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samedi 16 juillet 2016

547-L'OEUVRE D'AUGUSTE RODIN (1840-1917)-4-1890-1899






- NADAR Félix (1820-1910), Portrait photographique d'Auguste Rodin, 1891.




1890-1899 - LES COMMANDES
Dans cette décennie, du fait de l'abandon du projet du Musée des Arts Décoratifs, Auguste Rodin commence à délaisser La Porte de L'Enfer vers 1895
Il termine certaines commandes initiées dans la décennie précédente, comme celle du Monument aux Bourgeois de Calais (1885, inauguré à Calais en 1895) ou celle d'une version monumentale du Baiser (1888, livrée en 1898), et se consacre aux nouvelles commandes du Monument à Claude Lorrain (1889, inauguré à Nancy en 1892), du Monument à Victor Hugo (1889, installé à Paris en 1909), du Monument à Honoré de Balzac (1891-1898), du Monument à Baudelaire (vers 1892, monument qui ne verra pas le jour), du Monument à Sarmiento (1894, inauguré à Buenos Aires, Argentine, en 1900) et du Monument à Puvis de Chavannes (1899, resté inachevé).

UNE COLLECTION D'ANTIQUES À LA VILLA DE MEUDON
Il loue en 1893 la Villa des Brillants à Meudon et l'achète en 1895. Il y commence une importante collection d'antiques et de peintures contemporaines. 


VOIR LA VIDÉO (2 MN 46, 2013) DU MUSÉE RODIN,
"LA LUMIÈRE DE L'ANTIQUE",
PRÉSENTATION DE BEATRICE GARNIER.

Texte du Musée Rodin : "L’Antiquité traversa la vie de Rodin, des années de jeunesse jusqu’à sa mort, telle une leçon, éclairant sans cesse son œuvre d’un jour nouveau. Tout d’abord objet de copie, puis dans l’ombre de Michel-Ange, l’antique finit par incarner la part lumineuse et heureuse de l’œuvre du sculpteur et devint le symbole de la nature et de la vie qu’il cherchait à saisir dans sa sculpture et son dessin. Rodin admira avec une ferveur grandissante les modèles de l’Antiquité qui apparurent de manière de plus en plus subtile, presque invisible, dans ses recherches des dernières années. Son bonheur fut alors de vivre à la Villa des Brillants, à Meudon, puis à l’hôtel Biron, entouré d’une collection de plus de six mille antiques. Il acheta auprès des antiquaires parisiens, entre 1893 et 1917, des centaines de fragments grecs, hellénistiques, étrusques ou romains, en marbre et en bronze, ainsi que des vases et autres figurines en terre cuite".

Parallèlement, il installe progressivement à Meudon plusieurs ateliers. Chaque après-midi, il traverse la Seine pour se rendre de sa Villa à son atelier du Dépôt des marbres et visiter les ateliers de ses assistants au sud de Paris.

LE TRAVAIL DU MARBRE ET LE NON FINITO
Rodin fait traduire certaines de ses œuvres dans le marbre. Il aime la blancheur du matériau antique et affectionne la teinte du marbre de Paros. 
Il apprécie également l'inachèvement de certaines œuvres en marbre de Michel-Ange : Esclaves ou Captifs (dont deux sont conservés au Louvre, L'Esclave rebelle et L'Esclave mourant, vers 1513-1515, et quatre autres à l'Académie de Florence, vers 1519-1536), Moïse (vers 1513-1515, Tombeau de Jules II, Rome, basilique Saint-Pierre-aux-liens), La Pietà di Palestrina (attribuée à Michel-Ange, vers 1550-1560 ?, Florence, galerie de l'Académie), La Pietà Rondanini (vers 1564, Milan, Castello Sforzesco). Rodin utilise cet effet de non finito (terme employé au XVI° siècle par le théoricien Giorgio Vasari) dans un sens nouveau. Le matériau est mis en avant (bloc, aspect brut, traces d'outils) et révèle l'émergence de la figure. Rodin oppose fortement le bloc laissé brut avec les figures au corps lisse, ou bien joue au contraire sur une confusion des surfaces, donnant une impression générale plus floue ou abstraite.


