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samedi 11 juillet 2026

1475-LA FÊTE DES MORTS : ALLUMER DES CIERGES SUR LES TOMBES

 

SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS




INTRODUCTION


Lors du dépouillement de la presse varoise du milieu du XIXe siècle, l'article suivant, paru dans Le Toulonnais du 9 novembre 1869 (AD 83), a retenu toute mon attention :

- "ALPES-MARITIMES. Cannes. A l'occasion de la Fête des morts, la demoiselle Augias Rosine, jeune enfant de 12 ans, s'était rendue au cimetière pour prier sur la tombe d'un de ses parents. 

Après avoir allumé deux cierges, la pieuse jeune fille s'était agenouillée sur la dalle, et tel était son recueillement qu'elle ne s'aperçut pas que l'un des cierges, sans doute mal assujéti (sic), avait communiqué le feu à sa robe. 

Bientôt cependant, elle en ressentit les atteintes, mais il était trop tard, car les flammes l'environnaient déjà de toute part" (Le Toulonnais du 9 novembre 1867, AD 83 ; article repris du Journal de Nice du 3 novembre 1869, numéro non conservé, AD 06).

Heureusement, la jeune fille a pu être sauvée par deux tailleurs de pierre qui travaillaient dans le cimetière. Ils accoururent et la débarrassèrent de ses vêtements. Ses blessures ont été très graves mais n'ont pas mis sa vie en danger. Les deux ouvriers ont eu, pour leur part, de fortes brûlures aux mains.

Au-delà de cet accident, j'ai été surpris par ce rite, lié aux Fêtes de la Toussaint, de déposer et d'allumer des cierges sur les tombes et de prier pour les défunts, agenouillé sur la pierre tombale. 

Après avoir avoir effectué des recherches approfondies sur les cimetières de Nice, avoir dépouillé quarante ans de presse niçoise puis trente ans de presse toulonnaise, c'est en effet la toute première fois que je croise l'évocation de ce rituel.



ALLUMER DES CIERGES SUR LES TOMBES


Les origines

La recherche a mis en évidence que cette pratique a touché de nombreuses religions et a traversé les siècles et les continents.

Chez les chrétiens des premiers siècles, des cierges allumés étaient déposés dans les CatacombesLe Concile d'Elvire (Grenade, Espagne, tout début du IVe s.), a semblé s'opposer à cet usage mais cette pratique a continué et des Lanternes des Morts ont même été élevées dans les cimetières.

L'ampleur du sujet se révélant considérable, la recherche s'est focalisée sur cette pratique en France, entre 1850 et 1950, avec une sélection de quelques articles de presse. 

Le fait que cette tradition bien ancrée ne soit essentiellement relatée que par des textes postérieurs à 1880, semble s'expliquer par les comptes-rendus journalistiques de plus en plus détaillés de la Fête des Morts. Il faut cependant précisées que les rares descriptions parisiennes détaillées de la Fête des Morts au Cimetière du Père-Lachaise (en 1820 et 1838), ne parlent pas de cierges allumés sur les tombes.

Au XIXe siècle, cette pratique ne semble cependant pas s'être restreinte à la Fête de la Toussaint et à la Fête des Morts (1er et 2 novembre) mais avoir concerné également une journée des Fêtes pascales et même la célébration, plus individuelle, de l'anniversaire d'un décès.

En 2026, cette tradition perdure dans plusieurs régions françaises de métropole et d'Outre-Mer.


Le rituel

La lumière de la flamme, évocation de la lumière divine, est le symbole de la vie spirituelle, de la foi en Dieu, de la présence de l'âme et de l'espérance en la résurrection. 

Les cierges veillent le défunt, entourent son cercueil dans l'église puis l'accompagnent au cimetière (et sont parfois éteints et jetés dans la fosse). D'autres sont par la suite allumés en son souvenir dans les églises et chapelles.

Les 1er et 2 novembre, les catholiques, souvent en habits de deuil, se rendent en foule dans les cimetières pour célébrer leurs défunts (parents et amis), en emportant des cierges, ainsi que des fleurs naturelles et artificielles. 

