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samedi 17 octobre 2026

1496-LE PANORAMA UNIVERSEL DES FRÈRES ROSSI-1 (1852-1855)

 

SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS 





Lors de ma recherche sur le Cyclorama-Panorama d'Andrea Carli (ici), j'ai croisé, en Europe de l'Ouest du milieu du XIXe siècle, les noms d'une vingtaine d'autres propriétaires de spectacles itinérants, picturaux et optiques.

J'ai décidé de m'intéresser à l'un des spectacles les moins étudiés, le "Panorama dei Fratelli Rossi".

Le nombre de documents recueillis, essentiellement des annonces de presse, s'avérant cependant très conséquent, deux articles (malgré une sélection) vont être consacrés à leur présentation chronologique, suivis d'un troisième article analysant ce corpus.


N.B. : les textes originaux en italien, en allemand (écriture gothique Fraktur), en portugais et en espagnol ont été traduits en français ; cette traduction peut comporter quelques erreurs, notamment du fait de passages peu déchiffrables.



LE PANORAMA UNIVERSEL DES FRÈRES ROSSI-1

1852-1855



BRÜNN, MORAVIE, EMPIRE D'AUTRICHE, EN FÉVRIER 1852 (actuelle Brno, République Tchèque)


- Brünner Zeitung des 19, 22 et 26 février 1852 (texte traduit de l'allemand)

"Panorama, Cosmorama !

L'exposition principale présente des tableaux circulaires des frères Rossi et n'est actuellement visible que pour une durée limitée dans la nouvelle salle située devant la porte Ferdinand. Prix d'entrée par personne : 10 et 6 Kr. [kreuzer] CM. [Monnaie de Convention].

Vous trouverez plus de détails sur les grandes affiches".



WIEN, CAPITALE DE L'EMPIRE D'AUTRICHE, EN AVRIL 1852 (Vienne, Autriche)


- Fremden-Blatt du 17 avril 1852 p. 8 (texte traduit de l'allemand)

"Annonce.

Les soussignés ont l'honneur d'annoncer à la haute noblesse et au public amateur d'art qu'ils ont ouvert leur grand stand d'exposition dans le parc d'attractions du Prater, à côté de l'Eisvogel [Restaurant du Martin-pêcheur], pour la première fois depuis le lundi de Pâques, et recommandent, parmi de nombreux autres objets remarquables, le palais de verre de l'Exposition universelle de Londres, qui n'a jamais été présenté auparavant à Vienne, pour votre aimable considération.

Les frères Rossi".



PRESBURG, HONGRIE, EMPIRE D'AUTRICHE, EN JUIN 1852 (Presbourg, actuelle Bratislava, capitale de la Slovaquie)


- Presburger-Zeitung du 4 juin 1852 p. 514 (texte traduit de l'allemand)

"Annonce préliminaire.

Les frères Rossi ont l'honneur d'annoncer au public que leur célèbre panorama (peinture panoramique) de Vienne sera bientôt exposé ici et qu'ils ouvriront leurs portes le 13 juin sur la Promenade, à la grande joie du public.

Presbourg, le 2 juin 1852".


- Presburger-Zeitung du 20 juin 1852 p. 566 (texte traduit de l'allemand)

"Le grand "tableau vivant", Cyclorama et Pléorama des frères Rossi de Gênes.

sera ouvert au public à partir d’aujourd’hui, dimanche 20 du mois, dans le grand Bazar situé sur la promenade.

Programme :

1. Le voyage de New York à Philadelphie, fidèle à la réalité, un cyclorama de 150 pieds [environ 45 mètres].

2. Le voyage de Toulon à Saint-Louis [nom du navire ?] en Chine, avec les principales vues de Saint-Denis, Madras, Calcutta, Malacca, Bangkok, Macan et Easton [avant-port de Canton ?].

3. L’intérieur du grand palais de verre à Londres.

4. Jérusalem.

5. Coblence et Ehrenbreistein, au confluent de la Moselle et du Rhin.

Nous pensons pouvoir recommander d’autant plus vivement à notre cher public de venir visiter notre Bazar, que toutes les vues ont été prises sur le vif, sur place, et réalisées par les plus grands peintres de panoramas d’Allemagne.

Prix d’entrée : 12 kr. C. M. Les enfants paient moitié prix. Ouvert de 8 h du matin à 9 h du soir.

Fortement recommandé en raison de sa grande popularité.

Les frères Rossi de Genova [Royaume de Piémont-Sardaigne - Gênes, Ligurie, Italie]".


- Presburger-Zeitung du 24 juin 1852 p. 577 (texte traduit de l'allemand)

"Panorama mondial des frères Rossi de Genova [Gênes]. Quel plaisir de voyager ! Quelle sensation agréable que de lire un récit de voyage, et à combien plus forte raison l'enrichissement que procure un véritable périple. 

Et c’est dans une telle illusion que l’on se sent involontairement plongé lorsqu’on pénètre dans cette magnifique salle d’exposition depuis l’entrée, sur la droite, et que l’on passe devant la grande peinture circulaire qui représente le "Voyage de New York à Philadelphie".

Quelle vie animée et bigarrée dans les rues imposantes des deux villes, quelle multitude de bateaux aux voiles colorées sur les fleuves ; quel grand nombre d’édifices imposants. Et puis cette foule grouillante, cette agitation et ce bouillonnement, ces allées et venues dans les rues, le tout si vivant et si réaliste, comme si tout cela existait réellement. Vraiment une image pittoresque qui laisse une impression indescriptible. 

Le même intérêt captivant imprègne le "Voyage de Toulon à Saint-Louis en Chine" avec une série de vues intermédiaires chaleureuses. 

Les amateurs de peintures de batailles pourront se délecter d’une grande bataille entre les Chinois et les Anglais [probablement la bataille décisive de Chinkiang, le 21 juillet 1842, lors de la première guerre de l'opium, avec la victoire navale de l'Empire britannique sur la Chine des Qing], ainsi que de la "Bataille d’Eckernförde" [victoire des forces germano-schleswigoises, sur la flotte danoise, le 5 avril 1849] ; 

de plus, parmi les nouveautés de l'époque, l'extérieur du grand "Palais de Cristal" dans la ville de la Tamise [Londres], qui a mis en mouvement la moitié du monde l'année dernière [lors de l'Exposition Universelle, du 1er mai au 15 octobre 1851], saura intéresser tout le monde. 

