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samedi 24 octobre 2026

1497-LE PANORAMA UNIVERSEL DES FRÈRES ROSSI-2 (1855-1868)

 

SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS




VOIR LA PREMIÈRE PARTIE DE CET ARTICLE



LE PANORAMA UNIVERSEL DES FRÈRES ROSSI-2 

LES ANNÉES 1855-1868



BOLOGNA, ÉTATS PONTIFICAUX, SOUS OCCUPATION AUTRICHIENNE, DE DÉCEMBRE 1856 À FÉVRIER 1857 (Bologne, Émilie-Romagne, Italie)


- Teatri, arti e letteratura du 27 decembre 1856 p. 140 (texte traduit de l'italien)

"Spectacles de Bologne pendant le Carnaval de 1857 (...)

Panorama Universel, sur la Place de la Paix".


- Teatri, arti e letteratura du 15 janvier 1857 p. 164 (texte traduit de l'italien)

"Le Panorama Universel Des Frères Rossi Exposé A Bologne.

Depuis plusieurs semaines déjà, nous avons ouvert au public, sur la Piazza del Pavaglione, le grand Panorama des frères Rossi, ingénieusement aménagé à l’intérieur d’une sorte de palais mobile, faiblement éclairé et doté de tout le confort et de toutes les commodités nécessaires pour satisfaire les nombreux visiteurs.

Il ne s’agit pas de laisser vagabonder le regard et de concentrer l’esprit sur un point de vue quelconque, qu’il soit historique ou monumental, mais dans ce Panorama des frères Rossi, vous pouvez effectuer un long voyage instantané, comme par enchantement ; 

admirer et contempler, dans leur succession, une très vaste étendue de campagne ; et, de surcroît, vous en faire une idée assez exacte, non seulement des lieux qui y sont représentés dans des proportions fidèles, mais aussi des coutumes, grâce aux accessoires qui y sont figurés avec toutes les caractéristiques propres à la région.

La première exposition du Panorama Rossi présente la vue du mont Rigi en Suisse, depuis le sommet duquel s’ouvre au regard du spectateur une étendue infinie de campagne avec de nombreuses villes, des lacs et des chaînes de montagnes ; 

la ville de Londres parcourue le long de la Tamise sur un trajet de 16 lieues, avec une vue sur les principaux monuments, les ponts gigantesques et l’ensemble du profil de la grande métropole ; 

les villes de Buda-Pest sur le Danube ; 

la bataille d’Isly, où est représentée fidèlement la victoire facile des Français sur les Marocains ; 

une vue de Berlin en proie à un incendie en période d’émeutes [18 mars 1848 ?],

Celui qui parcourt du regard, puis à travers les cent lentilles de cristal du Panorama Rossi, voit tout ce qui vient d'être mentionné, et en ressort à la fois surpris, satisfait et même, si l'on veut, instruit. 

Nous ne doutons pas que la deuxième exposition soit à la hauteur de cette première, belle, agréable et intéressante".


- Teatri, arti e letteratura du 5 février 1857 p. 188 (texte traduit de l'italien)

"Le Panorama Des Frères Rossi À Bologne, 

Deuxième exposition.

Au cours de ce deuxième voyage panoramique, l’observateur attentif peut se faire une idée précise des quatre principales villes des États-Unis d’Amérique, en examiner le sol, les produits, les coutumes et ce degré de civilisation raffinée qu’un peuple travailleur et entreprenant a su atteindre en si peu de temps. 

On aperçoit également la ville grandiose et élégante de Saint-Pétersbourg, le cours pittoresque de la Neva qui traverse cette grande métropole, ses principaux établissements, ses fortifications et ses remparts face à la mer Baltique. 

On passe ensuite à parcourir du regard, à travers ses principaux faits d'armes, le plus grand des événements contemporains, la guerre d’Orient [Guerre de Crimée]. On aperçoit le débarquement des Alliés à Eupatoria, la bataille inaugurale des campagnes sur l’Alma, celle, si sanglante, d’Inkermann, et le siège de Sébastopol. 

Dans ces vues, comme dans celles de la première Exposition, que nous avons déjà évoquée, on remarque la fidélité des lieux, les proportions des objets et l’illusion parfaite qui transporte le spectateur au cœur de tant de merveilles à la fois agréables, instructives et divertissantes. 

Lors de cette troisième exposition, on pourra admirer, parmi bien d’autres nouveautés, la suite de la guerre d’Orient jusqu’à la prise de Malakoff".


- Teatri, arti e letteratura du 19 février 1857 p. 208 (texte traduit de l'italien)

"Place de la Paix : Grand Panorama des Frères Rossi". 




FIRENZE, CAPITALE DU GRAND-DUCHÉ DE TOSCANE, EN OCTOBRE 1857 (Florence, Toscane, Italie)


- Il Buon Gusto (Florence) du 18 octobre 1857 p. 31 (texte traduit de l'italien)

"Panorama. Nous invitons le public à se rendre au Grand Panorama universel, présenté par les frères Rossi sur la place de S. Maria Novella.

Le lieu est élégant, et les vues sont peintes d'après nature. Actuellement, les Florentins peuvent faire un voyage à travers les cantons suisses, entre les lacs et les glaciers, puis se rendre en Amérique pour y admirer les fleuves, les lacs et les villes, parmi lesquelles Philadelphie, New York, Baltimore, etc. Ils auront également un aperçu des coutumes américaines, verront leurs bateaux à vapeur, leurs voies ferrées et d’autres curiosités.

Ils feront une halte dans la magnifique ville de Pest, assisteront à la bataille d’Isly, verront la place Saint-Marc à Venise illuminée pour les fêtes ; en somme, ils trouveront de quoi assouvir pleinement leur curiosité et passeront un très bon moment".




FERRARA, ÉTATS PONTIFICAUX, SOUS OCCUPATION AUTRICHIENNE, DOCUMENT NON DATÉ (Ferrare, Émilie-Romagne, Italie)

- Affiche (de 32x22, 5 cm) de la Collection Binetruy (ici), Ferrare (texte traduit de l'italien)

Ce document est, dans la Collection, daté vers 1850, probablement parce que l'un des panoramas évoque un évènement de 1848. Force est de constater cependant, que l'ensemble du programme de cette Première exposition de Ferrara est identique à celui qui est présenté lors de la Première exposition de la ville de Bologna fin 1856-début 1857. Une date vers 1856-57 semble probable pour cette affiche de Ferrara. 

"Mesdames !

Pour La Première Fois A Ferrare Sur La Place Dite "De La Paix"

Dans un Bazar construit en fer sera exposée une Description des plus remarquables voyages ou

Grandiose Panorama Universel Des Frères Rossi

Lequel Contient Cent Lentilles De Cristal

Première Exposition


"Voyage gigantesque de seize lieues sur la Tamise à travers la Ville De Londres"

En Grande-Bretagne, un territoire de 95 lieues anglaises carrées est divisé en deux parties inégales par un grand fleuve. La partie la plus petite, celle du sud, est une vallée marécageuse ; la plus grande, c'est-à-dire celle du nord, est traversée par des collines en pente douce avec de larges vallées arrosées par de généreux fleuves. 

Elle n'était pas réputée pour sa fertilité ; et des centaines de villages et de hameaux y firent resplendir des campagnes verdoyantes. À présent, aucun champ fertile ne s'aperçoit dans cette région, les bosquets ont disparu de ces sommets, et l'on n'entend plus le tintement de ces troupeaux en pâture. 

Toute cette terre est désormais transformée en un immense labyrinthe de bâtiments, où s'entrecroisent d'innombrables rues et ruelles, présentant confusément à l'œil un amas de tours, de coupoles et de monuments. 

Même le majestueux fleuve semble avoir été réduit à un étroit canal, qui disparaît presque à l'ombre de 10 000 mâts de navires bordant ses rives comme une forêt dense. Le lecteur se trouve ainsi au centre de Londres. Celle-ci compte actuellement environ 320 000 maisons dans 13 500 rues, et 110 places et squares.

Les églises et oratoires pour toutes les religions et croyances dépassent le nombre de 500. Saint-Paul, semblable à la basilique Saint-Pierre, est après cette dernière la plus grande du monde. Les établissements d'assistance et hôpitaux sont au nombre de 120. Ces derniers sont pour la plupart de magnifiques palais avec jardins et parcs, certains comptant plus de 1 000 lits.

À la tête des établissements d'instruction publique se trouve l'Université, magnifique palais érigé par souscription sous l'impulsion de Lord Brougham, aujourd'hui fréquenté par 3 200 étudiants. Outre les 900 écoles publiques, on compte plus de 4 600 institutions privées. De nombreuses congrégations promeuvent la diffusion de la science parmi les classes populaires, au moyen de la distribution gratuite de livres, de lectures et d'écoles dominicales. 

Neuf musées offrent les moyens d'acquérir une culture plus vaste dans les arts et les sciences, parmi lesquels le British Museum, qui possède les plus riches collections d'histoire naturelle et d'art du monde entier. Des galeries de tableaux et d'antiquités, la Galerie nationale, dont les nouveaux locaux deviendront les plus vastes et les plus imposants de tout Londres ; enfin de nombreuses académies, parmi lesquelles la Royal Académy of Arts dans le magnifique local de Somerset House ; de nombreuses sociétés littéraires et collèges.

On compte 9 000 cafés, tavernes, débits de boissons, 6 000 brasseries, et plus de 100 000 personnes s'y croisent continuellement. Seize théâtres, puis le Colisée, les jardins des sociétés zoologiques et botaniques, les salles de musique et de concert, dioramas, panoramas, et une infinité d'expositions de merveilles en tout genre.

Plus de 11 000 navires abordent chaque année ses ports en sillonnant toutes les côtes de l'Univers ; 200 bateaux à vapeur sont en permanence occupés au chargement et au déchargement, et 12 000 chaloupes et barques avec 20 000 rameurs et 8 000 employés des douanes se trouvent dans les ports et sur le fleuve en mouvement continuel. 

Chaque jour partent dans toutes les directions du royaume 1 100 diligences rapides et 140 bateaux à vapeur, tant vers les ports du royaume que vers ceux du continent. La Douane est fréquentée chaque jour par 12 000 à 15 000 personnes, la Bourse par 8 000 à 10 000 négociants de toutes les nations. À la Banque, où travaillent 1 200 commis, 6 000 personnes traitent quotidiennement leurs affaires au café Lloyds. 

Les assurances souscrites annuellement représentent un capital de 5 000 millions de florins, les fabriques sont innombrables et particulièrement réputées sont les productions d'acier et de verre, ainsi que celles des carrossiers et bourreliers, et tous les articles de très haut luxe. Les seules manufactures de soie emploient directement plus de 60 000 personnes. 

Les chemins de fer vont dans toutes les directions, parmi lesquels est éminemment admirable celui situé sous la grande Tamise qui relie une partie de la ville à l'autre, tandis qu'une foule de barques circulent au-dessus, et un viaduc d'une longueur de cinq lieues anglaises sur des arcs élevés passe au-dessus des maisons.

Un tel tableau gigantesque est certainement le plus parfait qu'on ait jamais vu, et pour une dépense minime, on peut faire une promenade de plaisir à travers toute l'immense capitale britannique.


"Vue du Mont Rigi en Suisse"

C'est l'une des scènes les plus magnifiques que présente la nature. Le mont Rigi, haut de 5 000 pieds, permet à celui qui monte sur son sommet d'étendre son regard sur les pays environnants jusqu'à une distance de 30 heures de marche. 

Au centre le Wurtemberg, plus à droite on aperçoit la plaine de Bavière ; à gauche apparaissent les montagnes de la Forêt-Noire en Brisgau dans le pays de Bade ; à droite s'étend une autre chaîne de montagnes couronnée de glaces éternelles. 

La montagne la plus élevée de cette chaîne est celle appelée la Jungfrau, haute de plus de 12 000 pieds ; depuis son sommet se révèlent au regard étonné du spectateur 10 lacs, 9 villes et citadelles.


