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samedi 6 juin 2026

1466-CANNES : CHRONIQUE DES TRAVAUX DE LA VOIE FERRÉE-1

 

 SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS


- BENOIST Félix (1818-1896), dessinateur et SABATIER Léon (?-1883), lithographe, 
Cannes et les Îles de Lérins, Vue prise des hauteurs de la route de Grasse, 1864,
détail montrant la voie ferrée et le passage du train,
lithographie en couleurs de 24x33 cm sur feuillet de 34x49 cm,
extraite de l'ouvrage, Alpes-Maritimes, Nantes, Lith Charpentier, Edit-Paris (Collection privée) (voir l'étude de cette lithographie, ici).



CANNES : CHRONIQUE DES TRAVAUX DE LA VOIE FERRÉE

AU MILIEU DU XIXe s.



INTRODUCTION


Le dépouillement du journal numérisé, Le Toulonnais (Archives départementales du Var), entamé en vue de la recherche de photographes en activité à Toulon, a également permis de croiser de nombreuses informations concernant la ville de Cannes (avant et après 1860) et, notamment, celles des étapes de construction de sa voie ferrée et de sa gare.

Les nouvelles diffusées par Le Toulonnais, parfois reprises d'autres publications, peuvent cependant dater de quelques jours, de quelques semaines ou même, de quelques mois. Les dates de parution du journal doivent donc être considérées avec prudence en rapport à la réalisation des travaux évoqués. 

Les informations recueillies ont été complétées par celles d'autres journaux : L'Avenir de Nice et Le Messager de Nice (Archives départementales des Alpes-Maritimes), le Journal de Monaco (Archives de la Principauté) et le Journal des Chemins de fer (Google Livres).



CANNES AU SEIN DU PROJET DE LA LIGNE TOULON-CAGNES


La traversée de Cannes (Var) par le chemin de fer fait partie d'un vaste projet qui commence avec la loi du 8 juillet 1852 (décret d'application du 8 décembre), décidant la création d'une ligne devant relier Marseille (Bouches-du-Rhône) à Toulon (Var).

Pendant plusieurs années, priorité est uniquement donnée à l'étude puis à la réalisation des sections reliant Marseille à Aubagne et Aubagne à Toulon.


1856

Ce n'est qu'à partir du début de l'année 1856 qu'un avant-projet d'une ligne de chemin de fer de Toulon à la frontière du comté de Nice prend forme.

Les sections entre la ville de Toulon et le fleuve Var (145 km environ) sont confiées à la Compagnie de Lyon à la Méditerranée qui étudie le tracé de la voie ferrée et le futur emplacement des stations.

"La valeur de ce chemin, au point de vue du trafic deviendra réelle lorsque le gouvernement piémontais, exécutant la section de Nice à Gênes, ou à Coni, complètera une voie de communication ferrée, unique peut-être en Europe ; Paris, Lyon, Marseille, tout le midi de la France, reliés par Gènes à l'Italie" (Le Toulonnais du 13 mars 1856).

Le territoire de Cannes est concerné au printemps : "Grande émotion à Cannes depuis quelques jours : les agents de la compagnie Talabot, plantent des jalons et s'occupent en ce moment de l'étude du chemin de fer, qui, il faut s'en réjouir, passerait près et non loin de la ville, comme cela avait été dit en principe. 

La question de la gare est aussi ce qui occupe les esprits. Y en aura-t-il une à Cannes ? se demande-t-on. Où sera-t-elle établie, du côté de Fréjus, ou près de Mandelieu ?" (Le Toulonnais du 3 mai 1856).


1857

L'enquête se poursuit au cours de l'année 1857 mais, dès le 11 avril, la concession des sections de Toulon à Solliès-Pont (16 km) et des Arcs à Cannes (61 km) est approuvée, et les documents sont adressés à tous les chefs-lieux d'arrondissement concernés. 

La mairie de Cannes, qui se réjouit de cette nouvelle voie de communication apte à développer l'importance commerciale de la ville et à faire affluer davantage de familles en hiver, adresse à l'Empereur les sentiments de gratitude de la population toute entière (AM de Cannes, séance du 26 avril 1857, 1D15_0070, vues 46-47, M. Millet, maire).

Divers chantiers débutent simultanément sur divers points de la nouvelle ligne, alors que les travaux se poursuivent parallèlement entre Marseille et Toulon.


1858

Début 1858, l'ingénieur en chef Gaduel, s'installe à Cannes. 

"On travaille fort activement au chemin de fer de Marseille à Toulon, surtout dans la vallée de l'Huveaune

De Toulon à la frontière du Var les ouvriers sont aussi occupés à creuser les galeries des tunnels, et bientôt on donnera l'impulsion aux autres travaux de la ligne" (Le Toulonnais du 19 janvier 1858).

En octobre 1858, un ajournement des travaux de cette dernière section est révélé (Le Toulonnais des 9 et 21 octobre 1858) mais, en même temps, l'ouverture de la section Marseille-Aubagne est fixée au 20 octobre 1858 (Le Toulonnais du 12 octobre 1858).

Le chantier de la section de Toulon au Var semble reprendre à la fin de l'année, avec le défi de creuser, au travers des Monts de l'Estérel, le tunnel de Saoumes, sur les communes de Théoule et de la Napoule (Var, au sud-ouest de Cannes).


1859

Ainsi, en janvier, "c'est au défilé des Pendus, près du village de la Napoule, que se font en ce moment des travaux d'exécution d'une fraction du plan du chemin de fer de Toulon à Nice, travaux d'essais pour évaluer la dépense qu'il y aura à faire pour traverser la chaîne de montagnes de l'Estérel. Plus de 40 ouvriers sont occupés à ce travail préliminaire" (Le Toulonnais du 29 janvier 1859).

"On nous écrit de Cannes, 4 avril : Voici l'itinéraire, ou la liste des points où il y aura, assure-t-on, des stations, d'après le tracé qui a été adopté pour le chemin de fer de Toulon à Nice, ce sont : La Valette, Hyères, Cuers, Solliès, Pignans, Gonfaron, le Luc, Vidauban, les Arcs, Draguignan, Trans, le Muy, le Puget, Fréjus, St-Raphaël, Cannes, Golfe-Jouan, Antibes, Cagnes, St-Laurent" (Le Toulonnais du 7 avril 1859).

La fin de la section Aubagne-Toulon permet, le 3 mai 1859, l'ouverture de la ligne Marseille-Toulon toute entière (Le Toulonnais du 21 avril 1859).

Avec le décret impérial du 3 août 1859 "Art. 1er. Est déclarée d'utilité publique l'exécution : D'un chemin de fer de Toulon à la frontière d'Italie, avec embranchement sur Draguignan ;

Art. 2. Le chemin de fer de Toulon à la frontière d'Italie passera par ou près Solliès-Pont, Vidauban, Fréjus, Cannes et Antibes" (Le Toulonnais du 11 août 1859).

Fin 1859, l'évaluation du prix de revient du mètre courant de tunnel et de déblais au travers des roches de l'Estérel se termine : "Plus de 30 mètres de tunnel sont déjà faits à titre d'expérimentation sur le versant N.-E. de la montagne qui se trouve près le mouillage de Téoule (sic) où il débouchera, après une percée de 800 mètres environ, et déjà la curiosité est excitée par ces travaux qui attirent des visiteurs.

On met la dernière main en ce moment à l'étude de la route de Cannes à Grasse. C'est une amélioration que réclamait le développement croissant du commerce, et qu'explique du reste le prochain établissement à Cannes de la gare, qui est destinée à devenir le centre de ce mouvement, et dont l'emplacement est déjà fixé" (Le Toulonnais du 15 décembre 1859). 

À Cannes, "les travaux d'exécution commenceront, du côté du torrent du Riou, à l'ouest de la ville, et seront entrepris sur une grande échelle, depuis Saint-Raphaël à la Napoule, dans le courant du mois prochain" (Le Toulonnais du 20 décembre 1859).

Suite à l'intervention d'un propriétaire (Lord Brougham ?) auprès de la mairie de Cannes, le tracé de la voie de chemin de fer est cependant remis en question dans le quartier ouest de la ville. 

"Cannes, 29 décembre. N'étaient les difficultés que vient de présenter, dit-on, l'un des propriétaires du quartier de Riou, les travaux du chemin de fer auraient pu être commencés aux abords de Cannes, dans le courant du mois prochain. Le jury d'expropriation est appelé à émettre ses décisions, et cela comportera un retard de trois mois" (L'Avenir de Nice du 31 décembre 1859).