La ville de "Jérusalem", à laquelle se rattachent des souvenirs si sacrés pour les croyants de toutes confessions, sera également contemplée avec satisfaction.

De même, certaines petites pièces, telles que "La soumission d’Abd-el-Kader" [Algérie, 23 et 24 décembre 1847] ou "Les jeux d’eau à Saint-Pétersbourg", qui ne figurent pas du tout au programme, ne manquent pas d’attirer l’attention. 

Que personne ne manque donc de visiter cette exposition intéressante, qui offre déjà un magnifique spectacle en journée, mais qui, le soir venu, sous un éclairage imposant, se révèle encore plus attrayante et pittoresque".


- Presburger-Zeitung du 27 juin 1852 p. 590 (texte traduit de l'allemand)

Voyage pittoresque autour du monde. Grande peinture panoramique, cyclorama et pléorama des frères Rossi de Gênes.

(L'exposition se tient dans le grand bazar installé sur la promenade). 


Le voyage de New York à Philadelphie, fidèle à la nature, un cyclorama de 150 pieds [environ 45 mètres].

New-York, à la pointe de l'île de York et à l'embouchure de l'Hudson, a été fondée en 1625 par les Hollandais sous le nom de Nouvelle-Amsterdam ; les Anglais se sont emparés de cet endroit en 1664. 

L'île sur laquelle se trouve la ville s'étend sur 15 miles de long et 1 à 3 miles de large. Elle s'étire le long de l'Hudson sur environ 2 miles, et depuis la pointe de la Battery le long de l'Eastriver, qui n'est en fait qu'un bras de l'Hudson.

La Battery, située au sud-ouest de la ville, est entourée de magnifiques promenades qui sont le lieu de rendez-vous de la haute société. 

Dans le Hudson sont dispersées une multitude de belles îles, parmi lesquelles on trouve Governor's Island, Bedloe's Island [aujourd'hui Liberty Island] et Ellis Island, sur lesquelles se trouve une station militaire, ainsi que les rives du New Jersey et de Long Island, avec la ville florissante de Brooklyn. Brooklyn fait directement face à New York et en est séparée par l'East River. 

Le spectateur a d'ici une vue d'ensemble sur New York et toute la région environnante, et comme on peut y distinguer précisément presque tous les objets, autant que la perspective le permet, on peut s'orienter comme si l'on se trouvait sur place.


Philadelphie

Philadelphie, bordée à l'est par la Delaware et à l'ouest par le Schuylkill, a la forme d'un parallélogramme. Les rues courent soit perpendiculairement vers le fleuve, soit parallèlement à celui-ci ; toutes sont larges, grandes et belles, bordées d'arbres.

La rue principale au centre, High Street, va d'un fleuve à l'autre. Broad Street est large de 100 pas, Walburg Street [Walnut Street] de 60 pas, les autres de 50 pas, bien pavées, avec de larges trottoirs le long des maisons. 

La Banque des États-Unis, entièrement en marbre blanc, est considérée comme l'un des plus beaux édifices, tout comme le Capitole de l'État, l'Hôtel de la Monnaie, l'Université, l'Hôpital de Pensylvanie (sic), la loge maçonnique, l'arsenal de la marine, le théâtre, des ponts bien entretenus, etc. 

De même, il faut noter tout particulièrement la maison de correction (pénitencier d'Eastern State), située à quelque distance de la ville ; elle forme un carré de 600 pieds, entouré de murs de 20 pieds de haut avec des tours à chaque angle et au centre. Le bâtiment a coûté plus de 3 millions de piastres. Lorsque l'on entre dans la cour intérieure, on se croirait plutôt dans une fabrique que dans une prison ; tous les détenus travaillent selon leurs compétences : tailleurs, cordonniers, tisseurs, passementiers, brossiers, tous peuvent gagner de l'argent jusqu'à leur libération et sont traités avec beaucoup de douceur. 

Le système d'aqueduc [station de pompage de Fairmount] au bord du Schuylkill, situé sur une haute colline aménagée en de beaux jardins, frappera particulièrement le spectateur.

L'ensemble de la vue panoramique sur la ville et ses environs offre le spectacle le plus ravissant que l'on puisse imaginer.


Le voyage de Toulon à St. Louis [nom du navire ?] en Chine :

1. Saint-Denis, chef-lieu de l'île Bourbon [La Réunion], une possession française.

2. L'île de Madagascar.

3. L'Inde orientale britannique : les villes de Madras et Calcutta, les plus importantes villes des possessions anglaises. – La promenade d'un nabab, la fête du char de Jagannath [Juggernaut], une promenade aquatique de la déesse Kali.

4. Malacca, sur la péninsule malaise du même nom, possession anglaise.

5. Bangkok, capitale et ville de résidence du royaume de Siam, sur la rivière Menam [Chao Phraya], qui se jette dans la mer de Chine.

6. La Chine. La ville de Macao avec une citadelle élevée sur un rocher, une possession portugaise. 

– La Grande Muraille, l'une des plus grandes merveilles du monde, existe depuis plus de 2 000 ans et s'étend sur une longueur de 1 500 milles. La muraille mesure 24 pieds d'épaisseur à la base et 13 pieds au sommet, remplie de terre au milieu, avec tous les 100 pas une tour équipée de canons. Elle gravit les rochers les plus escarpés et franchit les précipices les plus profonds, et même les fleuves ne l'arrêtent pas. Elle s'étend de l'extrémité occidentale du Shaanxi jusqu'à l'extrémité orientale du Zhili et forme l'ancienne frontière de la Chine. 

– La belle pagode de Suzhou  avec ses 10 toits octogonaux en forme de coquille, son revêtement en porcelaine et ses clochettes tintantes. – La ville de Canton.


Jérusalem

La Jérusalem d'aujourd'hui est située sur l'emplacement de l'ancienne capitale détruite des Juifs en Palestine, une partie de la Syrie, et elle est soumise au pacha de Damas. Les environs sont arides et montagneux, la ville est construite de façon irrégulière, les maisons sont en grès et leur uniformité est interrompue par la pointe des mosquées, par les clochers des églises et par quelques cyprès. Des silhouettes blanches voilées, des chrétiens et des juifs déambulent dans les rues. 

