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mercredi 25 décembre 2013

188-LE VRAI ET LE FAUX DANS L'ART CONTEMPORAIN-1-AUTOPORTRAITS PHOTOGRAPHIQUES


L'art est artifice, représentation ; l'image est illusion, mensonge.

La photographie inventée dès le second quart du XIX° siècle, est censée enregistrer le réel mais la technique de prise de vue, le cadrage, le point de vue, la profondeur de champ, la netteté ou le flou, le temps de pose, la mise en scène, la lumière, le décor, le maquillage, les costumes, les techniques d'impression, le traitement des clichés en noir et blanc ou en couleur et même le titre composent et transfigurent le réel ; mieux, les trucages anciens inventés en même temps que la photographie, comme les effets de brume empruntés au monde du théâtre ou encore la surimpression de négatifs, le photomontage ou encore les trucages plus récents permis par l’avènement du numérique et l'utilisation de logiciels, insistent sur cet aspect faux de l'image photographique. 
On pourrait, bien entendu, dire la même chose du cinéma qui, dès son invention (1895), montre les mises en scène faussées des Frères Lumière et les trucages burlesques de Méliès qui ne font que présager les effets spéciaux du cinéma numérique d'aujourd'hui. Il y a cependant une différence fondamentale : le cinéma a développé fortement, à côté du film de reportage, le film de fiction, alors que la photographie a été considérée, jusqu'à l'avènement du numérique, comme étant, à quelques exceptions près, une preuve du réel à valeur scientifique.

L'autoportrait, thème présent dans les autres arts, existe dès les débuts de la photographie et, notamment influencé par la peinture, est de cette époque à nos jours, preuve du mensonge.



BAYARD Hippolyte (1801-1887), Autoportrait en noyé, 1840.
L'auteur a inventé en 1839 un procédé photographique permettant d'obtenir directement
des images positives sur papier. Devant la non-reconnaissance de son invention, l'auteur a
voulu marquer son dépit par cette photo où il  met en scène son faux cadavre en décomposition (tête et mains bronzées en fait),
 recouvert en partie d'un linceul à la morgue, après suicide par noyade, 
évoquant le tableau du Caravage, La Mort de la Vierge, achevé en 1606 et réalisé par le peintre 
d'après un cadavre de noyée.

 LAWICKMÜLLER (LAWICK Friederike van, née en 1958, et MÜLLER Hans, né en 1954)La Folie à deux (Lawick et Muller), 1992-96,
 photographie numérique contre-collée sur PVC, morphing en 16 photographies « métaportraits », 150 x 110 cm.
Seuls la première et la dernière photo sont de vrais portraits, les 14 autres ayant été créés par un logiciel de morphing qui a inventé des portraits intermédiaires entre les deux membres du couple.


MAN RAY (1890-1975), Marcel Duchamp en Rrose Sélavy, 1920 ou 1921,
photographie en noir et blanc, tirage argentique, 21,6x17,3 cm, The Philadelphia Museum of Art.
Rrose Sélavy est un personnage fictif créé par Marcel Duchamp. Son nom apparaît pour la première fois comme signature sur une œuvre d'art, Fresh Widow, en 1920. Le nom de Rrose, qui ne prend alors qu'un seul r, est inscrit en signature sur la tablette. Il figure ensuite dans une série de photographies réalisées par Man Ray, où Duchamp pose travesti en femme, maquillé et chapeauté, dans une sorte de parodie des conventions du portrait de la star féminine de l’époque. Le nom choisi évoque la phrase « Éros, c'est la vie ». Duchamp affirme également qu'il choisit le nom « Sélavy » pour sa sonorité juive. Le double r initial évoque, lui, le double l initial de certains noms gallois, comme « Lloyd ». Duchamp signe également du nom de Rrose Sélavy une série d'étranges calembours. Son personnage sera repris par Robert Desnos.



- CAHUN CLAUDE (1894-1954, Lucy Schwob dite), Autoportrait, vers 1928,
épreuve gélatino-argentique, 12x9 cm, Richard & Ronay Menschel.
Claude Cahun, tant par son nom, sa vie d'écrivain et de photographe, sa vie avec sa compagne, est une femme qui renouvelle sans cesse dans ses autoportraits la notion de genre et d'identité, se présentant la tête rasée, habillée en homme ou en comédienne très féminine.