1860

Le 19 janvier, "le tracé du chemin de fer de Toulon à la frontière d'Italie, pour la partie comprise entre la station des Arcs et la limite des communes de Cannes et de Vallauris, sur une longueur de 61,443 mètres, a été approuvé par Son Exc. le ministre des travaux publics.

Le tracé part de la route départementale qui conduit à Draguignan, traverse la route impériale n° 97 et se maintient entre la route et la rivière d'Argens jusqu'à Fréjus. De là, le chemin se dirige sur Saint-Raphaël, qu'il traverse, et suit à peu près le sentier de la douane, à peu de distance de la mer, jusqu'au cap Roux, en coupant la presqu'île d'Armont et contournant la rade d'Agay. 

Il traverse ensuite un contrefort de l'Estérel par un souterrain de 810 mètres de longueur, et prend la direction du littoral en franchissant les rivières de l'Argentière et de la Siagne, pour ne plus quitter le bord de la mer jusqu'à Cannes. 

Il passe en souterrain sous un faubourg de cette ville, et se développe par une grande ligne courbe devant la presqu'île de la Croisette, pour venir rejoindre la route impériale qu'il ne quitte plus jusqu'à la commune de Vallauris" (Le Toulonnais du 20 janvier 1860).

"Cannes, 3 février. C'est hier, qu'aux termes de l'arrêté de M. le préfet du Var, en date du 28 janvier, a été ouverte à la mairie de Cannes, pour être fermée le 10 de ce mois l'enquête pour préparer l'expropriation des terrains nécessaires à l'exécution de la section du chemin de fer de Toulon à Nice, et qui dépendent de la commune.

Cette section comprend une longueur de 8,356 mètres 112. Le chemin de fer y entre, en traversant la petite Siagne, tout près de la Méditerranée, par un remblai de 4 mètres 55 cent. au-dessus du niveau moyen de la mer. Il sort de la commune de Cannes, près du golfe Juan, par 9 m. 50 c. au dessus de ce même niveau et avec un remblai de 1 m. 85 с.

Le plan déposé à la mairie, ainsi que les notices explicatives sur le tracé et les ouvrages, qui l'accompagnent, sont de véritables modèles de ce genre de travaux. Ils ont été dressés par M. Gaduel, ingénieur principal du chemin de fer (...).

Le nombre des ouvriers employés aux travaux du rail-way à 1a Napoule et au principal contrefort à traverser des montagnes de l'Estérel, s'élève déjà à plus de 400. Il y en arrive journellement" (L'Avenir de Nice du 5 février 1860).

Le 6 février 1860, le Conseil municipal de Cannes demande l'aménagement de plusieurs des routes et chemins coupés par le tracé de la voie ferrée et, notamment, le remplacement du passage à niveau prévu au Riou par un pont sur rail, plus sûr (cette demande sera acceptée -AM de Cannes, 1D15_0243, vues 174-176, M. Millet, maire).

Le 4 mars 1860, le même Conseil accepte l'indemnité proposée par la Compagnie du chemin de fer pour l'occupation d'une partie de la butte de la chapelle Saint-Roch au nord-ouest de la ville (5.500 fr.) et la démolition de cette chapelle (6.500 fr. et cession des matériaux provenant de la démolition) (AM de Cannes, 1D15_0244, vues 176-177, M. Millet, maire). 

Lors de la séance du 17 mars, un nouveau terrain, situé près de l'hôpital (un peu plus au sud de l'entrée occidentale du tunnel), est en cours d'acquisition par la commune afin d'y reconstruire la chapelle (AM de Cannes, 1D15_0250, vue 181, M. Barbe, maire).

[La démolition de la chapelle Saint-Roch, indispensable au percement du tunnel, a probablement été immédiate (peu après mars 1860). La reconstruction de la chapelle près de l'hôpital s'est faite par la suite mais les dates précises du chantier ne sont pas connues (vers 1862 ?)].



CANNES AU SEIN DES TRAVAUX DE LA LIGNE TOULON-NICE


1860

En mars 1860, les travaux commencent à Cannes, "à l'entrée de la ville, coté ouest, où sera établi un tunnel de près de 200 mètres, et à l'endroit près duquel doit être construite, côté est, la gare" (Journal des Chemins de fer du 24 mars 1860, p. 198 ; Le Messager de Nice du 3 juin 1860).

Suite à l'Annexion française du comté de Nice au printemps 1860, la ligne de Toulon est désormais envisagée jusqu'à la ville de Nice. 

Parallèlement, "les projets définitifs sont approuvés pour deux sections, l'une de Toulon à Solliès-Pont, de 16 kilomètres de longueur, l'autre de la station des Arcs jusqu'à la limite du territoire de Cannes, sur 61 kilomètres de longueur.

Les acquisitions de terrain sont commencées dans ces deux sections. Plusieurs lots de travaux sont adjugés, notamment celui qui contient la traversée des montagnes porphyriques de l'Estérel, entre Fréjus et Cannes, où les chantiers sont déjà en grande activité et où l'on a commencé le percement des souterrains et l'ouverture des grandes tranchées que comporte l'établissement du chemin de fer sur cette partie difficile du littoral.

Les projets définitifs des autres sections de la ligne, seront très-prochainement soumis à l'approbation de M. le ministre des travaux publics, en sorte que d'ici à peu de mois la construction du chemin de fer sera en pleine activité sur tous les points.

Nous espérons être en mesure de mettre en exploitation, dans les premiers mois de 1862, la section de Toulon à Solliés-Pont, formant prolongement de la ligne de Marseille à Toulon. Sur la fin de la même année, nous pourrons probablement ouvrir une seconde section de Solliés-Pont aux Arcs.

Suivant toute probabilité l'ouverture de la ligne entière, jusqu'au Var, aura lieu dans les derniers mois de 1863 (Le Toulonnais du 3 mai 1860).

Lors de ce printemps 1860, le Conseil municipal de Cannes demande le remplacement du passage à niveau prévu à l'est de la ville, sur la route Impériale n° 97, par un pont sur rail (séance du 20 mai 1860 - cette demande sera rejetée) et un meilleur aménagement de chemins vicinaux (séance du 12 juin 1860). 

Le 9 juillet 1860, le préfet du Var prend un arrêté qui ouvre une enquête sur le nombre et l'emplacement des stations à établir pour le chemin de fer de Toulon à Nice, dans la partie de la ligne comprise entre les Arcs (près de Draguignan) et Cannes. Les cinq stations projetées sont celles du Muy, Roquebrune, Fréjus, Saint-Raphaël (port de mer) et Cannes.

Le 15 juillet, le Conseil municipal de Cannes demande à la Commission supérieure qui doit se réunir à Grasse, le 21 de ce mois puis, en dernier lieu, à Draguignan le 23, d'améliorer les voies d'accès de la future gare, notamment afin d'y faciliter le trafic des marchandises (AM Cannes, 1D15_0285, vues 204-206 ; Le Goff maire).

Le tracé de la ligne cannoise est matérialisé par des piquets (Journal de Monaco du 15 juillet 1860). 

"Un quatrième chantier de travaux, pour le chemin de fer de Toulon à Nice, vient d'être ouvert à Cannes aux abords de la ville (route d'Antibes) [côté est], vers le point où un passage à niveau doit être établi. 

On fait des terrassements et on prépare, le long de la voie ferrée, le chemin carrossable qui doit desservir les propriétés qu'elle ne laissera plus en communication avec la route Impériale No 97 que par un ou deux passages. Les travailleurs, les terrassiers qu'il y a ici, sont en général des Piémontais, des Génois, que les plus rudes travaux n'effrayent pas.

Les excursionnistes qui n'ont pas visité, depuis 2 mois, la Napoule et Théoule, points maritimes situés au versant ouest de l'Estérel, sont tout étonnés, aujourd'hui, de trouver, là où il n'y avait que quelques cahuttes, deux véritables villages improvisés pour les besoins des ouvriers employés aux travaux du chemin de fer. 

On fait, sur les côtes des montagnes de l'Estérel, de commodes chemins pour le service, et ces voies de communications, que le temps ne détruira pas de sitôt, quand la construction du chemin de fer sera achevée, ne seront pas un des moindres avantages dont jouira le pays" (Le Toulonnais du 24 juillet 1860).