"La Bataille d'Isly du 14 août 1844"

Dans cette bataille combattirent 10 000 hommes de l'armée française commandée par le maréchal Bugeaud, contre 43 000 Marocains guidés par Sidi Mohammed, fils d'Abderrahmane, empereur du Maroc ; ces derniers furent entièrement battus par les Français et durent abandonner leurs tentes, leurs provisions et tous leurs bagages de guerre qui tombèrent entre les mains des vainqueurs.


"Vue de Berlin en 1848"


"Pest-Buda"

Pest, ville royale de Hongrie sur la rive gauche du Danube ; le petit espace qui sépare Pest de Buda est Alt-Ofen, gros bourg de 7 000 habitants que l'on peut dire faubourg de Buda, formant pour ainsi dire une seule ville.

C'est pourquoi nous sommes certains qu'aucun connaisseur des lieux représentés ne pourra relever le moindre défaut dans notre travail. Notre Cyclorama peut être vu également de jour, à la différence des autres qui ont besoin de la lumière des lampes ; c'est pourquoi les frères Rossi s'en remettent au bon cœur des Ferrarais et à celui des illustres garnisons.


Entrée de jour : 6 baïocchi. — Idem en soirée avec illumination : 8 baïocchi.

A Reggio Emilia [Duché de Modena et Reggio ; Reggio d'Émilie, Émilie-Romagne, Italie], par Torreggiani et C. [Compagnie] Tip. Teatr. [Typographie Théâtrale - Imprimerie attestée de 1809 à 1876]".



NAPOLI, CAPITALE DU ROYAUME DES DEUX-SICILES, DE MARS À SEPTEMBRE 1860 (Naples, Campanie, Italie)


- Il Paese du 3 mars 1860 p. 655 (texte traduit de l'italien)

"Grand Panorama Universel des frères Rossi au Largo del Mercatello [place du marché alors située à l'extérieur des murs de la ville - actuelle Piazza Dante].

On a toujours vu à Naples des panoramas, des dioramas, des cosmoramas, et la curiosité du public devrait désormais être satisfaite par le simple fait d’aller regarder à travers des lentilles telle ou telle vue. 

Mais si nous sommes aujourd’hui, comme personne ne pourra le nier, à l’ère du progrès, nous devons admettre que l’art a su apporter de grandes améliorations à ce genre d’expositions. 

Nous avons trouvé ce perfectionnement poussé au plus haut degré possible dans le Panorama Rossi, dont les vues donnent véritablement l’impression que l’art l’emporte sur la nature, en en créant une autre, que nous savons être une fiction, mais qui ne cesse de produire en nous une illusion totale. 

Cet effet extraordinaire et surprenant, les frères Rossi l'ont obtenu grâce à la parfaite exécution des vues, toutes réalisées d'après nature par de talentueux artistes, mais aussi grâce à leur étendue et au système complexe de lentilles qui, cinq, six ou plus selon les besoins, sont disposées pour chaque vue, permettent de la contempler dans toute son étendue, presque infinie, sans que le regard soit confiné à un espace restreint, ce qui contribue grandement à créer une illusion parfaite.

Hier soir, nous avons visité ce Panorama, et encore aujourd’hui, les belles contrées d’Amérique, les villes de Washington et de Philadelphie, nous reviennent devant les yeux comme une vision inoubliable ; le ciel, les nuages, les arbres, les montagnes, les rivières, les hommes et les choses, bref tout ce que la nature peut offrir, représenté avec tant de réalisme qu’on a vraiment l’impression d’être transporté dans ces régions lointaines. 

Le regard se perd dans un horizon lointain, très lointain, jusqu’à ce que tout se confonde dans cette incertitude où l’on dirait que la voûte céleste touche l’extrémité de la mer ou de la terre. Si ces vues ne sont pas du tout nouvelles, nous trouvons tout à fait novatrice la perfection du dessin, de la couleur et la vérité dont elles sont empreintes.

Les frères Rossi ont divisé leur exposition en deux sections : d’un côté, ils vous présentent la nature dans toute sa beauté et dans tout son calme, ainsi que les hommes qui, lancés sur les mers et les voies ferrées, s’adonnent à leurs industries ; 

d'un autre côté, la nature bouleversée par le plus terrible fléau que la société ait jamais créé : la guerre ! Vous voyez ce fléau dans toute son effroyable ampleur ; des morts et des blessés éparpillés pêle-mêle dans la poussière, des rangs contre des rangs, confus dans des nuages de fumée à peine percés par le lointain éclat des armes ; des canons crachant la mort... Magenta, Solferino, San Martino, Cavriana [Campagne d'Italie de juin 1859] y sont représentés dans toute leur effroyable vérité,

Ces scènes sont reproduites à partir de photographies prises sur place et réalisées par un vaillant peintre français, à la demande des frères Rossi, qui ne pouvaient certainement pas présenter quelque chose de plus novateur au public napolitain cultivé.

Dans le Grand Panorama des frères Rossi, composé de 86 panneaux, agencés avec beaucoup de décence et de goût, on passe une bonne heure, qui nous semble la mieux employée au monde. 

Nous avions depuis quelque temps le désir de visiter ce Panorama ; mais nous avions mis cette idée de côté après avoir lu les éloges qu’en faisait le "Nomade" [journal napolitain] en septembre 1859 [?]. 

Ce désir nous est revenu lorsque le "Nomade", le 15 février 1860, en a dit du mal, simplement pour célébrer l’arrivée d’une nouvelle baraque, qui, en présentant les vieilleries habituelles, comme par exemple un "Incendie de Moscou", un "Sérail turc", une "bataille de Marengo" et quelque "Monument égyptien", ne peut que mettre davantage en valeur le Grand Panorama de Rossi et accroître l’affluence des visiteurs.

L'humoriste "plein d'esprit" du "Nomade" conseille à Rossi de monter dans sa calèche et de partir ; nous, au contraire, nous le prions de rester à Naples tant que ce public aura les yeux pour admirer ses magnifiques vues".


- Il Paese du 3 septembre 1860 p. 242 (texte traduit de l'italien)

L'article retranscrit ci-dessous parle d'un Panorama situé à Naples au Largo dello Spirito Santo [place du Saint-Esprit], et non au Largo del Mercatello, montre des images de la Campagne d'Italie de juin 1859 mais ne cite pas les Frères Rossi.

Cependant, il s'agit bien de leur Panorama, avec les photographies prises sur les champs de bataille. Le Largo dello Spirito Santo (aujourd'hui la Piazza Sette Settembre) se situe d'ailleurs à seulement quelques mètres du Largo del Mercatello (actuelle Piazza Dante), séparé du Marché par une ancienne porte de la ville.

"Avant d'arriver à l'exposition des beaux-arts, les visiteurs fatigués pourront faire une pause et s'arrêter à l'autre exposition située sur la place du Saint-Esprit, avant d'entamer la montée des Études.

 On y trouve déjà ce qu'on appelle une baraque foraine ["baraccone"], sur la porte de laquelle est inscrit en haut : "Panorama". On y verra de grandes merveilles, parmi lesquelles les champs de bataille photographiés de la dernière guerre. 

Sans aucun danger, chacun pourra, à travers une lentille, voir Montebello, Palestro, Magenta, etc., tels que les avait laissés la fureur des canons rayés, le carnage causé par la mitraille et les baïonnettes. Une vision douloureuse… mais ceux qui aiment tout savoir ne voudront certainement pas manquer de visiter le Panorama".



LISBOA, CAPITALE DU ROYAUME DE PORTUGAL, D'AOÛT 1862 À FEVRIER 1863 (Lisbonne, Portugal)


Seize annonces sont parues dans le Diario de Lisboa, entre le 27 août 1862 et le 20 février 1863. D'autres, auxquelles je n'ai pu accéder, ont été publiées dans la Gazeta de Portugal.


- Diário de Lisboa des 27 et 28 août 1862 (texte traduit du portugais)

"Asile De Mendicité

Les frères Rossi, propriétaires du cabinet de panorama et de cyclorama, situé sur le largo do Passeio Público [Promenade et jardin publics ; actuelles Avenida da Liberdade et de la Praça dos Restauradores], ont décidé de donner une représentation au bénéfice de ce pieux établissement le jeudi prochain, 28 du courant, à laquelle est reversé le produit des entrées qui s'effectueront le soir même dans ledit cabinet.

Les frères Rossi comptent sur l'élan philanthropique des habitants de toute cette ville et sur toute l'aide possible pour que connaisse un grand succès l'idée charitable qui doit se concrétiser ce soir-là".


- Diário de Lisboa du 12 septembre 1862 (texte traduit du portugais)

Asile De Mendicité

Hier, la somme de 85 000 réis [85 000 réaux en une soirée soit plus de 850 personnes] a été reçue du très illustre M. Antonio Rossi, venu en personne la remettre à notre établissement. Cette somme est le fruit d’un don qu’il a fait de son plein gré, dans le panorama dont il est le directeur et propriétaire, situé Largo do Passeio Público, dans la nuit du 20 août [28 août] dernier.

Asile, 11 septembre 1862. Le directeur, Peregrino José Montez".


- Diário de Lisboa des 14 et 15 novembre 1862 (texte traduit du portugais)

Grand Cyclorama 

Au largo do Passeio Público

Cette semaine marque la fin de la deuxième exposition du cyclorama des frères Rossi, et la troisième, présentant des vues encore plus surprenantes, doit commencer immédiatement.


- Diário de Lisboa du 22 novembre 1862 (texte traduit du portugais)

"Grand Panorama Des Frères Rossi

Au largo do Passeio Público

Dimanche 23 novembre, 3e exposition, entrée réservée aux nouveaux visiteurs. Tarif réduit : 100 réis. Enfants de moins de huit ans et sous-officiers : 50 réis".


- Diário de Lisboa des 22, 28 29 novembre 1er et 12 décembre 1862 (texte traduit du portugais)

"Superbe Panorama Et Cyclorama Des Frères Rossi

Au largo do Passeio Público

La troisième exposition générale de vues a débuté, mettant en vedette celles des principaux lieux d'Amérique, où se déroulent actuellement les scènes les plus marquantes de la guerre civile qui ravage ce pays".


- Diário de Lisboa des 26 et 27 décembre 1862 (texte traduit du portugais)

"Grand Panorama Et Cyclorama Des Frères Rossi De Gênes 

Au largo do Passeio Público

Un changement de perspective, la 3ème exposition entièrement inédite à Lisbonne.

Cette nouvelle exposition présente des vues de l'Amérique, où des hostilités ont actuellement lieu.

Le bureau est ouvert tous les jours de neuf heures du matin à dix heures du soir.

Droit d'entrée : 100 réis ; enfants de moins de huit ans : 50 réis".


- Diário de Lisboa des 13, 16 et 20 février 1863 (texte traduit du portugais)

"Grand Panorama Et Cyclorama

Au largo do Passeio Público

Les frères Rossi, profondément reconnaissants des marques de bienveillance incontestables que le public lisboète leur a témoignées lors des expositions qu'ils ont eu l'honneur de présenter, maintiendront la troisième exposition, si bien accueillie, durant tout le Carnaval.

Le premier jour du Carême, débutera la quatrième exposition, d'une beauté saisissante et d'un réalisme incontestable, où seront représentées les scènes suivantes : 

– Jérusalem – la ville se dévoile dans toute sa splendeur antique : ses fortifications, le lac Bésaïda, le Temple de Salomon, l'église du Saint-Sépulcre, le mont Calvaire, d'où l'on observe la crucifixion de Notre Seigneur Jésus-Christ, le procès de Ponce Pilate et toutes les étapes de la Passion, d'après deux peintures authentiques conservées à Jérusalem. 

– Un voyage gigantesque, de Toulon à Canton (en Chine), traversant l'Europe, l'Afrique, l'Asie et l'Amérique 

– Pesth-Buda, etc.".



MADRID, CAPITALE DU ROYAUME D'ESPAGNE, DE JUIN 1864 À JANVIER 1865


De très nombreuses annonces paraissent du 1er juin 1864 au 6 janvier 1865 dans 10 journaux madrilènes. En voici une petite sélection.

