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lundi 31 octobre 2016

607-EUGÈNE DEGAND (1829-1911), PHOTOGRAPHE À NICE-1


- DEGAND Eugène (1829-1911), Nice, Le Port, tirage vers 1883-1887,
carte cabinet, tirage albuminé de 15x9,6 cm contrecollé sur carton épais de 16,5x10,9 cm,
Collection personnelle.
[N.B. : les recherches ultérieures montreront que la prise de vue peut être datée vers 1874].


Dernière mise à jour de cet article : 15/12/2018



Cette semaine (octobre 2016), j'ai acquis une photographie ancienne du quartier du Port de Nice où je réside actuellement. Cette vue est l'oeuvre du photographe Eugène Degand.

J'ai recherché sur Internet les renseignements disponibles sur ce photographe. Il est né à Lille le 7 octobre 1829 (comme le stipulent ses certificats de mariage et de décès), de Degand Magloire Joseph (né en 1802) et de Degand Isabelle (née Dupire, en 1803). 

Eugène Degand suit une formation de peintre auprès de son père. La mention "élève de son père", est précisée dans les catalogues de Toulouse (1862), de Paris (1868) et d'ouvrages publiés en 1870 et 1882. Je n'ai trouvé aucun document attestant de la carrière artistique du père car ce dernier est en fait "peintre en bâtiments" (document de 1868, Archives départementales du Nord, numérisées et en ligne).

Eugène Degand participe à des salons dans les années 1857-1868 (notamment à Toulouse en 1862, à Lille en 1866 et à Paris en 1868), exposant des portraits, des scènes de genre et surtout des paysages (parfois rapprochés par la critique de ceux de Félix Ziem) italiens et orientalistes (turcs, algériens), peints à l'huile sur toiles ou panneaux de bois de petits formats, qu'il signe, Degand ou Eug. Degand ou encore E. Degand, généralement en bas et à gauche : 

- Portrait d'homme, signé et daté en bas à gauche de 1854, portrait en buste d'un homme moustachu en costume, huile sur panneau de 18x23 cm, Collection privée (vente Ebay 2017 ; voir cet article du blog),

- La Rue du Diable à Alger, exposée au Salon de Paris de 1857 (Dictionnaire général des artistes, vol. 1, 1882, p 375, Gallica),

- Arabes, 1859, huile sur toile signée et datée (Catalogue de vente de l'Hôtel Drouot en 1910, n° 11 p 4, sur Gallica),

Campement de nomades dans la plaine d'El-Outaïa (Sahara)exposée au Salon de Paris de 1859 (Dictionnaire général des artistes, vol. 1, 1882, p 375, Gallica),

- Le marabout Sidi-Barkate, aux environs de Biskraexposée au Salon de Paris de 1859 (Dictionnaire général des artistes, vol. 1, 1882, p 375, Gallica),

- Le marché à la viande de Biskara (Biskra, Algérie) (Exposition des Beaux-Arts de Toulouse,1862, Catalogue en PDF, n° 87 p 40, Salon de Paris de 1863, Dictionnaire général des artistes, vol. 1, 1882, p 375, Gallica, et Exposition des Beaux-Arts de Lille en 1866, Le Bourgeois de Lille du 5 août 1866 sur Gallica et Catalogue de l'Exposition pp 45-46 sur Gallica),

Halte de cavaliers (arabes), sans date, huile sur panneau de 23x37 cm, Collection privée (vente Artnet),

- Repos des bédouins à l'oasis, le soir, sans date, huile sur toile de 22x16,5 cm, Collection privée (vente Artnet),

- Les Bateaux pêcheurs près de Naples, Exposition au Salon de Paris de 1865, Dictionnaire général des artistes, vol. 1, 1882, p 375, GallicaExposition des Beaux-Arts de Lille en 1866 (Le Bourgeois de Lille du 5 août 1866 sur Gallica et Catalogue de l'Exposition pp 45-46, sur Gallica), 

- Le Molo (place Saint-Marc), Venise, sans date, huile sur panneau de 15,5x23,6 cm (Catalogue 2007, Academia Fine Art, Venise, la Serenissima, p 34-35, PDF en ligne),

- Les Rives du Bosphore, sans date, huile sur toile de 14x25,5 cm, Musée des Beaux-Arts de Cordoue (Wikimedia), 

