par le gaz".
- "Grand Cosmorama ou Voyages en Egypte, en Grèce, en Turquie, en Italie et aux principaux monumens de l'univers (...). Ce Cosmorama, peint par Cicéri, Daguerre et Bouton, est le seul qui voyage en France (...) [Pierre Luc Charles Ciceri, né à Saint-Cloud en 1882 ; Charles Marie Bouton, né à Paris en 1781 ; Louis Daguerre, né à Cormeilles-en-Parisis en 1787].
On peut donc, sans sortir de son pays, parcourir ainsi le monde entier, arriver de Pékin à Constantinople, passer de Rome à Athènes, de Moskou (sic) à St.-Péterbourg, du Caire à Pantin, visiter les églises gothiques, admirer les riches couleurs de leurs vitraux, circuler autour de leurs piliers, s'étonner de la hardiesse des minces colonnes sarrasines, admirer en un mot les chefs-d'oeuvre de l'art et de la nature".
- "Changement de vues au Cosmorama [le 7 mars]. La collection sera composée de la ville de Tours, d'Athènes et ses ruines, Londres, Constantinople, Vienne, le pont et le fort St.-Ange de Rome, la place Navonne à Rome, etc.".
- "Brest, Lyon, Bordeaux, la baie de Naples, éclairée par une éruption du Vésuve, Londres, Athènes, Rome, Bruxelles, y sont reproduits avec une exactitude parfaite. Le fini des tableaux, qui ne laisse reposer la vue qu'à l'extrémité d'un horizon immense, de belles marines, des perspectives bien ménagées, le beau ciel de la Grèce ou l'atmosphère brumeuse des environs de Londres, tout concourt à une illusion parfaite.
Je dirai pourtant qu'il faut faire exception pour les personnages qui, placés sur le premier plan, sont bien naturels, mais dont par cela même l'immobilité nuit à la vérité de l'ensemble".
- "Parmi les spectacles variés que la foire offre aux amateurs, on distingue le Cosmorama éclairé par le gaz (...). La dernière exposition se compose des vues de Cherbourg, Rouen, Saint-Pétersbourg, Constantinople, Lille et Paris. Les effets du Cosmorama par les reflets de lumière ou par le clair-obscur, ont attiré l'attention des connaisseurs qui ne se lassent point de visiter le musée portatif de M. Coutolen".
- Journal politique du département de l'Aube des 24 et 27 février, 3, 6, 10 et 20 mars 1825.
L'UNIVERSORAMA DE M. COUTOLEN
En 1826, le "Grand Cosmorama" de M. Coutolen prend le nom "d'Universorama" mais conserve des annonces au contenu identique, sans détailler le contenu du spectacle.
- 1826 (mai) : Rouen (Seine-Inférieure, actuelle Seine-Maritime)
"Oramas. Il y a actuellement une exposition à Caen appelée l'Universorama. Nous n'avons pas encore pu obtenir une description très précise de la nature et des sujets de cette curieuse exposition, mais il semble que toutes les régions du monde y soient représentées. Cependant, le principal attrait pour les provinciaux émerveillés est le gaz portatif qui l'éclaire et qui attire de grandes foules de visiteurs" (texte traduit de l’anglais).
- The Star Chamber du 3 mai 1826 p. 66.
Le nom de M. Coutolen n'est pas cité mais il s'agit très probablement de lui, tant par le calendrier que par le parcours (voir ci-dessous).
- 1826 (juin) : Orléans (Loiret)
- "Universorama (*) (éclairé par le gaz hydrogène portatif de l'établissement Ternaux, à Paris), ou voyages en Egypte, en Grèce, en Turquie, en Italie et aux principaux monumens de l'univers, sans sortir de la ville d'Orléans.
(*) L'Universorama qu'on annonce ici [espèce de diorama portatif] est peint par Daguerre et Bouton, peintres du Diorama de Paris, et par Cicéri, peintre de l'Opéra ; on y a joint une collection de ruines de l'ancienne Rome, de l'Ecole Italienne. Il appartient au sieur Coutolen".
- Journal du Loiret des 1er, 11 et 18 juin 1826.
- 1827 (mars) : Troyes (Aube)
Spectacle établi sur le Champ de Foire, vis-à-vis la grille de la Préfecture et ouvert dès le 11 mars.
- "Le propriétaire ose se flatter que le public connaisseur ne confondra pas l'Universorama, qui est le seul voyageant en France, avec tous les Cosmoramas ou Optiques que l'on s'est plu à nommer ainsi ; ce spectacle ne peut être comparé qu'au Diorama et au Panorama de Paris, ayant seuls du rapport entr'eux pour les effets de peinture" (11 mars).
- Journal politique du département de l'Aube des 11, 15 et 22 mars 1827.
LE DIORAMA DÉPARTEMENTAL DE MM. GILBERT ET COUTOLEN
Il semble qu'en 1828, M. Coutolen s'associe à M. Gilbert, pour présenter cette fois un "Diorama départemental", avec une tournée en province qui commence par la ville de Rouen. Le contenu de de diorama n'est cependant pas détaillé cette année-là.