- La Correspondencia de España des 1er (p. 2) et 2 juin (p. 1) 1864 et même article dans la Gaceta de Madrid et La España du 3 juin 1864 (texte traduit de l'espagnol)

"Les frères Rossi sont arrivés dans cette ville, propriétaires d’un magnifique cyclorama, qui a été très applaudi dans toutes les capitales étrangères où il a été présenté.

Ces messieurs ont sollicité l’autorisation des autorités pour installer leur petit théâtre, entièrement en fer, dont nous avons vu le dessin et qui, n’en doutons pas, attirera l’attention.

Quant aux vues que présente le "ciclorama" des frères Rossi, elles font l’objet de grands éloges, et nous espérons que le public madrilène aura très bientôt l’occasion de les admirer".


- Las Noticias du 3 juin 1864 p. 3 (texte traduit de l'espagnol)

"Nous avons cru comprendre que, dans quelques jours, les frères Rossi présenteront au public un magnifique cyclorama, qui a beaucoup attiré l'attention en Italie et qui, selon les journaux de Valence, ville où il a été exposé dernièrement, est ce qu'il y a de plus remarquable à ce jour dans son genre".


- La-Correspondencia de España des 16 juin (p. 1) et 18 juin (p. 4) 1864 (texte traduit de l'espagnol)

"Sur le Paseo de Recoletos, à côté du palais de M. Salamanca, se construit déjà le bâtiment qui accueillera l'exposition du "Panorama universel" de M. Rossi, dont nous avons déjà parlé et qui sera probablement achevé pour la fête de la Saint-Jean".


- La Correspondencia de España des 21, 22, 25 et 26 juillet 1864 p. 3 (texte traduit de l'espagnol)

"Grand panorama ou "ciclorama" universel. - (Paseo de Recoletos.) - À partir de 7 h du soir".


- La Correspondencia de España des 23 et 24 juillet 1864 p. 2 (texte traduit de l'espagnol)

"M. Rossi, propriétaire du magnifique "Ciclorama" situé sur le paseo de Recoletos, reconnaissant envers le public madrilène pour l’accueil qui lui est réservé et soucieux de permettre même aux classes les moins aisées de visiter sa magnifique exposition de vues, a décidé de réduire dès demain le prix d’entrée de moitié, c’est-à-dire à deux réaux. Les enfants paieront un real".


- La Correspondencia de España des 26 août 1864 p. 2 (texte traduit de l'espagnol)

"Le propriétaire du "panorama-ciclorama" offrant de superbes vues, M. Antonio Rossi, a demandé au directeur du service des biens et droits de l'État de pouvoir déménager, l'hiver prochain, du paseo de Recoletos, où il se trouve actuellement, vers le terrain des Vallecas, en face du café Suizo".


- La Correspondencia de España des 1er et 2 octobre 1864 p. 3 (texte traduit de l'espagnol)

"Grand panorama ou "ciclorama" universel. (Paseo de Recoletos.) - À partir de 7 h du soir. Entrée : 2 rs. [réaux]".


- Las Noticias du 17 octobre 1864 p. 4 (texte traduit de l'espagnol)

"Grand Panorama ou Cyclorama universel, situé sur la plazuela de las Descalzas [petite place des Déchaussées et non le terrain prévu des Vallecas], en face de l'ancien couvent de Saint-Martin.

Messieurs Rossy, très reconnaissants de l'accueil que le public leur a réservé lors de leur première exposition, en proposent aujourd'hui une seconde, enrichie de vues nouvelles et précieuses, parmi lesquelles figurent les principaux épisodes de la guerre d'Afrique.

Exposition, de dix heures à dix-neuf heures, et de huit heures à minuit. — Entrée deux réaux, un pour les enfants".


- Las Novades du 6 janvier 1865 (texte traduit de l'espagnol)

"Il s'en va. Le poliorama de M. Rossi est en train de disparaître du terrain de la rue de Preciados. Nous ne savons pas s'il change d'emplacement dans cette ville, ou s'il s'en va changer d'air et de région".



VALLADOLID, ROYAUME D'ESPAGNE, EN NOVEMBRE 1865


- Boletin Oficial de la Provincia de Valladolid du 16 novembre 1865 p. 3 (texte traduit de l'espagnol)

"Circulaire -. NUM. 1839

Les maires de cette province, les détachements de la Garde civile et les autres personnes relevant de mon autorité, mettront tout en œuvre, par tous les moyens à leur disposition, pour découvrir où se trouve Madame Joséfina, épouse d’un certain Rossi, propriétaire d’un panorama.

Si l’on parvient à la retrouver, cela sera porté à ma connaissance, et je m’empresserai d'informer ladite Joséphine dès qu’elle se présentera au secrétariat de ce gouvernement, d’une affaire qui la concerne.

Valladolid, le 14 novembre 1865 – José Gallostra".



BARCELONA, ROYAUME D'ESPAGNE, DE MAI À OCTOBRE 1866


Un historien, qui se présente sous le pseudonyme de Miquel Barcelonauta, a mis récemment en ligne un article précisant la présence du Panorama de "A. Rossy" ou "Rossi" à Barcelone, en mai 1866.

Je renvoie toutes les personnes intéressées à l'article intitulé, "Panorama Rossi", mis en ligne sur son blog, Barcelofilia (ici) (ainsi qu'à ses autres articles concernant la présence de Panoramas à Barcelone).

La recherche a permis de retrouver un très grand nombre d'annonces (plusieurs dizaines), notamment parues dans La Corona et le Diario de Barcelona du 25 avril (ouverture le 20 mai) au 14 octobre 1866 (date de fermeture), où le seul nom de A. Rossi/Rossy mais également celui des "hermanos [frères] Rossi" est parfois cité.

Ces annonces sont détaillées dans les premiers jours de l'ouverture mais sont souvent réduites par la suite, afin de signaler le renouvellement de l'exposition (sans précser son contenu), une baisse du prix d'entrée ou simplement rappeller l'adresse et les horaires du panorama. Auusi, n'est présentée ci-dessous qu'une sélection de quatre d'entre elles.


- La Corona du 19 mai 1866 p. 3 (texte traduit de l'espagnol)

"Le Dimanche 20 [mai] Sera ouvert Au Public

le grand panorama ou cyclorama universel de M. A. Rossy, illuminé la nuit par plus de 100 lampes à gaz, situé sur la grande place de Cataluña [Catalogne], en face de la Rambla de Canaletas.

Ce grand panorama-cyclorama, unique en son genre parmi tous ceux qui ont été présentés au public jusqu’à ce jour, ne ressemble pas à la plupart des autres de sa catégorie, dont les vues sont lithographiées ; ses toiles, en effet, sont de grand format et ont été peintes par les plus grands artistes d’Europe. 

Ces vues représentent les épisodes les plus marquants de la dernière campagne d’Italie, ainsi que les principales villes et monuments du monde, jamais reproduits auparavant, avec tous leurs principaux détails. 

Horaires d’ouverture : de neuf heures du matin à six heures de l’après-midi, et de sept heures à onze heures du soir, le spectacle sera présenté sous un magnifique éclairage au gaz.

Prix : Entrée générale, 2 rs. le jour et 4 rs. la nuit".


- La Corona du 24 mai 1866 p. 2 (texte traduit de l'espagnol)

"Panorama. Celui de M. Rossi, installé dans une élégante baraque située entre les gares de Martorell et de Sarría, mérite d’être visité par toutes les personnes curieuses de se faire une idée de ce qu’est un champ de bataille et qui souhaitent, sans quitter Barcelone, s’imaginer avoir voyagé en Italie et aux États-Unis. 

Les puissantes lentilles dont dispose M. Rossi, ainsi que la perspective parfaite des tableaux sur lesquels se porte le regard, donnent à l’observateur l’illusion d’avoir changé de lieu, le transportant comme par enchantement à des milliers de lieues de l’endroit où il se trouvait auparavant. L’effet constaté est vraiment surprenant !".


- La Corona du 11 août 1866 p. 3 (texte traduit de l'espagnol)

"Grand Panorama

Place de Cataluña.

Changement de vues.

Deuxième exposition de vues récemment reçues d'Italie et d'Allemagne, portant sur les événements les plus intéressants de la guerre actuelle [Guerre austro/italo-prussienne d'avril-juillet 1866].

Entrée 1 réal".


- La Corona du 23 septembre 1866 p. 3 (texte traduit de l'espagnol)

"Grand Panorama. Place de Cataluña. Changement des vues.

Troisième exposition qui aura lieu aujourd’hui, dimanche 23 [septembre], présentant les vues les plus intéressantes connues à ce jour, dont la particularité réside dans le fait qu’elles ont été peintes sur des toiles de 30 à 40 varas de longueur [entre 25,5 et 34,3 mètres de long] par les plus grands artistes d’Europe, reproduisant avec tous leurs détails réels :

1. Paris vu d’en haut. Vue sur 25 verres.

2. Grand voyage à travers la Californie, de San Francisco à Sacramento. Vue sur 25 verres.

3. Guerre d’Afrique. Vue sur 14 verres.

4. Prise de Gaeta [invasion napoléonienne du Royaume de Naples de février à juillet 1806]. Vue sur 14 verres.

Guerre d’Orient [Guerre de Crimée], débarquement de 60 000 alliés. Bataille d’Alma. Bataille d’Inkerman. Siège de Sébastopol [1854-1855].

Prix d’entrée : 1 real".



TOULOUSE, HAUTE-GARONNE, FRANCE, DE JANVIER À MARS 1867


- Journal de Toulouse des 6, 8 et 24 janvier 1867

"Aujourd'hui et jours suivants Première Exposition Du Grand Panorama

De M. A. Rossy

Eclairé, la nuit, avec plus de 100 lumières à gaz, en face la statue Riquet, allée Louis-Napoléon.

Ce grand Panorama, le seul parmi ceux offerts au public jusqu'à ce jour, n'est pas un Panorama ordinaire, aux vues lithographiées; ses tableaux sont de grandeur naturelle, peints par les artistes les plus distingués de l'Europe.

On y représente les les épisodes les plus remarquables de la dernière campagne d'Italie, les principales villes, les monuments de l'Univers entier qui n'ont jamais été représentés dans tous leurs principaux détails.

Chacune de ces vues est peinte sur une toile de 50 mètres de long.

Les frères Rossy ont eu l'honneur de la présence des premiers Souverains de l'Europe à leur Panorama.

Ce Panorama ne peut être comparé à ceux qu'on a montrés jusqu'à ce jour, pour la nouveauté et la la variété de ses magnifiques vues. Enfin, nous dirons que, de la manière dont il est placé et peint, on peut le voir de nuit comme de jour, rendant le même effet à toute heure.

Nous attendons avec confiance le concours empressé des amateurs et du public.

Batailles de Magenta, de San-Martino, de Solferino. Florence. Vue de la Suisse. Nouvelle Jersey, New-York, Philadelphie. Baltimore. Washinton (sic). 

Prix d'Entrée: Le jour, à partir de 10 heures du matin jusqu'à 4 heures du soir, 40 cent.

La nuit, de 7 heures, à 10 heures du soir, 50 cent. - Les enfants et les militaires non gradés paieront demi-place".


- Journal de Toulouse des 14 et 15 janvier 1867

"Aujourd'hui et jours suivants

Grand Panorama De M. A. Rossy

Eclairé, la nuit, avec plus de 100 lumières à gaz, en face la statue Riquet, allée Louis-Napoléon.

Ce grand Panorama, le seul parmi ceux offerts au public jusqu'à ce jour, n'est pas un Panorama ordinaire, aux vues lithographiées; ses tableaux sont de grandeur naturelle, peints par les artistes les plus distingués de l'Europe.

Batailles de Magenta, de San-Martino, de Solferino. - Florence. Vue de la Suisse. -Nouvelle Jersey, New-York,. Philadelphie. - Baltimore. Washinton (sic). 

Prix d'Entrée: Le jour, à partir de 10 heures du matin jusqu'à 4 heures du soir, 40 cent.

La nuit, de 7 heures, à 10 heures du soir, 50 cent. - Les enfants et les mailitaires non gradés paieront demi-place".


- Journal de Toulouse du 19 janvier 1867

"Aujourd'hui et jours suivants Grand Panorama

De M. A. Rossy

Eclairé, la nuit, avec plus de 100 lumières à gaz, en face la statue Riquet, allée Louis-Napoléon".


