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samedi 24 octobre 2015

413-LE CIMETIÈRE DU CHÂTEAU DE LA VILLE DE NICE-PROJET PÉDAGOGIQUE-2




Le Cimetière du Château et son panorama sur le paysage urbain et naturel (vue nord-est).


VOIR LA PREMIÈRE PARTIE DE CET ARTICLE



Le Cimetière du Château

Sur la Colline du Château il y a, au Moyen-âge, la ville haute entourée de remparts. Au milieu du XVI° siècle (1543), la ville cède la place à la seule forteresse.


- Vue de Nice, perspective de la ville et du château vue par les français lors du siège de 1691 (Archives Départementales des Alpes-Maritimes).
Le Cimetière du Château occupera, dès 1783, une partie de l'ancien emplacement de la citadelle.


Au début du XVIII° siècle, la forteresse est rasée (destruction ordonnée par Louis XIV en 1706et la Colline devient un champ de ruines et un vaste terrain vague. 

A la fin du XVIII° siècle, suite à l'édit royal du 30 juin 1783 relatif aux sépultures, la partie nord de la Colline est transformée en cimetière, avec d'une part la création d'un nouveau cimetière chrétien, avec la petite chapelle Sainte-Madeleine et, d'autre part, le déplacement du cimetière juif (tombes du XVI° au XVIII° siècle) créé en 1408, hors-les-murs de la ville basse, près de l'actuelle rue Sincaire.

Le XIX° siècle voit la transformation progressive de la Colline en parc de loisirs et lieu de promenade. Le cimetière ne devient cependant recherché par les habitants de Nice que dans le second quart du XIX° siècle, avec notamment la création d'un carré protestant (à l'est) et orthodoxe. 


- Détail du cadastre de la ville de Nice, 1812 : plan de la Colline du Château avec au nord les cimetières juif et chrétien.


Avec l'entrée de Nice dans la France (1860), le règlement du Cimetière change (1861) et permet l'achat de concessions temporaires ou perpétuelles, et les habitants investissent dans l'achat de concessions de terrains et dans la construction de monuments funéraires conséquents. 

Le Cimetière devient tout à la fois la ville des morts et le reflet de la ville des vivants, avec ses alignements de tombes, ses rues (allées), ses places (plateaux), ses carrefours, ses arbres, ses architectures, ses célébrités, ses personnalités, ses grandes familles, ses résidents et touristes étrangers. Il devient également le reflet des catégories sociales, avec les classes les plus aisées convoitant les terrains les plus proches de la chapelle et les terrains les plus élevés. La richesse des tombes, de leur monument (stèle, clôture, obélisque, colonnade, caveau, temple, chapelle) et de leur sculpture (bas-relief, ronde-bosse) permet la perpétuation du souvenir du rang social de l'individu. Les plus belles réalisations datent de la fin du XIX° siècle et du début du XX° siècle (1880-1920), traduisant les styles architecturaux et sculpturaux de l'époque et transformant le site en un véritable musée de plein air.


- Les Cimetières juif et chrétien (vue Google Earth).


A l'entrée du Cimetière, la grande Croix de bénédiction de la fin du XVIII° siècle a laissé la place, cent ans plus tard, à la grande pyramide de commémoration des morts de l'incendie de l'Opéra de Nice (1881). A droite de l'entrée, la chapelle Sainte-Madeleine a, de même, cédé la place à la plus vaste chapelle de la Sainte-Trinité (1941).


- Le cimetière chrétien (vue Google Earth) : entrée et chapelle de la Sainte-Trinité (à l'ouest), pyramide en hommage aux morts de l'Opéra (au centre, dans le bosquet de cyprès) et monuments des familles Isnard et Grosso (à l'est).


Le cimetière, ordonné, clair, paisible et bien entretenu, échelonne ses tombes sur plusieurs terrasses reliées par des escaliers. Face à l'entrée, à l'est, les monuments des familles Isnard et Grosso (1894) échelonnent leurs sculptures vers le ciel et dominent l'ensemble du site. Le Cimetière offre un vaste panorama sur la ville et, depuis sa plus haute terrasse sud, une vue sur la mer et l'infini du ciel.

Dans un article du journal "Le Petit Parisien" du 10 avril 1901 (n° 8930 p 1, cf. en ligne sur Gallica), on peut lire : "De la nécropole, qui rappelle les légendaires jardins des califes de Grenade tant ils sont pleins d'herbes odorantes, de fleurs et de voluptueuses statues, dans le goût italien, on découvre une vue admirable. Au loin, ce sont les premiers contreforts des Alpes, dont les sommets s'enveloppent de brume claires, légères comme des gazes d'argent. Au sommet de la colline du château se trouve un ancien fort italien. En bas, c'est la mer que ride légèrement un souffle de brise".


VOIR LA VIDÉO (2 MN 17) DE FRANCE3NICE, 
LE CIMETIÈRE DU CHÂTEAU, 2012



POUR EN SAVOIR PLUS LIRE NOTAMMENT :
- Jacqueline Cuvier, "Le Château : un merveilleux musée funéraire",
 dans, L'Art funéraire à Nice, Fédérations des Associations du comté de Nice, 2010, pp 11-112.
- Véronique Thuin-Chaudron, "Les cimetières de la colline du Château",
 dans l'ouvrage collectif, Alex Benvenuto, Jean-Michel Bessi et Véronique Thuin-Chaudron, Guide amoureux, secret et historique du Vieux Nice, Serre éditeur, 2013, pp 96-105.
- Raoul Nathiez, Gérard Chanut, Josiane et Jo Gasparetti, Roger Rocca, "Le Cimetière du Château, l'histoire, le plan, les personnages célèbres", dans, Lou Sourgentin, Le Temps de Toussaint, n° 148, octobre 2001, pp 5-19,
- Michèle Cianea (Dir.), Rapport d'inventaire - Cimetière du Château, Mission Patrimoine, 2001,
(Archives Municipale-cote TH215).
- Mader, Fritz und Dr.: Illustrierter Führer durch die Französische RivieraNizza, Gross Verlag, 1899.
- Henri Sappia, "Notre ancien cimetière", dans, Nice Historique, 1899, n° 757 pp 230-239 et 248-251.



Plan du Cimetière chrétien (le sud est à droite) et des tombes de ses personnalités (plan remis par Monsieur Vial, gardien du Cimetière).


- Cimetière du Château (plateau d'entrée) : masque féminin sculpté à l'entrée de la tombe de la Famille B., vers 1892.