Contrairement à d'autres pays d'Europe, les cierges ne sont pas allumés sur le parcours (Espagne et Portugal) mais uniquement dans la chapelle du cimetière ou sur la tombe, et les visiteurs ne sont, le plus souvent, pas autorisés à passer la nuit dans le cimetière (Italie) ni à partir en laissant les cierges allumés.

Le visiteur dépose les fleurs sur la tombe ou bien en plante aux abords. Il installe et allume un cierge près de la croix (à la tête de la tombe et à celle du défunt), voire un deuxième cierge (aux pieds de la tombe et du défunt, comme en Italie ?) puis se signe, s'agenouille (essentiellement les femmes ?) sur la dalle froide et prie. Il fait parfois également brûler de l'encens.

La pluie ou le vent de novembre peuvent éteindre les cierges. Déposés dans les caveaux ou les édiculesfamiliaux en forme de chapelle, ils entraînent un risque d'incendie, notamment lorsque la flamme entre en contact avec le bois de la croix ou les couronnes de celluloïd (Cimetière parisien de Montmartre, Le Courrier du Soir du 2 novembre 1897).

Les articles de journaux relèvent surtout, à la tombée de la nuit (dès 17h 30), le spectacle merveilleux de la constellation formée par les lumières des cierges.


Quelques textes

- Paris, 1880. "A droite et à gauche, dans les massifs, la plupart des tombes semblent avoir des statues de bronze tant sont nombreuses les silhouettes agenouillées et vêtues de noir ! - Rien de grand et d'inattendu comme ce peuple de Paris - à genoux !" (Le Figaro du 3 novembre 1880).

- Strasbourg, 1882. "La Toussaint et la fête des Morts ont été favorisées par le beau temps, et pendant les deux journées, des milliers de personnes sont allées faire le pèlerinage traditionnel aux cimetières, où les tombes ont reçu leur tribut annuel de fleurs et de couronnes ; un grand nombre de tombes resplendissaient le soir à la lumière des bougies que la piété y allume le jour de la fête des Morts" (Affiches de Strasbourg du 4 novembre 1882).

- Mulhouse, 1889. "Le Jour des Morts. C'est par un ciel calme qu'à la soirée ont scintillé autour des tombes les cierges qu'une coutume ancienne a pris l'habitude d'y allumer, donnant au cimetière un aspect théâtral peut-être, mais qui n'en est pas moins d'une allégorie saississante" (L'Express du 1er novembre 1889).

- Paris, 1889. "Les Cimetières. Au milieu des blancheurs du marbre, se détachent les longs voiles du deuil ; des femmes sont là agenouillées, elles murmurent des prières, tandis que les cierges allumés mettent des scintillements d'étoiles dans l'ombre des caveaux et des chapelles" (L'Echo de la Semaine du 3 novembre 1889, pp. 71-72).

- France, 1901 : "Le jour des morts, elle n'oubliait pas la tombe du défunt, c'était elle qui y portait des fleurs, mais cette année, la maladie étant venue, elle n'avait pu qu'arroser, à intervalles, les chrysanthèmes de la fenêtre et fabriquer les grosses roses de papier. Ce fut la petite Mariotte qui se chargea du pieux devoir. Dès que le bouquet fut fait, elle le prit d'une main et de l'autre porta un cierge à collerette dorée. A chaque fête des Morts, la mère voulait qu'on brûlat un cierge sur la tombe de l'ouvrier, pendant les prières" (nouvelle parue dans Le Siècle du 14 novembre 1901).

- France, 1923 : "Dans la soirée de la Toussaint, sur tous les points de notre chère France, il est de tradition de penser plus particulièrement à ceux qui ne sont plus. Dans beaucoup de villages, il est même toujours de coutume, quand vient la nuite, de faire sonner le glas et d'aller allumer des cierges et des veilleuses dans les cimetières, sur les tombes de ceux qui reposent en paix" (L'Action Française du 19 octobre 1923).