- Constantinople, (autre titre du tableau précédent ?), Exposition des Beaux-Arts de Lille en 1866 (Le Bourgeois de Lille du 5 août 1866 sur Gallica et Catalogue de l'Exposition pp 45-46, sur Gallica),

- Le Matin, Exposition des Beaux-Arts de Lille en 1866 (Le Bourgeois de Lille du 5 août 1866 sur Gallica et Catalogue de l'Exposition pp 45-46, sur Gallica),

- Paysage de Turquie, sans date, huile sur toile de 38x66,5 cm (vente Artnet), 

- La Jeune mère (Catalogue du Salon parisien de 1868, n° 685 p 85, sur Gallica, et Dictionnaire général des artistes, vol. 1, 1882, p 375, Gallica).

- Trois Femmes dans un intérieur, sans date, huile sur panneau, 30,48x22,86 cm, Collection privée.

- Diptyque, Cavalier et Amazone, sans date, huile sur toile de 41x33 cm, Collection privée (cité dans la succession Chabat, 1892, Notice de la vente, p 3 et vente Artnet),

- La Maison des Arbalétriers, Rouen (maison style Renaissance de la rue des Carmes ?)sans date, dessin à la plume encre noire et lavis, sur papier de 47,8x63,2 cm, signé en bas à droite, Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris (n° d'inventaire DDUT1336, Petit-Palais)

- Dessins (?), Paris, BnF (Richelieu - cote SNR-3) ...

- Minaret au Caire (?), sans date, huile sur toile signée en bas à gauche, 46x34 cm, toile d'origine de la Maison Blanchet (Paris, dès 1851), étiquette de Salon sur le cadre, n° 430 (vente du 15 juin 2018 à Drouot, n° 204 ; voir Interenchères).

- Les roches de Fontainebleau, sans date, huile sur panneau, signée en bas à gauche, 26x37 cm, accidents au cadre (vente du 15 juin 2018 à Drouot, n° 204 ; voir Interenchères). Cette toile évoque le style et les thèmes de l'Ecole de Barbizon.

- Oeuvre attribuée à Eugène Degand, Figure de harem au turban, sans date, huile sur toile, 24x19 cm, toile de la Maison Blanchet (Paris, dès 1851), petits accidents (vente du 15 juin 2018 à Drouot, n° 204 ; voir Interenchères). 

Eugène Degand est un peintre parisien comme il est précisé dans le catalogue de Toulouse de 1862, celui de Paris de 1868 mais aussi dans l'Annuaire de la Gazette des Beaux-Arts de 1870 (cf. Gallica). S'il réside à Nice dès 1863, son adresse parisienne précisée dans les ouvrages est située au 12, rue de Seine (adresse personnelle ou familiale ?).




- DEGAND Eugène (1829-1911), Les Rives du Bosphore, sans date,
huile sur toile, 14x25,5 cm, Cordoue (Espagne), Musée des Beaux-Arts.

Voir un dessin d'architecture d'Eugène Degand sur : Petit Palais

Voir des peintures d'Eugène Degand sur : Artnet



Dans les années 1860, Eugène Degand s'installe sur Nice, y ouvre un atelier de peinture puis de photographie et reste actif jusqu'au début du XX° siècle.

Désireux d'en savoir plus, j'ai approfondi les recherches sur Internet et dans les bibliothèques.



- DEGAND Eugène (1829-1911), Encart publicitaire publié dans l'Annuaire niçois de 1879, page 232.




LES ANNUAIRES NIÇOIS 

Les annuaires (Archives Départementales des Alpes-Maritimes, numérisées et en ligne) témoignent de la présence d'Eugène Degand à Nice dès le milieu des années 1860. Il y apparaît, dès 1864 (installation de 1863) et cela jusqu'à 1872, comme "peintre de genre" au n°18, place Saint-Etienne, dans un quartier en pleine urbanisation et restructuration, ce qui va entraîner à plusieurs reprises, sans qu'il déménage, le changement de nom ou de numéro de son adresse.

Il est témoin de mariages, en tant que "peintre", en 1865 et en 1866.

Lors du recensement de population de la Ville de Nice effectué en 1866, Eugène Degand est à nouveau qualifié de "peintre", âgé de 37 ans et vit au 21, boulevard Longchamp, adresse qu'il partage avec sa sœur (?) Julie Degand, âgée de 35 ans, négociante (en lingerie).