VOIR LA VIDÉO (2 MN 51) DU MUSÉE RODIN,
"LA CHAIR ET LE MARBRE", INTERVIEW D'ALINE MAGNIEN.





LES EXPOSITIONS ET PUBLICATIONS
Rodin expose régulièrement des œuvres au Salon de la Société Nationale des Beau-Arts. En 1897, il publie 142 dessins dans l'Album Fenaille ou Goupil (notamment ses "dessins noirs" en rapport avec La Porte de L'Enfer). En 1899, il réalise des expositions personnelles en Belgique et Hollande.


LE MONUMENT À VICTOR HUGO
En 1889, une nouvelle commande de l'Etat est passée à l'artiste pour un monument à Victor Hugo (1802-1885), à destination du Panthéon. 
Son premier projet "qui manque de clarté et dont la silhouette est confuse" est refusé à l'unanimité par la commission en 1890 et, dès 1891, destiné à un autre emplacement ; le projet sera modifié et le plâtre exposé au Salon de 1897. Une version simplifiée montrant Hugo assis sera réalisée en marbre et installée, en 1909, dans les jardins du Palais Royal. 
Rodin, dès 1891, élabore alors parallèlement un nouveau projet pour le Panthéon ; ce projet, mené à terme fin 1897 dans un plâtre monumental montrant Hugo debout, n'aboutira pas cependant. 


LE MONUMENT À BALZAC

En 1891, le Comité de la Société des Gens de Lettres, sous la présidence d'Emile Zola, commande à Rodin un monument à Honoré de Balzac (1799-1850).
Rodin qui veut traduire l'énergie créatrice du romancier, auteur de la Comédie humaine, va faire de nombreuses recherches séparées sur la tête et le corps de l'écrivain, nu, revêtu d'une redingote ou de sa robe de chambre, semblable à une robe de moine ; dans ce costume, "je me transforme en bourreau de travail, en galérien des lettres", avait confié le romancier.
Rodin va faire poser un sosie de Balzac, un conducteur de diligence de la région dont le romancier était originaire.
Dès janvier 1892, Rodin présente trois maquettes différentes de Balzac debout, dont l'une en redingote, adossé à un fauteuil et souriant, mais c'est celle de Balzac en robe de chambre qui est retenue. Il s'engage à fournir le modèle sous 18 mois mais mettra encore 6 ans, avant de le livrer. 
Il va réaliser des études différentes, avec un corps au gros ventre (inspiré de celui d'une femme enceinte) et une version mince et athlétique en repartant du torse réalisé dans les années 1880 pour l'un des Bourgeois de Calais, Jean d'Aire. Ce torse va être complété (assemblage des membres) et modifié sans cesse puis recouvert d'une robe de chambre trempée dans du lait de plâtre pour arriver au modèle définitif de 1897.
Il expose ce dernier au Salon de 1898 et présente Balzac sans les attributs traditionnels de l'écrivain (redingote, fauteuil, plume, livre) et traduit son génie en faisant émerger la tête dressée du bloc du corps drapé, comme si l'écrivain se levait la nuit, réveillé par l'inspiration et s'entourait de sa robe de chambre, sans en passer les manches.
Le Comité refuse le modèle et annule la commande, confiant cette fois le projet au sculpteur Alexandre Falguière (1831-1900). La critique est assassine, qualifiant l'oeuvre tantôt "d'affreux bonhomme de neige un épouvantail à moineaux un dolmen déséquilibré un sac de plâtre une tête de chouette une statue encore emballée" ; tantôt "d'étrange monolithe", de "statue de sel qui a subi une averse" de "crapaud dans un sac" ou "de figure tartinée d'une cervelle". Il est vrai que le soutien politique de Zola au capitaine Dreyfus envenime l'affaire.
Rodin est très meurtri par le refus et les critiques ; il refuse d'installer la sculpture ailleurs, et même de la vendre à un particulier. Il reçoit cependant le soutien de Paul Gauguin, de Camille Claudel et d'Oscar Wilde. Il expose à nouveau la statue de Balzac au cœur de son exposition personnelle de 1900. Il apprécie, en 1908, les photographies de nuit qu'en fait Edward Steichen.
"Cette oeuvre, dont on a ri, qu'on a pris soin de bafouer parce qu'on ne pouvait pas la détruire, c'est la résultante de toute ma vie, le pivot même de mon esthétique", déclare-t-il cette année-là.
L'oeuvre, fondue en bronze, ne sera installée dans Paris qu'en 1939, plus de 40 ans après sa création et plus de 20 ans après la mort de son créateur.