- CAHUN CLAUDE (1894-1954, Lucy Schwob dite), Autoportrait, 1929,
épreuve gélatino-argentique, 23,5x18 cm, Jersey heritage Collection.


- Pierre MOLINIER (1900-1976), Autoportrait au tabouret, vers 1965,
autoportrait au tabouret, assis, avec masque, jarretelles, loup..., tirage gélatino-argentique,11,2x8,3 cm.
 Dans les années 1960, l'artiste, membre du groupe surréaliste, réalise, en dehors de tableaux et dessins, des portraits et des autoportraits photographiques et également des photomontages érotiques et pornographiques. Il se montre notamment en androgyne, en travesti, en fétichiste.

JOURNIAC Michel (1935-1995), La Lessive, 24 heures dans la vie d'une femme ordinaire, 1974,
série constituée de 44 photos en noir et blanc où l'artiste endosse le rôle social de la femme avec ses stéréotypes et ses fantasmes,
 en se travestissant et en adoptant des poses théâtralisées.
Dans les années 1970, Michel Journiac adopte le travestissement ans de nombreuses sériés photographiques comme dans Piège pour un travesti (1972), Hommage à Freud (1972) ou encore L'Inceste (1975), critiquant notamment la psychanalyse et le rôle qu'elle accorde au complexe d'Oedipe.

WARHOL Andy (1928-1987), Self-Portrait in Drag, 1981,
photo Polaroïd couleur, 9,4x7,3 cm,  faisant partie d'une série réalisée par l'artiste entre 1980 et 1982, en parallèle avec une série en pied réalisée avec le photographe Christopher Makos.
Cette série, qui évoque directement les portraits en  Rrose Sélavy de Marcel Duchamp, souligne avec le maquillage, la perruque blonde et la pose artificielle, l'image mythique des divas hollywoodiennes contemporaines. 

L'artiste réalisera de nombreux autoportraits sérigraphiés, avec lunettes, perruque ou camouflage, faisant de son image un produit de consommation.

- PENG Chi (né en 1981), Consubstantiality I-1, 2003,
c-print, 87,5x116,7 cm, édition de 10, Sydney, Collection privée.
L'artiste réalise des autoportraits photographiques en noir et blanc ou en couleur, nus et maquillés de blanc puis manipule l'image,
 ici le reflet, notamment pour créer un être féminin (poitrine) posant à nouveau la question de l'identité sexuelle.


La réflexion sur l'image photographique s'est accentuée au XX° siècle (dadaïstes et surréalistes, pop artistes), en particulier depuis les années 1970, avec des œuvres jugées parfois scandaleuses qui ne reposent pas sur le trucage technique de l'image mais sur un jeu d'acteur.

De nombreux plasticiens ont adopté ce médium, ainsi que la vidéo, pour se mettre en scène (maquillage, costumes, masques et prothèses) et garder trace de leurs performances, avec des autoportraits faussés rendant souvent leur visage méconnaissable. Les artistes, pour la plupart féminines, se sont d'ailleurs prises pour seul sujet tout au long de leur carrière artistique, interrogeant le statut du corps et utilisant ce dernier comme instrument et modèle (performance, Body Art, Video Art, Art conceptuel). Ce sont de vrais portraits collectifs qu'elles nous livrent, interrogeant sur l'identité individuelle et les normes sociales (schémas politiques, culturels, raciaux, esthétiques et sexuels) et plus particulièrement sur l'identité féminine (à une période de militantisme féministe et de révolution sexuelle), en revisitant les images d'autres domaines (normes véhiculées par les tableaux célèbres, les films, les images de la publicité et de la mode). 



ANA MENDIETA (Cuba puis U.S.A.)


MENDIETA Ana (1948-1985), Untitled (Facial Hair Transplant - moustache), 1972,
l'une des 7 photos couleur documentant la performance, de 32,5x48,5 cm chacune.
L'artiste a collé des poils de barbe d'un artiste masculin pour se créer une moustache.