- Journal de Toulouse des 31 janvier et 2 février 1867

"Au Bout Des Allées Louis-Napoléon, En Face La Statue Riquet.

Au Grand Ciclorama (sic) De M. A. Rossy

Est visible tous les jours, depuis dix heures du matin, jusqu'à cinq heures du soir, et de sept heures jusqu'à dix heures avec grande illumination".


- Journal de Toulouse du 1er Mars 1867

"Clôture De La Première Série 

des Vues du Cyclorama

Allées Louis-Napoléon, statue Riquet.

Prix d'entrée, pour les huit derniers jours, 25 c. ; les enfants et les militaires non gradés, 15 с.

Les journaux et les affiches donneront le nouveau programme".


- Journal de Toulouse du 16 Mars 1867

"AVIS

M. ROSSY, directeur du grand Cyclorama, situé place Riquet, vient de recevoir de Paris et d'Italie, la 2ª série des nouveaux sujets qu'il avait commandés et qu'il va exhiber à Toulouse, qui en aura la primeur.

Ces nouvelles vues, œuvres d'artistes français et italiens, connus par 1eurs talents ne laissent rien à désirer aux personnes qui daigneront venir les voir ; elles sont supérieures à la première exhibition, dont cependant le public a paru déjà très satisfait.

M. Rossy, afin de répondre à la bienveillance du public toulousain, a reuoncé de se rendre à Bordeaux [à la Foire], où il était attendu, et pour compléter sa gratitude du bon accueil dout son établissement a été l'objet, il n'augmentera pas les prix qui resteront, pour tous, fixés à 25 с.".



BÉZIERS, HÉRAULT, FRANCE, EN MAI 1867


- Le Publicateur de Béziers du 17 mai 1867

"Le Ciclorama-Rossi est un spectacle curieux et intéressant, dont l'ouverture aura lieu très-prochainement, place de la Citadelle.

A l'aide du télescope, les objets reproduits sur la toile grossissent jusqu'à atteindre leur grandeur naturelle, et les plus minimes détails du tableau apparaissent avec une précision remarquable à l'œil ravi du spectateur.

Dans ce salon charmant se trouvent groupés, dit-on, des paysages représentant les sites les plus remarquables de l'Europe et les points de vue les plus beaux des villes, tant de France que de l'étranger.

Le public amateur ne peut manquer d'aller en foule visiter ces curiosités artistiques".


- Le Publicateur de Béziers du 24 mai 1867

"Le Cyclorama de MM. Rossi Frères.

Si vous voulez, sans prendre beaucoup de peine et sans courir aucun danger, voyager dans l'Amérique du Nord, en Suisse et en Italie, vous n'avez qu'à aller visiter le Cyclorama de MM. Rossi frères, place de la Citadelle. 

Vous serez émerveillés des panoramas grandioses que présentent les villes de Jersey, New-York, Philadelphie, Baltimore et Washington, soit au bord de la mer, soit au milieu de larges fleuves sillonnés par de gigantesques bateaux à vapeur, dont un saute en l'air avec 700 passagers. Vous verrez Florence comme si vous y étiez. Vous assisterez aux batailles de Magenta et de Solférino et vous pourrez vous faire une idée des horreurs du champ de bataille.

La Suisse et ses glaciers se dérouleront à vos pieds sans que vous ayez à faire des ascensions toujours pénibles et souvent périlleuses.

Plus tard vous verrez Paris moderne. Ce sera pour ceux qui n'ont ni le temps ni les moyens d'aller à l'Exposition, une occasion excellente de connaître la capitale.

Le Cyclorama de MM. Rossi est une œuvre d'art. Les maîtres italiens excellent dans l'exécution de ces vastes et minutieuses aquarelles. On peut les regarder de près sans le secours d'un verre grossissant et les trouver tout aussi belles si ce n'est davantage.

Allez donc voir le Cyclorama, il n'en coûte que 50 centimes le soir et 30 centimes le jour. C'est pour rien".



BORDEAUX, GIRONDE, FRANCE, D'AOÛT À OCTOBRE 1867


- La Gironde du 26 août 1867 p. 3

"Le Grand Ciclorama (sic) de M. A. Rossy (sic) est visible tous les jours, de 9 h. du matin à 10 h. du soir, à La Bastide, place Napoléon.

On y représente les épisodes les plus remarquable de la guerre d'Italie, les principaux monuments et villes de l'univers.

Prix des places, le jour, 30 c. ; la nuit, 50 c.".


- La Gironde du 15 octobre 1867 p. 2

"Demain, ouverture de la foire (...). On n'a plus, après cela, qu'à traverser le cyclorama, où, sans se déranger, on peut faire un voyage dans tout l'univers".


- La Gironde du 19 octobre 1867 p. 2

"ll faut avouer que l'on ne se défend pas d'une certaine surprise en visitant le Cyclorama des Quinconces, autrement dit la grande galerie historique, ou plutôt géographique, de Florence.

Au lieu des vues banales que l'on trouve dans toutes les foires, on voit de grandes et larges peintures rappelant sans désavantage celles que le colonel Langlois expose dans son petit pavillon des Champs-Elysées. 

La première salle est consacrée, d'un côté, aux batailles de la campagne d'Italie ; de l'autre, ce qui est plus pittoresque, aux lacs et aux glaciers de la Suisse (...).

Autour de la salle, sont disposées de très nombreuses ouvertures, munies de lentilles qui permettent d'apercevoir les moindres détails des paysages et de s'en faire l'idée la plus exacte.

Le soir, à la lumiere, la vue des fameuses montagnes Rigi est vraiment féerique. Mais ce que le Cyclorama possède de plus intéressant et de vraiment original, se trouve dans la seconde salle (...) affectant la forme d'une circonférence de 9 mètres de rayon.

C'est la reproduction des grandes villes d'Amérique : New-York, avec ses rues immenses et rectilignes ; Philadelphie, Baltimore et des maisons uniformes, bâties à la hollandaise, en briques rouges ; Washington, au milien de laquelle s'élève la Maison Blanche, résidence du président ; enfin, le fleuve immense du Mississipi, couvert de ces nombreux vapeurs, in-connus en Europe, qui ont deux ou trois étages, et contiennent tous les agréments des cités : théâtres, cafés, salles de bals et de concerts. 

Tout cela est présenté de telle sorte, que le regard embrasse à la fois de très vastes espaces, en même temps qu'il peut découvrir les petits détails, les enseignes des boutiques, par exemple, tout cela est peuplé, vivant, et présente le plus vif intérêt pour ceux qui, comme nous, veulent visiter les Etats-Unis sans faire les frais de la traversée".



TORINO, PIÉMONT, ITALIE, DE JUILLET À OCTOBRE 1868


- Gazzetta del Popolo du 18 juillet 1868 p. 7 (texte traduit de l'italien)

"Le Grandiose "Ciclorama"

d’A. ROSSI, situé sur la place Solferino, construit spécialement en fer ; de style gothique élégant, éclairé par 150 flammes à gaz.

Le lieu se divise en deux grandes salles élégamment décorées.

Dans la première salle, on admire Paris en survolant les rives de la Seine.

Cette immense métropole s'offre à la vue dans toute son étendue.

On y observe ensuite les guerres d'Italie et l'on distingue clairement (d'après nature) les batailles suivantes :

La grande bataille de Magenta ;

La bataille héroïque de San Martino ;

La formidable bataille de Solferino.

Dans la deuxième salle, on peut admirer le grandiose voyage en Amérique du Nord, du New Jersey à New York, en passant par Philadelphie, Baltimore et Washington. 

Tout cela est reproduit fidèlement d'après nature".


- Gazzetta del Popolo du 25 juillet 1868 p. 6 (texte traduit de l'italien)

"Le "Ciclorama" de Rossi sur la place Solferino. 

D'ordinaire, quand on parle de "Ciclorami", "Diorami" ou "Cosmorami", on craint presque d'avoir affaire à ces baraques que le peuple appelle "le monde nouveau".

Celui de M. Antonio Rossi est une série de lentilles disposées en forme ovale dans deux cabines : l’une vous fait voir Paris à vol d’oiseau, ainsi que la série des batailles de 1866 pour l’indépendance italienne ; 

l’autre vous emmène faire un tour en Amérique, de New York à Philadelphie et Washington.

La vue de ces lieux produit un effet singulier, comme si l’on se trouvait réellement sur place. C’est une double visite que chacun peut faire sans grand désagrément et avec une immense satisfaction".


- Gazzetta del Popolo du 1er septembre 1868 p. 3 (texte traduit de l'italien)

"Le "Ciclorama Rossi", sur la place Solferino, continue d'attirer les personnes qui aiment voyager dans leur imagination, grâce à la plus belle des illusions d'optique, en laissant leur regard glisser devant ces excellentes lentilles qui rehaussent le prestige des magnifiques peintures qui restituent fidèlement l'aspect des paysages qu'elles représentent.

La variété des panoramas et l’illusion totale qui permet de laisser vagabonder le regard sur des étendues infinies procurent une telle satisfaction que l’œil s’attarde avec délectation à observer, puis revient avec plaisir pour revoir ce qu’il a déjà vu…

Nous recommandons à ceux qui n’ont pas encore visité le "Ciclorama Rossi" de s’y rendre sans tarder, convaincus qu’ils en seront comblés et satisfaits".


- Gazzetta del Popolo du 1er octobre 1868 p. 4 (texte traduit de l'italien)

"Ciclorama Rossi" (Piazza Solferino) - Samedi prochain [3 octobre], toutes les représentations qui auront lieu du matin au soir seront au bénéfice des victimes de Parme [inondations du 21 septembre 1868]".


- Gazzetta del Popolo du 6 octobre 1868 p. 1 (texte traduit de l'italien)

"Secours Aux Victimes de l'Inondation de Parme

Total des listes précédentes déjà envoyées au maire de Parme .........L. [Lires] 1354,60

Onzième liste

Billotti Gio. Baptiste..........................................................................................L.       1,50

Amor Fraterno, 2e offrande..............................................................................L.      20

de Bologne Un vieux lecteur de la Gazzetta del Popolo................................. L.        2

Représentation donnée au grand cyclorama...................................................L.        8,70

Total 11e Liste..................................................................................................L.      32,20".


À SUIVRE




samedi 17 octobre 2026

1496-LE PANORAMA UNIVERSEL DES FRÈRES ROSSI-1 (1852-1855)

 

SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS 





Lors de ma recherche sur le Cyclorama-Panorama d'Andrea Carli (ici), j'ai croisé, en Europe de l'Ouest du milieu du XIXe siècle, les noms d'une vingtaine d'autres propriétaires de spectacles itinérants, picturaux et optiques.

J'ai décidé de m'intéresser à l'un des spectacles les moins étudiés, le "Panorama dei Fratelli Rossi".

Le nombre de documents recueillis, essentiellement des annonces de presse, s'avérant cependant très conséquent, deux articles (malgré une sélection) vont être consacrés à leur présentation chronologique, suivis d'un troisième article analysant ce corpus.


N.B. : les textes originaux en italien, en allemand (écriture gothique Fraktur), en portugais et en espagnol ont été traduits en français ; cette traduction peut comporter quelques erreurs, notamment du fait de passages peu déchiffrables.



LE PANORAMA UNIVERSEL DES FRÈRES ROSSI-1

1852-1855



BRÜNN, MORAVIE, EMPIRE D'AUTRICHE, EN FÉVRIER 1852 (actuelle Brno, République Tchèque)


- Brünner Zeitung des 19, 22 et 26 février 1852 (texte traduit de l'allemand)

"Panorama, Cosmorama !

L'exposition principale présente des tableaux circulaires des frères Rossi et n'est actuellement visible que pour une durée limitée dans la nouvelle salle située devant la porte Ferdinand. Prix d'entrée par personne : 10 et 6 Kr. [kreuzer] CM. [Monnaie de Convention].

Vous trouverez plus de détails sur les grandes affiches".