- 1828 (dès octobre) : Rouen (Seine-Inférieure, actuelle Seine-Maritime)
- "Les habitans des principales villes du royaume pourront désormais se former une juste idée des merveilles que MM. Bouton et Daguerre exposent journellement [à Paris] sous nos yeux.
MM. Gilbert et Coutolen ont eu l'excellente idée, et ont été assez heureux de reproduire les effets incroyables de leurs célèbres prédécesseurs, dans un Diorama départemental.
L'un des propriétaires, natif de Rouen, a cru s'honorer en dédiant ce Diorama à sa ville natale ; et, après un séjour de quelques mois, les auteurs continueront à parcourir les principales villes du royaume".
- "Le public sédentaire de nos grandes villes se voyait réduit à ne connaître le Diorama [parisien] qu'au travers des journaux (...). Deux jeunes artistes ont eu l'idée charmante de reproduire, en petit, les effets incroyables de leurs célèbres prédécesseurs (...). Leurs tableaux peints, avec une vérité remarquable, n'empruntent point le secours des verres d'optique, et l'oeil n'est trompé que par le talent (...).
Les voyages de ces artistes commenceront dans plusieurs mois (...). Nous croyons qu’il faudrait exposer pendant quelque temps le Diorama départemental aux regards des Parisiens [ce qui ne semble pas avoir été le cas], sous l’invocation de MM. Daguerre et Bouton (...). Ce premier succès obtenu, les autres seraient assurés" [ce dernier texte sera sans cesse repris dans les annonces des années suivantes].
- Courrier des Théâtres (Paris) du 29 octobre 1828 ; Le Constitutionnel du 20 novembre 1828.
- 1829 : Nantes (Loire-Inférieure, actuelle Loire-Atlantique) ?
- Nantes va être citée, dès 1830, dans la liste des villes traversées par le Diorama, après Rouen (à l'automne 1828) et avant Metz (au printemps 1830).
Cette information n'a pu être confirmée car de nombreux sites d'Archives (Presse ancienne), dont celui de Loire-Atlantique, sont actuellement indisponibles du fait de leur lutte contre le siphonnage des données par l'Intelligence Artificielle.
- 1829-1830 (de décembre à mars) : Troyes (Aube)
- "Nous ne parlerons pas d'un Diorama départemental récemment arrivé dans notre ville, attendu que l'ouverture est un peu éloignée de nous. Les tableaux ne seront visibles, dit-on, qu'à la foire de mars" (25 décembre 1829).
Le prochain article se contente de reprendre le texte du Constitutionnel du 20 novembre 1828 et ne détaille pas le contenu du spectacle (3 mars 1830).
L'article suivant dévoile cependant quatre tableaux encore visibles pendant un peu moins d'une semaine :
- "la ville de Rouen ; l'église Notre-Dame (vue intérieure de l'un des bas-côtés de cette métropole) ; un caveau sépulcral du prieuré de Sainte-Ruth en Ecosse, et la vallée de Thun(n) en Suisse (...). Nous invitons les visiteurs, pour aider à l'illusion et mieux saisir des détails, à se munir d'une lorgnette de spectacle" (10 mars).
- "Demain lundi 15 mars, deuxième et dernière exposition, composée des vues de la basilique St.-Pierre de Rome, d'après M. Alleau [Jean Pierre Alaux, né à Rochefort-sur-Mer en 1783, Néorama parisien de 1828] ; vue de Paris, prise d'une des fenêtres du musée royal, tableau original ; Rouen, et les ruines du caveau sépulcral du prieuré de Saint(e)-Ruth [prieuré imaginaire, tiré du roman de Walter Scott (1816), publié en France dès 1817, L'Antiquaire]" (14 et 17 mars).
La date de clôture annoncée pour le 22 mars est ensuite repoussée jusqu'à la fin du mois. Le prix d'entrée se voit diminué. L'exposition offre, "quatre tableaux représentant Edimbourg, le port de Marseille, St.-Pierre de Rome et Paris" (24 et 28 mars).
- Journal politique du département de l'Aube du 25 décembre 1829 puis Journal de l'Aube des 3, 10, 14, 17, 24 et 28 mars 1830.
- On peut s'interroger sur la présence anticipée du Diorama à Troyes dès décembre avec une ouverture effective seulement début mars. Rien ne prouve cependant que le séjour dans cette ville a duré 3 mois. Troyes n'a peut-être été, en décembre, qu'une étape sur un parcours à destination d'une autre ville, avant d'y revenir en février pour une installation précédant la foire. Une annonce parue à Troyes va d'ailleurs dans ce sens :
- "A Vendre de suite,
Trois très bons Chevaux de collier, avec harnois complets.
S'adresser à M. Coutolen, maison de M. Beugnon, débitant de tabac, rue Moyenne, depuis dix heures du matin jusqu'à une heure".
Certes, on ne peut pas affirmer que ce "M. Coutolen" est bien le propriétaire du Diorama mais le fait que l'annonce soit passée 6 jours avant celle qui va parler de la présence de son spectacle lors de la prochaine foire, apparaît difficilement comme une coïncidence. Ceci étant dit, la vente de trois bons chevaux interroge également...