"Les entrepreneurs ont établi à Saint-Raphaël un immense atelier de construction où un grand nombre d'ouvriers d'élite préparent tout ce qui est nécessaire pour les travaux d'art de la partie de la ligne concédée entre Saint-Raphaël et le cap de la Croisette, près de Cannes. Bientôt une plus grande quantité d'ouvriers viendra encore doubler l'importance des travaux" (Journal de Monaco du 29 juillet 1860).

Par décret impérial du 22 août 1860, la section de chemin de fer comprise entre le Var et Nice est déclarée d'utilité publique et 6 millions de francs viennent compléter l'attribution initiale de 60 millions (Journal des Chemins de fer du 1er septembre 1860, p. 723).

En septembre, du côté ouest de Cannes, "on travaille dans la propriété de M. W... [Woolfield], le riche insulaire auquel Cannes doit tant de jolies constructions" (Journal de Monaco du 30 septembre 1860). 

Les déblais du tunnel Saint-Roch de Cannes vont servir à la construction du chemin de la Croisette dès la fin de l'année (accord du Conseil municipal du 4 novembre 1860 - Mémoires de la Société des Sciences Naturelles, des Lettres et Beaux-Arts de Cannes et de l'Arrondissement de Grasse, 1868-1873, p 282).

"Cannes, 18 novembre (...) - Les travaux du chemin de fer sont poursuivis avec activité dans la section comprise entre les Arcs et la Croisette, près de Cannes, où la circulation des ouvriers est croissante, au grand avantage du petit commerce de la localité.

On annonce que les dernières difficultés qu'il y avait à ce que les concessionnaires des travaux employassent autant d'ouvriers que possible, viennent d'être levées. Les ouvrages d'art (ponts et ponceaux) avancent beaucoup dans leur construction. Ils sont d'une remarquable solidité.

Le tunnel à travers l'Estérel fait son chemin aussi ; la dépense qu'il occasionne est énorme. On estime que chaque mètre courant ne coûtera pas moins, assure-t-on. de 1800 francs. Celui de la butte de Saint-Roch, à l'entrée de Cannes, côte ouest, de 110 mètres, coûtera à peu près autant" (Le Toulonnais du 20 novembre 1860).

Le 21 novembre 1860, le département des Alpes-Maritimes est recréé par décret impérial, l'arrondissement de Grasse, comprenant la ville de Cannes, étant rattaché au territoire de l'ancien comté de Nice.



À SUIVRE




samedi 30 mai 2026

1465-LES PHOTOGRAPHES RECENSÉS À TOULON (1901)

 

 SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS


 LES PHOTOGRAPHES RECENSÉS À TOULON


VOIR LE DÉBUT DE CET ARTICLE



Avec l'année 1901 se termine la recherche des noms de photographes (patrons et employés, hommes et femmes, Français et étrangers) dans les registres de recensement de Toulon.

Sur l'ensemble de la période étudiée (1841-1901), près de 130 noms ont pu être relevés mais cette liste est très loin d'être exhaustive. Plusieurs dizaines de noms complémentaires ont pu être découverts dans d'autres types de sources et beaucoup restent encore à découvrir.

Les registres de 1901 ont l'avantage de préciser assez souvent si le ou la photographe est son propre patron ou bien le nom de son employeur.



TOULON - RECENSEMENT DE 1901

101.602 habitants (Canton est, 50.035 habitants - Canton ouest, 51.567 habitants ; registres signés par le maire le 10 mai 1901) - 46 "photographes"


Canton est - Section 1

- vue 25, boulevard Dutasta, 14 : BOGARRY, Jules, 29 ans, Français, Chef, Photographe, [employé chez] Couadou - BERTRAND, Marie Louise, 26 ans, Française, Femme, Photographe, idem [employée chez Couadou] - Mille, Césarin [sic], 60 ans, Française, Belle-Mère, idem [photographe ?], idem [employée chez Couadou ?] -

- vue 25, boulevard Dutasta, 17, Baraquements : Photographie, LAPLANA, Jean [âge non précisé], Espagnol, Chef, Photographe, patron - Jua, Claudine [âge non précisé], idem [Espagnole], femme, idem [photographe ?] - Laplana, Angelina [âge non précisé], idem [Espagnole], Enfant, idem [photographe ?] -

- vue 27, rue Etienne Pélabon, 9 : Rougelet, Pauline, 30 ans, Française, Chef, Journalière - idem [Rougelet], Amélie, 27 ans, idem [Française], soeur, idem [journalière] - idem [ROUGELET], Pierre, 18 ans, idem [Français], Frère, Photographe - idem [Rougelet], Marie Antoinette, 7 ans, idem [Française], fille -

- vue 33, rue Ginoux, 1 : [la famille Rougelet de la vue 27 est à nouveau citée, avec la différence suivante :] - idem [ROUGELET], Pierre, 18 ans, idem [Français], frère, aapprenti photographe, [employé chez] Eugène de Paris -

- vue 302, rue de Lorgues, 18 bis : GERBY, Baaptistin, 39 ans, idem [Français], chef, photographe, patron - idem [Gerby], Louise, 21 ans, idem [Française], femme - Jeannet, Justine, 70 ans, idem [Française], tante - Ferreroli, Emilie, 24 ans, Italienne, domestique -

- vue 308, rue Roche, 17 : COUADOU, Paul, 37 ans, idem [Français], chef, photographe, paatron - Schmid, fanny, 63 ans, idem [Française], domestique -

- vue 329, rue Lafayette, 84-86 : HOLZ, Georges, 40 ans, idem [Français], photographe - idem [Holz], Thérèse, 37 ans, idem [Française], femme - Holz, Marcel, 15 ans, idem [Français], fils - idem [Holz], Louise, 5 ans, fille -

- vues 344-345, rue Lafayette, 37 : BAYOL, Auguste, 33 ans, f. [Français], Chef, photographe, [patron] Jacomin R. Lafayette 37 - JACOMIN, Hélène, 28 ans, f. [Française], épouse, photS.p. [sic] [photographe, avec correction, sans profession], f. [femme] - Bayol, Marie, 8 ans, f. [Française], fille, S.p. [sans profession] - Bayol, Charles, 6 ans, f. [Français], fils, S.p. [sans profession] - Bayol, Joseph, 5 ans, f. [Français], fils, S.p. [sans profession] -Bayol, Victoire, 3 ans, f. [Française], fille, S.p. [sans profession] - MIOLET, Alfred, 23 ans, f. [Français], employé, photographe, chez Bayol photographe - Beatrin Mornio, Rose, 20 ans, Italienne, domestique, domestique [sic], idem [chez Bayol photographe] -


Canton est - Section 2

- vues 7-8, boulevard de Strasbourg, 46 : LEENAERTS, Alphonse, 56 ans, Belge, chef, photographe, patron - idem [Leenaerts], Marie, 51 ans, idem [Belge], Epouse, S.p. [sans profession] - LEENAERTS, Eugène, 26 ans, Belge, fils, photographe, [chez] Leenaerts - idem [Leenaerts], Gaston, 27 ans, idem [Belge], fils, S.p. [sans profession] - Rostan, Marguerite, 19 ans, Italien (sic], domestique, domestique [sic], [chez] Leenaerts -

- vue 174, quartier Claret, 66 : Deluen [sic], Amélie, 60 ans, idem [Française], mère, S.p. [sans profession] - DULUEN [sic], Louis, 41 ans, idem [Français], fils, photographe, [employé chez] Gerby - Scmidt [sic], Marguerite, 35 ans, idem [Française], belle fille, s.p. [sans profession] -

- vue 372, [faubourg] Mourillon, rue Aufan, 4 : GROC, Marius, 34 ans, idem [Français], chef, photographe - idem [Groc], Virginie, 27 ans, idem [Française], épouse - idem [Groc], Henri, 3 ans, idem [Français], fils - idem [Groc], Madeleine, 19 mois, idem [Française], fille -

- vue 412, rue Castel, 35 : FONTAINE, Armand, 44 ans, idem [Français], Chef, photographe, [employé chez] Bougault - LE CORVELLER, Eugène [sic] 27 ans, idem [Française], épouse, idem [photographe], idem [employée chez Bougault] - LE MELEDER, Jeanne, 21 ans, idem [Française], pupille, photographe, [employée chez Leenaerts] -