A 37 ans, le "peintre" Eugène Degand, se marie à Lille, le 29 octobre 1866 avec Maria Louise Lescroart (1847-1900), modiste, âgée de 19 ans et habitant 80, rue des postes à Lille (Archives départementales du Nord, numérisées et en ligne). Ensemble, ils vont vivre à Nice et avoir deux enfants, Eugénie Louise en 1868 (née à Lille) et Emile Arsène en 1871 (né à Nice). C'est probablement lors d'un séjour chez ses parents à Lille (au 16, rue de Béthune) qu'Eugène Degand a rencontré sa future femme puis sa belle-famille. La naissance de sa fille à Lille y implique un nouveau séjour. Il est d'ailleurs possible qu'Eugène Degand alterne, à cette époque, les saisons d'hiver à Nice et des séjours à Lille et Paris.



- DEGAND Eugène (1829-1911), La Famille Degand au square Masséna, détail, vers 1873,
Eugène à droite (44 ans), sa femme Maria (26 ans) et sa fille Eugénie Louise à gauche (5 ans),
son fils Arsène Emile (2 ans) dans les bras de la domestique, en arrière, sur le banc,
détail d'une photographie extraite de l'album, Nice et ses environs, vers 1875, fol. 8, Paris, BnF (voir sur Gallica).


L'Indicateur des Alpes-maritimes et de la Principauté de Monaco 
de 1869 (de Léon Affourous) cite, pour la première fois, dans la liste des photographes niçois, "Degand E., rue Longchamp, 4". 

Il faut cependant attendre 1873 pour que son nom apparaisse dans les annuaires niçois, avec les qualifications de "peintre" mais également de "photographe", suivies de deux adresses proches de la place Saint-Etienne : son atelier et sa résidence, situés derrière la pension Millet, rue Saint-Etienne, au nord de la place (nouvelle dénomination de la rue Longchamp), et son magasin, 6 rue Paradis, près le Jardin-Public, au sud de la place (il est possible que cette adresse soit antérieure à 1872-1873).

La mention de "peintre" reste pour sa part présente dans les annuaires jusqu'en 1877 mais au revers de ses cartons-photos jusqu'en 1883.

Vers 1875-1876 (absence de l'annuaire de 1876), l'adresse de son atelier/résidence change de dénomination (le changement est attesté en 1877 mais n'est visible sur les plans de Nice qu'en 1882), une portion de la rue Saint-Etienne devenant une prolongation de la rue Pastorelli ("rue Pastorelli-Saint-Etienne" ou "rue Pastorelli prolongée"). L'atelier affiche, en 1876, le numéro "10, rue Pastorelli" (recensement de 1876), en 1877, le numéro "20, rue Pastorelli" (liste professionnelle et liste des habitants de l'annuaire de 1877) et en 1881, le numéro "14, rue Pastorelli" (recensement de 1881). L'adresse professionnelle affichée dans l'annuaire de 1883 (Collection privée Didier Gayraud) reste cependant le 4, rue Longchamp (appellation des années 1866-1875) et ne devient, le numéro 24, rue Pastorelli qu'à partir de 1884 (annuaires absents de 1880 à 1882)

Eugène Degand occupe en fait un local de la maison Causse (propriétaire Joseph Causse), sise ruelle des Prés, qui prend successivement le nom des artères principales. Dans le recensement de la Ville de 1881, il y apparaît avec sa femme "Marie, photographe" (alors qu'elle est dite "sans profession" à la naissance de leur fils Emile en 1871), ses deux enfants, Eugénie et Emile, et une domestique.

Son magasin affiche pour sa part le n° 8 rue de Paradis dès le début des années 1880. Ce changement est attesté au plus tard dans les annuaires de 1883 (Collection privée Didier Gayraud) et de 1884 mais il est déjà présent dans le Plan-Album de Nice de 1881-82 et de 1882-83, même si le Guide Nice en poche de 1883 affiche encore le n°6.