- Journal politique du départment de l'Aube du 23 décembre 1829.
LE DIORAMA DÉPARTEMENTAL (1830-1834) DE M. COUTOLEN
L'association de MM. Gilbert et Coutolen prend-elle fin vers 1829-1830, M. Coutolen restant le seul propriétaire de l'établissement ?
Il est difficile de le savoir ; certes, il n'est plus désormais question que d'un seul propriétaire et le nom de M. Gilbert n'est plus cité mais il est vrai qu'il ne l'avait été qu'une seule et unique fois, en octobre 1828.
N.B. : Le nom de "Diorama départemental" est généralement affiché en titre des annonces (sauf mention spéciale) mais n'est pas systématiquement recopié ici, de même que les horaires et les tarifs, afin d'éviter les redites.
1830 (avril-mai) : Metz (Moselle, actuelle Meurthe-et-Moselle)
- Voir l'article en ligne de la Société d'Histoire de Woippy, "Histoire de la Foire de mai à Metz - 1ère partie : 1770-1833", p. 21, place de la Comédie, en 1830 (PDF, ici).
Cet article présente des éléments essentiels tirés des journaux (non numérisés) : le Diorama, situé place de la Comédie, en face du théâtre, dans un vaste local, présente un salon décoré, tournant sur pivot. Son transport exige des frais considérables.
- Journal du département de la Moselle des 25 et 28 avril, 9 et 16 mai 1830.
- 1830 (juin) : Strasbourg (Bas-Rhin)
- "On établit en ce moment un diorama dans la salle de la Réunion-des-Arts (...). Nous donnerons à ce sujet un extrait du Constitutionnel du 20 novembre (...)" (1er juin).
- "Strasbourg, le 1er juin 1830.
Messieurs (...),
je vous prie de vouloir bien insérer la présente dans votre prochain numéro, afin de prévenir MM. les Strasbourgeois que d'après l'accueil flatteur dont j'ai été honoré dans les principales villes de France, telles que Rouen, Nantes, Metz, etc. [entre fin 1828 et début 1830], où j'ai exposé mon Diorama, je suis venu en cette ville (...).
Je l'ai exposé dans la vaste salle de la Réunion-des-Arts dont le propriétaire m'a permis de dsiposer pendant 24 jours seulement, et j'en ferai l'ouverture dimanche prochain 6 juin ; des prospectus distribués et des affiches placées en ville donneront le détail des tableaux qui composeront la première exposition (...).
Coutolen, propriétaire du Diorama" (3 juin).
- "Les tableaux exposés par M. Contolen (sic) sont au nombre de quatre : ils représentent les Ruines du caveau sépulchral (sic) du prieuré de Sainte-Ruth, une vue de la ville de Rouen, la vallée de Thun et l'un des bas-côtés de Notre Dame ; ce dernier tableau surtout mérite l'attention du spectateur.
Nous apprenons que M. Coulolen a fixé irrévocablement son départ au 22 de ce mois; et qu'il changera les quatre tableaux dès lundi prochain (...). Les nouveaux représenteront les sujets suivans : La basilique de St.-Pierre à Rome, St.-Etienne-du Mont ; une vue de Paris ; une vue générale de Marseille" (13 juin).
- Niederrheinischer Kurier des 1er, 3 et 13 juin 1830.
- 1830 (d'août à décembre) : Lyon (Rhône)
- "Panorama (sic) Départemental.
M. Coutalen a eu l'excellente idée et le bonheur de reproduire, dans un Diorama départemental, les ravissantes illusions de ses célèbres prédécesseurs. En ce moment on élève pour le recevoir un vaste local sur la place Louis XVI, à droite en sortant du pont Morand [aux Brotteaux]" (22 août).
- "Diorama Départemental, D'après MM. Daguerre Et Bouton (...).
[Après] Rouen, Nantes, Metz, Strasbourg, etc.
L'ouverture en aura lieu dimanche 29 août 1830. Des affiches donneront les détails des tableaux qui composent la première collection" (27 août).
- "Nous pensions que le prétendu Diorama, annoncé à l'instar de Paris, était l'une de ces nombreuses et infaillibles mystifications réservées aux badauds des départemens (...).
Arrivés devant le bâtiment du Diorama, nous avons été tout surpris de découvrir un monument simple, mais décoré avec goût et élégance. Un dame, fort jolie, et, qui plus est, fort polie, faisait les honneurs du contrôle (...).
Nous sommes ensuite entrés dans un petit salon rond, garni de stalles, dans lesquelles nous avons pris place, d'après l'invitation d'un monsieur qui s'exprimait avec facilité et éloquence (...). Il a offert une excellente lorgnette pour mieux distinguer les merveilles (...).
Le premier tableau qui s'offre à vos yeux éblouis est une vue de Rouen, prise de l'extrémité du nouveau Pont-de-Pierre (...). Tout cela est de la plus parfaite exactitude ; les eaux, le jour, le ciel, tout est clair, lumineux et vrai.
