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mardi 21 mars 2017

679-DE QUELQUES PHOTOGRAPHES PRIMITIFS NIÇOIS (1850-1870)-2




- ALEO Miguel (1824-après 1885 ?) & DAVANNE Alphonse (1824-1912), "Nice - Du col de Villefranche", recto, tirage vers 1868-1875 (?),
cliché datable au plus tôt de 1866,
tirage albuminé de 10,5x6 cm sur un carton de 10,9x6,5 cm, Collection personnelle.

- ALEO Miguel (1824-après 1885 ?) & DAVANNE Alphonse (1824-1912), Nice - Du col de Villefranche, recto, vers 1868-1875 (?),
monogramme AD (Aleo/Davanne), "D" marqué verticalement de "A.Davanne" et "A" marqué verticalement de "M. Aleo",
carton de 10,9x6,5 cm, Collection personnelle.


VOIR LE DÉBUT DE CET ARTICLE


Dans cet article, les photographes :
NEGRE, ALEO, NEUBAUER, SILLI, DEBRAY, MOOSBRUGGER, 
PUGET, DEGAND, MESSY, VAGLIO.


- Charles NÈGRE (1820-1880) est un peintre et photographe français, né à Grasse (Alpes-Maritimes). Il est actif comme photographe, à Paris, dès 1844 et étudie et développe la technique de l'héliogravure dès les années 1850. 

Il possède une adresse sur Nice, rue Chauvain, maison Ferret, dès 1861 et participe la même année à l'Exposition des Beaux-Arts de Nice (de décembre 1861 à mars 1862).
Il signe un contrat de professeur de Dessin au lycée de Nice en juillet 1863 (G. Doublet, Le Lycée de Nice 1860-1910, ca1913 p 210, poste qu'il conservera jusqu'à sa mort) et est ensuite régulièrement cité dans les annuaires de 1864 à 1879, encore au n° 3, rue Chauvain (1864 et 1865) puis au n° 5, rue Saint-Etienne ainsi qu'au n° 13, rue du Pont-Neuf de 1866 à 1879 (même si les deux adresses ne sont pas toujours citées ensemble chacune de ces années-là). Il participe au Congrès scientifique de Nice de 1866 par le biais d'un nouveau mémoire sur l'héliogravure.

Très actif à Nice dans les années 1860 en tant que paysagiste et portraitiste, il semble restreindre sa production dans les années 1870 puis cesser toute activité du fait de ses problèmes de santé qui s'aggravent dans la seconde moitié de la décennie. Il meurt en janvier 1880.

Pour en savoir plus, voir l'article de Jean-Paul Potron, "Charles Nègre et les Alpes-Maritimes : regards d'un pionnier de la photographie sur sa terre natale", dans, Nice Historique, octobre-décembre 2010, pp 334-377.

De nombreuses photographies de Charles Nègre sont conservées à Nice et notamment de très nombreuses plaques de verre aux Archives Départementales des Alpes-Maritimes : http://www.basesdocumentaires-cg06.fr/os-html/foto/home.html




- NÈGRE Charles (1820-1880), Nice, vue générale depuis la colline du Château, vers 1870-1872,
plaque de verre au collodion,18x24 cm, Archives Départementales des Alpes-Maritimes (cote 08FI004).





- Miguel ALEO (1824 - ? vers 1886 ?). Voir les articles de ce blog qui lui sont consacrés : Miguel Aleo



- Ernest NEUBAUER (?-?) : La seule mention de ce photographe, absent des annuaires niçois, se trouve dans l'ouvrage d'Emile Négrin (1833-1878), Les Promenades de Nice (écrit fin 1862 ou début 1863 et publié en 1863 pour la première édition) où une publicité (p 323) signale : "Photographe : Mr Neubauer, de Francfort, vient de s'établir à Nice : Rue St-Etienne, n° 5". 
Les cartons de ce photographe allemand précisent qu'il est le photographe de sa majesté le Roi de Würtemberg et qu'il travaille à Würzburg et alterne selon les saisons de cure entre Kissingen et Nice, pendant plusieurs années (cartons photos blancs ou jaunes).

Au tournant des années 1870 (carton daté d'octobre 1871), il s'associe à Paris avec François Touranchet, les revers de ses cartons portant désormais le texte suivant sous les armoiries de l'Autriche et du Würtemberg : "Touranchet & Neubauer - Photographes de LL. MM. L'Impératrice d'Autriche - & du Roi du Würtemberg - 17, rue de la Paix, 17 - Paris".