- Plan de la Ville de Nice dressé par Mr François Aune, architecte, détail, 1882,
BnF, Paris, collections numérisées et en ligne sur Gallica,
avec au centre (du sud au nord) le Jardin public, la rue de Paradis avec le magasin d'Eugène Degand,
la place Saint-Etienne et la rue Lonchamp découpant un premier triangle avec
la Pension Millet, et à l'arrière, l'atelier d'Eugène Degand, sur un tronçon de rue nommé alors
rue Pastorelli (et qui sera fusionné en 1890 avec la rue Cotta plus à l'ouest) ; 
voir le plan en détail sur Gallica.bnf : Plan de 1882,
et le comparer au plan de 1865 sur Gallica.bnf : Plan de 1865,
puis au plan des années 1890 sur Gallica.bnf : Plan des années 1890.



A la fin des années 1880 (changement attesté en 1889), plusieurs numéros sont désormais mentionnés pour ses magasins, les 5, 6 et 8 rue Paradis qui deviennent 6 et 7 dans les années 1890, alors que l'adresse de son atelier redevient pour sa part le 14, rue Pastorelli (changement attesté seulement en 1888) puis le 14, rue Cotta (changement attesté de 1890 à 1901, actuelle rue Maréchal-Joffre). 

Ses deux enfants, sa fille "L. Degand" (Eugénie Louise) et son fils "A. Degand" (Emile Arsène), s'occupent respectivement dès 1896 et 1897 (employés), du magasin d'appareils photographiques au n° 7 et du magasin de photographie au n° 6, et Arsène Degand signe d'ailleurs des photos de portraits vers 1900. 
La famille emménage en 1896 au 20, rue Saint-François-de-Paule. La femme d'Eugène Degand décède le 25 septembre 1900, à l'âge de 53 ans.

De 1900 à 1905, Eugène Degand s'occupe encore du magasin aux n° 6 et 7 rue Paradis (et Arsène Degand de celui des n° 5 et 8) mais il habite (jusqu'en 1908) à une nouvelle adresse, montée Carabacel, villa Ernestine (n° 2 puis n°4). Il a probablement laissé ses deux adresses précédentes à ses enfants. Le certificat de mariage de sa fille situe d'ailleurs, en 1901, la résidence de cette dernière au n° 7, rue Paradis.

Sa fille Eugénie Louise, âgée de 33 ans, se marie en effet à Nice, en 1901, avec Eloi Banliat, veuf de 43 ans. L'un des témoins du mariage est son oncle maternel, Louis Lescroart, photographe à Lille (depuis la fin des années 1870 au 47, rue Constantine puis au 88, rue Nationale et dès 1889 au 46, rue de l'Hôpital militaire). 

Son fils Emile Arsène, qui tient la succursale photographique de Cannes vers 1904-1905 (certificat de mariage), se marie également à Nice, à l'âge de 33 ans, en 1905, avec Julie Erminie Garavaglia, âgée de 25 ans. 

Le nom d'Eugène Degand, présent seulement dans la « Liste générale des principaux photographes » publiée par la Société de Photographie de Toulouse de 1897 à 1905, disparaît des annuaires niçois des professionnels dès 1906 (pour laisser place au nom Degand-Banliat - sa fille et son gendre ou ses deux enfants et leur conjoint - au n° 7 rue Paradis jusqu'en 1913) et il disparaît des annuaires des particuliers en 1909. 

Sa mort a lieu en fait l'année de ses 82 ans, à Nice, le 8 octobre 1911 dans une Maison de convalescence, au 57 avenue Borriglione, comme le révèle son acte de décès retrouvé (n° 2805, Archives départementales des Alpes-Maritimes, numérisées en ligne).  




- DEGAND Eugène (1829-1911), Nice, Le Port, verso, vers 1883-1887,
carte cabinet, tirage albuminé de 15x9,6 cm, contrecollée sur carton épais de 16,5x10,9 cm,
Collection personnelle.




LE VERSO DES PHOTOGRAPHIES

Les photographies conservées d'Eugène Degand (sites de vente en ligne Delcampe et Ebay notamment) sont pour la plupart des tirages albuminés, souvent collés sur carton (plus ou moins épais, format carte de visite ou cabinet, voire de plus rares panoramiques et des grands formats) dont les sujets sont essentiellement des paysages urbains et naturels de la Côte d'Azur (Nice, Cannes, Monaco, Menton, Hyères, Antibes, Villefranche-sur-Mer, Beaulieu...), de la frontière italienne (Vintimille, San Remo, Gênes...), du Sud-Est de la France (Annecy, Aix-les-Bains...) et du Bourbonnais (Vichy et ses environs) mais aussi des portraits, voire quelques natures mortes. 