Le second tableau est peut-être plus étonnant encore ; c'est l'intérieur de l'église St.-Etienne-du-Mont (...). Tout vit, tout est animé, tout se détache comme du réel (...).
[Ensuite] nous nous trouvons dans la jolie vallée de Thoun(e) [Thun], au bout du lac de ce nom (...). L'horizon est occupé par des masses de neige entrecoupées de masses de rochers d'un effet très pittoresque. Sur le devant est une jeune Suissesse qui semble donner de la vie à ce ravissant paysage.
Le quatrième et dernier tableau (...) est l'intérieur d'un bas-côté de l'Eglise Notre-Dame, à Paris (...).
Nous, qui avons vu le Diorama de Paris, ne trouvons à celui de Lyon d'autre infériorité que l'échelle plus petite sur laquelle il est tracé (...). et nous signalons, sans craindre d'être taxés d'exagération, le Diorama départemental comme un prodige que tout le monde voudra voir, et que les véritables connaisseurs voudront même voir deux fois" (3 septembre).
- "La semaine prochaine [dès le 13 mars], il y aura la deuxième et dernière exposition qui sera annoncée par des affiches" (10 septembre).
- "La dernière collection ne sera visible que du 19 au 27 du courant, jour fixé irrévocablement pour la clôture définitive (...). Le propriétaire a diminué le prix des places" (17 septembre).
- "Deuxième et dernière collection : La Basilique de St.-Pierre de Rome ; les Ruines du caveau sépulcral du prieuré de St(e)-Ruth(e), en Ecosse ; Vue de Paris, prise d'une des fenêtres du Musée royal ; Marseille, vue générale prise de la Réserve" (19 septembre).
Devant l'accueil flatteur, le séjour est cependant prolongé avec le transport de l'établissement près du pont Tilsit, en face l'Hôtel de l'Europe (1er et 3 octobre).
"N'ayant obtenu cet emplacement que pour un mois, M. Coutolen, durant cet espace de temps, offrira successivement au public, les Tableaux qu'il possède, et auxquels il a joint une Vue intérieure prise dans cette Ville.
Les quatre Tableaux composant la première collection, représentent les vues de :
- Edimbourg, prise de Calton-Hill, par un temps de brouillard, d'après M. Daguerre (exposé de décembre 1826 à novembre 1827), par MM. Depleschain et Hippolite [Edouard Desplechin/Despléchin, né à Lille en 1802, peintre-décorateur de l'Opéra de Paris ; Hippolite ?] ;
- Une Eglise De Lyon, tableau original [voir plus bas] ;
- Rouen, prise de l'extrémité du pont de pierre, du côté de St-Sévère, tableau original, par MM. Philastre aîné et Cambon [Humanité René Philastre, né à Bordeaux en 1794, et Charles Antoine Cambon, né à Paris en 1802, décorateurs associés fournissant les théâtres de Paris et de province, comme ceux de Belgique] ;
- Saint-Etienne-Du-Mont, vue intérieure, prise de la galerie de l'Orgue ; tableau original par M. Cambon, premier élève de M. Daguerre" (29 octobre).
- " Le Diorama (...) continue d'attirer la foule. On y admire depuis quelques jours la vue intérieure d'une église de Lyon, due au pinceau de M. Mathieu, peintre de notre ville [Auguste Mathieu, né à Dijon en 1807], et qui est d'un effet très-remarquable" (7 novembre).
- "Le Diorama est visible tous les jours, de 4 à 8 heures du soir jusqu'à la fin du mois, jour fixé pour la clôture irrévocable" (15 et 17 décembre).
- Journal du commerce de la ville de Lyon et du département du Rhône des 22 et 27 août, 3 10, 17 et 19 septembre, 1er, 3 et 29 octobre, 7 novembre, 15 et 17 décembre 1830.
- 1831 (mars) : Dijon (Côte-d'Or) ?
Est-ce bien le "Diorama départemental" de M. Coutolen qui est présenté à Dijon sous le nom de "Diorama voyageur", les 2, 15 et 23 mars 1831 ? Un autre "Diorama voyageur", celui de M. Gillet, est connu en Suisse, notamment à Plainpalais en mars 1832 et à Neuchâtel en juillet 1832.
Le nom du propriétaire du Diorama de Dijon n'est pas cité et certaines des vues présentées, comme celles du palais de Linlithgow en Ecosse ou de l'église Sainte-Marie de la Santé [Santa Maria della Salute] à Venise, n'ont jamais jusque-là été citées dans les séances du Diorama départemental.
Cependant ce nom de "Diorama voyageur", associé cette fois à celui de M. Coutolen, va se retrouver cité la même année à Marseille (voir ci-dessous), la vue de Notre-Dame de Paris va être présentée tant à Dijon qu'à Marseille.
- "Jeudi 3 mars, ouverture du Diorama voyageur, dans la grande salle du Palais-des-Etats. Ces tableaux seront visbles de six heures à dix heures du soir. Il se composent d'une vue intérieure d'une salle du palais de Linlithgow en Ecosse ; vue extérieure de l'église Sainte-Marie de la Santé à Venise ; vue intérieure d'un des bas-côtés de Notre-Dame de Paris. Prix 1 franc et cinquante centimes" (2 mars).