WIEN, CAPITALE DE L'EMPIRE D'AUTRICHE, EN AVRIL 1852 (Vienne, Autriche)


- Fremden-Blatt du 17 avril 1852 p. 8 (texte traduit de l'allemand)

"Annonce.

Les soussignés ont l'honneur d'annoncer à la haute noblesse et au public amateur d'art qu'ils ont ouvert leur grand stand d'exposition dans le parc d'attractions du Prater, à côté de l'Eisvogel [Restaurant du Martin-pêcheur], pour la première fois depuis le lundi de Pâques, et recommandent, parmi de nombreux autres objets remarquables, le palais de verre de l'Exposition universelle de Londres, qui n'a jamais été présenté auparavant à Vienne, pour votre aimable considération.

Les frères Rossi".



PRESBURG, HONGRIE, EMPIRE D'AUTRICHE, EN JUIN 1852 (Presbourg, actuelle Bratislava, capitale de la Slovaquie)


- Presburger-Zeitung du 4 juin 1852 p. 514 (texte traduit de l'allemand)

"Annonce préliminaire.

Les frères Rossi ont l'honneur d'annoncer au public que leur célèbre panorama (peinture panoramique) de Vienne sera bientôt exposé ici et qu'ils ouvriront leurs portes le 13 juin sur la Promenade, à la grande joie du public.

Presbourg, le 2 juin 1852".


- Presburger-Zeitung du 20 juin 1852 p. 566 (texte traduit de l'allemand)

"Le grand "tableau vivant", Cyclorama et Pléorama des frères Rossi de Gênes.

sera ouvert au public à partir d’aujourd’hui, dimanche 20 du mois, dans le grand Bazar situé sur la promenade.

Programme :

1. Le voyage de New York à Philadelphie, fidèle à la réalité, un cyclorama de 150 pieds [environ 45 mètres].

2. Le voyage de Toulon à Saint-Louis [nom du navire ?] en Chine, avec les principales vues de Saint-Denis, Madras, Calcutta, Malacca, Bangkok, Macan et Easton [avant-port de Canton ?].

3. L’intérieur du grand palais de verre à Londres.

4. Jérusalem.

5. Coblence et Ehrenbreistein, au confluent de la Moselle et du Rhin.

Nous pensons pouvoir recommander d’autant plus vivement à notre cher public de venir visiter notre Bazar, que toutes les vues ont été prises sur le vif, sur place, et réalisées par les plus grands peintres de panoramas d’Allemagne.

Prix d’entrée : 12 kr. C. M. Les enfants paient moitié prix. Ouvert de 8 h du matin à 9 h du soir.

Fortement recommandé en raison de sa grande popularité.

Les frères Rossi de Genova [Royaume de Piémont-Sardaigne - Gênes, Ligurie, Italie]".


- Presburger-Zeitung du 24 juin 1852 p. 577 (texte traduit de l'allemand)

"Panorama mondial des frères Rossi de Genova [Gênes]. Quel plaisir de voyager ! Quelle sensation agréable que de lire un récit de voyage, et à combien plus forte raison l'enrichissement que procure un véritable périple. 

Et c’est dans une telle illusion que l’on se sent involontairement plongé lorsqu’on pénètre dans cette magnifique salle d’exposition depuis l’entrée, sur la droite, et que l’on passe devant la grande peinture circulaire qui représente le "Voyage de New York à Philadelphie".

Quelle vie animée et bigarrée dans les rues imposantes des deux villes, quelle multitude de bateaux aux voiles colorées sur les fleuves ; quel grand nombre d’édifices imposants. Et puis cette foule grouillante, cette agitation et ce bouillonnement, ces allées et venues dans les rues, le tout si vivant et si réaliste, comme si tout cela existait réellement. Vraiment une image pittoresque qui laisse une impression indescriptible. 

Le même intérêt captivant imprègne le "Voyage de Toulon à Saint-Louis en Chine" avec une série de vues intermédiaires chaleureuses. 

Les amateurs de peintures de batailles pourront se délecter d’une grande bataille entre les Chinois et les Anglais [probablement la bataille décisive de Chinkiang, le 21 juillet 1842, lors de la première guerre de l'opium, avec la victoire navale de l'Empire britannique sur la Chine des Qing], ainsi que de la "Bataille d’Eckernförde" [victoire des forces germano-schleswigoises, sur la flotte danoise, le 5 avril 1849] ; 

de plus, parmi les nouveautés de l'époque, l'extérieur du grand "Palais de Cristal" dans la ville de la Tamise [Londres], qui a mis en mouvement la moitié du monde l'année dernière [lors de l'Exposition Universelle, du 1er mai au 15 octobre 1851], saura intéresser tout le monde. 

La ville de "Jérusalem", à laquelle se rattachent des souvenirs si sacrés pour les croyants de toutes confessions, sera également contemplée avec satisfaction.

De même, certaines petites pièces, telles que "La soumission d’Abd-el-Kader" [Algérie, 23 et 24 décembre 1847] ou "Les jeux d’eau à Saint-Pétersbourg", qui ne figurent pas du tout au programme, ne manquent pas d’attirer l’attention. 

Que personne ne manque donc de visiter cette exposition intéressante, qui offre déjà un magnifique spectacle en journée, mais qui, le soir venu, sous un éclairage imposant, se révèle encore plus attrayante et pittoresque".


- Presburger-Zeitung du 27 juin 1852 p. 590 (texte traduit de l'allemand)

Voyage pittoresque autour du monde. Grande peinture panoramique, cyclorama et pléorama des frères Rossi de Gênes.

(L'exposition se tient dans le grand bazar installé sur la promenade). 


Le voyage de New York à Philadelphie, fidèle à la nature, un cyclorama de 150 pieds [environ 45 mètres].

New-York, à la pointe de l'île de York et à l'embouchure de l'Hudson, a été fondée en 1625 par les Hollandais sous le nom de Nouvelle-Amsterdam ; les Anglais se sont emparés de cet endroit en 1664. 

L'île sur laquelle se trouve la ville s'étend sur 15 miles de long et 1 à 3 miles de large. Elle s'étire le long de l'Hudson sur environ 2 miles, et depuis la pointe de la Battery le long de l'Eastriver, qui n'est en fait qu'un bras de l'Hudson.

La Battery, située au sud-ouest de la ville, est entourée de magnifiques promenades qui sont le lieu de rendez-vous de la haute société. 

Dans le Hudson sont dispersées une multitude de belles îles, parmi lesquelles on trouve Governor's Island, Bedloe's Island [aujourd'hui Liberty Island] et Ellis Island, sur lesquelles se trouve une station militaire, ainsi que les rives du New Jersey et de Long Island, avec la ville florissante de Brooklyn. Brooklyn fait directement face à New York et en est séparée par l'East River. 

Le spectateur a d'ici une vue d'ensemble sur New York et toute la région environnante, et comme on peut y distinguer précisément presque tous les objets, autant que la perspective le permet, on peut s'orienter comme si l'on se trouvait sur place.


Philadelphie

Philadelphie, bordée à l'est par la Delaware et à l'ouest par le Schuylkill, a la forme d'un parallélogramme. Les rues courent soit perpendiculairement vers le fleuve, soit parallèlement à celui-ci ; toutes sont larges, grandes et belles, bordées d'arbres.

La rue principale au centre, High Street, va d'un fleuve à l'autre. Broad Street est large de 100 pas, Walburg Street [Walnut Street] de 60 pas, les autres de 50 pas, bien pavées, avec de larges trottoirs le long des maisons. 

La Banque des États-Unis, entièrement en marbre blanc, est considérée comme l'un des plus beaux édifices, tout comme le Capitole de l'État, l'Hôtel de la Monnaie, l'Université, l'Hôpital de Pensylvanie (sic), la loge maçonnique, l'arsenal de la marine, le théâtre, des ponts bien entretenus, etc. 

De même, il faut noter tout particulièrement la maison de correction (pénitencier d'Eastern State), située à quelque distance de la ville ; elle forme un carré de 600 pieds, entouré de murs de 20 pieds de haut avec des tours à chaque angle et au centre. Le bâtiment a coûté plus de 3 millions de piastres. Lorsque l'on entre dans la cour intérieure, on se croirait plutôt dans une fabrique que dans une prison ; tous les détenus travaillent selon leurs compétences : tailleurs, cordonniers, tisseurs, passementiers, brossiers, tous peuvent gagner de l'argent jusqu'à leur libération et sont traités avec beaucoup de douceur. 

Le système d'aqueduc [station de pompage de Fairmount] au bord du Schuylkill, situé sur une haute colline aménagée en de beaux jardins, frappera particulièrement le spectateur.

L'ensemble de la vue panoramique sur la ville et ses environs offre le spectacle le plus ravissant que l'on puisse imaginer.


Le voyage de Toulon à St. Louis [au Sénégal ? - nom du navire ?] en Chine :

1. Saint-Denis, chef-lieu de l'île Bourbon [La Réunion], une possession française.

2. L'île de Madagascar.

3. L'Inde orientale britannique : les villes de Madras et Calcutta, les plus importantes villes des possessions anglaises. – La promenade d'un nabab, la fête du char de Jagannath [Juggernaut], une promenade aquatique de la déesse Kali.

4. Malacca, sur la péninsule malaise du même nom, possession anglaise.

5. Bangkok, capitale et ville de résidence du royaume de Siam, sur la rivière Menam [Chao Phraya], qui se jette dans la mer de Chine.

6. La Chine. La ville de Macao avec une citadelle élevée sur un rocher, une possession portugaise. 

– La Grande Muraille, l'une des plus grandes merveilles du monde, existe depuis plus de 2 000 ans et s'étend sur une longueur de 1 500 milles. La muraille mesure 24 pieds d'épaisseur à la base et 13 pieds au sommet, remplie de terre au milieu, avec tous les 100 pas une tour équipée de canons. Elle gravit les rochers les plus escarpés et franchit les précipices les plus profonds, et même les fleuves ne l'arrêtent pas. Elle s'étend de l'extrémité occidentale du Shaanxi jusqu'à l'extrémité orientale du Zhili et forme l'ancienne frontière de la Chine. 

– La belle pagode de Suzhou  avec ses 10 toits octogonaux en forme de coquille, son revêtement en porcelaine et ses clochettes tintantes. – La ville de Canton.


Jérusalem

La Jérusalem d'aujourd'hui est située sur l'emplacement de l'ancienne capitale détruite des Juifs en Palestine, une partie de la Syrie, et elle est soumise au pacha de Damas. Les environs sont arides et montagneux, la ville est construite de façon irrégulière, les maisons sont en grès et leur uniformité est interrompue par la pointe des mosquées, par les clochers des églises et par quelques cyprès. Des silhouettes blanches voilées, des chrétiens et des juifs déambulent dans les rues. 

Le spectateur jouit d'une vue d'ensemble sur les monastères chrétiens, l'église du Saint-Sépulcre et le Golgotha avec la représentation de la Crucifixion. À l'emplacement du Temple de Salomon se dresse la magnifique mosquée des musulmans, et divers monuments israélites anciens, grecs et romains rehaussent l'intérêt pour ce panorama.


La bataille de Chillianwala en Inde [le 13 janvier 1849]

Le brave général Cureton, accompagné d'un grand nombre de guerriers valeureux de la Vieille Angleterre, était tombé dans l'escarmouche au gué du Chenab [le 22 novembre 1848]. 

La forteresse d’Attock avait été prise, et les légions de Chattar Singh, venues du pays de Hazara, avançaient grisées de victoire contre l'armée de britannique placée sous le commandement de Lord Gough. 

Les Indiens, sur le point de faire leur jonction avec le fils de leur chef de guerre, Sher Singh, attirèrent les Anglais dans la portée de leurs canons par une feinte retraite, et la bataille fut décidée après trois heures au désavantage des Britanniques. 96 officiers et 2 500 hommes restèrent morts sur le champ d'honneur.


Nous attirons l'attention du très honorable public sur le fait que cette grande peinture circulaire artistique a été réalisée l'année dernière [1851] fidèlement d'après nature et n'a été achevée que très récemment avec beaucoup de zèle par un peintre de panorama renommé.

