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dimanche 14 août 2011

25-LA MISE EN ABYME EN PHOTOGRAPHIE




CHEFDEVILLE Cassandra (élève de 4ième 5), Une image et lui, production personnelle, 2012.



THOGERSON Storm (né en 1944), photo de la pochette de l'album, Ummagumma, Pink Floyd, photographie couleur, 1969.

Le miroir semble renvoyer à l'infini le reflet de plus en plus réduit de l'image entière mais ajoute le nom du groupe sur le sol et échange à chaque fois l'emplacement des musiciens. Finalement, l'image entière n'est qu'une étape de cet emboîtement spatial et temporel où le miroir, à l'intérieur, révèle l'espace extérieur et une profondeur plus grande que ce dernier.


MICHALS Duane (né en 1932), Alice's Mirror, 1974, sept photos noir et blanc (tirages gélatino-argentiques de 12,8x17,8 cm) légendées de sa main dans une "narration séquentielle".

Dans une histoire sans histoire, la lecture des photos successives dissout la limite entre réel et image. Les éléments photographiés semblent vus de plus en plus loin sans que l'espace ne s'élargisse vraiment. Chaque élément est vu en gros plan et devient le détail d'un ensemble grâce à un travelling arrière. L'image est à chaque fois incluse dans une autre, l'échelle devient incertaine, le point de vue différent. La vision (lunettes), la réflexion (miroir circulaire, rectangulaire) et l'image se confondent au point de se briser.



WALL Jeff (né en 1946), Picture for women, 1979, épreuve cibachrome, caisson lumineux, 161,5x223,5x28,5 cm, Paris, Musée National d'Art Moderne.

En référence au tableau de Manet (cf. La mise en abyme en peinture), une femme seule se trouve derrière une banque (vide cependant) alors qu'un grand miroir placé derrière elle reflète (en contre-champ) la profondeur de la pièce et un homme qui la regarde, décalé sur la droite mais absent du tout premier plan. La grande pièce est cette fois quasiment vide, occupée par le seul photographe, l'artiste en train de réaliser la prise de vue. La chambre photographique est placée face au miroir (et au spectateur) et capture le regard échangé entre la femme et l'artiste dans le réel, alors que dans l'image, du fait de l'absence du reflet de dos de la femme, les deux individus apparaissent dans des espaces différents.



GARCIN Gilbert  (né en 1929), Au musée, 1999.


Dans ce photomontage manuel, on découvre un homme de dos (l'artiste) qui, dans le musée, contemple le miroir du réel. Ce dernier lui renvoie non seulement le reflet de l'enfilade des pièces mais également un ensemble d’œuvres qui ne sont elles-mêmes que des miroirs lumineux sans reflet, sauf sur la gauche où le grand miroir reflète un miroir qui en reflète un autre. L'homme du tout premier plan ne se reflète pas dans le grand miroir, pas plus que l'homme du fond (au centre de l'image et du reflet) qui le dédouble, également vu de dos. Est également présent, sur la droite du grand miroir, le reflet du chien de l'artiste qui n'accède pas au miroir de la peinture malgré ses efforts (il est vu mais ne voit pas) ; il n'est pas sans rappeler le chien présent dans le tableau de Van Eyck comme dans celui de Gumpp (cf. La mise en abyme en peinture).




Anonyme, Mise en abyme, ca 2008.


La cabine d'ascenseur, pourvue de miroirs sur trois de ses côtés, renvoie à l'infini l'image du photographe se photographiant dans sa case sur deux lignes parallèles (miroir de face et miroir latéral). Il se photographie tout à la fois de face et de dos (semblant dialoguer avec lui-même) mais semble braquer son objectif vers le spectateur. Au tout premier plan, le dédoublement du corps (coupé aux deux extrémités de la photo) crée de plus une ambiguïté entre réel et reflet.





MITZPICARDAL, Mise en abyme, ca 2009.


Voici une scène de rue à priori banale d'un groupe de jeunes sur un terrain de basket. Cependant, au tout premier plan, un jeune (au pull rouge) nous montre une photo (image dans l'image), et cette photo est celle que le jeune photographe du dernier plan (face au spectateur) est en train de prendre (processus photographique et vision en contre-champ) ; de plus la photo montrée par le jeune au sweat blanc est celle de l'image entière (avec une nouvelle mise en abyme de la photo dans la photo, répétée et réduite à l'infini). A l'inverse, l'image montrée par le jeune en rouge nous montre, à l'arrière-plan, sa propre vision de dos, en train de montrer cette photo au photographe accroupi, auteur de l'image entière.


HIEAUX Hubert, Mise en abyme, 2011, présentation.


Dans ce triptyque photographique, c'est à nouveau le corps humain qui est mis en abyme. Chaque photo montre un fragment de corps avec une image dans l'image, recadrée par les mains dans la première, par la bouche dans la deuxième et par le reflet dans l’œil dans la troisième. De plus, c'est comme si il y avait un effet de zoom progressif d'une image à l'autre : la première photo révèle la bouche recadrée, la deuxième l’œil fermé et la troisième l’œil ouvert reflétant la première image dans un cycle infini.