- "Les amateurs qui ont honoré le Diorama voyageur de leur présence, ont été grandement surpris de ce que le propriétaire, sans avoir recours à aucun moyen extraordinaire, comme verres à optiques et autres accessoires (...), est parvenu à rendre les plus beaux effets de lumière qui existent dans la nature" (15 mars).
- "Le propriétaire (...), a l'honneur de prévenir le public qu'il a différé de quelques jours la clôture de son établissement. Le diorama est toujours ouvert de dix à cinq heures dans la journée, et de six à dix du soir inclusivement " (23 mars).
- Journal politique et littéraire de la Côte d'Or du 2 mars 1831 ; Le Spectateur du 15 mars 1831 ; Le Patriote de la Côte d'Or du 23 mars 1831.
- 1831 (de juillet à septembre) : Marseille (Bouches-du-Rhône)
-"Un Diorama, fait sur le modèle et d'après les tableaux de MM. Daguerre et Bouton, est ouvert tous les jours sur la place Noailles. Déjà la foule s'y porte (...), et tout promet au Diorama voyageur une vogue d'encombrement car le local est loin d'être aussi vaste (...), les banquettes pouvant tout au plus recevoir quarante personnes pour une séance de demi-heure.
C'est d'abord une vue (...) de la partie la plus originale, la plus pittoresque de Rouen (...). Ce tableau pourtant, quoique fait avec soin, n'offre rien d'extraordinaire et qu'on n'ait déjà vu. C'est un tableau préparatoire.
Vient ensuite la vue intérieure de St.-Etienne-du-Mont. Ce tableau, et celui d'un bas-côté de Notre-Dame de Paris, sont les deux plus remarquables de l'exposition. A l'aide d'une lorgnette de théâtre, ou simplement de la main roulée en cornet, on en voit les objets se détacher parfaitement du fond, et produire une illusion telle qu'on croit visiter les édifices eux-mêmes (...).
Reste à voir la vallée de Thun, en Suisse. C'est le morceau le plus faible de l'exposition : les couleurs en sont trop saillantes. On dirait un tableau fardé.
On annonce pour la semaine prochaine la vue de la Basilique de St. Pierre de Rome (...)" (8 juillet).
- "Le Diorama de M. Coutolen restera encore quinze jours seulement dans notre ville ; nous souhaitons que l'intérieur de Saint-Etienne-du-Mont soit au nombre des tableaux dont l'exposition lui a été redemandée, car nous avons toujours regretté qu'il n'ait été exposé qu'une seule fois (...)" (27 août).
- "La foule se porte au Diorama de M. Coutolen, et malgré l'exiguïté du Salon les séances se suivent avec tant de régularité qu'on trouve toujours le moyen d'y avoir une place ; M. Coutolen annonce pour jeudi une seconde et dernière exposition (...)" (6 septembre).
- "Le tableau de Marseille qui fait partie de cette seconde et dernière exposition, a fait un très-grand plaisir (...). M. Coutolen nous quitte jeudi [15 septembre] pour se rendre à Avignon (...)" (11 septembre).
- Le Sémaphore de Marseille des 8 juillet, 27 août, 6 et 11 septembre 1831.
- 1831 (septembre-octobre) : Avignon (Vaucluse) ?
Le départ de Marseille pour Avignon n'a pu être confirmé, les journaux avignonnais de cette période n'étant pas conservés.
- 1831 (décembre) : Valenciennes (Nord) ?
Est-ce bien le Diorama de M. Coutolen qui est présenté à Valenciennes fin 1831, après Avignon ? Rien n'est certain mais c'est en principe le seul établissement officiel des oeuvres des artistes parisiens, même si certaines des vues semblent nouvelles.
- "Valenciennes possède en ce moment son Diorama ; on voit, dit-on, au salon de Flore, la belle basilique de St-Pierre de Rome, peinte par M. Daguerre, deux scènes des Journées de Juillet, par M. Bouton, et les vues de Varsovie et de Praga, par M. Cambon".
- Journal des Artistes (Paris) du 24 décembre 1831.
- 1832 (février-mars) : Montpellier (Hérault)
- Reprise de l'article du Constitutionnel du 20 novembre 1828 suivi de, "On élève en ce moment, à cet effet, un vaste local, place de la Comédie" (28 février).
- L'ouverture a lieu le dimanche 4 mars et présente pour la première exposition les quatre vues de Saint-Etienne-du-Mont, Notre-Dame de Paris, Thun et Rouen (3 mars).
- "Toutes les merveilles vont s'engloutir dans le gouffre immense que l'on nomme Paris (...). Dans cette énumération, nous ne devions pas omettre les Panoramas et Néoramas, et Cosmoramas, et Dioramas, et tant d'autres ramas, tous assez inconnus chez nous à deux cents lieues de Paris (...).