Il est intéressant de noter que la signature de ses cartons-photos est aussi variée que celle de ses tableaux : "Degand", "E. Degand" (avec au dos des portraits, un "E", d'une police qui imite l'initiale de sa signature de peintre), et plus exceptionnellement, "Eug. Degand".

Quelques types de textes imprimés occupent le verso de ses photos :

1- "Collection de vues pour album et Stéréoscope par Degand (ou Degand à Nice)".

Ces intitulés peuvent correspondre aux débuts de son activité niçoise et font suite à des photographies non identifiées et anonymes des années 1864-1868. Il semble que "Par Degand" concerne les années 1869-1872 et "Degand à Nice", les années 1873-1874.

Sa date d'installation sur Nice est certainement 1863 et son activité de photographe sur la Côte d'Azur est notamment attestée par les archives du Getty Research Institute qui possède une photographie d'Eugène Degand dans une collection constituée par Douglas Merritt dans ses voyages des années 1866 et 1867, et également par les collections de Monaco (photographie datée de 1866).

Voir sur ArchiveGrid : Eugène Degand, dans les collections du Getty Research Institute et Harvard University.







2- Monogramme formé des lettres entrecroisées E et D suivi de "E. Degand - Peinture et photographie - Rue Saint-Etienne - Derrière la Pension Millet [pension citée dans les guides de voyage dès 1866] - et Rue Paradis, 6 - Nice - Portraits - Vues de Nice de toutes grandeurs", ou bien de, "E. Degand - Peinture et photographie - Magasin rue Paradis, 6 - Atelier rue Saint-Etienne - Derrière la Pension Millet - Nice - Portraits - Vues de Nice de toutes grandeurs".

Pour les portraits : "Photographie artistique - E. Degand - Rue Saint-Etienne - Derrière la Pension Millet - Nice".

Ces intitulés peuvent correspondre aux années 1875-1878. Cependant, les cartons imprimés pour les portraits semblent encore utilisés dans les années 1880 mais encadrés d'un liseré rouge et épais au recto.






3-Monogramme formé des lettres entrecroisées E et D suivi de "E. Degand - Peinture et photographie - rue Pastorelli - Derrière la Pension Millet - et Rue Paradis 6 - Nice - Portraits - Vues de Nice de toutes grandeurs".

Alors que l'adresse de la rue Pastorelli est attestée dès 1876, ces intitulés correspondent aux années 1879-1880, les cartons précédents restant utilisés jusqu'en 1878. Il semble même que les cartons réservés aux portraits réalisés en studio aient été utilisés jusqu'en 1883.






4-Monogramme formé des lettres entrecroisées E et D suivi de "E. Degand - Peinture et photographie - Magasin rue Paradis, 8 [et non plus 6] - Atelier rue Saint-Etienne - Derrière la Pension Millet - Nice - Portraits - Vues de Nice de toutes grandeurs".

Monogramme formé des lettres entrecroisées E et D suivi de "E. Degand - Peinture et photographie - Magasin Rue Paradis 8 - Atelier rue Pastorelli - Derrière la Pension Millet - Nice - Portraits - Vues de Nice de toutes grandeurs".

Monogramme formé des lettres entrecroisées E et D suivi de "E. Degand - Peinture et photographie - Magasin Rue Paradis 8 - Atelier rue Pastorelli, 24 - Derrière la Pension Millet - Nice - Portraits - Vues de Nice de toutes grandeurs".

Ces intitulés peuvent correspondre aux années 1881-1883, avec l'attribution du n° 8 à son magasin de la rue Paradis puis l'attribution du n° 24 à son atelier de la rue Pastorelli.





5-Armoiries du Royaume-Uni (blason couronné de 1837, accosté d'un lion et d'une licorne surmontant la devise "Dieu et mon droit") suivi de, "Degand Photographe - Bté (Breveté) de S.M. la Reine d'Angleterre - Rue Pastorelli 24 (Près la Pension Milliet) [avec un "i" désormais, présent sur les cartons photos de Félix Trajan dès 1870, dans les annuaires niçois dès 1873 mais sur les cartons de Degand à partir de 1883/1884 seulement] - Nice - Magasins, Rue Paradis 8 - Vues de Nice, Cannes Monaco - Menton &a [et autres]".