Le spectateur jouit d'une vue d'ensemble sur les monastères chrétiens, l'église du Saint-Sépulcre et le Golgotha avec la représentation de la Crucifixion. À l'emplacement du Temple de Salomon se dresse la magnifique mosquée des musulmans, et divers monuments israélites anciens, grecs et romains rehaussent l'intérêt pour ce panorama.


La bataille de Chillianwala en Inde [le 13 janvier 1849]

Le brave général Cureton, accompagné d'un grand nombre de guerriers valeureux de la Vieille Angleterre, était tombé dans l'escarmouche au gué du Chenab [le 22 novembre 1848]. 

La forteresse d’Attock avait été prise, et les légions de Chattar Singh, venues du pays de Hazara, avançaient grisées de victoire contre l'armée de britannique placée sous le commandement de Lord Gough. 

Les Indiens, sur le point de faire leur jonction avec le fils de leur chef de guerre, Sher Singh, attirèrent les Anglais dans la portée de leurs canons par une feinte retraite, et la bataille fut décidée après trois heures au désavantage des Britanniques. 96 officiers et 2 500 hommes restèrent morts sur le champ d'honneur.


Nous attirons l'attention du très honorable public sur le fait que cette grande peinture circulaire artistique a été réalisée l'année dernière [1851] fidèlement d'après nature et n'a été achevée que très récemment avec beaucoup de zèle par un peintre de panorama renommé.

Il n'existe sans doute à ce jour aucune représentation aussi fidèle de l'Amérique, et nous l'avons faite exécuter à des frais très considérables. Nous invitons également tous ceux qui connaissent en nature les sujets contenus dans notre cyclorama à nous signaler la moindre inexactitude dans ceux-ci. Pour les industriels, la vue de New York devrait présenter un intérêt tout particulier, étant donné qu'une exposition industrielle y aura lieu l'année prochaine. 

De plus, le cyclorama est ouvert à la visite tout au long de la journée, et non pas comme les cycloramas mobiles que l'on rencontre souvent aujourd'hui, lesquels, en tant que simples peintures décoratives, ne peuvent être vus qu'à la lumière des lampes.

Dans toutes les villes où cette grande peinture circulaire a été exposée jusqu'à présent, elle a joui des applaudissements les plus généraux, non seulement en raison de la représentation saisissante des sujets, mais aussi en raison de leur exécution extrêmement réussie ; les soussignés se flattent dès lors de recevoir le même accueil de la part du public amateur d'art de cette ville, et le prient très humblement de venir nombreux .

Les Frères Rossi de Gênes.

Le prix d'entrée est de 12 kr. C. M. [12 kreutzers, Monnaie de Convention]. Les enfants paient demi-tarif . Ouverture le matin à 8 heures. Fermeture le soir à 9 heures".



TRIESTE, LITTORAL DE L'EMPIRE D'AUTRICHE, D'OCTOBRE À DÉCEMBRE 1852 (Trieste, Frioul-Vénétie Julienne, Italie)


- Il Diavoletto du 12 septembre 1852 p. 1011 (texte traduit de l'italien)

"Voulez-vous que je vous parle d’astronomie, d’astrologie, ou que je vous décrive un voyage sans sortir de chez vous ? Inutile de vous donner cette peine. Londres, Paris et la moitié de l’Europe voyagent en ce moment dans un grand coffre, peut-être à destination de Trieste, pour se faire admirer dans un panorama. 

Autrefois, pour découvrir une ville, il fallait s’y rendre en personne ; aujourd’hui, en revanche, ce sont les villes elles-mêmes qui viennent en personne pour se faire admirer. On voit donc que les villes aussi appartiennent au genre féminin !". 


- Il Diavoletto des 29 et 31 octobre 1852 p. 1202 et 1210 (texte traduit de l'italien)

"Les soussignés, propriétaires du Grand Panorama Universel, du Cyclorama et du Pléorama, informent le respectable public que, dès dimanche [31 octobre], ces œuvres seront ouvertes au public et exposées sur la place du Ponte-Rosso [Pont-Rouge].

Ce grandiose Cyclorama, qui n’a jamais été présenté à Trieste, est entièrement nouveau et présente les principales vues du monde ; ses propriétaires espèrent ainsi susciter l’admiration générale.

Les Frères Rossi".


- Il Diavoletto du 7 novembre 1852 p. 1236 (texte traduit de l'italien)

"Sur la place du Ponte-Rosso : Grand Panorama Universel

Cyclorama et Pléorama des frères Rossi.

Le voyage de Toulon à Canton [Guangzhou], en Chine, en passant par l'Europe, l'Afrique, l'Amérique et l'Asie, un périple qui s'étend sur plus de 10 000 milles italiens [beaucoup plus, environ 25 000].

Nous avons l’honneur d’informer ce public distingué et cette illustre garnison que ce cyclorama grandiose et surprenant a été fidèlement copié d’après nature l’année dernière à peine, dès que cette œuvre a été achevée par un peintre célèbre. 

Jusqu’à présent, il n’existe encore aucun tableau aussi précis de l’Amérique, et nous l’avons fait réaliser à grands frais. Par ailleurs, nous nous adressons au public distingué en priant ceux qui connaissent les lieux représentés dans notre cyclorama dans la réalité de bien vouloir nous signaler toute erreur éventuelle. 

Pour les plus curieux, la vue du voyage à New York, ainsi que celle de Toulon à Canton en Chine, présentera un intérêt particulier, étant donné qu’une exposition industrielle aura lieu dans cette même ville l’année prochaine [New York, 1853]. 

Notre cyclorama présente également la particularité de pouvoir être admiré de jour comme de nuit, contrairement aux cycloramas mobiles, qui ne peuvent être contemplés que comme des peintures décoratives à la lueur des lampes. Nous vous invitons à honorer de votre présence

les Frères Rossi.

Le prix d’entrée est fixé à 20 car., et à 10 car. [carantani] pour les enfants".


- Il Diavoletto des 24, 26, 27, 28 et 29 novembre 1852 pp. 1310, 1318, 1322, 1326 et 1330 1322 (texte traduit de l'italien)

"Grand Panorama Universel sur la place du Ponte-Rosso.

Nous informons le respectable public de Trieste que le Grand Panorama Universel au Ponterosso sera bientôt visible à des prix réduits, à 12 carantani, ou à 6 carantani pour les enfants. Par la suite, de nouvelles expositions de tableaux modernes seront présentées. Les frères Rossi".