- Sélestat, 1939 : "Interdiction de brûler des cierges sur les tombes après la tombée de la nuit. Dans certaines localités il est d'usage de brûler des cierges sur les tombes des morts notamment à l'occasion de la fête de la Toussaint et de la Fête des Morts. Les personnes qui pratiquent cette coutume sont invitées à veiller à ce que ces cierges soient éteintes (sic) à la tombée de la nuit" (Journal de Sélestat du 26 octobre 1939).





mardi 7 juillet 2026

1474-LE CHAPITEAU DE SAINT JACQUES Á FLEURIEL (ALLIER)

 

SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS



AUTOUR D'UN CHAPITEAU DE L'ÉGLISE DE FLEURIEL (ALLIER) :

LÉGENDES ET REPRÉSENTATIONS DE SAINT JACQUES LE MAJEUR




INTRODUCTION


L'église bourbonnaise Notre-Dame de Fleuriel, située dans l'ancien diocèse de Bourges, subit des remaniements importants dans le troisième quart du XIIe siècle. Cette nouvelle campagne voit en effet, vers 1160, la reprise de la nef et de la façade.

Si l'architecture reste dans la tradition romane avec berceau brisé renforcé de doubleaux sur la nef centrale et voûtes d'arêtes sur les bas-côtés, la sculpture accuse, elle, l'époque tardive et un style de transition entre roman et gothique. 

L’ensemble sculpté est très cohérent, offrant au portail ouest, comme dans la nef, une multitude de forces démoniaques (monstres affrontés et têtes grimaçantes), mêlées parfois à d'élégants rinceaux.


- Eglise Notre-Dame de Fleuriel (Allier, France), faces droite et centrale du chapiteau situé à l'entrée de la nef, côté sud, représentant Saint Jacques le Majeur, vers 1160 (photographie personnelle).



LE CHAPITEAU


Saint Jacques

Le seul chapiteau véritablement historié est situé à l'entrée occidental de la nef, coté sud, et offre une représentation de saint Jacques le Majeur. 

Le saint apparaît, comme assis sur la face centrale, le menton appuyé sur son bourdon et levant la main droite. Il n'est pas auréolé, est coiffé d'un calot et vêtu d'une longue tunique ceinturée à la taille. 

Il porte la barbe courte, et détail notable, n'a qu'un de ses pieds chaussé. Son pied nu, comme sa longue tunique, évoquent sa condition d'apôtre alors que son pied chaussé, sa coiffe et son bâton évoquent celle de pèlerin (absence de besace et de coquille).

Les faces latérales du chapiteau révèlent la présence d'animaux. Deux d'entre eux sont des forces maléfiques, aspic dressé menaçant, tirant la langue (face droite) et petit basilic (face gauche), c'est-à-dire coq à queue de serpent au regard mortel, mais c'est un simple coq qui volette au-dessus de ce dernier. 

L'aspic et le basilic, symboliques des forces démoniaques, sont souvent foulés au pied par le Christ ou la Vierge. Repoussés, ils sont ici le signe de la toute puissance de saint Jacques.


- Eglise Notre-Dame de Fleuriel (Allier, France), faces gauche et centrale du chapiteau situé à l'entrée de la nef, côté sud, représentant Saint Jacques le Majeur, vers 1160 (photographie personnelle).


La Légende d'Hermogène

Cette représentation du saint évoque d'ailleurs la représentation contemporaine de la statue-colonne de la Camara Santa d'Oviedo (Asturies, Espagne), où saint Jacques debout, apôtre (phylactère, un pied nu) et pélerin (besace timbrée d'une coquitte, un pied chaussé), enfonce l'extrémité de son bâton dans la gueule de l'aspic foulé aux pieds. 


- Cathédrale San Salvador d'Oviedo (Asturies, Espagne), étage supérieur de la Camara Santa, vestibule de la chapelle San Miguel, détail de l'un des six groupe de statues-colonnes des apôtres, présentant sur le mur nord, Jacques et Jean, dernier tiers du du XII° siècle (fichier Wikimedia).



Cependant, la scène du chapiteau de Fleuriel évoque peut-être plus précisément un épisode célèbre des Légendes de saint Jacques, connu sous le nom de Légende d'Hermogène, et qui se résume ainsi. 

Alors que l'apôtre Jacques traversait en Judée le territoire du magicien Hermogène, ce dernier envoya contre lui son disciple Philétus. 