MENDIETA Ana (1948-1985), Untitled (Glass on Body Imprints-Face), 1972,
l'une des 6 photos en couleur de 49x32,5 cm (également en noir et blanc, de 20,3x25,4 cm chacune).
L'artiste a le visage déformé par la compression de la vitre.

MENDIETA Ana (1948-1985), Untitled (Self-Portrait with Blood), 1973,
l'une des 6 photos couleur de 50,8x40,6 cm chacune.
Adepte du Body Art, l'artiste dénonce la place faite aux femmes dans la société 
et la violence dont elles sont l'objet.


ELEANOR ANTIN (U.S.A.)


ANTIN Eleanor (née en 1935), The King of Solana Beach, 1973,
vidéo et portraits photographiques en noir et blanc.
De retour d'exil, un roi reprend contact avec les gens et sa terre natale.

ANTIN Eleanor (née en 1935), The Angel of Mercy, 1977,
photographie noir et blanc, extraite des deux albums, mettant en scène Eleanor Antin Nightingale, infirmière pendant la Guerre de Crimée, au milieu du XIX° siècle.

ANTIN Eleanor (née en 1935), Pocahontas, Recollections of My Life with Diaghilev, 1919-1929, 1977-78,
photographie mettant en scène Eleonora Antinova dans le rôle de Pocahontas d'un des ballets russes
.
L'artiste est une pionnière de l'art vidéo et de l'art conceptuel. Elle réalise tout d'abord des vidéos ou des photos où elle dénonce les pressions sociologiques sur le corps féminin, comme le maquillage avec Representational Painting, 1971 (film muet, en noir et blanc, de 38 mn) ou le régime avec Carving : A Traditionnal Sculplture, 1972 (grille de 144 photos en noir et blanc). Elle réalise ensuite des œuvres narratives de fiction en prenant appui sur un contexte social et historique réel et des supports différents (performance, photo, vidéo, installation). Pour cela, elle crée des personnages qu'elle interprète pendant plusieurs années, utilisant le déguisement et la performance et explorant la notion d'autoportrait et d'identité, afin d'amener à une critique du rôle et du corps de la femme dans des récits historiques qui sont des parodies de la société contemporaine.



HANNAH WILKE (U.S.A.)


WILKE Hannah (1940-1998), Gestures 2, 1974-1976,
un des éléments du triptyque de photos noir et blanc, de 12,7x17,8 cm chacune, tirées de sa vidéo performance de 1974 où l'artiste répétait inlasseblement les mêmes gestes, malaxant ou tirant la peau de son visage, faisant des grimaces ou des sourires.

WILKE Hannah (1940-1998), S.O.S Scarification Object Series, 1974-1982,
photographies en grille dans lesquelles l'artiste prend des poses glamour et artificielles inspirées par l'imagerie de la mode  et la marchandisation des corps féminins mais avec la peau recouverte de petits bouts de chewing-gum mâchés, en forme de vulve.



CINDY SHERMAN (U.S.A.)


SHERMAN Cindy (née en 1954), Untitled film still#21, 1978,
autoportrait photographique en noir et blanc d'une série de 69 où l'artiste plagie les photos 
de plateau des actrices des films américains de série B des années 1950-1960.
"Je voulais une narration dans mes photos : que ce soit toujours moi mais que chaque photo évoque d'autres personnages, qu'on ait l'impression que pour chaque femme photographiée, il existait un mari, un amant, un meurtrier, qu'il y avait une vie en dehors du cadre".

SHERMAN Cindy (née en 1954), Untitled #96, 1981,
autoportrait photographique en couleur de la série Centerfolds, prévue au départ
pour être dépliée au centre de magazines masculins, attirant par l'image d'une belle jeune fille 
avant de révéler une vraie personne, avec un portrait plus intime et angoissé.


SHERMAN Cindy (née en 1954), série History Portraits, Untitled #216, 1989,
photographie couleur. 
Dans cette série, l'artiste enquête sur les modes de représentation en Histoire de l'art 
ainsi que sur la relation entre le peintre et son modèle. Inspirée par un tableau ou plusieurs détails de tableaux différents, elle se met en scène dans des costumes d'époque sous la forme de figures grotesques, en ayant  parfois recours, comme ici, à des prothèses de parties sexuelles.

