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dimanche 22 décembre 2013

186-MÉTHODE D'ANALYSE D'UNE PEINTURE FIGURATIVE

AËGERTER Laurence (née en 1972), Sans titre, 2008,
(Jan Van GOYEN, 1596-1656, Paysage avec deux chênes, 1641, 
huile sur toile, 110x88 cm, Amsterdam, Rijksmuseum), encre sur papier, 40x30 cm
(l'artiste photographie des tableaux célèbres dans les grands musées du monde,
en intégrant le spectateur dans la photographie, montrant ainsi sa relation intime avec l'oeuvre.
Le spectateur, vu de dos, masque l'oeuvre et s'intègre à elle, créant une mise en abyme 
du regardeur regardant l'oeuvre regardée mais également de l'oeuvre
 -la peinture- dans l'oeuvre -la photographie).


ANALYSE PLASTIQUE D’UNE ŒUVRE

L’analyse d’œuvre est l’une des trois questions de l'épreuve écrite du baccalauréat d’Arts plastiques (notée 8 points sur 20). Elle montre la capacité du candidat à décrire l'oeuvre (généralement contemporaine), à en comprendre et commenter les enjeux plastiques et culturels.

Une analyse d’œuvre est composée de 3 parties :

-          Introduction/présentation (cette partie donne le ton et montre la qualité de pensée et de style du devoir dès les premières lignes)

-          Description/analyse (cette partie est la partie principale du devoir, la partie la plus développée et la plus importante en terme de contenu, c’est le cœur du devoir)

-          Conclusion/ouverture (cette partie ne doit pas être délaissée car c’est elle qui laisse la dernière impression au correcteur).

Sur le temps imparti à la totalité de l'épreuve (3 heures et demie), le candidat doit consacrer environ 1 heure et quart à l'analyse. Un quart d'heure peut être consacré à la prise de notes au brouillon avant de rédiger directement. 
La présentation du devoir doit être aérée (sauter une ligne entre chaque paragraphe et deux lignes entre chaque partie) et l’écriture lisible ; le style et l’orthographe du devoir doivent être soignés, le vocabulaire utilisé doit être spécifique, les noms propres être écrits en majuscules et les titres d’œuvres soulignés (repères pour le correcteur). 
Ne pas rendre le devoir sans avoir épuisé le temps imparti, relu la copie, voire effectué des corrections (style, orthographe, contenu) ou des ajouts.



VOIR ÉGALEMENT SUR CE BLOG
AËGERTER Laurence (née en 1972), GE 9154-100906-175148, 2010,
(Henri MATISSE, 1869-1954, Jeu de boules, 1908, 
huile sur toile, 115x147 cm, Saint-Pétersbourg, Musée de l'Ermitage), 
tirage argentique, 128x160 cm, Nice, Galerie Maud Barral.



ANALYSE D’UNE PEINTURE FIGURATIVE
(dessin, tableau, peinture murale)

I INTRODUCTION

L’introduction est elle-même composée de 3 parties.

-          Introduction sur la période et l’art concernés (au baccalauréat, XIX° ou XX° siècle, peinture ou sculpture le plus souvent mais également photographie ou architecture)

-          Introduction sur l’artiste concerné (vie, courant ou mouvement, phase concernant l’œuvre à étudier)

-          Présentation de l’œuvre à étudier (à partir de l’image ou des images fournies  de l’œuvre et surtout de ses coordonnées. Ne pas seulement recopier les coordonnées de l’œuvre mais présenter la technique et le support et commenter les dimensions de l’œuvre en rapport à l’échelle humaine).
    La troisième partie est une transition entre l’Introduction et la Description/analyse.


II DESCRIPTION/ANALYSE

La description (inventaire de ce que je vois ou dénotation) et l’analyse (ce que je comprends, ce que je sais, ce que je perçois ou connotation) forment un ensemble d’étude composé de 10 parties : étude des thèmes, cadrage et point de vue, composition, lignes principales, description détaillée et rapprochements avec d'autres œuvres, étude de l'espace, de la lumière, de la couleur et de la matière picturale.

-          Etudier les thèmes de l’œuvre (thème principal déduit du titre et thèmes secondaires déduits de l’image ou des images fournies) : scène historique, scène religieuse, scène mythologique, allégorie, portrait et/ou autoportrait, nu, scène de genre, paysage naturel et/ou urbain, scène animalière, nature morte, scène fantastique.

       Expliquer en quoi ces thèmes sont représentatifs ou non de l’époque et de l’artiste.

-          Etudier l’image globale (support, point de vue, cadrage) : la forme du support (rectangle vertical ou horizontal le plus souvent), le point de vue choisi (vision frontale surélevée ou non, vision en plongée ou en contre-plongée). Le cadrage est-il serré, des éléments importants (personnages par exemple) sont-ils coupés par le cadre, devenant en partie hors-champ ? La vision de l’artiste (et donc du spectateur) est-elle très proche de la scène (pieds des personnages proches du rebord horizontal inférieur du tableau) ?