- Il Diavoletto des 8, 11 et 12 décembre 1852 pp. 1366, 1378 et 1382 (texte traduit de l'italien)

"Avis au public respectable et à l'illustre garnison.

Les propriétaires du Grand Panorama du Ponte Rosso, MM. les frères Rossi, se font un devoir d'annoncer qu'aujourd'hui, dimanche, sera le dernier jour où l'on pourra admirer leur panorama, qui, pour le confort des visiteurs, sera éclairé de jour comme de nuit. Ils ne doutent donc pas d'être honorés d'une affluence nombreuse".



VENEZIA, ROYAUME DE LOMBARDIE-VÉNÉTIE, EMPIRE D'AUTRICHE, DE JANVIER À AVRIL 1853 (Venise, Vénétie, Italie)


- Gazzetta Uffiziale di Venezia du 8 janvier au 3 avril 1853 (textes traduits de l'italien) 

24 annonces brèves sont parues dont :

18, en janvier-février 1853 pour la Première Exposition : "Riva Degli Schiavoni, al Ponte della Cà de Dio. - Panorama universel, cyclorama et pléorama des frères Rossi".

3, en février-mars 1853 :"Panorama universel. - Deuxième Exposition - De 8 heures du matin à 8 heures du soir" (sans le trappel du lieu ni du nom des frères Rossi).

2, les 26 et 31 mars 1853 : "Sulla Riva degli Schiavoni al Ponte della Cà di Dio. Panorama Universel Des Frères Rossi. Troisième exposition, qui prendra fin immanquablement le 3 avril prochain : Voyage Pictural Au Pays De L'Or, La Californie, par mer et par terre, de San Francisco jusqu'à Sacramento, présenté sous la forme d'un cyclorama en plastique [modelé en relief]".

1, le 3 avril 1853 rappelant la fin du spectacle ce même jour.



BRESCIA, ROYAUME DE LOMBARDIE-VÉNÉTIE, EMPIRE D'AUTRICHE, EN JUILLET ET AOÛT 1853 (Brèche/Brescia, Lombardie, Italie)


- Giornale della provincia Bresciana du 19 juillet 1853 (texte traduit de l'italien)

"Panorama Universel" Des Frères Rossi De Gênes.

Tout au long de la prochaine Foire, qui se tiendra dans cette ville de Brescia, sera présentée l'exposition d'un "Panorama Universel" parmi les plus grandioses jamais vus à ce jour.

La richesse de ses perspectives enchanteresses, la nature et l’art présentés sous leur plus bel aspect, le choix des lieux les plus intéressants et les plus curieux, les villes, les villages, les situations les plus singulières, les points de vue les plus agréables, les montagnes, les lacs, les mers, le ciel, traités par une main de maître avec toute la grâce et la véritable finesse artistique, ont suscité partout un émerveillement singulier, non seulement chez les amateurs de la beauté artistique et des raretés indescriptibles de la nature, mais aussi chez les moins avertis.

Ce "Panorama" ne bénéficie d’aucune aide de l’éclairage artificiel, qui n’est mis en œuvre que la nuit ; il n’en présente pas moins, à toute heure du jour, un admirable tableau de lumière.

L’accueil favorable réservé, partout où elles ont eu lieu, aux brillantes expositions d’un tel "Panorama Universel" convainc les propriétaires qu’elles ne manqueront pas d’être tout aussi appréciées par les Brescians cultivés et raffinés, certains qu’ils les trouveront dignes de leur admiration".


- Giornale della provincia Bresciana du 9 août 1853 (texte traduit de l'italien)

"Le Panorama Des Frères Rossi

Sur La Piazza Vecchia

(communiqué).

Le spectacle grandiose qu’offre ce panorama au regard est indescriptible : l’esprit, envoûté par une sorte de mystérieuse torpeur, s’envole pour rêver d’un monde nouveau, où tout est grand, où tout semble merveilleux.

Les villes les plus grandes et les plus célèbres s’offrent à la vue dans leur intégralité, les magnifiques édifices, les monuments somptueux, les places somptueuses, les larges avenues, les immenses plaines. 

Des rochers et des falaises, des mers sillonnées par toutes sortes de navires, un horizon plus ou moins dégagé ; en somme, tout ce qu’il y a de plus grand et de plus pittoresque dans l’univers y est représenté avec une simplicité grandiose dans le dessin, avec force et vérité dans les couleurs : une imitation des plus réussies pour produire l’effet le plus merveilleux.

Il convient de rendre hommage avec gratitude aux propriétaires du Panorama, qui offrent à notre regard tout ce que la nature et l’art ont de beau et de sublime, en alliant si justement l’ordre et l’harmonie des parties à la majesté et à la magnificence. P.".



CASALE, ROYAUME DE PIÉMONT-SARDAIGNE, EN 1854 (Casale Monferrato, Piémont, Italie)


- Affiche (Collection privée), 1854 (texte traduit de l'italien)

"Description Des Voyages Les Plus Remarquables ou

Grand Panorama Universel Des Frères Rossi

Première Exposition

Le Voyage En Amérique Du Nord Depuis New York, En Passant Par Philadelphie Jusqu'à Baltimore

Dessiné d'après nature, Cyclorama d'une grandeur de 150 pieds [environ 45 mètres].

De passage dans cette ville, les Frères Rossi avec leur grand panorama annoncent à ce  Public cultivé et à l'illustre Garnison qu'il y aura Deux expositions de Huit jours chacune. Le dimanche 28 mai aura lieu la première Exposition.


New York

L'île sur laquelle la ville s'étend le long de l'Hudson est distante d'environ 2 miles. La batterie située au sud-ouest de la ville est entourée de magnifiques promenades. Sur l'Hudson, on voit éparpillées une multitude de belles îles. 

L’observateur a ici un point de vue sur New York et sur tout le pays adjacent et, autant que l'art le permet, on aperçoit presque tous les objets avec précision ; et comme si l'on se trouvait sur place, New York est divisée en districts appelés Wards.

Dans ses 15 districts, on distingue en particulier la très belle rue de Broadway, qui a une longueur d'une heure de marche et une largeur de 20 pieds. Une immensité de bateaux à vapeur de différentes sortes vont et viennent.

