Le fait que Victor Platel expose, au-delà des vues de sa ville, des photographies animalières, laisse penser que c'est lui qui participe, la même année 1861, à l'Album de photographies de la meute de chiens du baron de Le Couteulx de Canteleu (château de Saint-Martin à Étrépagny, Eure), commandé aux photographes parisiens Léon Crémière et Erwin Hanfstaengl.
Victor Platel participe ensuite à la Cinquième Exposition de la Société Française de Photographie de 1863 (1er mai-31 août) où il présente une seule photographie, un portrait.
- Catalogue de la Cinquième Exposition de la Société Française de Photographie, Paris, 1863, p. 38,
Paris, Collection de la Société Française de Photographie.
Victor Platel est donc, tout à la fois un photographe paysagiste, portraitiste et animalier. Les rares cartes de visite conservées de son activité à Hyères, sont uniquement des portraits (mais des retirages de vues de Hyères seront par la suite effectués à Toulon). Elles affichent :
- à l'encre noire, au recto, "Vor Platel, Phot. - - Hyères (Ver) [Var]",
et au verso, "PHOTOGRAPHIE ARTISTIQUE, (texte convexe) - Vor PLATEL - Photographe De Paris - HYERES, (Var)".
La mention de la ville de Paris est-elle liée à son lieu de formation à la photographie ou bien à ses participations aux Expositions parisiennes ?
Fin 1863, Victor Platel quitte la ville de Hyères pour s'installer à Toulon (Var).
TOULON
La présence du photographe est signalée à Toulon dès le tout début de l'année 1864, dans le journal satirique de la ville :
- "La photographie fait pour deux francs, (Eugène et Platel en sont les preuves), des merveilles de ressemblance..." (Démocrite des 16 janvier et 13 février 1864 ; Paris, BnF, Gallica).
Son atelier est situé à l'angle de la rue Roche, 17, et de la rue de Lorgues, 16.
Fin 1865 et début 1866, Victor Platel fait paraître une longue série de publicités, dans Le Toulonnais.
La première paraît du 21 octobre au 28 novembre 1865, suite à l'épidémie de choléra qui a touché la ville depuis le milieu du mois de septembre.
- Publicité parue dans Le Toulonnais du 21 octobre au 28 novembre 1865,
Archives départementales du Var.
La deuxième publicité paraît, à l'occasion des étrennes, en accord avec l'imprimerie du journal, dès le 23 décembre 1865 et perdure jusqu'au 6 mars 1866.
- Publicité parue dans Le Toulonnais du 23 décembre 1865 au 6 mars 1866,
Archives départementales du Var.
Le recensement de la ville de Toulon de 1866 (printemps-été) cite la famille rue Roche, 17 :
- "Platel, Victor, Photographe, marié, 41 ans - Roustan, Clara, son épouse, mariée, 36 ans [43 ans] - Platel, Albert, leur fils, célibataire, 14 ans [13 ans] - Platel, Aristide, idem, célibataire, 12 ans - Perrone, Joséphine, domestique, célibataire, 40 ans".
Victor Platel fait paraître une nouvelle publicité de juillet à octobre 1866, cette fois dans les Annonces marseillaises.
- Publicité parue dans les Annonces marseillaises du 12 juillet au 11 octobre 1866,
Paris, BnF (Gallica).
Les photographies conservées de Toulon, au-delà de quelques vues de Toulon et de Hyères, montrent essentiellement des portraits. Ces derniers sont présentés en pied (parfois au-devant d'un fond peint de paysage), coupés aux genoux ou bien en buste sur fond nuagé, au format carte de visite ou, plus exceptionnellement, au format cabinet ("Portrait-Album").
Les cartes de visites affichent :
- à l'encre noire, au recto, "Vor PLATEL, Phot.",
et au verso, "PHOTOGRAPHIE ARTISTIQUE (texte convexe) - Vor PLATEL - Photographe De Paris . - TOULON ." (vers 1863 ?).
- à l'encre noire ou de couleur (rouge, brun-rouge, vert, bleu, violet), au recto, avec souvent la présence d'un liseré de même couleur que le texte, "TOULON, Rue Roche, 17"
ou "TOULON. V.P. [initiales du photographe] Rue Roche 17." (une carte de visite de ce type est datée de "septembre 1864"),
et au verso, le texte suivant précédé des armoiries du Second-Empire, "PHOTOGRAPHIE ARTISTIQUE (texte convexe) - Vor PLATEL - Photographe De Paris - TOULON".