SHERMAN Cindy (née en 1954)Untitled #466, 2008,
photographie couleur, 246,7x162,4 cm, New-York, MOMA. 
Dans cette série, l'artiste réalise des autoportraits en femmes du monde, 
faisant face au diktat de la jeunesse et à la psychose de l'âge.



MARINA ABRAMOVIC (Yougoslavie)


ABRAMOVIC Marina (née en 1946), Art must be beautiful, Artist must be beautiful, 1975,
photo extraite de la vidéo sonore en noir et blanc enregistrant la performance, de 14 mn et 14 s.
"Je me brosse les cheveux avec une brosse métallique tenue dans ma main droite et un peigne métallique tenu dans ma main gauche. Tout en faisant cette action, je répète continuellement "L'art doit être beau - L'artiste doit être belle", jusqu'à ce que j'ai détruit ma coiffure et mon visage." 
Les actes simples, répétés quotidiennement pour l'ordre, la beauté et la reconnaissance personnelle vis-à-vis du monde social deviennent ici des gestes répétés jusqu'au malaise, la folie, la laideur et la destruction, la voix et le visage révélant une douleur croissante.



CHRISTIAN BOLTANSKI (France)


BOLTANKI Christian (né en 1944), 10 portraits photographiques de Christian Boltanski, 1946-1964, 1972,
 album photographique, 21 cm, Edition Multiplicata, Paris.
Dix photos de l'artiste prises de l'âge de ses 2 ans à ses 20 ans, dans un même lieu où on le voit grandie nous semblent offertes ; en fait, une seule des photos est vraiment une photo de l'artiste enfant, les autres étant celles d'enfants photographiés, un même jour d'été, au parc parisien de Montsouris.
Les documents de l'artiste, en noir et blanc, avec des prises de vues frontales et objectives donnent l'apparence de l'authenticité. "Le photographe, et spécialement le photographe amateur, n'essaie pas de saisir la réalité ; il cherche à recopier une image préexistante et culturellement imposée".



BOLTANKI Christian (né en 1944), L'Anniversaire, 1974,
série des Saynètes comiques, polyptyque unique de 5 épreuves noir et blanc de 29,7x20,4 cm chacune), parfois retouchées au crayon et pastel, avec les titres suivants de gauche à droite : "Je suis content, car c'est mon anniversaire. Mon père me sourit. Mamère chante joyeux anniversaire. Elle m'embrasse. Il est temps, je souffle les bougies". L'ensemble est présenté avec cadre et plexiglas noir de 37,9x112,6 cm.
L'artiste rejoue ses souvenirs d'enfance devant un fond peint et interprète tout à la fois le père, la mère et le "petit Christian", sous la forme burlesque d'un théâtre pour enfants, vêtu de costume noir en hommage aux Marx Brothers.




SOPHIE CALLE (France)



CALLE Sophie (née en 1953), La Filature, 1981,
diptyque composé de deux ensembles dans un cadre de 162x110 cm, avec d'une part des textes accompagnés d'une photo couleur et d'autre part 20 photos noir et blanc.
Récit à deux voix : l'enquête sur une journée, menée par un détective mandaté par la mère de l'artiste à la demande de cette dernière, suivie de photos floues, est accompagnée de la description de sa propre journée par Sophie Calle et de photographies du détective prises à son insu par un ami de l'artiste.



CALLE Sophie (née en 1953), La Faux Mariage, 1992,
photographie noir et blanc encadrée, 120x170 cm, et texte encadré, 50x50 cm.
Contenu du texte : "Notre hymen improvisé, au bord de la route qui traverse Las Vegas ne m'avait pas permis de réaliser le rêve inavoué que je partage avec tant de femmes : porter un jour une robe de mariée. En conséquence, je décidai de convier famille et amis, le samedi 20 juin 1992, pour une photographie de mariage sur les marches d'une église de quartier à Malakoff. Le cliché fut suivi d'une fausse cérémonie civile prononcée par un vrai maire et d'un banquet. Le riz, les dragées, le voile blanc ... rien ne manquait. Je couronnais d'un faux mariage l'histoire la plus vraie de ma vie".