- NEUBAUER Ernest (?-?), Portrait de femme, recto, vers 1863,
tirage albuminé (recoupé) de 6x9,4 cm sur carton de 6,3x9,5 cm, Collection personnelle.


- NEUBAUER Ernest (?-?), Portrait de femme, verso, vers 1863,
inscruptions après les armoiries du Würtemberg, 
"Neubauer - Photograph s. Maj. des Konigs - von Würtemberg - Kissingen Nizza - Würzburg",
 carton de 6,3x9,5 cm, Collection personnelle.




- Joseph SILLI (ca1838 ? - ? après 1905), SILLY, SCILLY ou SILLIS, est un photographe italien signalé dans les annuaires niçois dès 1862 et 1863, Derrière le Temple Vaudois, et de 1864 à 1871, au n° 9 quai Masséna.  
La liste des étrangers fixés dans la ville, publiée dans Les Échos de Nice du 15 septembre 1867, signale la présence de « Silly, photographe et Mme, quai Masséna, 9, italiens». 
En 1872, il est cité quai Saint-Jean-Baptiste [Maison du Gd Hôtel de la Paix] puis, de 1873 à 1883, au même endroit avec la précision du n° 13, et enfin de 1884 à 1885, au n° 32 rue Gioffredo (annuaires niçois). 

Il est cité dans la « Liste générale des principaux photographes de la Société française de Photographie 1876-1910 » à Nice (Sillis) de 1877 à 1885 mais également à Vichy (Scilly puis Silly) de 1879 à 1905.

Le verso des cartons de ses photographies affiche les adresses niçoises citées dont la plus ancienne, "Silli, Photographe - Derrière le Temple Vaudois, Nice", ajoutant parfois "Portraits, - Vues stéréoscopes", et il précise ensuite "Photographe - de S.A.R. [Mgr] le Prince Oscar - de Suède et de Norvège" (carton daté de janvier 1866) puis affiche les blasons de Suède, Russie et Bavière (cartons datés de 1868 et de décembre 1874).

Le verso précise également sa présence à Vichy dès la fin des années 1860, rue de Ballore (cartons datés de 1868 dont l'un d'avril), boulevard Napoléon (carton daté d'avril 1871) et enfin, boulevard National (carton daté de décembre 1874).

Il semble que Joseph Silli ait renoncé à son affaire niçoise vers 1884-1885, la cédant à Jean-Antoine Messy (Messy Fils) mais ait conservé un domicile dans la ville,  au n° 37 (1886-1887) puis au n° 45, avenue de la Gare (1888), faisant suivre son nom dans les annuaires de la mention, "anciennement photographe". 

Il conserve cependant son affaire vichyssoise (cartons de photos n'affichant plus Nice) et semble quitter Nice, vers 1888, pour Vichy où il reste actif jusqu'en 1905. Sa date de décès (comme sa date de naissance d'ailleurs) reste inconnue.



- Photographie d'une caricature du photographe Silli, 1862,
extraite de l'Album "A. D. Nice 1862" (André Donis, ancien propriétaire),
album de 194 photographies sur papier albuminé
représentant des personnalités du 19e siècle et des paysages de la Riviera,
Nice, Bibliothèque du Chevalier de Cessole.



- SILLI Joseph (ca1838 ? - après 1905), Portrait de M. Castel, recto, vers 1862,
"Silli à Nice",
portrait posant devant une toile peinte représentant la plage des Ponchettes et la Colline du Château,
tirage albuminé de 9x5,8 cm sur un carton de 9,8x6,1 cm, Collection personnelle.



- SILLI Joseph (ca1838 ? - après 1905), Portrait de M. Castel, verso, vers 1862,
"Mr Castel, Nice",
"Silli - Photographe - derrière le Temple Vaudois - à - Nice",
carton de 9,8x6,1 cm, Collection personnelle.


- SILLI Joseph (ca1838 ? - après 1905), Portrait, recto, vers 1864,
"Silli, à Nice",
tirage albuminé de 9x5,5 cm sur un carton de 10,3x6 cm, Collection personnelle.


- SILLI Joseph (ca1838 ? - après 1905), Portrait, verso, vers 1864,
blason suivi de "Silli - Photographe - De S.A.R. Mgr Le Prince Oscar - de Suède et de Norvège, - Quai Masséna, 9 - Nice -- N° 120",
carton de 10,3x6 cm, Collection personnelle.