C'est pourquoi nous devons de véritables remerciements à M. Coutolen (...). Ici, le dessin ne porte que sur une surface plane mais tel est l'arrangement mathématique des lignes [perspective géométrique], et la savante dégradation des couleurs [perspective aérienne], qu'après un premier coup-d'oeil le travail disparaît pour laisser place à l'illusion, on pourrait presque dire à la réalité [les vues citées sont celles de Saint-Etienne-du-Mont, Thun et Rouen]" (10 mars).
- Courrier du Midi du 28 février et du 3 et 10 mars 1832.
- 1832 (avril-mai) : Toulouse (Haute-Garonne)
- Reprise de l'article du Constitutionnel du 20 novembre 1828 suivi de, "On élève en ce moment, à cet effet, un vaste local, à l'entrée de l'allée Lafayette".
- Gazette du Languedoc du 25 avril 1832 (p. 2). Aucun autre article toulousain n'a pu être retrouvé.
- 1832 (octobre-novembre) : Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme)
- "Une vaste salle est élevée en ce moment dans la ville de Clermont-Ferrand ; M. Contolin (sic) se propose d'y établir un diorama qu'il transportera de ville en ville" (28 octobre).
- " M. Coutolen, propriétaire du Diorama, a donné, toute la soirée du mardi 20 novembre, une représentation de son spectacle au profit des indigens. - Cette représentation a produit 99 fr. 65 c. - Déduction faite des frais de lumière et d'affiche, 77fr. 65 c. ont été versés dans la caisse des pauvres" (24 novembre).
- Le Journal des Artistes du 28 octobre 1832 ; Le Patriote du 24 novembre 1832.
Il existe probablement d'autres annonces clermontoises mais le site des Archives du Puy-de-Dôme est actuellement indisponible du fait de la lutte contre le siphonnage des données par l'Intelligence Artificielle.
- 1832-1833 (décembre-janvier) : Bourges (Cher)
- Reprise de l'article du Constitutionnel du 20 novembre 1828 suivi de, "On élève en ce moment, à cet effet, un vaste local, à Bourges, place de la Mairie (...)" (13 décembre).
- "L'ouverture est fixée à mardi prochain, 25 décembre. - Les séances commenceront à 3 heures et se succéderont de demi-heure en demi-heure, jusqu'à 7 heures du soir" (22 décembre).
- "On se croirait transporté successivement à l'église de Notre-Dame de Paris, à celle de Saint-Etienne [-du-Mont à Paris], à Rouen [vue prise du côté du port] et dans la vallée de Thun [avec une partie de la ville], en Suisse (...).
Tout cela [architectures, objets, paysages, figures] est réel, vivant, animé. Vous remarquez jusqu'à cette toile d'araignée qui se trouve suspendue à l'une des colonnes (...)" (29 décembre).
- "A la demande générale du public, l'exposition actuelle des tableaux continuera jusqu'à jeudi prochain. Samedi 5 janvier, la 2e exposition aura lieu et sera composée de la Basilique St-Pierre de Rome ; - les Ruines Sépulcrales du prieuré de Sainte-Rhut (sic), en Ecosse ; - Paris, vue prise du musée royale (sic) ; - Saint-Etienne-du-Mont" (1er janvier).
- " L'exposition actuelle des tableaux ne sera vue que jusqu'à demain dimanche [13 janvier]. Lundi prochain [14] la troisième et dernière exposition qui durera jusqu'au dimanche 20 du courant, jour fixé pour la clôture définitive.
Elle se composera 1° de la vue d'Edimbourg, par un effet de brouillard ; 2° l'intérieur de l'église des Cordeliers, à Lyon ; 3° Marseille, vue générale prise de la réserve ; 4° l'église de Saint-Pierre de Rome" (12 janvier).
- Journal du Cher des 13, 22, 29 décembre 1832, 1er et 12 janvier 1833.
- 1833 (juin-juillet) : Amiens (Somme)
- "M. Consolen (sic) parcourt les départemens avec un Diorama départemental. On élève à Amiens un vaste local pour ce spectacle".
- Journal des Artistes (Paris) du 23 juin 1833. Aucune autre annonce n'a pu être retrouvée.
- 1833 (août) : Lille (Nord)
- "Parmi les curiosités qui seront offertes aux habitants de Lille pendant la foire (...), on a remarqué l'annonce d'un Diorama, d'après celui de MM. Daguerre et Bouton, à Paris" (29 août).
- "La première exposition se compose d'une Vue d'un des bassins [bas-côtés] de Notre-Dame de Paris, par M. Desplechain [Desplechin] et Dufloc [Louis Duflocq] ; de l'Intérieur de St-Etienne-du-Mont, par M. Cambon ; d'une Vue de Rouen, par MM. Cambon et Filastre [Philastre] ; de la Vallée de Turm [Thun], en Suisse, par MM. Cambon et Desplechain" (9 et 12 septembre).
- L'Estafette du 29 août 1833 ; Journal de Paris du 9 septembre 1833 ; Gazette nationale du 12 septembre 1833.