LE BAISER

Commandée à Rodin par l'Etat en 1888, pour l'Exposition Universelle de 1889, la version monumentale en marbre du Baiser (à succès) n'est livrée qu'en 1898 et est exposée avec le Balzac (scandaleux) au Salon de la même année.
Cette année-là scelle également la rupture définitive avec Camille Claudel.


- RODIN Auguste (1840-1917), Monument à Claude Gelée dit Le Lorrain (1600-1682), photo de D.Freuler, vers 1891,
modèle en plâtre,
à cette étape, le monument montre le peintre nu (héroïque) et peu identifié.

- RODIN Auguste (1840-1917), Monument à Claude Gelée dit Le Lorrain, 1892,
le monument installé à Nancy en 1892, avec haut piédestal de pierre orné du Char d'Apollon en haut-relief et statue de bronze, montre que c'est une version plus traditionnelle du peintre qui a été retenue, vêtu comme au XVII° siècle et tenant palette et pinceau ; cette version critiquée par le public fut installée dans les jardins de la Pépinière.


- RODIN Auguste (1840-1917), Monument à Claude Gellée dit Le Lorrain, 1892,
détails du piédestal et de la statue ;
le haut piédestal en pierre est orné des Chevaux d'Apollon en haut-relief ;
ces derniers évoquent ceux sculptés par Robert Le Lorrain à Paris, à l'Hôtel de Rohan ;
la figure ancienne du peintre évoque pour sa part les oeuvres bruxelloises de son ami Antoine Joseph Van Rasbourgh.

- LE LORRAIN Robert (1666-1743), Les Chevaux du Soleil (se désaltérant), vers 1737,
Paris, façade de l'Hôtel de Rohan.

- VAN RASBOURGH Antoine-Joseph (1831-1902), Peintre, batteur d'or et verrier, 1882-1883,
bronze, Bruxelles, place du Petit Sablon.


- RODIN Auguste (1840-1917), Monument à Victor Hugo (premier projet, première version), 1890,
fonte au sable, 1891, 28,2x29x36 cm, Paris, Musée Rodin,
Rodin représente Victor Hugo âgé, méditant, lors de son exil à Guernesey, assis sur un rocher, 
surmonté de trois femmes, Voix ou Muses, qui évoquent les âges de la vie ou les étapes de sa création ;
 l'esquisse est certainement celle qui a été refusée par la commission.

- RODIN Auguste (1840-1917), Monument à Victor Hugo (premier projet, deuxième version dite du Palais-Royal), 1895-96,
plâtre, 104x134x82 cm, Paris, Musée Rodin,
 le poète est représenté méditant, un bras tendu pour calmer les flots et défendre les libertés républicaines,
en 1897, Rodin expose le plâtre au Salon avec seulement deux muses inspiratrices (la Muse tragique et La Méditationqui disparaîtront de la version finale en marbre.