Après que l'observateur s'est attardé un bon moment à New York, et a également jeté un coup d'œil au magnifique Brooklyn avec ses multiples églises et ses maisons campagnardes, ayant l'apparence de palais, il se tourne alors vers l'avant et compte se rendre à Philadelphie en bateau à vapeur. En contournant rapidement les États du New Jersey et en arrivant dans la baie du Delaware, la ville de Philadelphie se présente majestueusement.


Philadelphie

Philadelphie a la forme d'un parallélogramme. Les rues courent soit perpendiculairement vers le fleuve, soit parallèlement à celui-ci. Les rues sont toutes grandes, amples et belles, bordées d'arbres.

La rue principale au centre, High Street, va d'un fleuve à l'autre. Broad Street a une largeur de 100 pas, Walnut Street de 60 pas, les autres rues offrant parmi les plus beaux bâtiments ; on y trouve ainsi le Palais de l'Etat [Independence Hall], l'Hôtel de la Monnaie, l'Université, l'Hôpital de Pennsylvanie, l'Arsenal militaire, le Théâtre, des ponts élégamment construits, etc. 

On observera en particulier la Maison des travaux forcés [Eastern State Penitentiary], un peu distante de la ville ; elle forme un carré de 600 pieds [environ 183 mètres], avec des murs de 20 pieds de haut flanqués de tours aux angles et au centre.

L'acheminement de l'eau jusqu'à la rive du Schuylkill, sur une haute montagne dotée de magnifiques environs [à près de 100 km de Philadelphie], surprendra tout particulièrement l'admirateur.

Le coup d'oeil sur la ville entière, même sur ses abords, offre une vue très majestueuse, la région entière est magnifique. 

Dans le fond, on observe une compagnie de pompiers avec leurs lances. Sur l'avant, un homme donne des ordres avec un porte-voix. On observe également un navire qui arrive tout juste de Brême, avec des hommes qui en descendent.


Baltimore

La route la plus proche qui conduit de Philadelphie à Baltimore est de 97 milles. Baltimore bénéficie d'une délicieuse position, entourée d'une chaîne de collines et d'une petite rivière. Baltimore se compose de la vieille ville et de la ville nouvelle, reliées par trois rares ponts de pierre.

Son plan est régulier et d'un beau périmètre de quatre miles carrés ; les rues sont droites, spacieuses, pavées ici et là et bordées de peupliers et d'autres arbres. La rue la plus majestueuse, la plus belle, est Market Street, ou rue de Baltimore, qui traverse toute la ville. 

Les maisons, dont une dizaine à peine existait il y a cent ans, sont belles et splendides, et leur nombre avoisine les 1 000. Baltimore possède six marchés : elle est abondamment approvisionnée en eau potable très pure et saine et on trouve même des fontaines jaillissantes qui ne servent pas seulement aux maisons, mais constituent aussi un grand ornement pour la ville en raison de leur emplacement surprenant. 

Le climat de Baltimore n'est pas aussi sain dans les parties basses que dans les parties hautes de la ville, peut-être en raison des vapeurs qui s'exhalent fortement des marécages voisins du fleuve Patapsko ; ainsi que de la chaleur excessive, des vents violents et des variations de température, beaucoup plus marquées en basse altitude. Par conséquent, les voyageurs doivent éviter de choisir un hébergement dans les quartiers bas en début de séjour à Baltimore, car ils risquent d'attraper rapidement de la fièvre et d'autres maladies typiquement américaines, difficiles à soigner.

La population de la ville augmente continuellement dans de grandes proportions. En l'année 1790, elle s'élevait à 13 450 habitants ; en 1800 à 26 514 ; en 1810 à 35 583 ; en 1820 à 62 739 ; en 1830 à 80 62 ; et en 1840 à 192 313 (parmi lesquels on comptait 3 199 esclaves).

Parmi ces habitants, 1991 étaient occupés dans le commerce, 8 847 dans les fabriques et 504 dans les études. On calcule actuellement la population de Baltimore à 164 000 habitants [vers 1850 ?], et parmi eux on compte près de 52 000 Allemands [20 000] qui vivent ici comme artistes, et spécialement comme célèbres cordonniers et boulangers ; ils entretiennent également d'importantes marchandises et alimentent un commerce très vivant fort apprécié dans la ville.

Les Allemands, oubliant presque leur propre langue, parlent communément l'anglais, et dans leurs quatre communautés évangéliques, on ne prêche jamais en allemand. 

Parmi leslieux et  édifices publics, dignes d'être vus et vraiment admirables, le premier rang revient à Baltimore au Palais Litzy (sic) [Palais Civique ou Hôtel de Ville] qui s'élève sur trois étages très imposants, avec un portique soutenu par quatre colonnes magnifiques et massives ; il est habité par le Maire de la ville et par d'autres fonctionnaires ; 

la Cour de Justice qui est un très vaste et élégant bâtiment construit pour la ville, long de 145 pieds et large de 65, très élevé, avec diverses coupoles et de majestueuses colonnes ; la Bourse, qui est un bâtiment semblable au précédent, dans une partie duquel il y a la Banque et dans une autre, les assemblées.

On y trouve de nombreux passages agréables ; plusieurs jardins entretenus avec soin et goût, il convient également de mentionner la Maison des prisons, établissement correctionnel pour petits délinquants [House of Refuge qui ne sera cependant édifiée que de 1851 à 1855], de nombreux collèges, académies et diverses églises.

Mais avant tout, le regard de l'étranger ou de l'observateur se pose aisément sur le superbe et imposant monument dédié à l'immortel Washington [érigé de 1815 à 1829], qui, d'une construction très raffinée, est placé sur un grand piédestal soutenu par des colonnes coûteuses [une colonne dorique de 54 m de haut] et attire l'admiration de tous [Mount Vernon place].

Sur le même site se dresse une statue colossale qui représente ce personnage vaillant au moment précis où, ayant renoncé au commandement de l'armée, il restitua au peuple les pouvoirs qui lui avaient été confiés.

Les colonnes [la colonne portant la statue] de ce précieux monument sont faites du marbre blanc de Virginie et ornées de bas-reliefs en bronze. Sur les quatre faces du monument figurent des inscriptions en anglais et en latin, que nous reproduisons ici. 

"Sa renommée demeure éternelle - Car par la volonté du peuple - Il a pris et déposé les faisceaux du pouvoir - George Washington - Au Père, à la patrie. Sous sa conduite, et avec la faveur de la Divinité suprême, les États fédérés d'Amérique du Nord ont obtenu la liberté et les lois. 