- 1833 (octobre-novembre) : Saint-Quentin (Aisne)
- "M. Coutolen a ouvert, depuis mercredi dernier [9 octobre], son Diorama, situé sur le champ-de-foire (...). Quoique sur une échelle nécessairement moins étendue que celui de Paris, et malgré l'éclairage factice, son Diorama produit aussi une illusion complète.
La première exposition se compose de quatre tableaux : St.-Etienne-du-Mont, Notre-Dame de Paris, vallée du Thun et vue de Rouen. Ces quatre tableaux [sont] dus au pinceau des artistes les plus distingués de la capitale (...). La 1ère exposition durera jusqu'à mardi [15 octobre] (...).
M. Coutolen, afin de mettre son spectacle à la portée des familles nombreuses et des établissements d'éducation, a fixé ses prix à 75 centimes les stalles, et 40 centimes les estrades" (13 octobre).
Une prolongation d'une semaine étant accordée par l'autorité municipale, M. Coutolen, reconnaissant, a l'intention d'offrir une soirée au profit des pauvres de cette ville. En attendant, une 3e collection de tableaux est composée d'une vue d'Edimbourg, de l'intérieur de l'église des Cordeliers de Lyon, de Marseille et de la basilique de Saint-Pierre de Rome. Les prix sont diminués à 50 et 25 centimes (27 octobre).
Resté seul sur le grand place de la foire, le Diorama de M. Coutolen donnera la soirée de clôture du lundi 4 novembre au bénéfice des pauvres (3 novembre).
- Journal de la ville de Saint-Quentin et de l'arrondissement des 13, 27 octobre et 3 novembre 1833.
- 1834 (mai-juin) : Orléans (Loiret)
- Reprise de l'article du Constitutionnel du 20 novembre 1828 suivi de, "Nous croyons ne pouvoir mieux faire que de reproduire ces paroles du Constitutionnel. Bientôt nos lecteurs pourront aller s'assurer, dans la grande loge en construction sur le Mail à côté du Cirque, que pour cette fois du moins le Constitutionnel n'a rien dit de trop" (29 mai).
- "M. Coutolen nous avait promis une dernière exposition plus remarquable que les deux autres, et il a tenu parole ; les tableaux qui la composent, moins pourtant l'église des Cordeliers à Lyon, qui ne vaut rien, sont certainement les meilleurs de sa collection" (19 juin p. 1).
- "Diorama Départemental.
La basilique de St-Pierre de Rome. - L'église des Cordeliers à Lyon. - Edimbourg. - Le Dôme de Milan" (19 juin).
- Journal du Loiret des 29 mai et 19 juin (p. 1 et 4) 1834.
ANALYSE
Les spectacles
Entre 1824 et 1834, M. Coutolen présente un spectacle pictural itinérant.
Il offre, tout d’abord, un "Cosmorama" (1824-1825), à l’instar du Cosmorama parisien du Palais-Royal, avec des vues observées au travers de verres grossissants, uniquement de nuit avec un éclairage au gaz.
Il tourne ensuite avec un "Universorama" (1826-1827), cette fois en tant que diminutif du Diorama parisien, avec des toiles essentiellement peintes par MM. Daguerre, Bouton, Ciceri, dépourvues de verres grossissants (mais pouvant être observées à la lorgnette), et exposées de jour comme de nuit.
Enfin, il opte pour un "Diorama départemental ou voyageur", avec salon tournant, d’abord associé à M. Gilbert (1828-1830) puis peut-être seul (1830-1834), avec toujours des toiles très majoritairement peintes par MM. Daguerre, Bouton, Ciceri et leurs collaborateurs et le même dispositif, tout en continuant à renouveler les vues (ces dernières pouvant être, là aussi, observées à la lorgnette).
L'identité des propriétaires
Qui sont M. Coutolen et M. Gilbert ? En 1824, M. Coutolen est dit, lors de son séjour à Bruxelles, "venant de Paris". En 1828, tous deux sont qualifiés de "jeunes artistes" et l'un d'eux est dit né à Rouen. En 1830, la "dame fort jolie" qui accueille les visiteurs à Lyon est-elle l'épouse de M. Coutolen ?
Ces quelques informations ont permis de retrouver l'identité de ces personnes.
- M. Coutolen : Giambattista Gaetano Coutolen est né le 9 juillet 1793 à Rotondella, au Royaume de Naples (Basilicate, Italie du sud). Il est le fils de Giacomo Coutolen et de Maria Anna Botarella, propriétaires.
Jean Baptiste Coutolen, "modeleur en cire", "propriétaire, sans domicile, voyageant continuellement", âgé de 29 ans [son père est alors décédé et sa mère vit à Valenciennes, Nord], se marie le 12 mars 1823 à Bayeux (Calvados), avec Elisabeth Castellï/Castelli, 26 ans, sans profession, née le 28 mars 1796 à Vienne, Autriche (fille de Joseph Castellï et de Anne Avarini, décédés). Il signe "J. B. Coutolen".
L'acte de mariage permet d'apprendre que Jean Baptiste Coutolen est modeleur et tient déjà un Cabinet itinérant de figures en cire (portraits et scènes).