- vue 534, Ce [caserne] Pellicot, 3 : Blanc, Lucie, 61 ans, idem [Française], Chef - idem [BLANC], Georges, 17 ans, idem [Français], Fils, Photographe, [employé chez Maurel] -


Canton est, Section 3

- vue 17, rue St-Jacques, 3 : Revolt, Joseph, 44 ans, idem [Français], chef, facteur, [employé aux] postes - idem [Revolt], Marie, 38 ans, idem [Française], femme - REVOLT, Charles, 15 ans, idem [Français], enfant, photographe, [employé chez] M. Bar, place Puget - Revolt, Joseph, 13 ans, idem [Français], idem [enfant] - idem (Revolt], Jean, 8 ans, idem [Français], idem [enfant] - idem [Revolt], Marius, 3 ans, idem [Français], idem [enfant] -

- vue 25, rue Tonnellerie, 8 : Andreani, pierre, 27 ans, idem [Français], chef, ouvrier, [employé de l'] Industrie - idem [Andreani], François], 4 ans, idem [Français], enfant - idem [ANDREANI], Laurent, 14 ans, idem [Français], idem [enfant], photographe, [employé chez] Couadou photographe -

- vues 184-185, route de la Valette, 6-10 : Lautard, François, 38 ans, idem [Français], mari, Aubergiste - Lautard, Euphémie, 30 ans, idem [Français], femme - Lautard, Charles, 10 ans, idem [Français], Enfant - Lautard, Thérèse, 8 ans, idem [Française], idem [Enfant] - Lautard, Jérôme, 3 ans, idem [Français], idem [Enfant] - BARRET, Antoine, 27 ans, idem [Français], Célibataire, Photographe - Surre, Emma, 35 ans, idem [Française], mde [marchande] de bijoux - Chalinette, Pierre, 32 ans, F. [Français], célibataire, md [marchand] de bijoux - BUISSON, Léonard, 19 ans, idem (Français], idem [célibataire], photographe - Pons, Eugénie, 17 ans, idem [Française], idem [célibataire] - Dumont, Jean, 28 ans, idem [Français], idem [célibataire], photographe ... -

- vue 202, route de la Valette, 86 : AMIZIO, Julien, 50 ans, idem [Français], mari, Photographe à l'Arsenal - Amizio, Joséphine, 40 ans, idem [Française], femme, tailleuse - Amizio, Marie, 9 ans, idem [Française], Enfant, idem [tailleuse ?] -

- vue 403, Campagne Garcin, 32 : MIOLLAN, Auguste, 35 ans, idem (Français], Chef, Photographe - idem [Miollan], Joséphine, 3 ans, idem [Française], Enfant, Sans [sans profession] - idem [Miollan], Jeanne, 8 ans, idem [Française], Enfant, Sans [sans profession] -Miollan, Valentine, 6 ans, idem [Française], Enfant, Sans [sans profession] - 

- vues 412-413, Campagne Consollin (121) : HAMEL, Jules, 38 ans, idem [Français], Chef, Photographe, [à la] Marine - idem [Hamel], Louise, 27 ans, idem [Française], Epouse, Commerçante, Patron - Hamel, Alexandre, 12 ans, français, Enfant, Sans [sans profession] - idem [Hamel], Jules, 8 ans, idem [Français], Sans [sans profession] - Consollin, Eliza, 53 ans, idem (français], B. Mère [belle-mère], Rentière -


Canton ouest, section 1

- vue 21, place Saint-Roch, baraques foraines, 29 : POURRIER, Jules, 36 ans, f. (Français], chef, photographe, forain, patron - LARGERON, Marguerite, 29 ans, f. [Française], épouse, idem [photographe ?], idem [patron ?] - PABUQUETTE, Auguste, 52 ans, f. (Français], employé, employé [sic], [chez] Pourrier - CLARC, Michel, 18 ans, f. [Français], idem [employé], idem [employé], idem [chez Pourrier] -

- vue 21, place Saint-Roch, baraques foraines, 30 : CLAGNUS, Joseph, 45 aans, f. [Français], Chef, photographe forain - Henry-Louis, anna, 37 ans, f. [Française], épouse, s.p. [sans profession], idem [patron ?] - WEINAELTER, Henri, 22 ans, f. [Français], employé, employé photographe, [chez] Clagnus - Armand, Jean, 25 ans, f. [Français], idem (employé], idem [employé photographe], idem [chez Clagnus patron] -

- vue 30, rue Courlet, 8 : BOBOLI, Amédée, 34 ans, f. [Français], idem [chef], photographe, patron - Bonino, Ursule, 33 ans, f. [Française], épouse, s.p. [sans profession], idem [patron ?] - Boboli, antoinette, 3 ans, f. [Français], fille, s.p. [sans profession], idem [patron ?] -

- vue 64, rue Molière, 14 : LEENAERTS, Henri, 54 ans, F. n. [Français après naturalisation], Epoux, Photographe, Patron - Espenon, Philomène, 52 ans, F. (Française], Epouse, idem [photographe ?] - Leenaerts, Joseph, 28 ans, F. [Français], fils, Avocat - Leenaerts, Alphonse, 21 ans, F. [Français], fils, Etudiant en droit -

- vue 202, place Puget, 1 : MONETTO, Joseph, 27 ans, idem [Français], idem [chef], photographe, [employé chez] Gerby -

- vue 225, rue Nationale, 40 : PONS, Jules, 33 ans, idem [Français], Chef, photographe chez Hotz -

- vue 250, rue Nationale, 65 : NAUDOL, Louis, 31 ans, idem [Français], Chef, photographe, [employé chez] Bar -

- 275, rue Savonnières, 8 : Ferrero, Augustine, 41 ans, Italienne, chef, Loueuse en garni, patronne - Ferrero, Joseph, 18 ans, idem [Italien], fils, forgeron - FERRERO, Jeanne, 16 ans, idem (Italienne], fille, photographe - Ferrero, Jean, 15 ans, idem (Italien], fils, S.P. [sans profession] -

- vuue 285, rue Neuve, 6 : BANANI, Hippolyte, 38 ans, idem [Français], chef, photographe, patron -

- vue 399, rue République, 34 : FRANC, Jean, 29 ans, idem [Français], chef, photographe, patron -

- vue 402, rue République, 44 : ESPER, Marius, 19 ans, idem [Français], chef [non], apprenti photographe, divers [patrons] - Esper, Joseph, 69 ans, idem [Français], père, idem [non, chef] - Esper, Eugène, 21 ans, idem [Français], frère, mécanicien -

- vue 428, place Gambetta, 7 : BOURGOL, Alexandre, 24 ans, idem (Français], Chef, Photographe, patron - Bouchero, Joseph, 32 ans, idem (Français], Ami, Employé de commerce -


Canton ouest, section 2

- vue 5, rue Hôtel-de-Ville, 10 : COUTURIER, alex, 32 ans, idem (Français], chef, photographe, patron - idem [Couturier], Anna, 26 ans, idem [Française], épouse - idem [Couturier], Eugénie, 8 ans, idem [Française], fille - idem [Couturier], Jules, 6 ans, idem [Français], fils -

- vue 23, place de la Liberté, 3 : BOUGAULT, alexandre, 49 ans, français, chef, photographe, patron - idem [Bougault], Clotilde, 48 ans, idem [Française], épouse - BOUGAULT, alexandre, 26 ans, idem [Français], fils, photographe, patron - idem [Bougault], Jeanne, 18 ans, idem [Française], fille - idem [Bougault], paul, 15 ans, idem [Français], fils -  idem [Bougault], andré, 12 ans, idem [Français], fils -  idem [Bougault], andréa, 12 ans, idem [Française], fille -  idem [Bougault], frédéric, 7 ans, idem [Français], fils - 

- vue 135, Cité Montéty, 7 : GASPÉRINI, Louis Ange, 28 ans, idem (Français], Chef de ménage, Photographe opérateur, [employé chez] M. Bar - Guerin, Pauline Charlotte, 23 ans, idem (Française], Epouse, Débitante de tabac, patron -