- Jean Walburg DEBRAY (1839-1901) ou DE BRAY, est un photographe français signalé à Nice dès 1862. Voir l'article de ce blog qui lui est consacré : Jean Walburg De Bray



- Peter MOOSBRUGGER (1831 - 1883), MOOSBROGER, MOSBRUGGER ou MOOSBURG est un photographe autrichien installé à Meran (Tyrol, actuellement Merano, Italie). Il n'est signalé à Nice (annuaires) que pour les saisons d'hiver de 1863 à 1865, d'abord place Grimaldi (1863) puis au n°7, rue du Temple, près la place Grimaldi (1864-1865).

Le verso de ses cartons est parfois muet, avec au recto, "Moosbrugger Phot. - Nice", ou bien pourvu d'un texte en allemand (utilisé sur Nice ?), "Aus dem - Photographisrfien - Atelier - Peter Moosbrugger -Hof-Photograf - SM des Königs Ludwig l.v. Baiern - in Meran – vormals - Nizza". 

Des textes existent également en français, "P. Moosbrugger - Photographe - 7, rue du Temple, 7 - Nice" ou "P. Moosbrugger - Photographe - De - S.M. Le Roi Louis de Bavière - 7, rue du Temple, 7 - Nice" (carton daté de décembre 1864)avec au recto, "Moosbrugger"ou "P. Moosbrugger".

Son successeur niçois semble Léon Puget dès 1865.


- LÉON PUGET (? - ?) est un photographe français sur lequel j'ai peu de renseignements et dont je ne connais pas de photographies. 

Il est signalé dans les annuaires niçois de 1864 à 1867, au n° 28, boulevard du Pont-Neuf (également dans, De Carli, Conseiller du touriste à Nice et ses environs, 1864-1865). 

Les Échos de Nice signalent cependant le 7 octobre 1865, "Puget et Madame, photographe, rue du Temple, 7 - français", expliquant dans le même numéro que "M. Puget, un de nos photographes avantageusement connus, vient de transférer son atelier, rue du Temple, 7, en face du consulat de Russie. Cet établissement fondé par M. Moosbroger, et depuis abandonné par ce dernier, ne pouvait tomber en de meilleures mains". 

De nombreuses publicités sont d'ailleurs publiées toute la saison d'hiver 1865-1866, avec l'une ou l'autre adresse, "Photographie - Puget - boulevard du Pont-Neuf, 28" et "Photographie - Puget, successeur de Moosburg, rue du Temple, 7, en face le consulat de Russie". Cela peut s'expliquer par le fait qu'il possède alors ces deux adresses, les annuaires ne citant que la première.

Le nom de Puget revient dans les annuaires de 1870 à 1872 au n° 3, quai Saint-Jean-Baptiste, sans qu'il soit possible d'affirmer s'il s'agit de lui ou bien de son épouse, Caroline, dont le seul prénom apparaît à cette même adresse dans les annuaires suivants de 1873 à 1875 (annuaire de 1876 absent). 
Le nom de Léon Puget étant absent des avis de décès de cette période, il est possible que le mari et la femme officient chacun à une adresse, sans que la seconde n'apparaisse.


- Eugène DEGAND (1829-1911) est un photographe français signalé à Nice dès 1864. Voir les articles de ce blog qui lui sont consacrés : Eugène Degand


- Émile MESSY (? - ? après 1880), est un photographe français, actif dès le début des années 1860. Il est signalé à Nice en 1864, rue du Temple, coin gauche de l’avenue du Prince Impérial, maison Donati (De Carli, Conseiller du touriste à Nice et ses environs, 1864-1865) puis, Au Théâtre Impérial, dans l'annuaire niçois de l'année suivante (1865).

Les Échos de Nice des saisons d’hiver 1865-1866 et 1867-1868, publient de nombreuses publicités le concernant « Photographie - Émile Messy - à Nice - rue Paradis, 2 et rue Masséna, 13, au fond du jardin - à Cannes, rue Grande, 13 », le numéro du 7 octobre 1865 précisant l'ouverture récente de son atelier cannois. 

Les annuaires niçois de 1866 à 1871 mentionnent pour leur part l'adresse du n° 2, rue Paradis qui devient, rue Chauvain, en 1872 puis le n° 2, rue Saint-Michel, en 1873. 

Le verso de ses cartons photos évoquent les mêmes adresses niçoises et cannoises puis la seule adresse de son atelier cannois, libellée au n° 38, rue du Port, entrée rue Grande, 3 puis au n°5 bis, rue Bivouac Napoléon. Cette mention uniquement cannoise peut laisser penser qu'il a quitté Nice vers 1873 pour ne conserver que son atelier cannois (?).