Les citoyens de Baltimore, nullement animés par le vain désir de s'approprier une si grande gloire, ont pris soin de faire élever ce monument afin que le modèle de sa personne et de son amour de la Patrie soit toujours sous les yeux des hommes ".

Grâce à la forme des colonnes [de cette colonne], on peut y grimper jusqu'au sommet par un escalier en colimaçon de 226 marches, et par temps clair, on bénéficie d'une vue magnifique sur la ville et ses environs.

À proximité du monument susmentionné, et précisément à l'angle de la rue Fagette [East Fayette Street], se dresse le Battle Monument, érigé à la mémoire éternelle de la glorieuse défense de la ville contre une attaque anglaise survenue en septembre 1814. Ce monument, haut de 15,85 mètres, est surmonté d'une statue emblématique dominant la ville et fut construit en 1815. Les noms des braves hommes tombés lors de cette terrible bataille sont gravés en lettres d'or sur les colonnes qui constituent le socle de ce monument grandiose.

La ville de Baltimore regorge d'églises, d'écoles et d'institutions, tant scientifiques que caritatives, de toutes sortes. En 1840, on y comptait 42 églises, dont 5 épiscopaliennes, 6 catholiques romaines, 3 presbytériennes, et ainsi de suite selon les différentes confessions. Aujourd'hui, on en dénombre plus de 90, dont 12 catholiques et 6 protestantes. 

Baltimore est considérée comme la capitale des catholiques, la résidence du seul archevêque des États-Unis et le diocèse de tous les autres catholiques du Nouveau Monde, c'est pourquoi on lui accorde le titre de "Rome".

Parmi les églises, la cathédrale Saint-Pierre, construite en forme de croix dans le style grec, se distingue par sa beauté et sa magnificence. Elle mesure 190 pieds de longueur, 177 pieds de largeur et 127 pieds de hauteur. Une vaste coupole située au centre éclaire ce temple magnifique. Elle contient de célèbres peintures, dont deux parmi les meilleures du pays. 

Parmi les églises catholiques, il convient de mentionner celle dédiée à l’Immaculée Conception de la Vierge Marie - qui est la paroisse des Allemands, somptueusement construite dans le style gothique. Elle mesure 150 pieds de longueur, 65 pieds de largeur et 50 pieds de hauteur.

Il faut également citer l’église Saint-Samuel, destinée à la congrégation des Rédemptoristes ; l’église Saint-Vincent, associée à une maison d’éducation pour les orphelins et confiée aux Sœurs de la Charité ; l’église Saint-Joseph ; celle du collège Sainte-Marie ; et bien d’autres encore. Parmi les églises protestantes, la plus remarquable est celle de la Trinité, longue de 80 pieds et large de 60.

En 1840, la ville comptait les établissements d’enseignement suivants : 4 universités et plusieurs collèges, fréquentés par 1 395 étudiants ; 50 académies et écoles latines, accueillant 2 044 élèves ; ainsi que 63 écoles populaires, dont la plupart occupaient de beaux bâtiments et réunissaient 5 400 élèves. Et dans tous ces importants instituts ou parmi tant de jeunes gens instruits, on ne trouve pas, sur 1 191 orphelins de plus de 20 ans, d'individus qui ne sachent ni lire ni écrire.

Le port de la ville est divisé en trois parties. La première entrée se trouve entre le fort McHenry et le lazaret. Elle mesure environ 600 pieds de largeur et présente une profondeur d’eau de 22 pieds. Plus loin, elle s’élargit considérablement, jusqu’à atteindre un mille et un quart  près de Fells-Point.

En face de cet endroit, le passage se resserre jusqu’à environ un quart de mille et forme l’entrée de la deuxième partie du port, où la profondeur est d’environ 12 pieds. Plus loin encore, cette partie s’élargit jusqu’à atteindre un mile de largeur.

La troisième partie du port a une profondeur de 10 pieds et s'étend presque jusqu'au centre de la ville. L’ensemble du port est surveillé par le fort McHenry, et la ville est également desservie par le télégraphe. Le port peut accueillir deux mille navires et est entouré de hangars.

Près de Fells-Point, les plus grands navires peuvent mouiller, y compris ceux d’un tonnage de 500 ; même des navires de 200 tonnes peuvent pénétrer à l’intérieur du port, mais seulement lorsque certains vents sont favorables. Le port reste accessible pendant la majeure partie de l’année ; seule la glace empêche parfois la navigation. 

Dans ces régions qui nous paraissent si éloignées, la civilisation a pourtant accompli des progrès considérables. Les chemins de fer y sont nombreux et, comme partout ailleurs, procurent de grands avantages au commerce et à l’union des différentes régions.

Il y a enfin des bateaux à vapeur qui facilitent l'accès à Baltimore depuis Philadelphie, Newport, La Nouvelle-Orléans et d'autres ports de l'Océan Atlantique. 

En somme, si l’on considère attentivement tous ces éléments, Baltimore, avec ses environs agréables, sa situation et ses richesses, apparaît comme une ville remarquable, qui renferme de très beaux monuments et satisfait pleinement tout homme intelligent.


La Bataille D'Isly Du 14 Août 1844

Dans cette bataille ont combattu 10 000 hommes de l'armée française, commandée par le Mareschal Bugeaud, contre 40 000 Marocains guidés par Sidi Mohamed, fils d’Abderrahman empereur du Maroc. 

Les derniers furent entièrement défaits par les Français et durent abandonner leurs tentes, leurs provisions et tout leur matériel de guerre, qui tombèrent entre les mains des vainqueurs.


Grande Bataille Navale Turco-Russe À Sinope

Le 30 novembre 1853, la flotte russe pénétra dans le port de Sinope ; un parlementaire fut envoyé, mais les Turcs répondirent immédiatement par le feu de leur artillerie.

Un combat épouvantable s’engagea alors. Il dura plusieurs heures et se termina par la destruction de l’escadre turque. La flotte russe se composait de 4 vaisseaux de ligne, de 6 frégates et 4 vaisseaux à vapeur, placés sous le commandement du vice-amiral Nakhimov.

Ce fut un spectacle terrible de voir les navires turcs s'enflammer l'un après l'autre et sauter en l'air, inondant la surface de la mer de débris et de cadavres, il y eut une grande quantité de morts dans ce combat. Les Turcs perdirent de nombreux canons.