Constatant cependant que Philétus a été converti à la foi chrétienne par l'influence de Jacques, Hermogène envoya alors les démons contre eux deux, avec comme mission de les enchaîner. 

Saint Jacques dominant cependant les démons, les renvoya contre leur maître avec la même mission, et ils ramenèrent Hermogène attaché. L'ange du Seigneur lia les démons repentis et Philétus délivra Hermogène sur l'ordre de Jacques. 

Le magicien finit par se convertir à la foi chrétienne et jeta ses livres de magie dans la mer. Il reçut la protection divine, grâce au don du bâton que saint Jacques tenait du Christ lui-même, bâton symbole des forces du Bien et de sa mission apostolique, avant de devenir le bâton du pèlerin, symbole du pèlerinage sur son propre tombeau. 

Cette légende, sorte de pendant de celle de Saint Pierre le Magicien, inspira fortement les artistes du XIIe au XVIe s. surtout, et la représentation de Fleuriel peut apparaître comme l'une des représentations les plus anciennes, réduite ici au moment précis où Jacques, d'un geste de la main renvoie les démons vers Hermogène : "Retournez vers Hermogène qui vous a envoyés, leur dit-il, garrottez-le, amenez-le, mais ne lui faites aucun mal"

Alors que les démons de l'époque gothique seront représentés sous forme de créatures mi-humaines mi-diaboliques, les démons de Fleuriel, s'inscrivent encore dans la tradition romane avec l'aspic associé au basilic. 


- Eglise Notre-Dame de Fleuriel (Allier, France), faces droite et centrale du chapiteau situé au revers de façade, côté sud de la nef, face au chapiteau de saint Jacques, représentant deux dragons affrontés (têtes retournées enserrées dans une bague perlée) dont la queue se termine par un enroulement de rinceaux hérité de l'enluminure, vers 1160 (photographie personnelle).




La Légendu du Pendu dépendu

Il reste cependant à expliquer la présence d'un coq voletant au-dessus du basilic. 

Le coq, dans la symbolique médiévale, est très rarement l'évocation des forces maléfiques. Il est, au contraire, l'évocation de la victoire de la lumière sur les ténèbres et du règne du ciel et se voit souvent associé au Reniement de saint Pierre et au clocher des églises. 

Sur le chapiteau de Fleuriel, il se dissocie du basilic à l'appendice de serpent, et nullement menaçant, semble voleter en signe de victoire.

L'explication la plus satisfaisante (outre la légende relative à la naissance du basilic) fait à nouveau référence à une légende de saint Jacques, celle du Pendu dépendu, dénommée aussi Miracle de la Potence

Cette légende, célèbre au Moyen-Âge et attribuée à de nombreux saints, date dans sa version la plus ancienne attribuée à saint Jacques, du XIIe siècle. Elle est relatée dans le Livre II du Liber Sancti-jacobi, regroupé avec d'autres ouvrages vers 1139. 

Cette légende se résume ainsi. Deux Allemands, père et fils, en route pour Compostelle, font halte, en 1090, dans une auberge de Toulouse. L'aubergiste, qui est malhonnête, cache une coupe dans leurs bagages puis les accuse ensuite de vol. 

Arrêtés et condamnés, c'est le fils qui s'offre de subir le jugement et est pendu. Le père, désespéré, poursuit seul alors son voyage et va implorer la justice de saint Jacques à Compostelle. 

Lors du voyage de retour, 36 jours plus tard, il retrouve à Toulouse son fils pendu, mais vivant, qui lui dit : "La main du saint soutient et me fortifie d'une douceur céleste". Devant le miracle, le fils est alors dépendu et l'aubergiste félon prend ensuite sa place sur la potence.

Les textes du XIIIe siècle, et surtout la célèbre Légende Dorée de Jacques de Voragine, restent fidèles à ce récit et le diffusent, mais au XVe siècle, le récit de voyage à Compostelle d'un sieur gascon, dénommé Nompar de Caumont (en 1417), rapporte cette même légende avec des transformations importantes. 