Son successeur niçois semble Honoré Bonnet dès 1873.

Émile Messy semble stopper son activité ou quitter la région (?) vers 1880. Sa date de décès (comme de naissance) est inconnue.

Afin de finir d'exposer les problèmes sans, malheureusement, les résoudre, il existe certaines photographies portant au verso la mention "Photographie - Messy-Ferret - Fréjus et Saint-Raphaël" , sans qu'il soit possible de dire s'il s'agit d' Émile Messy et Pierre Ferret, de leurs fils ou d'homonymes.

Le fils d'Émile Messy, Jean-Antoine (Messy Émile Fils) sera actif dès le début des années 1880. Il prendra pour sa part, dès 1884, la succession de l'atelier niçois de Joseph Silli au n° 13 quai Saint-Jean-Baptiste mais également au n° 12, rue Gubernatis puis s'installera au n° 41, avenue de Beaulieu, Villa Ambrosetti (de 1885 à 1889) qui deviendra le n° 31 (de 1890 à 1900) puis le n° 51 (après 1900). 
Il possédera une succursale à Cauterets (4, rue de Belfort puis avenue du Mamelon Vert) pour la saison d'été (de juillet à septembre). Il possèdera peut-être également une succursale à Cannes (Villa Bernard, boulevard de la Croisette ?).


- MESSY Émile (? - ? après 1880), Portrait, recto, vers 1864,
"E. Messy.",
tirage albuminé de 8,7x5,3 cm sur un carton de 9,8x6 cm, Collection personnelle.



- MESSY Émile (? - ? après 1880), Portrait, verso, vers 1864,
"Emile Messy - Photographe - Rue du Temple coin gauche -
de l'avenue du Prince Impérial - Maison Donati - Nice",
carton de 9,8x6 cm, Collection personnelle.



- MESSY Émile (? - ? après 1880), Portrait de famille, recto, vers 1866-1872,
"E. Messy Phot.",
tirage albuminé de 8,7x5,4 cm sur un carton de 9,7x6,3 cm, Collection personnelle.


- MESSY Émile (? - ? après 1880), Portrait de famille, verso, vers 1866-1872,
blason suivi de "Photographie - Emile Messy - Rue Paradis, 2. - Rue Masséna, 13. - au fond du jardin, - Nice -- 
Rue Grande, 3. - au fond du jardin -- Cannes", carton de 9,7x6,3 cm, Collection personnelle.




- JEAN VAGLIO (?-?), est un photographe signalé dans les annuaires niçois de 1869 à 1875 au numéro 3, rue du Temple mais son nom apparaît seulement dans la liste alphabétique des habitants et jamais dans la liste professionnelle. 

Ses rares cartons-photos conservés confirment l'adresse avec le texte suivant : "J.Vaglio - Photographe - Breveté S.G.D.G. - 3, Rue du Temple, 3 - Nice".

Le Bulletin des Lois de l'Empire français de 1867 (Deuxième semestre, Tome XXX, 476) nous apprend cependant que "le sieur Vaglio (Jean), photographe, rue du Temple, n°3, à Nice" a déposé une demande de brevet d'invention de quinze ans "le 5 octobre 1865, au secrétariat de la préfecture des département des Alpes-Maritimes (...) pour un système de photographie au moyen duquel on peut reproduire plusieurs poses différentes d'une même personne ou d'un objet quelconque sur une seule et même plaque" (ouvrage en ligne sur Gallica et GoogleBooks).

C'est tout à la fois une preuve de sa présence et de son activité à Nice au moins dès 1865 (1865-1875), comme photographe et comme inventeur. La seule photographie de ma connaissance montre d'ailleurs la duplication d'un homme, tour à tour assis et debout devant une balustrade de studio. Cette seule photo m'a permis cependant d'acquérir la photographie anonyme ci-dessous et d'identifier le photographe et son modèle, identique à la photo évoquée mais avec d'autrez postures.


- VAGLIO Jean, Portrait (double) du comte Joseph Spitaliéri de Cessole, recto, vers 1870-1875,
tirage albuminé oblong de 5,4x8,9 cm sur carton de 6x10 cm, Collection personnelle.
photographie anonyme dépourvue de toute indication.


- VAGLIO Jean, Portrait (double) du comte Joseph Spitaliéri de Cessole, verso, vers 1870-1875,
carton de 6x10 cm, Collection personnelle,
photographie anonyme dépourvue de toute indication,
 la date est déduite du fait que le comte porte une alliance et qu'il s'est marié en octobre 1869.