ORLAN (France et U.S.A.)

 ORLAN (née en 1947), La Réincarnation de Sainte Orlan, 1990,
série de 9 Chirurgies-performances contrôlées et mises en scène par l'artiste, avec photos, vidéos, communication Internet. 
L'artiste, adepte du Body Art, de "l'art charnel", interroge le statut du corps et de l'identité en faisant du corps son matériau privilégié. Elle dénonce la pression sociale et les contraintes esthétiques et morale et affirme la propriété de son corps et le droit de modifier son image. En 1993, avec la performance, Omniprésence, elle se fera implanter à New-York deux protubérances sur le front, dans une opération chirurgicale retransmise en direct.

 ORLAN (née en 1947), Omniprésence n° 2, 1994,
40 diptyques en métal avec 80 photos en couleur, 160x1700 cm.
L'artiste expose des images faites à l'ordinateur et montrant la symbiose entre le visage de l'artiste
 et les modèles féminins fournis par la peinture occidentale (comme la Vénus de Botticelli).

 ORLAN (née en 1947), Refiguration/Self-Hybridation, 1998,
tirage numérique collé sur aluminium, 116x166 cm, Paris, MNAM.
L'artiste exprime le "Je sommes", elle se "dé-figure/re-figure", cette fois en revisitant et en adoptant les canons de beauté et les transformations physiques de civilisations non-occidentales (précolombiennes, amérindiennes et africaines) à son propre visage mais uniquement par la photographie numérique et la retouche infographique sur ordinateur.



SAMUEL FOSSO (Cameroun/Nigéria)

- FOSSO Samuel (né en 1962), Le Chef (qui a vendu l'Afrique aux colons), série Tati, 1997,
épreuve Cibachrome, 101x101 cm, Paris, MNAM.
L'artiste a connu une enfance et un âge adulte durement marqués par les conflits africains. S'il se met en scène dès les années 1970, il n'est révélé sur le plan international qu'en 1994. S'il se travestit et joue des rôles d'une manière excentrique, il incarne des types qui dénoncent les sociétés africaines et occidentales et soutiennent les luttes pour les droits civiques. "Ce n''est pas du déguisement, dit-il, c'est l'histoire diu malheur et de la souffrance".

- FOSSO Samuel (né en 1962), La Femme américaine libérée des années 1970, série Tati, 1997,
épreuve Cibachrome, 101x101 cm, Paris, MNAM.


- FOSSO Samuel (né en 1962), Le Pirate, série Tati, 1997,
épreuve chromogène, 127x101 cm, Paris, MNAM.



YASUMASA MORIMURA (Japon)

 MORIMURA Yasumasa (né en 1951), Pour ma petite soeur, pour Cindy Sherman, 1998,
photographie couleur, 120x66,7 cm.

 MORIMURA Yasumasa (né en 1951), Un dialogue intérieur avec Frida Kahlo, 2001,
photographie couleur.
L'artiste se substitue à des sujets présents dans les œuvres d'art ou les photographies célèbres (artistes, actrices, personnalités),
 soit par travestissement, soit par photomontage numérique.


 MORIMURA Yasumasa (né en 1951), Mascarade, en tout moment,en tout lieu, 2004,
photographie couleur, C-print sur Diasec, 160x120 cm.
L'artiste joue tous les rôles réactualisés des gravures issues des Caprices de Goya, 1797-99,
 satire de la société, de la politique et de la religion espagnoles, ainsi que des erreurs et des vices humains.

MORIMURA Yasumasa (né en 1951), Autoportrait comme Salvador Dali, 2010,
tirage argentique en noir et blanc, 120x90 cm.


JOAN FONTCUBERTA (Espagne)


FONTCUBERTA Joan (né en 1955), Portrait officiel du colonel Ivan Istochnikov, 1967, série Spoutnik, 1997,
photographie en noir et blanc.