Le miracle est déplacé de Toulouse en Espagne, à Santo Domingo de la Calzada, la mère chemine avec père et fils, et c'est cette fois une servante éconduite par le fils, qui, par vengeance, cache la coupe dans les bagages des pèlerins. Le fils est pendu, et les parents, désespérés, vont implorer saint Jacques à Compostelle. 

Á leur retour, découvrant leur fils pendu mais vivant, ils vont prévenir le juge qui est en train de manger. Ce dernier, sceptique, leur répond que "leur fils n'est pas plus vivant que le coq et la géiine prêts pour le repas". Et incontinent, "le cok et la jaline sordirent de l'aste et chantèrent".

Cette légende a inspiré de nombreuses reproductions dans l'art de différents pays, du XIIIe siècle au XIXe siècle avec, en France, étudiées par Monsieur Humbert Jacomet, plus d'une trentaine d'œuvres, datant essentiellement des XVe et XVIe siècles, et composées d'une à douze scènes détaillant la légende dans la peinture murale et le vitrail. 

La vocation de la légende est le plus souvent axée sur la scène de la potence (présentant le fils pendu soutenu par saint Jacques) et sur la scène de la visite au juge, avec la résurrection des coqs voletant hors de l'âtre ou bien s'échappant du plat servi sur la table. 

Les textes et les représentations se sont parfois limités à l'évocation d'un seul coq, cette légende se perpétuant jusqu'à nos jours, en partie aussi à cause de la conservation, dans l'église même de la cathédrale Santo Domingo de la Calzada, de la descendance des coqs ressuscités, placés dans un poulailler gothique et vénéré par les pèlerins.

La présence d'un coq voletant sur le chapiteau de Fleuriel pourrait donc évoquer directement le miracle de la Potence et le coq ressuscité lors de la visite au juge. 

Cette hypothèse, séduisante, se heurte cependant à l'origine même de la légende car il n'est point question de coq dans la première version du XIIe siècle située à Toulouse et contemporaine du chapiteau de Fleuriel, version qui perdure au XIIIe siècle. 

La seconde version, située à Santo Domingo de la Calzada avec l'épisode du coq ressuscité, n'est pour sa part attestée qu'au début du XVe siècle. Elle semble cependant plus ancienne puisque le sieur gascon signale, en 1417, la présence de coqs dans l'église et les Archives de la cathédrale font référence à la présence de ces coqs dans l'église, déjà en 1350.

En définitive, si le coq du chapiteau de Fleuriel est bien une référence au Miracle de la Potence, il atteste alors le déplacement dès le milieu du XIIe siècle de la légende de Toulouse à Santo Domingo de la Calzada, déplacement daté jusqu'alors du XIVe siècle. 

Les deux légendes auraient donc coexisté dès le XII' siècle et inspiré des représentations différentes dans l'art. Le fait que les œuvres inspirées de la deuxième version soient toutes postérieures au XIIIe siècle apparaîtrait alors comme un hasard lié aux seules œuvres conservées.



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CONSACRÉ AUX CHEMINS ET REPRÉSENTATIONS DE SAINT JACQUES

DE VÉZELAY Á SANTIAGO EN PASSANT PAR LE BOURBONNAIS




samedi 4 juillet 2026

1473-DUFOUR(T) PÈRE ET FILS, PHOTOGRAPHES À TOULON, VAR

 

 SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG ET LIENS DIRECTS



DUFOUR(T) PÈRE ET FILS, PHOTOGRAPHES À TOULON, VAR




PIERRE DUFOUR (1809-1880)


MONT-LOUIS


Pierre Laurent Dufour est né le 10 août 1809 à Mont-Louis (Pyrénées-Orientales). Il est l'un des enfants d'Antoine Dufour, brassier (né c.1775-76) et de son épouse, Marie Bon(n)aventure Aspero (1781-1865).


TOULON


Pierre Dufour s'installe dans les années 1830 à Toulon (Var). 


Premières professions

Le 9 mai 1838, Pierre Dufourt (sic), "maître d'hôtel", âgé de 28 ans, se marie dans cette ville avec Pétronille Ghersi, 22 ans (née le 5 décembre 1815 à San Remo, États sardes).