Les bombes lancées par les navires russes incendièrent aussi la ville, qui fut bientôt la proie des flammes. Cet événement est encore évoqué aujourd’hui dans tous les journaux.

Sinope, ville d’Anatolie située sur la côte septentrionale de la mer Noire, a été bâtie sur les ruines d’une ancienne colonie grecque. Elle fut la patrie de Diogène, qui avait fait d’un tonneau sa demeure et qui ne demanda rien d'autre à Alexandre le Grand que de s’écarter afin de ne pas lui cacher la chaleur bienfaisante du soleil. Elle fut la résidence du vaillant roi Mithridate. Depuis des temps reculés, Sinope est célèbre pour les très vastes forêts de chênes qui se trouvent dans son voisinage.


Nous avons l'honneur d'avertir le Respectacle Public et l'Illustre Garnison, que ce grand et surprenant Cyclorama a été saisi fidèlement d'après nature l'année dernière par un célèbre peintre. 

Jusqu’à présent, aucun tableau représentant l’Amérique avec une telle précision n’avait été présenté. Nous sommes donc certains qu’aucun connaisseur des lieux représentés ne pourra trouver aucun défaut à notre travail.

Notre cyclorama peut également être admiré en plein jour, contrairement aux autres panoramas qui ont besoin de la lumière des lampes. Le local, entièrement construit en fer, sera donc ouvert de 9 heures du matin jusqu’à 10 h du soir. où il sera illuminé

Et comme nous sommes les propriétaires du grand palais, nous avons établi un abonnement pour ceux qui, amateurs d'art et de nature, souhaitent profiter de ce tout nouveau Cyclorama dans toute son étendue. 

Sur Le Piazzale A Porta Di PO

Prix Des Billets : De jour, 40 centimes. Le soir, avec les illuminations, 50 centimes. Les enfants de moins de 10 ans paient demi-tarif. — L'illumination aura lieu à 20 heures. Le Panorama sera ouvert de 9 heures du matin à 10 heures du soir. 

Casale 1854 Impr. Nani".



MILANO, LOMBARDIE-VÉNÉTIE, EMPIRE D'AUTRICHE, EN AOÛT 1854 (Milan, Lombardie, Italie)


- La Fama du 28 août 1854 p. 275 (texte traduit de l'italien)

"Nous clôturerons notre longue revue en adressant un mot d'éloge aux frères Rossi de Milan [non, de Gênes], dont la vue panoramique exposée sur l'ancienne Plac d'Armes retient l'attention de tous. 

La première exposition est consacrée à un voyage en Amérique du Nord, passant par le New Jersey, New York, Philadelphie, Baltimore et Washington.

Le spectateur contemple les objets comme s’il se trouvait sur les lieux décrits, et il est satisfait de la qualité artistique du panorama, car l’œil du critique peut y parcourir sans rien trouver à redire, celui-ci étant l’un des plus beaux de son genre. L. Alemanni".



LODI, ROYAUME DE LOMBARDIE-VÉNÉTIE, EMPIRE D'AUTRICHE, EN JUIN ET JUILLET 1855 (Lodi, Lombardie, Italie)


- L'Abduano du 26 juin 1855 p. 32 (texte traduit de l'italien)

"Grandiose Panorama Universel

Des Frères Rossi 

L'extraordinaire richesse des perspectives, la variété et l'abondance de vues extrêmement intéressantes, ainsi que la précision des détails historiques et artistiques ont fait en sorte que ce Panorama ait été très apprécié dans toutes les villes de Lombardie et d'Italie, où il a été accueilli en grande pompe et favorisé par les populations.

Nous espérons qu’un sort tout aussi favorable lui sourira parmi nous : il a débuté ses expositions jeudi dernier en présentant sous forme de tableaux les quatre plus grands événements de la guerre d’Orient [Guerre de Crimée], à savoir : le débarquement des Alliés. - Les batailles d’Alma et d’Inkermann. Le siège de Sébastopol pour les amateurs de scènes guerrières ;

pour ceux qui ont horreur des bagarres et du sang, il y a également un voyage gigantesque de seize lieues sur la Tamise à travers la ville de Londres. - La vue de Saint-Pétersbourg et la vue de Vienne.

Dans un prochain numéro, nous aborderons la valeur artistique des expositions et les avantages que les spectateurs peuvent tirer de leur visite".



MODENA, SIEGE DU POUVOIR DU DUCHÉ DE MODENA ET REGGIO, DOCUMENT NON DATÉ (1855 ?) (Modène, Émilie-Romagne, Italie)


- Affiche (de 49x34,5 cm) de la Collection Binetruy (ici), Modène (texte traduit de l'italien)

Ce document est, dans la Collection Binetruy, daté vers 1855. Cette date semble déduite des vues des épisodes de la Guerre de Crimée qui s'arrêtent au Siège de Sébastopol et au mois d'août 1855 et ne présentent pas encore l'issue de la guerre, avec la Prise de la Tour de Malakoff du 8 septembre 1855 et la Chute de Sébastopol du 11 septembre 1855. 

Ces deux derniers épisodes viendront, dans un deuxième temps, compléter ce panorama (voir dans la ville suivante). L'affiche peut être en effet datée vers 1855-56.


"La Grande Guerre D'Orient" [Guerre de Crimée]

Première Exposition

Du Grandiose Panorama Universel 

Des Frères Rossi 

Qui aura lieu dans une niche des Remparts, sur le bastion de Saint-Pierre.

Exposition grandiose et panoramique, accompagnée de vues entièrement nouvelles et composées avec la plus grande précision et vérité par de célèbres artistes.


"Débarquement Des Alliés À Eupatoria le 14 septembre 1854"

Le 14 septembre, les troupes alliées sous le commandement du général en chef français S. E. le maréchal Saint-Arnaud, du général en chef anglais Lord Raglan, du vice-amiral français Hamelin et de l'amiral anglais Dundas sont arrivées à Eupatoria avec la flotte composée de 40 000 officiers et soldats, 3 000 chevaux et 100 pièces d'artillerie. 

Le 14, le débarquement a commencé à trois lieues à l'est d'Eupatoria. On y voit les Alliés sur le point de mettre pied à terre, et les navires protégeant l'opération avec leur artillerie.

Les Russes, sous le commandement du général prince Menchikoff, n'ayant pu empêcher le débarquement, se sont retirés sur les hauteurs de l'Alma. Ce même jour 14, un détachement de cavalerie anglaise et française s'est emparé d'Eupatoria, qui a été occupée par un bataillon d'infanterie française et une compagnie d'infanterie anglaise. 