Il n'existe sans doute à ce jour aucune représentation aussi fidèle de l'Amérique, et nous l'avons faite exécuter à des frais très considérables. Nous invitons également tous ceux qui connaissent en nature les sujets contenus dans notre cyclorama à nous signaler la moindre inexactitude dans ceux-ci. Pour les industriels, la vue de New York devrait présenter un intérêt tout particulier, étant donné qu'une exposition industrielle y aura lieu l'année prochaine. 

De plus, le cyclorama est ouvert à la visite tout au long de la journée, et non pas comme les cycloramas mobiles que l'on rencontre souvent aujourd'hui, lesquels, en tant que simples peintures décoratives, ne peuvent être vus qu'à la lumière des lampes.

Dans toutes les villes où cette grande peinture circulaire a été exposée jusqu'à présent, elle a joui des applaudissements les plus généraux, non seulement en raison de la représentation saisissante des sujets, mais aussi en raison de leur exécution extrêmement réussie ; les soussignés se flattent dès lors de recevoir le même accueil de la part du public amateur d'art de cette ville, et le prient très humblement de venir nombreux .

Les Frères Rossi de Gênes.

Le prix d'entrée est de 12 kr. C. M. [12 kreutzers, Monnaie de Convention]. Les enfants paient demi-tarif . Ouverture le matin à 8 heures. Fermeture le soir à 9 heures".



TRIESTE, LITTORAL DE L'EMPIRE D'AUTRICHE, D'OCTOBRE À DÉCEMBRE 1852 (Trieste, Frioul-Vénétie Julienne, Italie)


- Il Diavoletto du 12 septembre 1852 p. 1011 (texte traduit de l'italien)

"Voulez-vous que je vous parle d’astronomie, d’astrologie, ou que je vous décrive un voyage sans sortir de chez vous ? Inutile de vous donner cette peine. Londres, Paris et la moitié de l’Europe voyagent en ce moment dans un grand coffre, peut-être à destination de Trieste, pour se faire admirer dans un panorama. 

Autrefois, pour découvrir une ville, il fallait s’y rendre en personne ; aujourd’hui, en revanche, ce sont les villes elles-mêmes qui viennent en personne pour se faire admirer. On voit donc que les villes aussi appartiennent au genre féminin !". 


- Il Diavoletto des 29 et 31 octobre 1852 p. 1202 et 1210 (texte traduit de l'italien)

"Les soussignés, propriétaires du Grand Panorama Universel, du Cyclorama et du Pléorama, informent le respectable public que, dès dimanche [31 octobre], ces œuvres seront ouvertes au public et exposées sur la place du Ponte-Rosso [Pont-Rouge].

Ce grandiose Cyclorama, qui n’a jamais été présenté à Trieste, est entièrement nouveau et présente les principales vues du monde ; ses propriétaires espèrent ainsi susciter l’admiration générale.

Les Frères Rossi".


- Il Diavoletto du 7 novembre 1852 p. 1236 (texte traduit de l'italien)

"Sur la place du Ponte-Rosso : Grand Panorama Universel

Cyclorama et Pléorama des frères Rossi.

Le voyage de Toulon à Canton [Guangzhou], en Chine, en passant par l'Europe, l'Afrique, l'Amérique et l'Asie, un périple qui s'étend sur plus de 10 000 milles italiens [beaucoup plus, environ 25 000].

Nous avons l’honneur d’informer ce public distingué et cette illustre garnison que ce cyclorama grandiose et surprenant a été fidèlement copié d’après nature l’année dernière à peine, dès que cette œuvre a été achevée par un peintre célèbre. 

Jusqu’à présent, il n’existe encore aucun tableau aussi précis de l’Amérique, et nous l’avons fait réaliser à grands frais. Par ailleurs, nous nous adressons au public distingué en priant ceux qui connaissent les lieux représentés dans notre cyclorama dans la réalité de bien vouloir nous signaler toute erreur éventuelle. 

Pour les plus curieux, la vue du voyage à New York, ainsi que celle de Toulon à Canton en Chine, présentera un intérêt particulier, étant donné qu’une exposition industrielle aura lieu dans cette même ville l’année prochaine [New York, 1853]. 

Notre cyclorama présente également la particularité de pouvoir être admiré de jour comme de nuit, contrairement aux cycloramas mobiles, qui ne peuvent être contemplés que comme des peintures décoratives à la lueur des lampes. Nous vous invitons à honorer de votre présence

les Frères Rossi.

Le prix d’entrée est fixé à 20 car., et à 10 car. [carantani] pour les enfants".


- Il Diavoletto des 24, 26, 27, 28 et 29 novembre 1852 pp. 1310, 1318, 1322, 1326 et 1330 1322 (texte traduit de l'italien)

"Grand Panorama Universel sur la place du Ponte-Rosso.

Nous informons le respectable public de Trieste que le Grand Panorama Universel au Ponterosso sera bientôt visible à des prix réduits, à 12 carantani, ou à 6 carantani pour les enfants. Par la suite, de nouvelles expositions de tableaux modernes seront présentées. Les frères Rossi".


- Il Diavoletto des 8, 11 et 12 décembre 1852 pp. 1366, 1378 et 1382 (texte traduit de l'italien)

"Avis au public respectable et à l'illustre garnison.

Les propriétaires du Grand Panorama du Ponte Rosso, MM. les frères Rossi, se font un devoir d'annoncer qu'aujourd'hui, dimanche, sera le dernier jour où l'on pourra admirer leur panorama, qui, pour le confort des visiteurs, sera éclairé de jour comme de nuit. Ils ne doutent donc pas d'être honorés d'une affluence nombreuse".



VENEZIA, ROYAUME DE LOMBARDIE-VÉNÉTIE, EMPIRE D'AUTRICHE, DE JANVIER À AVRIL 1853 (Venise, Vénétie, Italie)


- Gazzetta Uffiziale di Venezia du 8 janvier au 3 avril 1853 (textes traduits de l'italien) 

24 annonces brèves sont parues dont :

18, en janvier-février 1853 pour la Première Exposition : "Riva Degli Schiavoni, al Ponte della Cà de Dio. - Panorama universel, cyclorama et pléorama des frères Rossi".

3, en février-mars 1853 :"Panorama universel. - Deuxième Exposition - De 8 heures du matin à 8 heures du soir" (sans le trappel du lieu ni du nom des frères Rossi).

2, les 26 et 31 mars 1853 : "Sulla Riva degli Schiavoni al Ponte della Cà di Dio. Panorama Universel Des Frères Rossi. Troisième exposition, qui prendra fin immanquablement le 3 avril prochain : Voyage Pictural Au Pays De L'Or, La Californie, par mer et par terre, de San Francisco jusqu'à Sacramento, présenté sous la forme d'un cyclorama en plastique [modelé en relief]".

1, le 3 avril 1853 rappelant la fin du spectacle ce même jour.



BRESCIA, ROYAUME DE LOMBARDIE-VÉNÉTIE, EMPIRE D'AUTRICHE, EN JUILLET ET AOÛT 1853 (Brèche/Brescia, Lombardie, Italie)


- Giornale della provincia Bresciana du 19 juillet 1853 (texte traduit de l'italien)

"Panorama Universel" Des Frères Rossi De Gênes.

Tout au long de la prochaine Foire, qui se tiendra dans cette ville de Brescia, sera présentée l'exposition d'un "Panorama Universel" parmi les plus grandioses jamais vus à ce jour.

La richesse de ses perspectives enchanteresses, la nature et l’art présentés sous leur plus bel aspect, le choix des lieux les plus intéressants et les plus curieux, les villes, les villages, les situations les plus singulières, les points de vue les plus agréables, les montagnes, les lacs, les mers, le ciel, traités par une main de maître avec toute la grâce et la véritable finesse artistique, ont suscité partout un émerveillement singulier, non seulement chez les amateurs de la beauté artistique et des raretés indescriptibles de la nature, mais aussi chez les moins avertis.

Ce "Panorama" ne bénéficie d’aucune aide de l’éclairage artificiel, qui n’est mis en œuvre que la nuit ; il n’en présente pas moins, à toute heure du jour, un admirable tableau de lumière.

L’accueil favorable réservé, partout où elles ont eu lieu, aux brillantes expositions d’un tel "Panorama Universel" convainc les propriétaires qu’elles ne manqueront pas d’être tout aussi appréciées par les Brescians cultivés et raffinés, certains qu’ils les trouveront dignes de leur admiration".


- Giornale della provincia Bresciana du 9 août 1853 (texte traduit de l'italien)

"Le Panorama Des Frères Rossi

Sur La Piazza Vecchia

(communiqué).

Le spectacle grandiose qu’offre ce panorama au regard est indescriptible : l’esprit, envoûté par une sorte de mystérieuse torpeur, s’envole pour rêver d’un monde nouveau, où tout est grand, où tout semble merveilleux.

Les villes les plus grandes et les plus célèbres s’offrent à la vue dans leur intégralité, les magnifiques édifices, les monuments somptueux, les places somptueuses, les larges avenues, les immenses plaines. 

Des rochers et des falaises, des mers sillonnées par toutes sortes de navires, un horizon plus ou moins dégagé ; en somme, tout ce qu’il y a de plus grand et de plus pittoresque dans l’univers y est représenté avec une simplicité grandiose dans le dessin, avec force et vérité dans les couleurs : une imitation des plus réussies pour produire l’effet le plus merveilleux.

Il convient de rendre hommage avec gratitude aux propriétaires du Panorama, qui offrent à notre regard tout ce que la nature et l’art ont de beau et de sublime, en alliant si justement l’ordre et l’harmonie des parties à la majesté et à la magnificence. P.".



CASALE, ROYAUME DE PIÉMONT-SARDAIGNE, EN 1854 (Casale Monferrato, Piémont, Italie)


- Affiche (Collection privée), 1854 (texte traduit de l'italien)

"Description Des Voyages Les Plus Remarquables ou

Grand Panorama Universel Des Frères Rossi

Première Exposition

Le Voyage En Amérique Du Nord Depuis New York, En Passant Par Philadelphie Jusqu'à Baltimore

Dessiné d'après nature, Cyclorama d'une grandeur de 150 pieds [environ 45 mètres].

De passage dans cette ville, les Frères Rossi avec leur grand panorama annoncent à ce  Public cultivé et à l'illustre Garnison qu'il y aura Deux expositions de Huit jours chacune. Le dimanche 28 mai aura lieu la première Exposition.


New York

L'île sur laquelle la ville s'étend le long de l'Hudson est distante d'environ 2 miles. La batterie située au sud-ouest de la ville est entourée de magnifiques promenades. Sur l'Hudson, on voit éparpillées une multitude de belles îles. 

L’observateur a ici un point de vue sur New York et sur tout le pays adjacent et, autant que l'art le permet, on aperçoit presque tous les objets avec précision ; et comme si l'on se trouvait sur place, New York est divisée en districts appelés Wards.

Dans ses 15 districts, on distingue en particulier la très belle rue de Broadway, qui a une longueur d'une heure de marche et une largeur de 20 pieds. Une immensité de bateaux à vapeur de différentes sortes vont et viennent.

Après que l'observateur s'est attardé un bon moment à New York, et a également jeté un coup d'œil au magnifique Brooklyn avec ses multiples églises et ses maisons campagnardes, ayant l'apparence de palais, il se tourne alors vers l'avant et compte se rendre à Philadelphie en bateau à vapeur. En contournant rapidement les États du New Jersey et en arrivant dans la baie du Delaware, la ville de Philadelphie se présente majestueusement.


Philadelphie

Philadelphie a la forme d'un parallélogramme. Les rues courent soit perpendiculairement vers le fleuve, soit parallèlement à celui-ci. Les rues sont toutes grandes, amples et belles, bordées d'arbres.

La rue principale au centre, High Street, va d'un fleuve à l'autre. Broad Street a une largeur de 100 pas, Walnut Street de 60 pas, les autres rues offrant parmi les plus beaux bâtiments ; on y trouve ainsi le Palais de l'Etat [Independence Hall], l'Hôtel de la Monnaie, l'Université, l'Hôpital de Pennsylvanie, l'Arsenal militaire, le Théâtre, des ponts élégamment construits, etc. 