Les parents de Pierre Dufourt, domiciliés désormais à Formiguères (Pyrénées-Orientales), sont consentants par acte notarié, et les parents de Pétronille Ghersi/Guers, Laurent Ghersi, dit Crotto, et Blanche Carbonetta, domiciliés à La Crau (Var), sont présents et consentants.

Le recensement de la ville de Toulon de 1841 cite les époux Dufour (sic) rue Beaux Esprits, Pierre étant dit désormais, "blanchisseur de chapeaux de paille" (pour finition ou remise en état).

Le 30 mai 1846, leur premier enfant, Marius Victor Marc Dufourt (sic) naît rue Beaux Esprits, 15. Pierre Dufourt est, à nouveau, dit à cette occasion, "maître d'hôtel" mais il semble mener de front ou alterner les deux professions.

Le recensement de juin 1846 cite la famille "Dufourt" à la même adresse, Pierre, "blanchisseur de chapeaux de paille", 36 ans, Pétronille son épouse, 32 ans [30 ans], leur fils Victor, âgé d'un mois et la mère de Pétronille, Ghersi, Blanche, [désormais] veuve, 52 ans.

Le 30 novembre 1848, leur second enfant, Isidore André Marius Dufourt, naît rue Beaux Esprits, 15, Pierre Dufourt étant dit, "blanchisseur de chapeaux de paille".

Le recensement de 1851, cite, à la même adresse, "Dufour (sic), Pierre, Blanchisseur de chapeaux de paille, marié, 39 ans [41 ans], Français, Guerci (sic) femme, Marie (sic), Sans Profession, mariée, 34 ans [35 ans], Française [par son mariage], Dufour, Victor, idem, célibataire, 5 ans, Français, Dufour, Isidore, idem, célibataire, 2 ans, Français, Guerci, Marie (sic), idem, veuve, 60 ans, Française".


Photographe

Entre fin 1851 et début 1856, Pierre Dufour (sic) se forme à la photographie. Il ouvre, en mars 1856 au plus tard, son propre atelier à son domicile et fait paraître une publicité pour ce dernier dans Le Toulonnais, du 1er avril au 24 mai 1856. 


- Annonce pour l'atelier de Pierre Dufour, parue dans Le Toulonnais du 1er avril au 24 mai 1856,
Archives départementales du Var.


 

Le recensement de 1856 cite à nouveau rue Beaux Esprits, 15, "Dufous (sic) Pierre, photographe, marié, 47 ans, Dufous née Ghersi, pétronie (sic), sa femme, mariée, 40 ans, Dufous Victor, leur fils, célibataire, 10 ans, Dufous Isidore, idem, célibataire, 7 ans" [la mère de Pétronille, Blanche Carbonetta, n'est plus citée mais son acte de décès n'a pas été retrouvé].

Dans le recensement de 1861, c'est désormais rue Miséricorde, 12 que la famille est citée, "Dufour (sic), Pierre, photographe, marié, 52 ans, Guers (sic), pétronille, sa femme, mariée, 45 ans, Dufour, Victor, leur fils, célibataire, 15 ans, Dufour, Isidore, idem, célibataire, 12 ans".

Celui de 1866 signale rue Miséricorde, 12 : "Dufour, Pierre, Photographe, marié, 53 ans - Dufour, Marie, femme, mariée, 50 ans - Dufour, Victor, son fils commis négociant, célibataire, 20 ans - Dufour, Isidore, idem, sculpteur, célibataire, 17 ans".

En 1868, M. Dufour, photographe donne, comme lot pour la Tombola organisée au profit des pauvres, un écrin de Hesse, destiné à recevoir le portrait du futur gagnant (Le Toulonnais du 26 mai 1868).

Début 1869, Pierre Dufour met en vente son atelier de la rue Miséricorde et s'installe ensuite rue de la Boucherie.


- Annonce de mise en vente de l'Atelier Dufour,
 parue dans Le Toulonnais, du 23 janvier au 25 février 1869,
Archives départementales du Var.