- vue 225, quartier Pont-du-Las, rue St-Michel, 19 : Augé, Eliacin, 41 ans, idem [Français], chef, Ouv. [ouvrier] du port - Augé, Céleste, 43 ans, idem [Française], épouse, Ménagère - Augé, Achille, 13 ans, idem [Français], fils - Augé, Reymonde, 8 ans, idem [Française], fille - Alisi, Charles, 26 ans, idem [Français], ouv. [ouvrier] du port - MOSCHETTI, Dominique, 18 ans, idem [Français], Photographe -


Canton ouest, section 3

- vue 286, quartier des Routes, boulevard des Pomets, 7 : SARRUS, Pierre, 36 ans, idem [Français], Chef, ouv. [ouvrier] photographe, []à la] marine - idem [Sarrus], Aimé, 7 ans, idem [Français], fils, s.p. [sans profession] - idem [Sarrus], Maxime, 3 ans, idem [Français], idem [fils], idem [sans profession] - idem [Sarrus], Marie, 35 ans, idem [Française], épouse, s.p. [sans profession] - 

- vue 361, Valbertrand, 23, Rizzo : Rizzo, Alphonse, 59 ans, Italie [Italien], Mari, Architecte - idem (Rizzo], Marie, 59 ans, idem [Italienne], femme, idem [architecte ou sans profession ?] - Tolier, Joséphine, 72 ans, Fr. (Française], belle-soeur, idem [sans profession ?] - VIDAL DE VALBRÈGUE, Camille, 27 ans, Fr. [Français], Célibataire, Photographe, patron -





samedi 23 mai 2026

1464-GIROUD FILS, HORLOGER-DAGUERRÉOTYPEUR À TOULON, VAR


 SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS



INTRODUCTION


Le dépouillement des registres de recensement de la ville de Toulon n'ayant révélé aucun nom de photographe dans les années 1840 et seulement quatre noms dans les années 1850 (Pierre Malacrida, Félix Devisuzanne, Pierre Dufour et François Joseph Secrétan ; ici), il a semblé nécessaire de dépouiller les journaux de ces mêmes décennies.

Ce travail a déjà dû être effectué par plusieurs historiens toulonnais mais leurs résultats n'étant pas accessibles, il a été réalisé à nouveau. 

Plusieurs journaux ont coexisté dans ces années-là (dont La Sentinelle et L'Impartial) mais  seul Le Toulonnais (entre 1835 et 1873) semble conservé aux Archives départementales du Var et à la Bibliothèque nationale de France.

Pour la période qui a trait aux débuts de la Photographie (1839-1859), les années non conservées de ce journal aux AD du Var sont celles de 1839, 1848, 1849, 1854 et 1857. L'année 1848 est cependant conservée à la BnF mais n'a pu être consultée car non numérisée.

Le dépouillement des années consultées a révélé la présence de 12 photographes dont les 4 déjà connus par les recensements. Après celui de "Garcin" (en 1841 ; ici), celui de "Giroud fils" est parmi les plus précoces et est natif de la ville.



GIROUD FILS (Toulon 1801-Toulon 1871)


Joseph Louis Giroud est né à Toulon (Var), le 22 août 1801 (4 fructidor an 9 de la République). Il est le fils de Louis David Giroud, horloger suisse (né le 5 mars 1873 aux Verrières, canton de Neuchâtel - installé à Toulon dès 1798), et de Marie Lucie Oliva (née vers décembre 1784 à Bastia, département du Golo - actuelle Haute-Corse), qui se sont mariés à Toulon le 18 août 1800 (30 thermidor an 8).

Joseph Louis Giroud devient à son tour "horloger patenté" et signe, "Giroud fils", lorsqu'il se marie, à l'âge de 24 ans, le 28 février 1826 à Toulon, avec Rose Jeanne Lazarine Peyres/Peyrès, 18 ans (née à Toulon le 23 février 1808). 

Le premier enfant de Joseph Louis Giroud et de son épouse Rose naît à Toulon le 10 novembre 1826. 

Il semble (?) cependant qu'il faille attendre 10 ans pour la naissance de leur deuxième enfant, Ferreol Fortuné Joseph Giroud, le 4 décembre 1836. 

Leur troisième enfant, Marie Elisa Léonie Giroud, naît le 30 janvier 1838, leur quatrième, Iphigénie Louise Giroud, le 20 juin 1839 mais cette dernière décède malheureusement à 6 mois et demi le 3 janvier 1841, et leur cinquième, Caroline Baptistine Lucie, naît le 3 mars 1842.

Joseph Louis Giroud travaille probablement dans la boutique de son père qui semble passé du statut "d'ouvrier horloger" (en 1800) à "horloger" (en 1826) mais ce dernier est étrangement dit "Hydrographe : tenant les instruments de lutherie sur le Port, n° 46", dans le Guide Richard du Voyageur en France de 1824.

L'Ermite toulonnais de 1828 cite uniquement, dans la liste des horlogers, "Giroud fils, sur le port", mais celles de l'Annuaire général du Commerce et de l'Industrie Firmin Didot Frères pour 1839, 1842 ou encore 1847 citent,"Giroud père, Giroud fils", mais sans précision d'adresse.

Du 2 février au 5 mars 1843, Joseph Louis Giroud fait cependant paraître l'annonce suivante dans Le Toulonnais qui précise l'adresse du port et propose des portraits au dguerréotype (Image 1).


1- Annonce parue dans Le Toulonnais du 9 mai 1843,
Archives départementales du Var.




Il est difficile de savoir à quelle date (entre fin 1839 et début 1843) et en quel lieu (Toulon, Marseille, Paris ?) Joseph Louis Giroud s'est formé à la photographie.

Le 9 mai 1843, il fait paraître la nouvelle annonce suivante mais une seule fois seulement (Image 2).


2- Annonce parue dans Le Toulonnais du 2 février 1843,
Archives départementales du Var.




Le procédé de colorisation à l'aquarelle des daguerréotypes a été inventé, à Paris, dès le début de l'année 1842, par Stefano Lecchi (né vers 1804 à Milan, Lombardie), peintre, photographe et assistant de Louis Daguerre. 

Ce dernier a expérimenté son procédé lors d'une tournée dans le Midi de la France en 1842, notamment à Marseille, et a déposé le dossier d'un brevet de cinq ans le 1er octobre et d'un brevet additionnel le 19 novembre 1842. Ces brevets lui ont été délivrés le 2 décembre 1842 (INPI) et il en a ensuite cédé les droits exclusifs à des photographes pour un département ou une ville.

Joseph Louis Giroud annonce avoir acquis l'exclusivité des droits pour la ville de Toulon et propose non seulement des portraits colorisés mais encore des leçons pour former au Daguerréotype et à la colorisation des épreuves (Image 2). 

Il faut préciser que, dès décembre 1840, Stefano Lecchi a séjourné environ un mois à Toulon, pour y présenter son diorama. Sa femme y a par ailleurs accouché de leur fils, Marius Antoine Lecchi, le 19 décembre.

"L'invention du célèbre Daguerre, qui avait été jusqu'ici exclusivement réservée à la curiosité, des parisiens, fait à présent son tour de France. M. Lecchi peintre du plus grand mérite a reproduit sur la toile au moyen du Daguérréotype, les merveilles de la nature et de l'art. Il a établi ses vues sur des proportions moins gigantesques que celles du Diorama de Paris, mais sur une échelle convenable et qui laisse distinguer facilement tous les détails et tous les contrastes des images" (Le Toulonnais des 9 et 25 décembre 1840).

Joseph Louis Giroud a-t-il rencontré Stefano Lecchi en 1840 à Toulon ou en 1842 à Marseille ? S'est-il formé à la photographie auprès de lui ? A quelle date précise (entre décembre et avril 1843) a-t-il acquis les droits du procédé de colorisation ? Autant de questions sans réponse.

On sait cependant que des droits semblables ont été acquis auprès de M. Lecchi par Jean Thomas Rameye pour le département du Puy-de-Dôme, le 16 janvier 1843, par Jean-Pierre Glenisson pour le département de l'Yonne, le 23 janvier 1843, et par Elme Bailly et Joseph Belnot pour les départements de la Nièvre et du Cher, le 8 février 1843 (Bulletin des Lois de la République 1844, n° 1074, pp 81-82).

Le couple Giroud va avoir trois autres enfants : Charles Marius Giroud va naître le 21 février 1844, Marguerite Sophie Giroud, le 17 mars 1846 et Louis Giroud, le 22 juillet 1848 mais ce dernier va malheureusement décéder deux semaines après, le 5 août 1848.