On observera en particulier la Maison des travaux forcés [Eastern State Penitentiary], un peu distante de la ville ; elle forme un carré de 600 pieds [environ 183 mètres], avec des murs de 20 pieds de haut flanqués de tours aux angles et au centre.

L'acheminement de l'eau jusqu'à la rive du Schuylkill, sur une haute montagne dotée de magnifiques environs [à près de 100 km de Philadelphie], surprendra tout particulièrement l'admirateur.

Le coup d'oeil sur la ville entière, même sur ses abords, offre une vue très majestueuse, la région entière est magnifique. 

Dans le fond, on observe une compagnie de pompiers avec leurs lances. Sur l'avant, un homme donne des ordres avec un porte-voix. On observe également un navire qui arrive tout juste de Brême, avec des hommes qui en descendent.


Baltimore

La route la plus proche qui conduit de Philadelphie à Baltimore est de 97 milles. Baltimore bénéficie d'une délicieuse position, entourée d'une chaîne de collines et d'une petite rivière. Baltimore se compose de la vieille ville et de la ville nouvelle, reliées par trois rares ponts de pierre.

Son plan est régulier et d'un beau périmètre de quatre miles carrés ; les rues sont droites, spacieuses, pavées ici et là et bordées de peupliers et d'autres arbres. La rue la plus majestueuse, la plus belle, est Market Street, ou rue de Baltimore, qui traverse toute la ville. 

Les maisons, dont une dizaine à peine existait il y a cent ans, sont belles et splendides, et leur nombre avoisine les 1 000. Baltimore possède six marchés : elle est abondamment approvisionnée en eau potable très pure et saine et on trouve même des fontaines jaillissantes qui ne servent pas seulement aux maisons, mais constituent aussi un grand ornement pour la ville en raison de leur emplacement surprenant. 

Le climat de Baltimore n'est pas aussi sain dans les parties basses que dans les parties hautes de la ville, peut-être en raison des vapeurs qui s'exhalent fortement des marécages voisins du fleuve Patapsko ; ainsi que de la chaleur excessive, des vents violents et des variations de température, beaucoup plus marquées en basse altitude. Par conséquent, les voyageurs doivent éviter de choisir un hébergement dans les quartiers bas en début de séjour à Baltimore, car ils risquent d'attraper rapidement de la fièvre et d'autres maladies typiquement américaines, difficiles à soigner.

La population de la ville augmente continuellement dans de grandes proportions. En l'année 1790, elle s'élevait à 13 450 habitants ; en 1800 à 26 514 ; en 1810 à 35 583 ; en 1820 à 62 739 ; en 1830 à 80 62 ; et en 1840 à 192 313 (parmi lesquels on comptait 3 199 esclaves).

Parmi ces habitants, 1991 étaient occupés dans le commerce, 8 847 dans les fabriques et 504 dans les études. On calcule actuellement la population de Baltimore à 164 000 habitants [vers 1850 ?], et parmi eux on compte près de 52 000 Allemands [20 000] qui vivent ici comme artistes, et spécialement comme célèbres cordonniers et boulangers ; ils entretiennent également d'importantes marchandises et alimentent un commerce très vivant fort apprécié dans la ville.

Les Allemands, oubliant presque leur propre langue, parlent communément l'anglais, et dans leurs quatre communautés évangéliques, on ne prêche jamais en allemand. 

Parmi leslieux et  édifices publics, dignes d'être vus et vraiment admirables, le premier rang revient à Baltimore au Palais Litzy (sic) [Palais Civique ou Hôtel de Ville] qui s'élève sur trois étages très imposants, avec un portique soutenu par quatre colonnes magnifiques et massives ; il est habité par le Maire de la ville et par d'autres fonctionnaires ; 

la Cour de Justice qui est un très vaste et élégant bâtiment construit pour la ville, long de 145 pieds et large de 65, très élevé, avec diverses coupoles et de majestueuses colonnes ; la Bourse, qui est un bâtiment semblable au précédent, dans une partie duquel il y a la Banque et dans une autre, les assemblées.

On y trouve de nombreux passages agréables ; plusieurs jardins entretenus avec soin et goût, il convient également de mentionner la Maison des prisons, établissement correctionnel pour petits délinquants [House of Refuge qui ne sera cependant édifiée que de 1851 à 1855], de nombreux collèges, académies et diverses églises.

Mais avant tout, le regard de l'étranger ou de l'observateur se pose aisément sur le superbe et imposant monument dédié à l'immortel Washington [érigé de 1815 à 1829], qui, d'une construction très raffinée, est placé sur un grand piédestal soutenu par des colonnes coûteuses [une colonne dorique de 54 m de haut] et attire l'admiration de tous [Mount Vernon place].

Sur le même site se dresse une statue colossale qui représente ce personnage vaillant au moment précis où, ayant renoncé au commandement de l'armée, il restitua au peuple les pouvoirs qui lui avaient été confiés.

Les colonnes [la colonne portant la statue] de ce précieux monument sont faites du marbre blanc de Virginie et ornées de bas-reliefs en bronze. Sur les quatre faces du monument figurent des inscriptions en anglais et en latin, que nous reproduisons ici. 

"Sa renommée demeure éternelle - Car par la volonté du peuple - Il a pris et déposé les faisceaux du pouvoir - George Washington - Au Père, à la patrie. Sous sa conduite, et avec la faveur de la Divinité suprême, les États fédérés d'Amérique du Nord ont obtenu la liberté et les lois. 

Les citoyens de Baltimore, nullement animés par le vain désir de s'approprier une si grande gloire, ont pris soin de faire élever ce monument afin que le modèle de sa personne et de son amour de la Patrie soit toujours sous les yeux des hommes ".

Grâce à la forme des colonnes [de cette colonne], on peut y grimper jusqu'au sommet par un escalier en colimaçon de 226 marches, et par temps clair, on bénéficie d'une vue magnifique sur la ville et ses environs.

À proximité du monument susmentionné, et précisément à l'angle de la rue Fagette [East Fayette Street], se dresse le Battle Monument, érigé à la mémoire éternelle de la glorieuse défense de la ville contre une attaque anglaise survenue en septembre 1814. Ce monument, haut de 15,85 mètres, est surmonté d'une statue emblématique dominant la ville et fut construit en 1815. Les noms des braves hommes tombés lors de cette terrible bataille sont gravés en lettres d'or sur les colonnes qui constituent le socle de ce monument grandiose.

La ville de Baltimore regorge d'églises, d'écoles et d'institutions, tant scientifiques que caritatives, de toutes sortes. En 1840, on y comptait 42 églises, dont 5 épiscopaliennes, 6 catholiques romaines, 3 presbytériennes, et ainsi de suite selon les différentes confessions. Aujourd'hui, on en dénombre plus de 90, dont 12 catholiques et 6 protestantes. 

Baltimore est considérée comme la capitale des catholiques, la résidence du seul archevêque des États-Unis et le diocèse de tous les autres catholiques du Nouveau Monde, c'est pourquoi on lui accorde le titre de "Rome".

Parmi les églises, la cathédrale Saint-Pierre, construite en forme de croix dans le style grec, se distingue par sa beauté et sa magnificence. Elle mesure 190 pieds de longueur, 177 pieds de largeur et 127 pieds de hauteur. Une vaste coupole située au centre éclaire ce temple magnifique. Elle contient de célèbres peintures, dont deux parmi les meilleures du pays. 

Parmi les églises catholiques, il convient de mentionner celle dédiée à l’Immaculée Conception de la Vierge Marie - qui est la paroisse des Allemands, somptueusement construite dans le style gothique. Elle mesure 150 pieds de longueur, 65 pieds de largeur et 50 pieds de hauteur.

Il faut également citer l’église Saint-Samuel, destinée à la congrégation des Rédemptoristes ; l’église Saint-Vincent, associée à une maison d’éducation pour les orphelins et confiée aux Sœurs de la Charité ; l’église Saint-Joseph ; celle du collège Sainte-Marie ; et bien d’autres encore. Parmi les églises protestantes, la plus remarquable est celle de la Trinité, longue de 80 pieds et large de 60.

En 1840, la ville comptait les établissements d’enseignement suivants : 4 universités et plusieurs collèges, fréquentés par 1 395 étudiants ; 50 académies et écoles latines, accueillant 2 044 élèves ; ainsi que 63 écoles populaires, dont la plupart occupaient de beaux bâtiments et réunissaient 5 400 élèves. Et dans tous ces importants instituts ou parmi tant de jeunes gens instruits, on ne trouve pas, sur 1 191 orphelins de plus de 20 ans, d'individus qui ne sachent ni lire ni écrire.

Le port de la ville est divisé en trois parties. La première entrée se trouve entre le fort McHenry et le lazaret. Elle mesure environ 600 pieds de largeur et présente une profondeur d’eau de 22 pieds. Plus loin, elle s’élargit considérablement, jusqu’à atteindre un mille et un quart  près de Fells-Point.

En face de cet endroit, le passage se resserre jusqu’à environ un quart de mille et forme l’entrée de la deuxième partie du port, où la profondeur est d’environ 12 pieds. Plus loin encore, cette partie s’élargit jusqu’à atteindre un mile de largeur.

La troisième partie du port a une profondeur de 10 pieds et s'étend presque jusqu'au centre de la ville. L’ensemble du port est surveillé par le fort McHenry, et la ville est également desservie par le télégraphe. Le port peut accueillir deux mille navires et est entouré de hangars.

Près de Fells-Point, les plus grands navires peuvent mouiller, y compris ceux d’un tonnage de 500 ; même des navires de 200 tonnes peuvent pénétrer à l’intérieur du port, mais seulement lorsque certains vents sont favorables. Le port reste accessible pendant la majeure partie de l’année ; seule la glace empêche parfois la navigation. 

Dans ces régions qui nous paraissent si éloignées, la civilisation a pourtant accompli des progrès considérables. Les chemins de fer y sont nombreux et, comme partout ailleurs, procurent de grands avantages au commerce et à l’union des différentes régions.

Il y a enfin des bateaux à vapeur qui facilitent l'accès à Baltimore depuis Philadelphie, Newport, La Nouvelle-Orléans et d'autres ports de l'Océan Atlantique. 

En somme, si l’on considère attentivement tous ces éléments, Baltimore, avec ses environs agréables, sa situation et ses richesses, apparaît comme une ville remarquable, qui renferme de très beaux monuments et satisfait pleinement tout homme intelligent.


La Bataille D'Isly Du 14 Août 1844

Dans cette bataille ont combattu 10 000 hommes de l'armée française, commandée par le Mareschal Bugeaud, contre 40 000 Marocains guidés par Sidi Mohamed, fils d’Abderrahman empereur du Maroc. 

Les derniers furent entièrement défaits par les Français et durent abandonner leurs tentes, leurs provisions et tout leur matériel de guerre, qui tombèrent entre les mains des vainqueurs.


Grande Bataille Navale Turco-Russe À Sinope

Le 30 novembre 1853, la flotte russe pénétra dans le port de Sinope ; un parlementaire fut envoyé, mais les Turcs répondirent immédiatement par le feu de leur artillerie.

Un combat épouvantable s’engagea alors. Il dura plusieurs heures et se termina par la destruction de l’escadre turque. La flotte russe se composait de 4 vaisseaux de ligne, de 6 frégates et 4 vaisseaux à vapeur, placés sous le commandement du vice-amiral Nakhimov.

Ce fut un spectacle terrible de voir les navires turcs s'enflammer l'un après l'autre et sauter en l'air, inondant la surface de la mer de débris et de cadavres, il y eut une grande quantité de morts dans ce combat. Les Turcs perdirent de nombreux canons.

Les bombes lancées par les navires russes incendièrent aussi la ville, qui fut bientôt la proie des flammes. Cet événement est encore évoqué aujourd’hui dans tous les journaux.

Sinope, ville d’Anatolie située sur la côte septentrionale de la mer Noire, a été bâtie sur les ruines d’une ancienne colonie grecque. Elle fut la patrie de Diogène, qui avait fait d’un tonneau sa demeure et qui ne demanda rien d'autre à Alexandre le Grand que de s’écarter afin de ne pas lui cacher la chaleur bienfaisante du soleil. Elle fut la résidence du vaillant roi Mithridate. Depuis des temps reculés, Sinope est célèbre pour les très vastes forêts de chênes qui se trouvent dans son voisinage.