Le recensement de 1872 cite désormais, rue de la Boucherie, 12 : "Dufour, Pierre, photographe, marié, 63 ans, français, né à Montlouis (pyrénés orientales), Dufour, Pétronille, Sa femme, mariée, 56 ans, Italienne, (san remo), Dufour Victor, Commis marchand, célibataire, 25 ans, français, né à toulon (Var), Dufour, Isidore, photographe dans le port, célibataire, 23 ans, idem".

Le 10 octobre 1874, Victor Dufourt (sic), 28 ans, commis marchand, "fils majeur de Pierre Dufourt, photographe" [63 ans], épouse Fanni Joséphine Augustine Giraud, tailleuse, 20 ans (née le 12 janvier 1851 à Toulon - fille de Vincent Bruno Giraud, marchand de musique et d'Anne Joséphine Laroche).

Le jeune couple va vivre avec les parents Dufourt et emménager au nouveau domicile dont ces derniers se rendent propriétaires.

C'est désormais rue d'Entrechaus [d'Antrechaus], 8 que le recensement de 1876 cite : "Dufour, Pierre, propriétaire, marié, 66 ans, Pyrénées Or., f (français), Gues (sic), Pétronille, sa femme, mariée, 61 ans, née à Gênes (Italie), Dufour, Victor, commis marchand, marié, 30 ans, né à Toulon, f. (français), Giraud, Fanny, sa femme, mariée, 25 ans, idem, Dufour, Isidore, Photographe de la Mne [Marine], célibataire, 27 ans, idem".

Le 23 juin 1878, la femme de Victor Dufourt accouche de leur fils, Pierre Joseph Victor Jean Dufourt, rue d'Antrechaus, 10. 

Isidore Dufourt, 30 ans, photographe de la marine, rue d'Entrechaux, 10 [nouvelle numérotation], "fils majeur de Pierre Dufourt, ancien photographe" [69 ans], épouse à Toulon, le 3 mars 1879, Clémence Joséphine Vechi, 26 ans (née le 27 décembre 1842 à Toulon).

Le couple donne naissance à leur fille, Joséphine Perrine Victorine Delphine Dufourt, le 24 décembre 1879, à leur domicile de la rue de la Miséricorde, 10.

Pierre Dufourt semble avoir stoppé son activité de photographe au milieu des années 1870 (après octobre 1874, avant mars 1879), vers ses 65 ans.

Pierre Dufourt (sic), rentier, va décèder rue d'Entrechaux, 10, le 1er février 1880, à l'âge de 70 ans.

Son épouse, Pétronille Ghersi, "veuve de Pierre Dufourt (sic), maître d'hôtel" (sic), décédera à Toulon, rue Victor Clappier, 30, le 1er avril 1895, âgée de 79 ans.

N.B. : le recensement de 1891 de la ville de Toulon cite un autre photographe portant le même nom, rue (Bas) Gilly, 8, "Dufour, Alfred, 32 ans, français, Photographe, Célibataire".


Photographies

Les photographies conservées de Pierre "Dufour" semblent rares. Ce sont des cartes de visite présentant un recto nu et portant au verso, à l'encre noire :

- sous l'aigle impérial(e), "Photographie Parisienne (texte convexe) - Dufour  - Rue de la Miséricorde, 12 - À Toulon" (première moitié des années 1860 ?),

- sous les armoiries du Second Empire, "Photographie Parisienne (texte convexe) - Dufour - A Toulon - R. de la Miséricorde, 12. (texte concave)" (seconde moitié des années 1860 ?), 

- ou bien un long tampon rectangulaire avec en majuscules, "Dufour Photographe - Toulon" (avant 1861 ou après 1869 ?).




ISIDORE DUFOURT (1848-1910)


Isidore André Marius "Dufourt" est né le 30 novembre 1848, à Toulon. Il est le fils cadet de Pierre Dufour/Dufourt, blanchisseur de chapeaux de paille (1809-1880), et de Pétronille Ghersi (1815-1895), sans profession, qui se sont mariés dans cette ville le 9 mai 1838.

Adolescent, Isidore Dufourt semble formé à la photographie par son père qui a adopté cette nouvelle profession depuis le milieu des annnées 1850.