On pourrait donc considérer que le couple Giroud a eu huit enfants dont deux décédés en bas-âge. Cependant, les relevés des recensements (conservés à partir de 1841) ne citent jamais certains d'entre eux (Joséphine Eugénie, née en 1826 ; Caroline Baptistine Lucie, née en 1842) mais en citent d'autres dont les actes de naissance n'ont pas été retrouvés (Louis, né vers 1837 ; André, né vers 1840 ; Eugène, né vers 1843). 

En dehors de potentielles erreurs des registres de recensement (notamment sur les âges), certains enfants ont y peut-être été parfois désignés par d'autres prénoms que ceux de leur naissance.

Parmi les actes d'état civil des enfants, quelques-uns seulement, à partir de 1841, précisent l'adresse du domicile, rue des Chaudronniers, 50. Cette même adresse est également citée dans les registres de recensement de 1841, 1846 et 1851. 

L'adresse de la boutique d'horlogerie sur le port (encore citée en 1843 - Images 1 et 2) est donc différente de celle du ou des domiciles de Giroud père et de Giroud fils. 

Giroud père est encore cité actif, à 74 ans, dans l'Annuaire général du Commerce et de l'Industrie de 1847 : "Horlogers : Giroud père, Giroud fils".

Il va décéder le 18 mai 1852, à l'âge de 79 ans, rue des Chaudronniers, 33, les deux familles habitant donc, à cette époque, dans la même rue.

Le recensement de 1856 cite désormais Joseph Louis Giroud, sa femme et certains de leurs enfants, rue Lafayette, 117. Seul le registre de recensement de 1861 cite le fait que trois de ses enfants, Fortuné, 24 ans, Eugène, 20 ans et Charles 18 ans, exercent également la profession d'horloger.

Suite au décès de son père, Joseph Louis Giroud n'affiche plus "Giroud fils" dans les annuaires Firmin Fidot Frères mais seulement "Giroud". 

La période comprise entre 1826 (date de son mariage) et 1852 (date du décès de son père) permet ainsi de dater certaines de ses productions horlogères signées, "Giroud Fils - Horloger de la marine à Toulon" (une montre de Gousset en vente actuellement), alors que la signature, "Giroud - Horloger de la marine à Toulon" (une pendule en vente actuellement) reste plus ambiguë (père avant 1826 ou fils après 1852 ?).

Joseph Louis Giroud est encore actif en tant qu'horloger en 1866 (Annuaire-almanach Firmin Didot Frères et recensement de cette année-là). 

Il va décéder à son domicile de la rue Lafayette, 117, le 20 octobre 1871, à l'âge de 70 ans.



ÉPILOGUE


Joseph Louis Giroud a été, tout au long de sa vie, uniquement cité en tant qu'horloger (annuaires, guides, registres d'état civil et de recensement), ce qui explique, avec l'absence d'épreuves conservées à son nom, le fait qu'il soit encore méconnu en tant que "photographe".

Il a proposé, dès 1843, des portraits au daguerréotype mais il est impossible de dire combien de temps il a mené cette activité. 

Certes, il n'est pas cité dans la rubrique des photographes toulonnais, créée dans les annuaires nationaux Firmin Didot à partir de 1858, mais cela n'est pas probant, d'autres photographes dont l'activité est attestée cette année-là, ne l'étant pas non plus.




mardi 19 mai 2026

1463-GARCIN, DAGUERRÉOTYPEUR ITINÉRANT EN FRANCE (1841)


 SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS


1- Annonce parue dans L'Ouest du 8 juillet 1841,
Archives départementales de Loire-Atlantique.




AUGUSTE GARCIN (Genève 1816-Genève 1895)



GENÈVE

Auguste Louis Garcin est né à Genève (Suisse), le 22 août 1816. Il est le second enfant de Marc Isaac Louis Garcin, graveur (né le 8 février 1785), et d'Anne Pernette Pittard (née vers 1785), qui se sont mariés à Genève le 10 juin 1812.

Rien n'est connu de la jeunesse d'Auguste Garcin mais il semble se former au dessin et à la gravure auprès de son père mais également à la peinture (à l'Ecole de Dessin de Genève ?).

Il est "graveur" lorsque à 23 ans il épouse à Genève, le 16 octobre 1839, Jeanne Françoise Augustine Villibour/Villibourd/Villibourg (née à Genève le 14 juillet 1818). 


PARIS

Vers 1840 (entre fin 1839 et début 1841), Auguste Garcin se forme à la photographie à Paris (Image 1).

Début 1841, il mène en France (accompagné de son épouse ?) une vie itinérante de peintre-daguerréotypeur qui le conduit notamment à Tours (Indre-et-Loire), Nantes (Loire-Inférieure ; aujourd'hui Loire-Atlantique) et Toulon (Var).


TOURS

"Nous appelons toute l'attention de nos lecteurs sur (...) M. Garcin qui, dans la seule ville de Tours, a daguerréotypé plus de 600 portraits" (L'Ouest du 8 juillet 1841 ; l'année 1841 du Courrier de l'Indre et Loire n'est pas conservée) (Image 4).


NANTES

La présence d'Auguste Garcin à Nantes est attestée dès la fin du mois de juin 1841 (Le National de l'Ouest du 25 juin 1841) (Image 2). 


2- Article paru dans le National de l'Ouest du 25 juin 1841,
Archives départementale de Loire-Atlantique.



Il est présenté comme "un jeune dessinateur" (National de l'Ouest du 25 juin 1841) (Image 2) et "un artiste de la capitale" (L'Ouest du 8 juillet 1841) (Images 1 et 4). 

Pendant ces deux mois et demi, il communique avec sa clientèle par le biais de 21 petites annonces qui paraissent dans trois journaux différents (National de l'Ouest des 25 et 28 juin, 5 et 19 juillet, 2 et 14 août ; Le Breton des 28 juin, 5 et 19 juillet et 2 août ; L'Ouest des 6, 8, 12, 18 juillet, 1er, 11, 13, 16, 19 et 21 août et 2 septembre).


3- Annonce parue dans Le Breton du 5 juillet 1841,
Archives départementales de Loire-Atlantique.




Il s'installe tout d'abord dans un local de la rue Rubens, 48, en face de la rue Molière, en l'attente du local mieux adapté, "avec terrasse ou jardin", de la rue Gresset, 10, qu'il intègre dès le 28 juin. 

En parallèle, il expose quelques portraits au daguerréotype à la librairie de M. Suireau (rue Crébillon) et à celle de Mme Pot(t)in, rue Santeuil (Le National de l'Ouest du 25 juin 1841) (Image 2).


4- Annonce parue dans L'Ouest du 8 juillet 1841,
Archives départementales de Loire-Atlantique.



Auguste Garcin opère de 7h à 10h du matin et de 2h à 5h de l'après-midi. Ses daguerréotypes, dont il garantit la ressemblance, sont réalisés en 5 ou 10 secondes pour un prix de 15 fr. Il agit par tout temps, y compris lorsqu'il pleut, et à l'intérieur des appartements où il peut se déplacer. Il fait également le portrait au pastel et à la mine de plomb et peint la miniature (Le Breton du 5 juillet 1841) (Image 3). 

Son départ est annoncé au 4 septembre (L'Ouest du 2 septembre 1841)


TOULON

Les étapes du parcours d'Auguste Garcin entre Nantes et Toulon ne sont pas connues. Il arrive dans cette dernière ville, début décembre, pour un mois environ, à la période des étrennes et y est qualifié de "jeune artiste"

Deux petites annonces seulement vont paraître dans cette ville et la première d'entre elles ne cite pas son nom (Le Toulonnais du 7 décembre 1841) (Image 5).


5- Annonce parue dans Le Toulonnais du 7 décembre 1841,
Archives départementales du Var.



Il s'installe, rue des Chaudronniers, 36, chez M. Gaudran, pharmacien,  expose ses portraits dans ce local mais également chez M. Danillon, papetier, rue Royale (Le Toulonnais du 7 décembre 1841).

Il propose à nouveau ses portraits au daguerréotype mais également, à l'huile, au pastel, mine de plomb et miniature sur ivoire pour broches et médaillons. Il donne également des leçons (Le Toulonnais du 19 décembre 1841) (Image 6).


6- Annonce parue dans Le Toulonnais du 7 décembre 1841,
Archives départementales du Var.