FONTCUBERTA Joan (né en 1955), Ivan Istochnikov saluant les techniciens du MIK, 1967, série Spoutnik, 1997,
photographie en noir et blanc.
L'artiste montre ici des scènes de la vie d'un cosmonaute russe. Ce dernier aurait disparu en 1968, lors d'un vol de Soyouz 2 mais sa disparition et son existence même auraient été cachées par le régime soviétique.  Des transcriptions, des vidéos et des photos sont réunies, avec des effets personnels, pour prouver son existence et sa participation à ce vol. 
L'artiste, diplômé en Sciences de l'Information a été marqué par la manipulation de l'information sous le régime de Franco. 
En fait, c'est l'artiste lui-même qui interprète le rôle d'un cosmonaute imaginaire, dans des photos crédibles, interrogeant la vérité de la photographie et des médias.


FONTCUBERTA Joan (né en 1955), Miracle de l'électrogénèse, série Miracle and Co, 2002,
L'on assiste à une série de miracles réalisés par un moine étudiant dans le monastère orthodoxe de Valhamönde en Carélie (Finlande), au milieu d’un labyrinthe de lacs et d’îlots.
C'est à nouveau l'artiste qui prête son corps à ce pope d'un monastère inventé.
« Cet essai photographique fait une référence critique à la foi religieuse, au fanatisme, à la superstition, au paranormal, et à la crédulité. »

FONTCUBERTA Joan (né en 1955), Miracle de l'ubiquité, série Miracle and Co, 2002.




TRACEY ROSE (Afrique du Sud)


 ROSE Tracey (née en 1974), série Ciao Bella, Lolita, 2001,
photographie Lambda, 120x120 cm ; ensemble composé de 13 photos de grand format
et d'une projection vidéo DVD triple-écran.

ROSE Tracey (née en 1974), série Ciao Bella, Mme Cast, Venus Baartman, 2001,
photographie Lambda, 120x120 cm ; ensemble composé de 13 photos de grand format
et d'une projection vidéo DVD triple-écran.
L'artiste exploite son propre corps de métis et sa nudité pour traiter des problématiques
 touchant notamment au colonialisme et aux questions raciales en Afrique du Sud. 
Elle adopte ici le rôle de Saartjie Baartman, la célèbre Vénus hottentote, exposée en Europe,
 comme curiosité scientifique au début du XIX° siècle, et ridiculisée.


GILLIAN WEARING (Angleterre)


WEARING Gillian (née en 1963), Self Portrait as my Sister Jane Porter, 2003,
photographie en couleur.

WEARING Gillian (née en 1963), Self Portrait at Three Years Old, 2003,
photographie en noir et blanc.
L'artiste reconstitue des autoportraits du passé (vêtements, coiffure, décoration, lumière) ou des portraits des membres féminins et masculins de sa famille, en posant avec le visage recouvert d'un masque de silicone, sauf les yeux autour desquels le contour du masque se révèle.


KIMIKO YOSHIDA (Japon puis France)


YOSHISA Kimiko (née en 1963), La Mariée papou, Nouvelle-Guinée, Autoportrait, 2005,
série des Mariées, C-print sur aluminium et acrylique, 120x120 cm, Jérusalem, Israël Museum.

YOSHISA Kimiko (née en 1963), Peinture (La Jeune fille souriant de Dürer), Autoportrait, 2010,
impression sur toile, 142x142  cm.
L'artiste interprète des rôles, détournant les objets du quotidien et de la mode ainsi que les chefs-d’œuvres de la peinture (portraits et autoportraits), tendant vers le monochrome.



OLIVIER BLANCKART (Belgique)



BLANCKART Olivier (né en 1959), Moi en Yves Klein, 1999,
tirage argentique d'après Polaroïd 12,6x17,4 cm.

BLANCKART Olivier (né en 1959), Moi en Renaud, 2004,
tirage Lambda sur papier, 50x40 cm.
L'artiste se travestit et reprend les poses et les photos de personnages célèbres dans des Polaroïd (1996-2010)
 qui sont en noir et blanc ou en couleur selon la photo d'origine.


PHILIPPE RAMETTE (France)


- RAMETTE Philippe (né en 1961), Éloge de la clandestinité (Hommage à la résistance), 2001,
photo couleur, Paris, Galerie Xippas,
agrandissement d’un format photomaton d’un portrait de l’artiste au look transformé, inspiré de
la photographie du faux passeport de Che Guevara déguisé créé par les services secrets
cubains en 1964 pour ses voyages clandestins.