-          Faire un schéma de composition proportionnel aux dimensions de l’œuvre en montrant comment les lignes et les formes principales s’adaptent au rectangle (ou autre forme géométrique du support) dans lequel elles s’inscrivent : quel est l’élément qui occupe la surface la plus importante de l’œuvre (corps ou décor ?), qu’est-ce qui est placé au centre, est-ce que les diagonales du rectangle sont utilisées, quel est l’emplacement des figures, quelle est la part donnée à la terre et au ciel dans un paysage ?

-           Faire une étude des lignes principales (droites et/ou courbes dominantes, où ?) : verticales principales des figures, des armes, des meubles ou des murs, des bâtiments ou des arbres, oblique du chemin, intérêt porté à la ligne d’horizon ; courbes des figures, des gestes, des plissés des vêtements, de la végétation, des collines, des nuages …

-          Faire une description détaillée de la scène représentée, du plan le plus proche au plan le plus éloigné, c’est-à-dire, du rebord horizontal inférieur du tableau au rebord horizontal supérieur. Identifier l’époque, le lieu, l’action et l’instant choisi, les personnages représentés, le sens de la scène. Restituer l’ambiance de la scène.

-          Décrire les personnages (corps et vêtements, postures, visages, expressions et regards) et les animaux (domestiques et/ou sauvages), et leur décor (intérieur avec ou non un intérêt aux objets et aux matières ;  paysage avec ou non la présence de petites silhouettes humaines, un intérêt ou non aux architectures, aux végétaux, au sol, au ciel).

-          Établir des rapprochements avec d’autres œuvres de l’artiste

-          Faire une étude de l’espace représenté :
L’artiste utilise-t-il les codes de la perspective géométrique : lignes de fuite guidant le regard dans la profondeur (obliques des regards, des gestes, du chemin…), répétition d’éléments guidant de plan en plan (comme des arbres dans un paysage), diminution des proportions des éléments avec l’éloignement, diminution de la netteté et disparition des contours. L’artiste trahit-il volontairement ces codes  et si oui comment ?

L’artiste utilise-t-il, en plus des codes de la perspective géométrique, les codes de la perspective aérienne : paysage, avec le refroidissement progressif des couleurs (disparition des couleurs chaudes et traitement de plus en plus bleuté et blanchi des lointains qui vont jusqu’à se confondre  avec les couleurs mêmes du ciel) et l’apparition d’une brume atmosphérique (qui rend de plus en plus indistincts et flous les plans éloignés). L’artiste trahit-il volontairement ces codes et si oui comment ?
L’étude de la perspective aérienne permet une transition avec l’étude des couleurs.

-          Faire une étude des couleurs : quelles sont les couleurs dominantes (froides et/ou chaudes), quels sont les contrastes principaux, les tons sont-ils sombres et/ou clairs, est-ce un camaïeu ?
Les couleurs sont-elles fidèles au ton local (réalistes) ou non ?
L’étude des contrastes et des tons permet une transition avec l’étude de la lumière.

-          Faire une étude de la lumière : la lumière représentée évoque-t-elle une lumière naturelle (soleil, fenêtre) ou artificielle (flamme, lampe), la source lumineuse est-elle représentée ou non (ciel, fenêtre, bougie, feu), d’où la lumière provient-elle (de face avec un effet de contre-jour, du haut, du bas, de droite, de gauche) ; y-a-t-il un effet de clair-obscur (avec des zones très sombres où les éléments se fondent dans l'obscurité, par opposition à des zones éclairées, voire très fortement éclairées comme par des coups de projecteurs, notamment la chair des corps, et en particulier les visages, et les blancs du tissu), est-elle intense ou faible et se répand-elle verticalement, latéralement, obliquement ou diagonalement, provoque-elle des ombres propres et/ou portées courtes ou allongées, certaines ombres portées évoquent-elles la présence d’éléments hors-champ ?

-          Faire une étude de la matière picturale : effets dus à la matière même du support, matière libre ou soumise au dessin, au contour, facture gardant trace du geste du peintre ou de l’outil, matière lisse ou montrant des empâtements ?


III CONCLUSION/OUVERTURE

La conclusion, comme l'introduction, est composée de 3 parties :

-   Énoncer les spécificités de l'oeuvre

-   Rapprocher l'oeuvre étudiée d'autres œuvres du même artiste (si cela n'a pas été fait dans la partie Description/Analyse)

-   Rapprocher l'oeuvre étudiée d’œuvres d'autres artistes (mais consacrer la dernière phrase du devoir à l'artiste étudié).


La conclusion n’est pas un résumé de tout ce qui a été dit dans les deux parties précédentes, même si elle peut revenir et insister sur les spécificités de l’œuvre (thème et traitement), en regard à la démarche de l'artiste et à la période concernée.


La conclusion doit permettre de reprendre les questionnements principaux de l’œuvre (si cette œuvre a été imposée comme sujet de baccalauréat, c’est qu’elle est porteuse de questions fondamentales), en les croisant avec d’autres œuvres du même artiste mais également des œuvres d’autres artistes (antérieurs, contemporains ou postérieurs) tout en ciblant les filiations éventuelles (influences).


AËGERTER Laurence (née en 1972), RF 1961-33-0803041338, 2008,
(CANALETTO, 1697-1768, L'entrée du Grand Canal et l'église de la Salute, 
Venise, c.1735-1740, huile sur toile, 153x119 cm, Paris, Musée du Louvre),
 C-Print, 105x135cm.