Le recensement de 1866 cite Isidore Dufourt avec sa famille, rue Miséricorde, 12, mais précise qu'à 17 ans, il est alors, "sculpteur". 

Le recensement suivant de 1872 le cite cependant avec les siens, rue de la Boucherie, 12, en tant que "photographe du port" (après son armée) et celui de 1876, rue d'Entrechaus, 8, "photographe de la marine".

Le 3 mars 1879, Isidore Dufourt, 30 ans, photographe de la marine, rue d'Entrechaux, 10 [nouvelle numérotation], fils de Pierre Dufourt, ancien photographe, épouse à Toulon, Clémence Joséphine Vechi, 26 ans, sans profession (née le 27 décembre 1852 à Toulon), rue de la Miséricorde, 10.

Leur fille, Joséphine Perrine Victorine Delphine Dufourt, naît le 24 décembre 1879, à l'adresse de ses grands-parents maternels, Joseph Eloi Vechi, cuisinier (né le 27 juin 1824 à Pignans, Var) et Marie Louise Joséphine Aubaneau (née le 19 mars 1828 à Toulon), qui se sont mariés à Toulon le 21 avril 1852. A cette occasion, Isidore Dufourt est à nouveau dit, photographe de la Marine.

Le recensement de 1881 signale à nouveau Isidore Dufourt avec cette profession, à l'adresse de ses beaux-parents : "Vieil [Vechi], Éloi Joseph, 54 ans [57 ans], traiteur, Père - Vieil, Joséphine, 48 ans [53 ans], S. P. [sans profession], mère - Dufourt, Isidore, 34 ans [33 ans], Photographe, Gendre - Dufourt, Clémence, 28 ans, S.P. [sans profession], fille - Dufourt, Joséphine, 2 ans, idem, petite fille".

Les recensements de 1886 puis de 1891 citent les mêmes membres de la famille mais rue Hoche, 10 désormais.

En 1889, "Dufourt" est cité parmi les chefs contre-maîtres faisant partie de la délégation de la maistrance de l'arsenal de Toulon, envoyée à Paris pour visiter l'Exposition Universelle (Le Phare des Charentes du 19 juin 1889).

En 1891, "Sur la proposition de M. Peschart d'Ambly, inspecteur du génie maritime, le ministre a approuvé l'envoi en mission pendant un mois, à Paris, du chef contre-maitre Dufourt, photographe de l'arsenal de Toulon, afin de se mettre au courant des méthodes employées pour obtenir des épreuves phototypiques satisfaisantes" (Le Phare des Charentes du 26 août 1891).

La mère d'Isidore, Pétronille Dufourt née Ghersi, décède à Toulon, rue Victor Clappier, 30, le 1er avril 1895, âgée de 79 ans.

Entre 1896 et 1899, la famille Vechi/Dufourt quitte la rue Hoche, 10 pour la rue Nationale, 28.

C'est à cette adresse que la belle-mère d'Isidore Dufourt, Joséphine Vechi, née Aubaneau, décède le 20 octobre 1899, âgée de 71 ans.

Le recensement de 1901 cite rue Nationale, 28 : "Dufourt, Isidore, 51 ans [année de ses 53 ans], français, Chef, adj. technique constructions navales, Arsenal - Dufourt, Clémence, 49 ans, française, épouse, S.P. [sans profession] - Dufourt, Joséphine, 22 ans, française, fille, S.P. - Vieil [Vechi], Éloi, 76 ans [77 ans], français, grand-père".

Le 16 juillet 1902, Joséphine Perrine Dufourt, 22 ans, sans profession, fille d'Isidore Dufourt, 53 ans, "adjoint technique de la marine", se marie à Toulon avec Louis François Denoual, 28 ans, commis des Ponts et Chaussées (né le 30 septembre 1873 à Toulon).

Isidore André Marius Dufourt, "adjoint de la marine en retraite", époux de Clémence Joséphine Vechi (1842-?), décède à son domicile de la ruee Nationale, 28, le 27 avril 1910, à l'âge de 61 ans.

Son frère, Victor Dufourt, rentier (ancien négociant), décèdera à Toulon, le 30 janvier 1911, à son domicile du quartier Pont de Bois, âgé de 64 ans.