La flotte entière s'est alors avancée vers Sébastopol, et le soir du 19 septembre s'est arrêtée à quelques lieues de l'embouchure de l'Alma, où l'armée d'opération avait établi son campement.


"Bataille De L'Alma du 20 septembre 1854"

L'armée principale des Russes avait établi son campement sur les hauteurs de la rive gauche de l'Alma, au nombre d'environ 45 000 hommes avec 100 pièces de canon. Ils disposaient de retranchements redoutables et de redoutes de terre élevées, de sorte que leur position était presque inaccessible. 

Le matin du 20 septembre, les armées alliées, divisées en trois colonnes avec la cavalerie et l'artillerie, se sont avancées résolument contre l'ennemi. Les Français, conduits par les généraux Bosquet, Canrobert et le prince Napoléon, furent les premiers à gravir les positions escarpées et ardues des Russes ; les Anglais, sous la conduite des généraux Evans, Brown et du duc de Cambridge, se sont avancés au centre et ont atteint le sommet. L'ennemi a été mis en déroute complète, laissant sur le champ de bataille plus de 5 000 morts, de nombreux prisonniers et plusieurs pièces de canon.

Les Alliés ont également eu à déplorer la perte de nombreux braves, parmi lesquels plusieurs officiers supérieurs. Le maréchal Saint-Arnaud, souffrant déjà d'une grave maladie, a dû céder le commandement au général Canrobert et est mort peu après durant le trajet vers Constantinople. 

La victoire de l'Alma a ouvert aux Alliés la voie de Sébastopol, et le soir du 24 septembre, l'armée occupait les hauteurs dominant la vallée de la Tchernaïa et la baie de Sébastopol. L'armée française a pris position à gauche et à droite de la Tchernaïa, l'armée anglaise à Balaklava. La flotte s'est ancrée dans la baie de Kamiesch et de Balaklava pour protéger les opérations de siège.


"Bataille D'Inkermann du 5 novembre 1854"

Les Russes, renforcés par de nombreuses divisions arrivées de Silistrie sous le commandement des généraux Dannenberg et Menchikoff, ont tenté une grande attaque contre la position occupée par les Anglais sur les hauteurs d'Inkermann.

Favorisés par un épais brouillard, les Russes ont assailli par surprise les premières lignes anglaises à 5 heures du matin, et la bataille s'est engagée, très acharnée et sanglante. 

Les Anglais ont résisté avec une valeur héroïque contre un ennemi cinq fois supérieur en nombre, jusqu'à ce que l'arrivée de la division française guidée par le général Bosquet ne décide de la victoire en faveur des Alliés.


"Le Siège de Sébastopol"

Sur les deux grands tableaux du bas sont représentées deux magnifiques vues du siège. La première vue montre les travaux d'attaque et les travaux de tranchée exécutés par les troupes alliées devant Sébastopol. On aperçoit les soldats en train de creuser la terre, d'élever des gabions et des fascines, de placer des canons et des mortiers et de tirer contre la ville. 

La ville de Sébastopol se voit au fond avec sa baie, ses forts, ses bastions et les divers navires coulés par les Russes à l'entrée du port pour empêcher l'entrée de la flotte alliée. 

Les tableaux sont enrichis d'épisodes pittoresques de la vie militaire et de scènes de combat. On y remarque :

1. La tranchée des postes d'observation, dits Diodini, avec des soldats en vedette. 

2. Les trains d'artillerie et de subsistance apportant les munitions et les vivres aux soldats.

3. Le camp de Balaklava avec la gare du chemin de fer et la flotte dans le port. 

4. Un corps de zouaves assaillant une redoute russe. 

5. Une batterie de 32 faisant contre-batterie face à Sébastopol. 

6. Une batterie de mortiers en pleine action. 

7. Un combat nocturne et une sortie des Russes repoussée par les Zouaves.

On voit également les positions de Balaklava et de Kamiesch. 

Le second de ces deux grands tableaux montre la merveilleuse position stratégique de Sébastopol.

On voit la ville de Sébastopol vue des hauteurs de la Tchernaïa avec sa baie, ses forts, le Malakoff, le Redan, la tour Malakoff et la cathédrale Saint-Nicolas. 

Au milieu du tableau, la vallée de la Tchernaïa avec le grand aqueduc et le pont de Traktir, où eut lieu la fameuse bataille du 16 août 1855, dans laquelle les troupes sardes [piémontaises] sous le commandement du général La Marmora, unies aux Français du général Herbillon, ont remporté une splendide victoire contre les Russes commandés par le général Gortschakoff. 

Au fond se détache la flotte alliée dans la baie de Kamiesch et les positions de siège. On voit également le camp français, le camp anglais et le camp sarde avec leurs tentes, baraques et postes de garde. 

Les tableaux offrent le plus vif intérêt par la vérité des détails, la beauté du coloris et la magnificence de la composition. 

Le grand panorama présente une surface de plus de 1 000 mètres carrés et est éclairé par une lumière spéciale inventée par les frères Rossi, qui en double l'effet.


"Voyage gigantesque (Pléorama) de douze lieues sur la Tamise à travers la ville de Londres".

"La vue générale de Saint-Pétersbourg, capitale de toutes les Russies".


"Grande Bataille Navale Turco-Russe À Sinope [Sinop, Turquie]"

Au mois de novembre 1853, une escadre russe de 6 vaisseaux de ligne et plusieurs frégates sous le commandement de l'amiral Nakhimoff a attaqué à l'improviste l'escadre turque à l'ancre dans le port de Sinope. 

La flotte turque, composée de 7 frégates et 3 corvettes commandée par Osman Pacha, a combattu avec une valeur héroïque, mais a été presque entièrement détruite par la supériorité de l'ennemi. 

La ville de Sinope a été également bombardée et à moitié détruite. Cet événement fut la cause immédiate de l'intervention des puissances occidentales et de la déclaration de guerre à la Russie.


Prix d'entrée : 10 soldi. — Les enfants et les militaires paient demi-tarif.

Le panorama est ouvert tous les jours de 9 heures du matin jusqu'à 11 heures du soir.

Monza [Royaume de Lonbardie-Vénétie], Imprimerie A. Corbetta".


À SUIVRE