- RODIN Auguste (1840-1917), Monument à Victor Hugo (premier projet dit du Palais Royal), vers 1895-1897, 
bronze, vers 1900, 184.8 x 284.8 x 161.9 cm , Paris, Gagosian Gallery,
ce groupe oblique est inspiré en partie par le groupe antique de Laocoon et ses fils (Ier siècle av. J.-C.), le corps de Victor Hugo
 remplaçant celui du prêtre, équilibré par les muses au lieu des enfants et le plissé du drapé au lieu des circonvolution des serpents.


- RODIN Auguste (1840-1917), Monument à Victor Hugo (premier projet dit du Palais Royal), vers 1890-1897,
bronze, fonte Coubertin, 1997, 185x285x162 cm, Paris, Jardins du  Musée Rodin.
un autre bronze est installé à Paris, au croisement des avenues Victor-Hugo et Henri-Martin.


- AGESANDRE, ATHENODORE ET POLYDORE, Laocoon et ses fils, vers 40 av. J.-C.,
provenant des thermes de Titus à Rome où il est mis à jour en 1506,
marbre, H : 184 cm, Vatican, Museo Pio Clementino.

- TUBY Jean-Baptiste, VIGIER Philippe, ROUSSELET Jean,  Laocoon et ses fils, 1684-1696,
marbre, 232x102x154 cm, copie réalisée pour Louis XIV, Musée et domaine national de Versailles.

- BIANCHI F. (actif au début du XX° siècle), Monument à Victor Hugo, 1909,
essai de mise en place du modèle en plâtre en 1909 dans les jardins du Palais Royal à Paris,
aristotype au collodion mat, 17,5x23,5 cm, Paris, Musée Rodin,
Rodin représente Victor Hugo âgé et en partie dénudé,
 lors de son exil à Guernesey, assis sur un rocher, accompagné des muses,
méditant, un bras tendu pour calmer les flots et défendre les libertés républicaines,
en 1897, Rodin expose le plâtre au Salon avec deux muses inspiratrices (la Muse tragique et La Méditation) qui disparaîtront de la version finale en marbre.



- Carte postale des années 1910, Monument à Victor Hugo, 1909,
 montrant le marbre (1901-1909) installé dans les jardins du Palais Royal à Paris.


- RODIN Auguste (1840-1917), Monument à Victor Hugo (deuxième projet ou L'Apothéose de Victor Hugo), 1897,
plâtre, 218,5 x 146,5 x 110 cm, Paris, Musée Rodin,
adossé à une pyramide de rochers et surplombé d'un génie ailé, Victor Hugo debout et nu domine les flots où sont groupées les Voix
(Sirènes ou Néréides issues de La Porte de l'Enfer) ;
du projet qui n'aboutira pas, l'artiste agrandira cependant la figure debout et nue du poète, vers 1902.



- RODIN Auguste (1840-1917), Trois Faunesses ou Trois danseuses, avant 1896,
fonte au sable, Alexis Rudier, 1916, 24,1x28,15x15 cm,
bronze signé "A. Rodin" à la jonction des bras,
ronde de 3 figures tirées d'Ovide, dupliquées en miroir.



- RODIN Auguste (1840-1917), L’Éternelle idole, vers 1890-1893,
plâtre moulé sur le marbre de 1893, 73,2x59,2x41,1 cm, Paris, Musée Rodin,
2 figures assemblées vers 1890 provenant de La Porte de l'Enfer réunies sous un titre symboliste qui connut le succès, avec un bronze fondu en 1891.


- RODIN Auguste (1840-1917), La Pensée ou La Pensée émergeant de la matière, vers 1895,
 marbre, 74,2x43,5x46,1 cm, Paris, Musée d'Orsay,
oeuvre réalisée à partir d'un portrait de Camille Claudel, avec un bloc de marbre laissé inachevé
 (du fait d'une décision prise en cours d'exécution) opposant le brut et le poli et donnant un sens symboliste à l'oeuvre.




- RODIN Auguste (1840-1917), Assemblage : Masque de Camille Claudel et main gauche de Pierre de Wissant, vers 1895 (?),
plâtre, 32,1x26,5x27,7 cm, Paris, Musée Rodin,
portrait de Camille Claudel rendu allégorique par l'ajout d'un élément ici, une main gauche disproportionnée, et gardant les traces de couture des différentes pièces du moule.