Aucune trace d'un Cabinet de cire portant le nom de Coutolen n'a été retrouvée dans les journaux des années 1810-1820. Les Cabinets itinérants cités dans les journaux affichent d'autres noms de propriétaires (comme M. Caris ou M. Lévêque) ou restent anonymes (notamment à Strasbourg, Amiens, Saint-Quentin ou Lyon). Possède-il son propre Cabinet ? A-t-il succédé à son père ? Depuis combien d'années mène-il cette activité ? Autant de questions restées sans réponse.
- M. Gilbert : L'acte de mariage de Jean Baptiste Coutolen révèle que l'un des témoins est "Louis René Gilbert, 34 ans, maître de dessin", le futur associé de Jean Baptiste Coutolen. Il est probable que cette association débute dès 1824, avec le Cosmorama.
Edmond (?) Louis René Gilbert est né à Rouen, le 22 avril 1788. Il est le fils de Louis Marie François Gilbert (décédé en 1797) et de Marie Magdelaine/Madeleine Renée Vimar(d). Le 8 mars 1813, il a épousé à Rouen la soeur d'Elisabeth Castelli, Anne Marie Barbe Rosalie Castelli, née le 6 octobre 1791 à Viginti Millium, Royaume de Sicile (Ventimiglia di Sicilia, près de Palerme).
Jean Baptiste et Elisabeth Coutolen ont un fils, Pierre Joseph, qui naît le 18 décembre 1823, à Dunkerque (Nord). L'acte de naissance précise que Jean Baptiste Coutelen est toujours "modeleur en cire" et que le domicile de la famille est à Bayeux.
Malheureusement, Elisabeth Coutolen, née Castelli, âgée de 30 ans, décéde le 13 septembre 1826 dans leur demeure de la rue Royale, 11, à Versailles (Seine-et-Oise ; actuelles Yvelines).
Au début de l'année 1827, Jean Baptiste Coutelen, veuf de 33 ans, fréquente à Chartres (Eure-et-Loire), Louise Caroline Maheux/Maheu, ouvrière âgée de 20 ans, née le 15 décembre 1806 dans cette ville (fille de feu Louis Marie Maheu(x) et de Suzanne Nolet/Nollet).
De leur liaison, naît à Chartres, cloître (sic) [tertre] Saint-Aignan le 21 décembre 1827, leur fille Julie Alexandrine Maheux, que ses parents vont reconnaître le 15 janvier 1828, et qui portera dès lors le nom de son père.
Au cours de l'année 1828, Louise Caroline Maheux, 21 ans, son bébé de quelques mois, et sa mère veuve, 57 ans, déménagent à Rouen, rue de la Savonnerie, 24 (N.B. : sa soeur aînée, Louise Adélaïde Maheu(x), née le 12 novembre 1804 à Chartres, s'est mariée le 18 février 1828 à Poinville, Eure-et-Loire, et s'est installée dans cette ville).
Toujours "célibataire", Louise Caroline Maheux, couturière, accouche à cette nouvelle adresse d'un second enfant, le 19 février 1829, une fille que son conjoint reconnaît d'emblée, Eugénie Joséphine Coutolen.
L'acte de naissance révèle que Jean Baptiste Gaétan Coutolen (dont la mère est alors décédée), est désormais "propriétaire de diorama" [ce qui confirme ce que nous savions] et domicilié à l'adresse de sa concubine.
Malheureusement, le 19 février 1829, leur fille Eugénie Joséphine Coutolen décède à 3 ans et 12 jours, à Bourg-Achard (Eure), à 30 km environ de Rouen, au domicile de la famille Normand où elle était placée en nourrice.
Malgré quelques pistes, rien de certain n'a pu être établi sur la suite de la vie des autres enfants Coutolen : Pierre Joseph (né en 1823) et Julie Alexandrine (née en 1828).
Épilogue
Après dix ans d’activité de foire et de présentation de son spectacle pictural :
- dans au moins vingt villes (toutes n'ont pas pu être répertoriées et 5 d'entre elles ont été visitées à deux reprises),
- avec une présence le plus souvent d'un mois environ (mais pouvant aller jusqu'à 4 mois, installation et démontage compris),
- et de deux à quatre expositions successives,
Jean Baptiste Coutolen semble stopper sa tournée en 1834 (il a alors 41 ans).
Il y a bien, dès 1839, le signalement de plusieurs Dioramas, "d'après le même système que M. Daguerre", dans plusieurs villes françaises mais le nom de Jean Baptiste Coutolen n'est plus jamais cité.
La suite de la carrière de ce dernier reste inconnue à ce jour.
Il décédera trente ans plus tard, à Nantes (sans qu'il soit possible de savoir depuis quand il résidait dans cette ville), le 29 novembre 1864, à l'âge de 71 ans. Son épouse Louise Caroline, née Maheux, décédera dans la même ville, 23 ans après lui, le 1er mars 1887.
Edmond Louis René Gilbert, "artiste peintre, domicilié à Paris", est pour sa part décédé lors d'un séjour à Liège, le 24 février 1842. La date de décès de son épouse n'a pas été retrouvée.