Armoiries du Royaume-Uni (blason couronné de 1837, avec un petit lion supplémentaire au-dessus de la couronne et accosté d'un lion et d'une licorne surmontant la devise "Dieu et mon droit") suivi de, "Degand Photographe - Bté (Breveté) de S.M. la Reine d'Angleterre - Atelier : Rue Pastorelli, 24 - (Près l'Hôtel Milliet) [et non plus, "Pension", le mot "hôtel" apparaît dans les annuaires niçois dès 1885]  - Nice - Magasins, Rue Paradis 8 - Vues de Nice, Cannes Monaco -Menton &a [et autres]".

Armoiries du Royaume-Uni (blason couronné de 1837, accosté d'un lion et d'une licorne surmontant la devise "Dieu et mon droit") suivi de, "Degand Photographe - Bté (Breveté) de S.M. la Reine d'Angleterre - Atelier : Rue Pastorelli, 14 - Près l'Hôtel Milliet [sans parenthèses]- Nice - Magasins, Rue Paradis 6 [et non plus 8] - Vues de Nice, Cannes Monaco -Menton &a [et autres]".

En-dessous de ces mentions (parfois après un espace) apparaît également le nom de l'imprimeur-éditeur (ou cartier) : "D. Hutinet, Paris" (actif dans le dernier tiers du XIX° siècle ; il est l'un des exposants de l'Exposition Universelle de Philadelphia en 1876 puis de Paris en 1878 : "Hutinet (D.), à Paris, rue Grenéta, 43. – Cartes, cartons pour photographies" ; il reste à cette adresse jusqu'en 1880 puis réside au n°18 avenue Parmentier à Paris).

Ces intitulés peuvent correspondre aux années 1883-1887 et 1887-1890, avec l'attribution du n° 24 à son atelier de la rue Pastorelli qui devient le n° 14 dès 1887/1888 (adresse signalée dans l'annuaire niçois de 1888), alors que son magasin reprend le n° 6. 
Certains cartons usités en Savoie portent sur fond jaune à l'encre noire, la mention, "Eug. Degand", qui rappelle la signature de ses tableaux, suivie de "Photographe Breveté - 6, rue Paradis, 6 - Nice". Ces cartons ont pu être utilisés dès la période 1888-1890.







La référence à la reine d'Angleterre dont il s'enorgueillit découle de photographies réalisées lors de la venue de la Reine Victoria sur la Côte d'Azur au printemps 1882 (Menton, du 16 mars au 12 avril 1882). S'il utilise cette référence dans des publicités dès la fin de l'année 1882, il ne semble pas l'utiliser sur ses cartons photographiques avant 1883-1884.



6-Armoiries du Royaume-Uni (blason couronné de 1837, accosté d'un lion et d'une licorne surmontant la devise "Dieu et mon droit") suivi de, "Degand Photographe - Bté (Breveté) de SM la Reine d'Angleterre - Atelier: Rue Cotta, 14 - Près l'Hôtel Milliet - Nice - Magasins, Rue Paradis 6 - Vues de Nice, Cannes Monaco - Menton &a [et autres]".
En-dessous de ces mentions apparaît le nom de l'imprimeur-éditeur (ou cartier) : "L & D, Paris" (cité de 1889 à 1894). 

La mention de la nouvelle adresse de son atelier, 14, rue Cotta, correspondant aux années 1890-1901 apparaît très rarement. Ses cartons des années 1880 ont-ils continué de lui servir (photographies postérieures à 1890 attestées), son activité de photographe ralentissant progressivement ? 




Si les indications permettent de dater avec précision les tirages, il faut cependant adopter une certaine prudence en ce qui concerne les clichés, Eugène Degand ayant notamment effectué de nouveaux tirages de ses clichés anciens, tout au long de sa carrière.

Eugène Degand a probablement entamé sa carrière de photographe à Paris au tournant des années 1860, même si aucune photographie de cette époque n'est connue. Il est venu à Nice en 1863 et il y est resté actif jusqu'en 1905, même si peu de photographies semblent postérieures à l'année 1892.

Certains éléments restent cependant très étonnants : alors qu'il est resté attaché à sa ville natale, aucune photographie de Lille signée de lui n'est connue, et alors qu'il a passé trente ans à photographier les bords de la Riviera, aucune peinture de lui de ces mêmes lieux ne semble connue.