- à l'encre noire ou de couleur (rouge, brun-rouge, vert, bleu, violet), au recto, avec souvent la présence d'un liseré de même couleur que le texte, "Vor PLATEL, Phot." (une carte de visite de ce type datée de "septembre 1865"),
ou "Vor PLATEL PHOT. Rue Roche 17."
ou encore "Vor PLATEL. PHOT.", traditionnellement en bas à gauche du format ou, plus exceptionnellement, en bas à droite,
et au verso, sous le blason de la Ville de Toulon, "PHOTOGRAPHIE ARTISTIQUE (texte convexe) - Vor PLATEL - Photographe De Paris - TOULON".
La raison de la présence des armoiries du Second-Empire, vers 1864, reste inconnue (brevet impérial ?) et leur remplacement, dès 1865 par le blason de la ville, interroge davantage encore.
Sans la conservation de cartes de visite datées de façon manuscrite, il aurait été logique de penser que celles qui présentaient les armoiries du Second-Empire dataient des années 1864-1870 et celles qui affichaient le blason de la ville étaient postérieures à la chute du Second-Empire, vers 1871.
Le seul format cabinet connu présente :
- au recto, encadré d'un liseré vert, le texte suivant à l'encre rouge, sur deux lignes : "Portrait [avec l'initiale enluminée] - - VP [monogramme des initiales enluminées et entrecroisées du photographe, qui traverse les deux lignes] - - Album [avec l'initiale enluminée]" et, en-dessous, "V . PLATEL, PHOT - - 17 , Rue Roche" (vers 1868-1871 ?).
Il existe également quelques vues stéréoscopiques, sur carton de couleur rouge-orangé, conservées de la période toulonnaise mais ces dernières révèlent une série sur Nice (Alpes-Maritimes). Elles présentent, au recto, le texte suivant, perpendiculaire aux images :
- à gauche, "LES BORDS DE LA MÉDITERANNÉE", avec en-dessous, "NICE . (Alpes-Maritimes),
et, à droite, "VICTOR PLATEL . PHOTOGRAPHE", avec en-dessous, "TOULON . Rue Roche, 17.".
Ces vues niçoises peuvent être datées assez précisément de fin 1867-début 1868, du fait de l'étude des architectures représentées.
Victor Platel semble quitter Toulon, pour Paris, entre 1868 (Martin Pinon, Annuaire de tous les rites de la la Maçonnerie française et étrangère, 1868, p. 352) et 1872 (absent du recensement de Toulon de cette année-là).
PARIS
A Paris, la famille Platel réside dans le 3ème arrondissement, rue Debelleyme, 37. Elle n'est signalée à cette adresse, qu'à l'occasion du mariage du fils aîné.
Philippe Marie Albert, horloger, âgé de 24 ans, en présence de son père, horloger, et de sa mère, sans profession, épouse le 6 février 1877, à la mairie du 3ème arrondissement de Paris, Marie Julie Billioen, couturière, 24 ans (née le 12 mai 1852 à Paris).
Victor Platel exerxe-t-il encore l'activité de photographe ?
L'ancien atelier de son grand-père paternel, situé en Isère, dans la commune du Pont-de-Bonvoisin, rue du Pont (en a-t-il hérité ?) est, pour sa part, toujours actif.
"M. Platel, fils, horloger-bijoutier dont le magasin a toujours été parfaitement tenu de père en fils depuis plus d'un siècle (...). Maison de confiance occupant un ouvrier et possédant une nombreuse clientèle" (Feuille d'avis de Chambéry et d'Aix-les-Bains du 30 octobre 1880 ; Paris, BnF, Retronews).
Alors que son fils Albert reste à Paris, Victor Platel, probablement suite au décès de son épouse Clara Roustan (acte de décès non retrouvé), quitte la ville, avec son fils cadet Aristide, entre 1877 et 1887.
MARSEILLE
Victor Platel regagne Marseille où vit et travaille toujours son frère Jean Baptiste.
Ce dernier a eu des soucis financiers (faillite du 23 mai 1879) et des soucis personnels (cible d'un coup de feu le 28 janvier 1886) mais s'en est remis et tient désormais une boutique d'horlogerie-bijouterie, rue de la République, 23.
Eugène Aristide Platel, horloger, âgé de 33 ans, fils de Victor Platel, horloger, avec qui il demeure rue Desaix, 1, et de feue Claire Marie Baptistine Roustan, épouse à Marseille, le 28 juin 1887, Marie Joséphine Voirier, sans profession, 24 ans (née le 20 décembre 1862 à Marseille).
C'est la dernière mention relevée de Victor Platel. Il a alors 62 ans.
Son acte de décès n'a pas été retrouvé.