Nous avons l'honneur d'avertir le Respectacle Public et l'Illustre Garnison, que ce grand et surprenant Cyclorama a été saisi fidèlement d'après nature l'année dernière par un célèbre peintre. 

Jusqu’à présent, aucun tableau représentant l’Amérique avec une telle précision n’avait été présenté. Nous sommes donc certains qu’aucun connaisseur des lieux représentés ne pourra trouver aucun défaut à notre travail.

Notre cyclorama peut également être admiré en plein jour, contrairement aux autres panoramas qui ont besoin de la lumière des lampes. Le local, entièrement construit en fer, sera donc ouvert de 9 heures du matin jusqu’à 10 h du soir. où il sera illuminé

Et comme nous sommes les propriétaires du grand palais, nous avons établi un abonnement pour ceux qui, amateurs d'art et de nature, souhaitent profiter de ce tout nouveau Cyclorama dans toute son étendue. 

Sur Le Piazzale A Porta Di PO

Prix Des Billets : De jour, 40 centimes. Le soir, avec les illuminations, 50 centimes. Les enfants de moins de 10 ans paient demi-tarif. — L'illumination aura lieu à 20 heures. Le Panorama sera ouvert de 9 heures du matin à 10 heures du soir. 

Casale 1854 Impr. Nani".



MILANO, LOMBARDIE-VÉNÉTIE, EMPIRE D'AUTRICHE, EN AOÛT 1854 (Milan, Lombardie, Italie)


- La Fama du 28 août 1854 p. 275 (texte traduit de l'italien)

"Nous clôturerons notre longue revue en adressant un mot d'éloge aux frères Rossi de Milan [non, de Gênes], dont la vue panoramique exposée sur l'ancienne Place d'Armes retient l'attention de tous. 

La première exposition est consacrée à un voyage en Amérique du Nord, passant par le New Jersey, New York, Philadelphie, Baltimore et Washington.

Le spectateur contemple les objets comme s’il se trouvait sur les lieux décrits, et il est satisfait de la qualité artistique du panorama, car l’œil du critique peut y parcourir sans rien trouver à redire, celui-ci étant l’un des plus beaux de son genre. L. Alemanni".



LODI, ROYAUME DE LOMBARDIE-VÉNÉTIE, EMPIRE D'AUTRICHE, EN JUIN ET JUILLET 1855 (Lodi, Lombardie, Italie)


- L'Abduano du 26 juin 1855 p. 32 (texte traduit de l'italien)

"Grandiose Panorama Universel

Des Frères Rossi 

L'extraordinaire richesse des perspectives, la variété et l'abondance de vues extrêmement intéressantes, ainsi que la précision des détails historiques et artistiques ont fait en sorte que ce Panorama ait été très apprécié dans toutes les villes de Lombardie et d'Italie, où il a été accueilli en grande pompe et favorisé par les populations.

Nous espérons qu’un sort tout aussi favorable lui sourira parmi nous : il a débuté ses expositions jeudi dernier en présentant sous forme de tableaux les quatre plus grands événements de la guerre d’Orient [Guerre de Crimée], à savoir : le débarquement des Alliés. - Les batailles d’Alma et d’Inkermann. Le siège de Sébastopol pour les amateurs de scènes guerrières ;

pour ceux qui ont horreur des bagarres et du sang, il y a également un voyage gigantesque de seize lieues sur la Tamise à travers la ville de Londres. - La vue de Saint-Pétersbourg et la vue de Vienne.

Dans un prochain numéro, nous aborderons la valeur artistique des expositions et les avantages que les spectateurs peuvent tirer de leur visite".



MODENA, SIEGE DU POUVOIR DU DUCHÉ DE MODENA ET REGGIO, DOCUMENT NON DATÉ (1855 ?) (Modène, Émilie-Romagne, Italie)


- Affiche (de 49x34,5 cm) de la Collection Binetruy (ici), Modène (texte traduit de l'italien)

Ce document est, dans la Collection Binetruy, daté vers 1855. Cette date semble déduite des vues des épisodes de la Guerre de Crimée qui s'arrêtent au Siège de Sébastopol et au mois d'août 1855 et ne présentent pas encore l'issue de la guerre, avec la Prise de la Tour de Malakoff du 8 septembre 1855 et la Chute de Sébastopol du 11 septembre 1855. 

Ces deux derniers épisodes viendront, dans un deuxième temps, compléter ce panorama (voir dans la ville suivante). L'affiche peut être en effet datée vers 1855-56.


"La Grande Guerre D'Orient" [Guerre de Crimée]

Première Exposition

Du Grandiose Panorama Universel 

Des Frères Rossi 

Qui aura lieu dans une niche des Remparts, sur le bastion de Saint-Pierre.

Exposition grandiose et panoramique, accompagnée de vues entièrement nouvelles et composées avec la plus grande précision et vérité par de célèbres artistes.


"Débarquement Des Alliés À Eupatoria le 14 septembre 1854"

Le 14 septembre, les troupes alliées sous le commandement du général en chef français S. E. le maréchal Saint-Arnaud, du général en chef anglais Lord Raglan, du vice-amiral français Hamelin et de l'amiral anglais Dundas sont arrivées à Eupatoria avec la flotte composée de 40 000 officiers et soldats, 3 000 chevaux et 100 pièces d'artillerie. 

Le 14, le débarquement a commencé à trois lieues à l'est d'Eupatoria. On y voit les Alliés sur le point de mettre pied à terre, et les navires protégeant l'opération avec leur artillerie.

Les Russes, sous le commandement du général prince Menchikoff, n'ayant pu empêcher le débarquement, se sont retirés sur les hauteurs de l'Alma. Ce même jour 14, un détachement de cavalerie anglaise et française s'est emparé d'Eupatoria, qui a été occupée par un bataillon d'infanterie française et une compagnie d'infanterie anglaise. 

La flotte entière s'est alors avancée vers Sébastopol, et le soir du 19 septembre s'est arrêtée à quelques lieues de l'embouchure de l'Alma, où l'armée d'opération avait établi son campement.


"Bataille De L'Alma du 20 septembre 1854"

L'armée principale des Russes avait établi son campement sur les hauteurs de la rive gauche de l'Alma, au nombre d'environ 45 000 hommes avec 100 pièces de canon. Ils disposaient de retranchements redoutables et de redoutes de terre élevées, de sorte que leur position était presque inaccessible. 

Le matin du 20 septembre, les armées alliées, divisées en trois colonnes avec la cavalerie et l'artillerie, se sont avancées résolument contre l'ennemi. Les Français, conduits par les généraux Bosquet, Canrobert et le prince Napoléon, furent les premiers à gravir les positions escarpées et ardues des Russes ; les Anglais, sous la conduite des généraux Evans, Brown et du duc de Cambridge, se sont avancés au centre et ont atteint le sommet. L'ennemi a été mis en déroute complète, laissant sur le champ de bataille plus de 5 000 morts, de nombreux prisonniers et plusieurs pièces de canon.

Les Alliés ont également eu à déplorer la perte de nombreux braves, parmi lesquels plusieurs officiers supérieurs. Le maréchal Saint-Arnaud, souffrant déjà d'une grave maladie, a dû céder le commandement au général Canrobert et est mort peu après durant le trajet vers Constantinople. 

La victoire de l'Alma a ouvert aux Alliés la voie de Sébastopol, et le soir du 24 septembre, l'armée occupait les hauteurs dominant la vallée de la Tchernaïa et la baie de Sébastopol. L'armée française a pris position à gauche et à droite de la Tchernaïa, l'armée anglaise à Balaklava. La flotte s'est ancrée dans la baie de Kamiesch et de Balaklava pour protéger les opérations de siège.


"Bataille D'Inkermann du 5 novembre 1854"

Les Russes, renforcés par de nombreuses divisions arrivées de Silistrie sous le commandement des généraux Dannenberg et Menchikoff, ont tenté une grande attaque contre la position occupée par les Anglais sur les hauteurs d'Inkermann.

Favorisés par un épais brouillard, les Russes ont assailli par surprise les premières lignes anglaises à 5 heures du matin, et la bataille s'est engagée, très acharnée et sanglante. 

Les Anglais ont résisté avec une valeur héroïque contre un ennemi cinq fois supérieur en nombre, jusqu'à ce que l'arrivée de la division française guidée par le général Bosquet ne décide de la victoire en faveur des Alliés.


"Le Siège de Sébastopol"

Sur les deux grands tableaux du bas sont représentées deux magnifiques vues du siège. La première vue montre les travaux d'attaque et les travaux de tranchée exécutés par les troupes alliées devant Sébastopol. On aperçoit les soldats en train de creuser la terre, d'élever des gabions et des fascines, de placer des canons et des mortiers et de tirer contre la ville. 

La ville de Sébastopol se voit au fond avec sa baie, ses forts, ses bastions et les divers navires coulés par les Russes à l'entrée du port pour empêcher l'entrée de la flotte alliée. 

Les tableaux sont enrichis d'épisodes pittoresques de la vie militaire et de scènes de combat. On y remarque :

1. La tranchée des postes d'observation, dits Diodini, avec des soldats en vedette. 

2. Les trains d'artillerie et de subsistance apportant les munitions et les vivres aux soldats.

3. Le camp de Balaklava avec la gare du chemin de fer et la flotte dans le port. 

4. Un corps de zouaves assaillant une redoute russe. 

5. Une batterie de 32 faisant contre-batterie face à Sébastopol. 

6. Une batterie de mortiers en pleine action. 

7. Un combat nocturne et une sortie des Russes repoussée par les Zouaves.

On voit également les positions de Balaklava et de Kamiesch. 

Le second de ces deux grands tableaux montre la merveilleuse position stratégique de Sébastopol.

On voit la ville de Sébastopol vue des hauteurs de la Tchernaïa avec sa baie, ses forts, le Malakoff, le Redan, la tour Malakoff et la cathédrale Saint-Nicolas. 

Au milieu du tableau, la vallée de la Tchernaïa avec le grand aqueduc et le pont de Traktir, où eut lieu la fameuse bataille du 16 août 1855, dans laquelle les troupes sardes [piémontaises] sous le commandement du général La Marmora, unies aux Français du général Herbillon, ont remporté une splendide victoire contre les Russes commandés par le général Gortschakoff. 

Au fond se détache la flotte alliée dans la baie de Kamiesch et les positions de siège. On voit également le camp français, le camp anglais et le camp sarde avec leurs tentes, baraques et postes de garde. 

Les tableaux offrent le plus vif intérêt par la vérité des détails, la beauté du coloris et la magnificence de la composition. 

Le grand panorama présente une surface de plus de 1 000 mètres carrés et est éclairé par une lumière spéciale inventée par les frères Rossi, qui en double l'effet.


"Voyage gigantesque (Pléorama) de seize lieues sur la Tamise à travers la ville de Londres".

"La vue générale de Saint-Pétersbourg, capitale de toutes les Russies".


"Grande Bataille Navale Turco-Russe À Sinope [Sinop, Turquie]"

Au mois de novembre 1853, une escadre russe de 6 vaisseaux de ligne et plusieurs frégates sous le commandement de l'amiral Nakhimoff a attaqué à l'improviste l'escadre turque à l'ancre dans le port de Sinope. 

La flotte turque, composée de 7 frégates et 3 corvettes commandée par Osman Pacha, a combattu avec une valeur héroïque, mais a été presque entièrement détruite par la supériorité de l'ennemi. 

La ville de Sinope a été également bombardée et à moitié détruite. Cet événement fut la cause immédiate de l'intervention des puissances occidentales et de la déclaration de guerre à la Russie.


Prix d'entrée : 10 soldi. — Les enfants et les militaires paient demi-tarif.

Le panorama est ouvert tous les jours de 9 heures du matin jusqu'à 11 heures du soir.

Monza [Royaume de Lonbardie-Vénétie], Imprimerie A. Corbetta".



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