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vendredi 31 octobre 2014

280-LES COULEURS RETROUVÉES DE LA SCULPTURE ANTIQUE, EXPOSITION À LA GLYPTOTHÈQUE DE COPENHAGUE, 2014






Lion couché, c.570-560 av. J.-C.,
 calcaire, H : 53 cm, L : 100 cm, musée de Loutraki (Grèce).


En 2014, 120 sculptures antiques sont exposées à la Glyptothèque Ny Carlsberg de Copenhague (Danemark). Ces sculptures originales, essentiellement grecques et romaines mais également égyptiennes appartiennent pour une part à la glyptothèque et pour une autre part à de grands musées internationaux qui les ont prêtées.


Caligula, vers 37-41, marbre, H : 28 cm, 
Munich, Gottingen, Archäologischen Institut der Universität Göttingen und Stiftung Archäologie.


L'originalité de cette exposition est de confronter la sculpture originale à un moulage en plâtre qui, lui, reconstitue la polychromie de l'oeuvre initiale, et d'offrir ainsi au visiteur une nouvelle vision colorée des figures et des motifs sculptés, au lieu du marbre blanc ou de la couleur naturelle de la pierre.
L'exposition permet ainsi de visualiser de longues recherches scientifiques sur la polychromie antique des sculptures (et des architectures), sur les traces de couleurs conservées sur les œuvres et visibles à l’œil nu, à la loupe binoculaire et au microscope électronique, ou bien révélées par l'utilisation de laser, de rayons X, de lumière infrarouge et ultraviolette. Des micro-prélèvements ont été réalisés permettant d'identifier la structure de la couche peinte (cire d'abeille et gomme arabique) ainsi que les pigments utilisés, organiques (naturels) et surtout synthétiques (fabriqués), et de proposer ensuite la mise en peinture d'une copie.


VOIR LA VIDÉO (1 MN)  DE PRÉSENTATION DE L'EXPOSITION, 2014



Le mythe d'une sculpture antique monochrome s'est construit à la Renaissance italienne, notamment du fait de la disparition de la polychromie des œuvres au cours du temps. La beauté visible du marbre blanc, pur et sacré, est ainsi devenu un idéal de la sculpture occidentale qui s'est perpétué dans l'imaginaire collectif, malgré les découvertes de Pompéi ou les restes de polychromie sur les bâtiments de l'Acropole.


Tête de guerrier, c.480 av. J.-C.,
d'après l'original, en marbre de Paros, provenant du Temple d'Athéna Aphaia d'Egine.

Reconstitution du fronton sculpté polychrome (face est) du Temple d'Athéna Aphaia d'Egine
 par l'archéologue allemand Adolf Furtwängler (1853-1907), en 1906.

La sculpture blanche occidentale a ainsi pu s'opposer à la sculpture colorée d'autres civilisations jugées barbares, alors que la sculpture et l'architecture antiques et médiévales étaient polychromes. La peinture permettait d'ajouter des teintes réalistes (peau, cheveux, œil, vêtement) mais également des détails peints (accessoires, bijoux, emblèmes, motifs décoratifs et symboliques), parfois guidés par de très légères incisions du sculpteur. 


La Koré au péplos, c.540 av. J.-C.,
 marbre, H : 130 cm, Munich, Stiftung Archäologie.

Les sculptures en bronze étaient pourvues, pour leur part, d'incrustations d'ivoire, d'or, d'argent, de cuivre, d'ambre, de coquillages ou de pierres semi-précieuses, notamment pour les yeux (différentes matières), les dents (argent), les lèvres ou les mamelons (cuivre).


Tête de jeune homme portant le bandeau de la victoire, début du Ier s.,
copie romaine d'un original grec du V° s. av. J.-C., bronze, H : 46 cm,
les yeux en argent ornés de pupille en grenat ont été perdus, Munich, Glyptothek.

Yeux d'une statue de bronze probablement grecque du V° s. av.J.-C.
bronze, marbre, pâte de verre, quartz et obsidienne, 5,1x3,8x3,8 cm, New York, Metropolitan Museum of Art.