ÉPILOGUE

Aucune trace d'Auguste Garcin n'a été retrouvée dans les deux années suivantes. 

En 1844, son épouse accouche, à Genève, de leur fils Louis Emile Garcin le 15 janvier mais décède malheureusement le 31 janvier. 

Auguste Garcin, "graveur", va se remarier le 14 mai 1845 à Plainpalais (banlieue de Genève), avec Amélie Jeanne Marie Bourdillon (née à Genève le 14 mars 1823). Une fille, Juliette Antoinette Garcin, naîtra de leur union à Carouge (près de Genève), le 25 septembre 1846.

À partir de 1845, la carrière d'Auguste Louis Garcin, a été étudiée et mise en ligne sur le site de la Bibliothèque de Genève (ici). 




samedi 16 mai 2026

1462-LES PHOTOGRAPHES RECENSÉS À TOULON (1896)

 

 SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS


 LES PHOTOGRAPHES RECENSÉS À TOULON


VOIR LE DÉBUT DE CET ARTICLE




TOULON - RECENSEMENT DE 1896

95.276 habitants (Canton est, 46.654 habitants - Canton ouest, 48.622 habitants ; registres signés par le maire les 8 et 9 juillet 1896) - 27 "photographes"


Canton est - Sections 1 à 9

- vue 74, rue de Gars, 12 : ROBERT, François, 56 ans, idem [Français], photographe, chef - Auguste, Marie, 46 ans, idem [Français], garçon limonadier, cousin - Rossi, Paul, 56 ans, idem [Français], mécanicien, cousin - Ciais, Toussain, 55 ans, idem [Français], retraité, Ami - Rosindia, Hilaire, 23 ans, idem [Français], terrassier, Ami -

- vue 239, rue Vincent Courdan, 19 : Bayol, Jh [Joseph], 67 ans, idem [Français], Retraité, chef - BAYOL, Auguste, 27 ans, idem [Français], Photographe, fils - Jacomin, Hélène, 24 ans, idem [Française], Sp [sans profession], femme - Bayol, marie, 3 ans, idem [Française], enfant - Bayol, Jh [Joseph], 1 mois, idem [Français], idem [sans profession], idem [enfant] - Barodi, Angèle, 23 ans, idem [Française], domestique, bonne -

- vue 257, rue Armand, 3 : GIAURANTI, Jh [Joseph], 25 ans, idem [Français], photographe, idem [chef] - Gauttier, félix, 40 ans, idem [Français], maçon, idem [chef) - idem [Gautier], Eugènie, 34 ans, idem [Française], sp [sans profession], femme -

- vuue 260, rue Saint Bernard, 3 bis : MARRAS, Ephise Augin [Augustin], 76 ans, Sarde, Photographe, Epoux - Gueit, Joséphine Etiene [Etiennette], 53 ans, F. [Française], Lingère, Epouse - Marras, Charles Marie, 28 ans, F. [Français], Ajusteur du Port, fils du 1er lit du père -

- vue 287, rue de Lorgues, 18 bis : GERBY, Baptistin, 30 ans, F. [Français], Photographe, Epoux - Gerby, Louise, 25 ans, F. [Française], idem [Photographe ?], Epouse - Jeanne, Jusine, 66 ans, F. [Française], S.P. [sans profession], Tante - Achard, Joséphine, 19 ans, F. (Française], Domestique, Bonne -

- vue 320, rue Roche, 17 : Possel, Louise, 59 ans, idem [Française], Propriétaire, Mère - Couadou, Marie, 34 ans, idem [Française], S.P. [sans profession], Fille - COUADOU, Paul, 32 ans, idem [Français], Photographe, Fils - Gautier, Manette, 89 ans, idem [Française], S.P. [sans profession], Belle Mère - Couadou, Gabriel, 25 ans, idem [Français], Commis, Fils -


Canton est - Sections 10 à 16

- vue 27, rue Magnaque, 5 : Audouaire, Charles, 55 ans, F. [Français], Retraité - Caze, Geneviève, 45 ans, F. [Française], idem [retraitée ou ménagère ?], femme - AUDOUAIRE, Charles, 21 ans, F. [Française], Photographe, fils - Audouaire, Baptistin, 13 ans, F. [Français], Employé de commerce, fils - Audouaire, Thérèse, 10 ans, F. [Française], idem [employée de commerce ou sans profession ?], fille -

- vue 125, rue Alezard, 11 : LAGOUMAZINO, Léonce, 33 ans, idem [Français], photographe, idem [Seul] -

- vue 169, boulevard Strasbourg, 46 : LEENAERTS, Alphonse, 51, Belge, Photographe, Chef - idem [Leenaerts], Marie, 46 ans, idem [Belge], Sp [sans profession], femme - Leenaerts, Emilie, 22 ans, idem [Belge], sp [sans profession], fille - idem [Leenaerts], Eugène, 21 ans, idem [Belge], sp [sans profession], fils - Baccino, Elise, 17 ans, Italienne, cuisinière, domestique -

- vues 263-264, place de la Liberté, 9 : BOUGAULT, Alexandre, 45 ans, F. [Français], Photographe, mari - Térève, Clotilde, 43 ans, F. [Français], S.p. [sans profession], femme - BOUGAULT, Alexandre, 20 ans, F. [Français], Photographe, fils - Bougault, Jeanne, 13 ans, F. [Française], idem [photographe ou sans profession ?], fille - Bougault, Paul, 10 ans, F. [Français], idem [sans profession], fils - Bougault, André, 7  ans, F. [Français], idem [sans profession], fils - Bougault, Andréa, 7 ans, F. [Française], idem [sans profession], fille - Bougault, Frédéric, 2 ans, F. [Français], idem [sans profession], fils - Bougault, Mireille, 2 mois, F. [Française], idem [sans profession], fille -


Canton est - Sections 17 à 23

- vue 2, quai du Port Marchand, 1 : Ardouvin, Marius, 49 ans, idem [Français], ajusteur, chef - Garnier, Rosalie, 39 ans, idem [Française], idem [ajusteur, sans profession ou mercière ?], femme - Ardouvin, Victoire, 20 ans, idem [Français], mercière, fille - Ardouvin, Léonce, 19 ans, idem [Français], ajusteur, fils - ARDOUVIN, Martial, 14 ans, idem [Français], photographe, fils - Ardouvin, Adèle, 7 ans, idem [Française], sp [sans profession], fille - Ardouvin, Rose, 4 ans, idem [Française], sp [sans profession], fille -

- vue 82, rue Muiron, 38 : GROC, Marius, 28 ans, F. [Français], Photographe, Epoux - Picard, Virginie, 21 ans, F. [Française], S.P. [sans profession], Epouse -


Canton est - Sections 24 à 26

- vue 302, Quartier des Amoureux : HAMEL, Jules, 33 ans, idem [Français], photographe, chef - Consollins, Louise, 24 ans, idem [Française], idem [photographe ou sans profession ?], épouse - Hamel, Alexandre, 7 ans, idem [Français], idem [sans profession], fils - Hamel, Jules, 4 ans, idem [Français], idem [sans profession], idem [fils] -


Canton ouest - Sections 1 à 15

- vue 25, rue Courbet, 4 : Fabre, eugène, 26 ans, idem [Français], empl. ch. de fer, chef - BOBOLI, Amédé (sic), 28 ans, Italien, photographe, ami - Ramin, françois, 46 ans, (nationalité) française, chaudronnier, ami - Giacobi, Charles, 23 ans, idem [Français], typographe, ami - Harmsen, henri, 36 ans, idem [Français], mécanicien du port, ami - Luo, eugène, 33 ans, idem [Français], typographe -

- vues 79-80, rue Molière, 14 : LEENAERTS, Henri, 49 ans, idem [Français], photographe, chef - Espenon, Philomène, 47 ans, français, SP [sans profession], épouse - Leenaerts, Joseph, 23 ans, idem [Français], avocat, fils - Leenaerts, Alphonse, 16 ans, idem [Français], Sp [sans profession], fils -

- vue 181, rue du Puits, 36 : GASPERINI, Louis, 23 ans, idem [Français], photographe, chef -

- vues 183-184, re du Pradel, 7 : HOTZ, Nicolas, 36 ans, idem [Français], Photographe, Chef - Hotz, Thérèse, 38 ans, idem [Français], idem [Photographe ou sans profession ?], épouse - Hotz, Georges, 12 ans, français, idem [sans profession], fils - Hotz, Marcel, 10 ans, idem [Français], idem [sans profession], fils -