- RODIN Auguste (1840-1917), Iris, vers 1895,
bronze, fonte Alexis Rudier (?), avant 1916, 82,7x69x63 cm, Paris, Musée Rodin,
figure dynamique (danse du French cancan) et osée (dans la position du nu de L'Origine du Monde, 1866, de Courbet, ou rappelant le dessin d'Adam de Michel-Ange), réutilisée modifiée dans le second projet du Monument à Victor Hugo (génie ailé).

- MICHEL-ANGE (Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni dit, 1475-1564), Etude pour la Création d'Adam de la Chapelle Sixtine, vers 1511,
Paris, Musée du Louvre, Cabinet des Dessins.



- RODIN Auguste (1840-1917), Tête de Minerve sans casque, vers 1896,
marbre, 48,2x26,4x26,7 cm, Melbourne, National Gallery of Victoria,
Rodin admire la beauté classique de Mariana Russel, l'épouse italienne du peintre australien John Russel dont le portrait lui a été commandé. Il réalisera d'après son portrait plusieurs têtes de Minerve en marbre et un Bacchus indien.

- ANONYME, Tête de déesse, dite Tête de Chios ou Tête Warren, vers 300 av. J.-C. (?),
marbre de Paros, H : 36 cm, Boston, Museum of Fine Arts.


- RODIN Auguste (1840-1917), La Méditation ou La Voix intérieure, 1896, 
plâtre patiné, 147x76x55 cm, Paris, Musée Rodin,
cette figure, à la ligne serpentine, inspirée tout à la fois de La Vénus de Milo et des Esclaves de Michel-Ange, est présente dans La Porte de L'Enfer,
elle est reprise dans le second projet de Monument à Victor Hugo ;
privée de bras et d'une partie des jambes, comme dans La Porte de L'Enfer, elle est agrandie en l'état sous le nom de La Voix intérieure.
Exposée en 1897 à Stockholm, elle est incomprise du public du fait de cet inachèvement,
"Elle représente la Méditation. Voilà pourquoi elle n’a ni bras pour agir, ni jambe pour marcher" (Rodin, Entretiens, 1911).

VOIR UNE VIDÉO (1 MN 42, 2013) SUR "LA VOIX INTÉRIEURE"


- RODIN Auguste (1840-1917), La Main de Dieu ou La Création, 1896 (?), 
marbre, 94x82,5x54,9 cm, Paris, Musée Rodin.,
du bloc surgit une main droite (celle du démiurge, Dieu, Rodin) modelant une boule de terre dont émergent les figures inversées d'Adam et d'Ève,
avec cette dernière dans une position proche de celle de la Nuit du Tombeau des Médicis.
Rodin a également modelé La Main du Diable (tenant une femme) plâtre vers 1902, marbre 1903 de 40x70x64 cm, Paris, Musée Rodin..

VOIR UNE VIDÉO (2 MN 35, 2015) DU MBA DE MONTRÉAL SUR "LA MAIN DE DIEU" DE RODIN


- MICHEL-ANGE (Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni dit, 1475-1564), La Nuit, vers 1526-1533,
marbre du Tombeau de Julien de Médicis,
Florence, basilique San Lorenzo, Sagrestia Nuova.


- RODIN Auguste (1840-1917), L'Adieu, vers 1898,
plâtre, 38,8x45,2x30,6 cm, Paris, Musée Rodin,
portrait lisse et poli de Camille Claudel émergeant de la pierre brute
(l'année de la rupture entre les deux amants).



- RODIN Auguste (1840-1917), Balzac en redingote, 1891
plâtre, 60x25,5x30,2 cm, Paris, Musée Rodin,
étude d'après la maquette de Balzac debout en redingote, sans le fauteuil.