- vue 195, place Puget, 15 : BAR, Marius, 34 ans, idem [Français], Photographe, Chef - Bar, Victorine, 32 ans, idem [Français], idem [Photographe ou sans profession ?], épouse - Bar, Marguerite, 2 ans, idem [Français], idem [sans profession], fille -

- vue 202, rue Camille Ledeau, 1 : Héry, Edouard, 58 ans, idem [Français], ébéniste, chef - Héry, Eugénie, 50 ans, idem [Français], accoucheuse, épouse - HÉRY, Emile, 29 ans, idem [Français], photographe, fils - Héry, Marie, 31 ans, idem [Français], S.p. [sans profession], fille -

- vue 287, rue Trabuc, 24 : CARDARELLY, Adrien, 24 ans, idem [Français], photographe, idem [seul] -

- vue 357, rue des Riaux, 10 : Decoup, Jean, 51 ans, f. [Français], ouvrier du port, chef - Bourdillat, Marie, 38 ans, f. [Française], soeur - BOURDILLAT, jean, 20 ans, f. [Français], photographe, neveu - Bourdillat, Jules, 18 ans, f [Français], clerc d'avoué, neveu -

- vue 398, rue d'Astour, 2 ou 3 (?) : Vielh, Laurent, 60 ans, idem [Français], Retraité, Chef - Hermelin, Victorine, 46 ans, idem [Française], ménagère, femme - Vielh, Marie, idem [Française], ménagère, fille - Vielh, Félix, 22 ans, idem [Français], Musicien, fils - VIELH, Jules, 18 ans, idem [Français], Photographe, fils - Sommer, Victor, 35 ans, idem [Français], Pompier, Gendre - Lassauvagerie, Mathilde, 17 ans,  idem [Français], Corsetière, nièce -

- vue 420, rue République, 4 : LABLÉ, Eugène, 28 ans, idem [Français], photographe, idem [célibataire] -

- vue 450, rue de l'Arsenal, 25 : COUTURIER, Alexis, 28 ans, idem [Français], photographe, chef - Macerra, Anna, 24 ans, idem [Française], S.p. [sans profession], femme - Couturier, Eugène, 3 ans, idem [Français], idem [sans profession], enfant - Couturier, Jules, 1 an, idem [Français], idem [sans profession], idem [sans profession] -


Canton ouest - Sections 16 à 23

- vue 387, Quartier de Valbourdin, rue Valbourdin, maison Vailly : Vailly, Louis, 76 ans, idem [Français], Contrôleur d'armes en retraite, Chef - Vailly, Marie, 74 ans, idem [Français], S.p. [sans profession], Epouse - Porte, Elisa, 22 ans, idem [Français], Domestique, Epoux - Porte, Joseph, 26 ans, idem [Français], Domestique, Epoux - BARBANCE, Ernest, 38 ans, idem [Français], Photographe, Ami -

- vue 451, Haute Convention, Caserne Rizzo : Rizzo, Alphonse, 53 ans, Italien, ingénieur, mari - Taulier, Marie, 48 ans, F. [Française], s.p. [sans profession], femme - VIDAL DE VALBRIGUE, Camille, 23 ans, idem [Français], photographe, fils de l'épouse -



LE CAS DU PHOTOGRAPHE MARIUS BAR (Marseille 15 avril 1862-Toulon 23 août 1930)


Il est généralement admis (articles de Wikiwix et Wikipédia) que Marius Bar a été, dès l'adolescence, l'élève du photographe Jean Baptiste Pélissier puis celui de Lina Bonnot (dès 1879 ?), qu'il s'est ensuite associé au photographe Paul Couadou et a ouvert son propre atelier, place Puget, 15 (en 1886 ?).


Les recensements

Les relevés des recensements citent, à Toulon :

- Jean Baptiste Pélissier, rue Roche, 17, fin 1876,

- Lina Bonnot (1855-1936), rue de Lorgues, 18, fin 1881,

- Paul Couadou (1863-1929 ?), place Puget, 15, au premier semestre 1891 puis rue Roche, 17, au premier semestre 1896 

- et Marius Bar, place Puget, 15, au premier semestre 1896.


Hypothèses

Il serait donc logique de penser que Marius Bar :

- a été l'élève, de Jean Baptiste Pélissier dans les années 1870

"Pellissier" & Thobert [Polycarpe Thobert (1830-1878), cité rue Roche, 17 dans le recensement de 1872] se sont associés à Toulon au plus tard en janvier 1873 (La Lorgnette du 26 janvier 1873). "Pelissier" est ensuite cité seul dans le recensement de 1876 ; il est encore présent à Toulon en décembre 1880, date à laquelle il demande "un employé retoucheur" (Le Petit Marseillais du 15 décembre 1880).

- puis celui de Lina Bonnot

Il n'a probablement pas pu travailler avec Lina Bonnot dès 1879 mais plustôt à partir de 1880 ou 1881 car ce peintre-photographe résidait encore à La Nouvelle (Port-la-Nouvelle, Aude) au printemps 1880 et y déclarait, le 29 avril, la naissance de son fils né la veille.

- et qu'il s'est ensuite associé à Paul Couadou au début des années 1890 dans l'atelier de la place Puget, 15, avant d'y rester seul en 1896 au plus tard. Cependant, sur ce point également, la réalité semble différente.

Marius Bar fournit seul, en 1888, des photographies du Vaisseau-Ecole des Canonniers, réalisées lors des Fêtes hispano-françaises de Toulon (Le Monde Illustré du 22 septembre 1888, p. 16).

Les noms de "Bar et Couadou" sont ensuite tous deux cités dès 1889, lors de leur demande de recrutement d'un "bon retoucheur" (Le Petit Marseillais du 27 novembre 1889.

Tous deux signent ensuite une photographie du nouveau croiseur Cécille, prise dans le port de Toulon et publiée dans la revue Nature du 16 août 1890 ;

"La façade de la photographie Bar et Couadou" est enfin signalée pour le bon goût de son décor, lors du Carnaval de 1891 (Le Petit Provençal du 11 février 1891).

L'atelier de la place Puget, 15, a d'abord été occupé par le photographe Jean Baptiste Onésime (1856-1898) de 1884/85 à 1887 (recensement de 1886 ; jugement de faillite du 9 décembre 1887). 

L'installation de Marius Bar, place Puget, doit être envisagée en 1888 (année où il fournit, seul, des photographies au Monde Illustré) et son association avec Paul Couadou, au plus tard en fin d'année suivante (demande conjointe d'un retoucheur en novembre 1889).

Il faut d'ailleurs noter le fait que l'ordre des noms des associés (Bar et ensuite Couadou) est, dans les journaux, le même que celui qui apparaît au dos des rares cartes de visite conservées et sur une photographie montrant l'enseigne de l'atelier.

L'année de fin de leur association peut être située fin 1891 ou début 1892, leurs deux noms étant signalés séparément dans l'Aide-Mémoire de Photographie de 1892 et Paul Couadou ayant déménagé lors de cette période. Il est en effet signalé :

- place Puget, 15, en 1891 (recensement du premier semestre 1891) ; 

- rue de Lorgues, 18, à l'ancienne adresse de Lina Bonnot, dès 1892 (annonce parue dans Le Petit Marseillais du 23 août 1892) ;

- rue Roche, 17, à l'ancienne adresse de Jean Baptiste Pélissier (recensement du premier semestre 1896) ; 

- puis à nouveau, rue de Lorgues, 18, à la date de son mariage du 16 décembre 1897. 

Il faut cependant préciser que son atelier est situé à l'étage de la maison qui fait l'angle de la rue de Lorgues et de la rue Roche et que l'adresse qu'il affiche, dès les années 1890, au verso de ses cartes de visite, est uniquement celle de la rue de Lorgues.

Marius Bar est pour sa part signalé place Puget, 15 :

- à la date de son mariage du 15 avril 1892 ;

- à celle de la naissance de sa fille Marguerite, le 29 août 1894 ;

- et lors du recensement du premier semestre 1896. 

C'est cette même adresse qu'il affiche, pendant de nombreuses années, au dos de ses cartes de visite. 


VOIR LA FIN DE CET ARTICLE

LES PHOTOGRAPHES RECENSÉS À TOULON, VAR (1901)