- RODIN Auguste (1840-1917), Balzac, étude de nu C, 1892,
plâtre, 128,5x52x62 cm, Paris, Musée Rodin,
étude de nu réaliste du corps de Balzac mais version refusée par le Comité.


- RODIN Auguste (1840-1917), Balzac en robe de moine, vers 1893,
plâtre, 107,5x53x39 cm, Paris, Musée Rodin,
le Comité ayant retenu l'idée de Balzac en robe de chambre, cette étude montre l'artiste
 tenant des feuillets littéraires avec une robe de chambre au capuchon et la ceinture visibles.

- RODIN Auguste (1840-1917), Balzac, deuxième étude de nu F, dite "en athlète", 1896,
bronze, fonte Georges Rudier, 1969, 93,1x43,5x35 cm, Paris, Musée Rodin,
étude d'après le torse complété de Jean d'Aire, montrant un corps plus jeune et idéalisé.


- RODIN Auguste (1840-1917), Etude de robe de chambre pour Balzac, 1897,
plâtre, 148x57,5x42 cm, Meudon, Musée Rodin,
une véritable robe de chambre positionnée sur l'étude du corps est rigidifiée puis moulée
donnant un habit vide qui révèle la position du corps qu’il recouvrait. Sur le drapé subtil, la lumière s’écoule sans contraste excessif.


- RODIN Auguste (1840-1917), Balzac, masque souriant, 1891,
terre cuite, 18,7x15,9x12,2 cm, Paris, Musée Rodin,
c'est Estager, un conducteur de diligence de Tours qui a posé.

- RODIN Auguste (1840-1917), Balzactête au front dégagé et au menton fendu, dite Tête H, vers 1894, 
plâtre, 27,8x23,8x26 cm, Paris, Musée Rodin,
vers 1894, Rodin travaille une nouvelle tête, plus expressive, d'après un nouveau modèle,
et cette tête servira à la version définitive.


- Exposition du Balzac au Salon de 1898,
épreuve gélatino-argentique, Paris, Musée Rodin.



- STEICHEN Edward (1879-1973), Balzac, The Open Sky, 11 P.M., 1908
tirage au charbon, 25,2x22 cm, Paris, Musée Rodin,
à a demande de Rodin, Steichen photographie à Meudon le plâtre définitif à la lumière de la lune, avec des temps de pose très longs, 
notant l'heure exacte et recherchant au tirage la teinte bleu-vert donnant l'effet de nuit.

- STEICHEN Edward (1879-1973), Balzac, Towards the Light, Midnight, 1908,
tirage au charbon, 36,5x48,2 cm, New York, The Metropolitan Museum of Art.



- RODIN Auguste (1840-1917), Monument à Balzac, 1898,
bronze, fonte Alexis Rudier, 1935, 270x120,5x128 cm, Paris, jardin du Musée Rodin,
un exemplaire fut inauguré en 1939 à Paris, angle boulevard Raspail,
alors que la tête a évolué vers un concentré de traits expressifs, le corps s'est, 
à l'inverse, dilué dans le drapé de la robe de chambre.


 
- FALGUIERE Alexandre (1831-1900), Monument à Balzac, inauguré en 1902,
après la mort du sculpteur, Paris, place Georges-Guillaumin, au croisement de la rue Balzac et de l'avenue Friedland


- RODIN Auguste (1840-1917), La Tour du travail, 1898-1899,
plâtre, 151x65x68 cm, Paris, Musée Rodin,
projet pour un Monument au travail (qui n'aboutira pas) pour l'Exposition universelle de 1900, 
avec une tour elliptique (comme la frise de la Colonne Trajane, la Tour de Pise, les escaliers des châteaux de Blois et Chambord)
percée de baies et ornée de bas-reliefs en rapport au travail. La Tour qui devait faire 130 m de haut,
 reposer sur un soubassement percé d'une crypte et couronnée d'un groupe de deux figures ailées,
 Amour et Joie ou Bénédictions, aurait pu recevoir La Porte de L'Enfer.